20/05/2013
New Girl [Saison 2]
Alors qu'on vient de dire adieu à The Office, on peut se réconforter en se disant que la deuxième saison de New Girl possédait la même magie que nos premières années à Dunder Mifflin. Parce que franchement, j'ai beau chercher, j'ai quasiment rien à reprocher à la série. Depuis l'épisode "Injured" de l'an dernier, je suis amoureux d'un amour qui ne cesse de grandir.

Déjà parce que je suis amoureux de Zooey Deschanel. C'est la raison pour laquelle j'avais donné sa chance à New Girl, malgré des débuts hautement maladroits. La suite, vous la connaissez : je me suis identifié à Nick Miller comme jamais je ne l'avais fait avec un autre personnage de fiction, j'ai pris un plaisir pas croyable à chaque minute et j'ai ri plus fort que nulle part ailleurs sur une comédie de network. Et si on met de côté un season premiere assez faible, cette deuxième saison a vraiment su capitaliser sur son potentiel pour nous offrir un truc aussi fort que la deuxième saison de The Office ou de Parks & Rec. C'était fraîs, inventif, ça ne s'essouflait jamais, ça retombait toujours sur ses pattes et surtout, ça a su mélanger le doux, l'amer et le rire joyeux avec beaucoup d'assurance.
La première moitié de saison a permis aux scénaristes d'expérimenter, de prendre le temps de s'amuser avec leur personnages, en créant autour d'eux un univers solide avec l'aide de gens comme Carla Gugino, Jamie Lee Curtis, Rob Reiner ou Raymond J. Barry, rien que ça. Et sans tomber dans le syndrome Friends de la seconde saison qui abuse des guest-star. Toujours en cherchant à provoquer de drôles de mélanges et à approfondir le background du groupe d'amis. Avec un épisode comme "Fluffer" ou "Halloween", la série nous prouvait d'emblée qu'elle n'avait pas l'intention de baisser en qualité. Et qu'elle était capable de tirer parti d'intrigues aussi minces que "Schmidt offre un cookie à Nick". Le tout sans rentrer dans une quelconque formule, histoire que l'on entre dans chaque épisode sans qu'on sache ce qui va nous tomber dessus.
Quand à la deuxième moitié de saison... Du grand art. Je ne pensais pas en 2013, avec toutes les séries que j'ai déjà vu et tout ce que j'ai déjà investi dans des relations comme Jim et Pam ou Casey et Dana que la télévision pouvait encore m'offrir ces sensations et me faire sentir comme une gamine de 13 ans. Les scénaristes ont tout compris aux règles d'un "will they won't they" réussi et parviennent également à raconter ça avec fraîcheur, grâce à un Jake Johnson spectaculaire. Le type est au sommet de sa forme, magnifiant chacune scène où il apparaît sans jamais que ça sonne aussi forcé que ça avait pu l'être du côté de Schmidt l'an dernier. Le voir écrire son roman de zombies, le voir adolescent pleurer dans les bras de son père ou le voir incarner son personnage de détective privée, tout ça m'a fait hurler de rire et attendri. Nick Miller est unique en son genre et je suis toujours ébloui par sa profonde humanité, tout en continuant à m'identifier à mort avec lui. Alors du coup, quand une relation débute entre lui et mon amoureuse, c'est le bonheur.

Je ne vais pas vous refaire l'histoire car au final elle est très simple et qu'il faut la regarder pour en saisir toute la joie. À partir de "Cabin", c'est l'une des plus excitantes romances de notre siècle. Interprêté avec un charisme fou par les deux comédiens, qui entretiennent une tension sexuelle de dingue sans jamais en faire des tonnes. Qui sont mignons tout plein sans jamais forcer le trait. Le parfait équilibre et des épisodes aussi parfaits que "Cooler", "Chicago" ou mon favori, "Virgins", aussi drôle qu'émouvant. C'était un exploit de parvenir à faire monter nos attentes sur une telle longueur, c'était un exploit d'endurance et d'écriture talentueuse. Chapeau.
Les autres ne sont pas en reste. Même s'il se retrouve avec aussi peu de choses à faire que l'an dernier (son évolution cette saison ? assumer son amour des farces qui vont trop loin !), Wilson reste une wild card tout à fait assumée, et Lamorne Morris a vraiment réussi à trouver ses marques cette année. J'ai arrêté d'espérer le voir prendre plus de place, me contentant le savourer en tant que quatrième roue du carrosse imprévisible. Quand à Schmidt, on a évité là aussi pas mal d'écueils. Le cabotinage aurait pu s'intensifier, surtout avec un triangle amoureux pas toujours solide, mais au lieu de ça, les scénaristes ont offert des nuances à Max Greenfield, qui est parvenu à rendre son personnage vraiment touchant. En particulier en compagnie d'Elizabeth. Même si j'aime Cece, ce qui m'attriste avec ce season finale, c'est de devoir dire adieu à Merritt Wever, qui s'intégrait parfaitement à l'ensemble.
Je sais bien que, comme pour le reste des comédies, cet état de grâce ne peut pas durer et que tôt ou tard, le charme et la magie vont s'essoufler et laisser place à la paresse et la facilité, mais je pense que New Girl a encore une très bonne saison de plus à nous offrir. Et je suis sûr que c'était ma comédie favorite cette année.
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19/05/2013
BILLY - S02E14
S02E14 Des Fantômes
BILLY - S02E14 Des Fantômes par billylaserie
Résumé : Enfermé dans sa cellule à Lincoln City, Billy écrit une lettre au Gouverneur pour lui demander l'amnistie. Alors qu'il attend sa réponse, il reçoit la visite de vieilles connaissances...
Commentaires : Si j'avais lancé le concept des fantômes dès le début de saison, c'est que sur le long terme, j'avais vraiment envie de faire revenir la bande des "méchants". Je suis souvent très attaché à mes personnages et c'est dur de les tuer. Alors je ne pouvais pas manquer une telle opportunité de leur offrir un dernier spectacle. Et c'est bien de ça dont il s'agit. Un spectacle onirique, où Billy se retrouve confronté à ceux dont il a entraîné la mort même si en vérité, il n'a tué aucun d'entre eux de sa propre main. En le confrontant à cette culpabilité et à l'aspect sombre de son charisme qui entraîne tout le monde dans sa gloire et dans sa chute, je fais réaliser au gamin qu'il risque de la même façon de perdre ses amis. Les gens qu'ils aiment doivent payer les conséquences de son insouciance. Alors quand James Bell lui annonce la date de sa pendaison, Billy pleure car il va mourir, mais Billy pleure surtout car il va mourir coupable de tout ça.
Voilà pour l'analyse de texte. Maintenant, prenons les choses avec moins de sérieux. "Des Fantômes", c'est aussi un épisode fun. Je voulais que chaque revenant soit égal à lui-même et c'était vraiment ludique à écrire. J'ai toujours assumé l'aspect caricatural de ces types alors je me devais d'offrir le plus de vulgarité possible à Buckshot Roberts et le plus de théâtralité possible à Alexander McSween, drama queen même après la mort. Quand ils se marrent à la fin, ça veut dire de toute façon que tout cela n'est qu'une farce et que rien ne sert de prendre la vie trop au sérieux. J'ai trop tendance moi-même à oublier ça et tout comme Billy, je suis toujours tiraillé entre mon envie de tout prendre trop à coeur ou au contraire, de me protéger en me disant que rien n'a d'importance et qu'on va tous mourir. Voyez, je suis reparti dans mes trucs d'existentialiste de comptoir. Et bien même si BILLY est de l'existentialisme de comptoir, je suis ravi d'avoir eu l'opportunité avec un épisode comme celui-ci, de développer ça en réunissant cette bande d'acteurs qui méritait vraiment une dernière apparition.

Même si je ne suis jamais la véritable Histoire au pied de la lettre, cet épisode contient des choses qui sont vraiment arrivés au Kid. Pas les fantômes, bien entendu (ou peut-être mais on en sait rien). Mais toute l'histoire de la lettre au Gouverneur et de l'emprisonnement à Lincoln City avec la date d'exécution fixé au vendredi 13 mai, c'est pas des conneries, allez voir Wikipédia si vous me croyez pas. Enfin non, n'y allez pas, vous risqueriez de vous faire spoiler.
Anecdotes : C'était un épisode vraiment pas facile à tourner. Déjà, il a fallu trouver une journée qui convenait à tous les anciens pour revenir nous rendre visite. Le 9 août, on a donc retrouvé avec plaisir l'équipe des "méchants", des retrouvailles chaleureuses mais le travail a vite pris le dessus. Il faisait une chaleur épouvantable et cette prison (qui était une vieille grange en train de s'effondrer) était tellement étroite que le placement des acteurs et la gestion de la lumière était très compliqué. Je pense que ça se voit un peu dans le résultat final même si l'aspect onirique et surnaturel de l'épisode peut tout à fait justifier cette ambiance étrange et ce côté étouffant. Malgré tout, c'était un plaisir de retrouver nos vieux amis, de leur refoutre du faux sang sur la gueule et de les voir enfiler leurs costumes une dernière fois. Je remercie chacun d'entre eux d'avoir suffisamment cru au projet pour se retaper toute la route et venir rendre un dernier hommage à leurs personnages.
Les scènes entre Billy et James Bell furent tournés à un autre moment. Mes indications concernant la détresse de Billy à la fin étaient très vagues et j'ai laissé à François une grosse liberté. Il a su la saisir pour offrir quelque chose de vraiment poignant à mon goût. Être enfermé dans cette pièce les pieds dans la poussière et avec un costume de plus en plus abîmé ont aussi permis de l'aider à atteindre ces émotions. Je sais pas ce que ça donne à travers vos yeux objectifs et à travers l'écran de votre ordinateur mais le jour du tournage, j'avais quelques frissons.

Musique : Au générique de fin, on peut entendre "Will The Circle Be Unbroken", un vieux traditionnelle repris ici par June Carter Cash, la femme de Johnny et qu'on a aussi pu entendre dans la bande originale de Deadwood. J'ai choisi ce morceau car c'est celui que Marc a siffloté lorsqu'il apparaît, au début de l'épisode. Je ne lui avait pas dit de siffler un truc en particulier, ça lui est venu comme ça et c'était parfait, tout à fait approprié. Je le soupçonne d'avoir entendu la mélodie dans l'une des compilations country qui traîne dans sa voiture. Durant le tournage, on a eu l'occasion de monter en voiture avec Marc dans son costume de shérif, affublé de Ray-Ban et la country à fond. On roulait en campagne et j'avais l'impression d'être dans un vieux cop-show ou un documentaire red-neck. Marc est une personne exceptionnelle. Dommage qu'il a dû depuis raser sa moustache...
La semaine prochaine : BILLY, c'est un peu comme Survivor. Et alors que la dernière ligne droite approche, certains doivent quitter l'aventure. Je vous dis pas qui, je vous dit juste d'être au rendez-vous.
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18/05/2013
The Office S09E24E25 [Series Finale]
Pour la dernière fois, parlons de The Office, parlons de moi. Parlons de The Office et moi. Cette ultime review va être longue, très personnel, émouvante. Je me considère comme quelqu’un de très sensible et c’est avec les larmes aux yeux que j’ai terminé le visionnage de la série qui m’a accompagné depuis si longtemps, qui est à l’origine de la création de ce blog. Alors pardonnez-moi si ce que je vais écrire est autant à fleur de peau mais j’ai besoin de prendre le temps nécessaire pour faire mes adieux à The Office. En commençant par un résumé chronologique de ma longue relation avec elle.

9 juillet 2001 : Diffusion du pilote de la version originale sur la BBC. Je viens à peine de finir mon cycle à l’école primaire. Je ne sais même pas ce que veut dire « The Office » en français et les seules séries que je regardais à l’époque étaient Hartley Cœur à Vif, Friends et ER (mais en fermant les yeux quand il y avait trop de sang à l’écran). Mais sans le savoir, quelque chose qui allait être très important dans ma vie naissait ce jour-là.
2003 : Je ne sais plus quand exactement et je me souviens plus dans quel magazine (probablement « Episode », la référence de l’époque), mais je tombe cette année là sur un article concernant la série de Ricky Gervais et Stephen Merchant. Ma passion pour les séries était alors en pleine explosion et j’écrivais moi-même dans ma tête une sorte de « mockumentaire » sur mon collège. Alors voir que quelqu’un avait réussi avec succès à parler pendant deux saisons de la vie d’un bureau plutôt que de vampires ou d’urgentistes, ça m’avait bien plu comme idée. À l’époque, je n’avais pas d’accès à Internet alors ça en était resté là, avec l’espoir d’une diffusion française éventuelle.
24 mars 2005 : Diffusion du pilote de la version américaine sur NBC. Je suis alors à quelques semaines de la fin du collège et c’est sur un ordinateur du CDI ou chez mon meilleur ami Mathieu que je me documente au sujet de cette adaptation. Comme j’allais souvent sur le site de NBC pour avoir des infos sur ER, je tombais parfois sur une photo de Steve Carrell ou de Rainn Wilson et ça m’intriguait vachement. En plus, EDUSA en parlait à l’occasion et pour moi, les rédacteurs d’EDUSA étaient alors des apôtres.
Automne 2006 : N’ayant toujours pas Internet et aucune possibilité de visionner la série dont on commençait à dire de plus en plus de bien (la miraculeuse deuxième saison venait d’être diffusée), j’ai fait un truc qui pourra sembler complètement dingue aux plus jeunes d’entre vous (oui, j’ai à peine 23 ans et je parle déjà comme ça). Toujours grâce à la connexion de mon ami Mathieu, je suis allé sur un site qui proposait les transcripts des épisodes. J’ai copié-collé les deux premières saisons sur un document Word et je me suis amusé à lire tout ça sur mon vieil ordinateur portable, machine de guerre d’un autre-temps légué par l’entreprise de mon papa. Si je ne comprenais pas encore toutes les références, je me débrouillais suffisamment en anglais (et en faisant ça, j’améliorais chaque jour mon niveau) pour prendre beaucoup de plaisir à lire ça. N’ayant vu que de rares images de la série, je devais m’imaginer la tête de certains personnages et la plupart des situations. Ce fut ma première rencontre avec la série et j’étais déjà amoureux de cette seconde saison avant même de la voir pour de vrai.

2007-2008 : Mathieu ayant enfin compris comment marchait le téléchargement, j’ai pu enfin voir en vrai. Et je me suis avalé les trois premières saisons lors d’un glorieux weekend à la fin de mon année de première. En allant ensuite squatter le CDI du lycée pour rejoindre le forum français consacrée à la série (qui a disparu mais que je n’oublierais pas) ou en lisant de très près les commentaires de pErDUSA (qui n’était plus le même mais que je suivais toujours). Je lisais des fanfictions, j’en écrivais juste pour moi-même, je bavais devant les fanarts, je regardais Office Tally tous les jours… Bref, j’étais devenu un fan, au sens noble du terme. Et parallèlement à tout ça, ma propre vie se retrouvait en effet miroir avec la romance de Jim et Pam. Je ne vais pas râbacher cette histoire, il suffit d’aller relire ce que j’en disais dans mon top 50, en évoquant « Casino Night », mon épisode favori.
Printemps 2008 : Enfin, ma mère se décide à s’abonner à Internet. La première chose que je fais en ouvrant Google sur mon propre ordinateur pour la première fois, c’est de mettre Office Tally en favori, de trouver un fanart JAM en guise de fond d’écran et de télécharger la quatrième saison pour pouvoir enfin regarder la série en temps réel. Juste au moment où les scénaristes arrêtaient leur grève pour nous pondre « Dinner Party » et enchaîner avec des épisodes aussi mémorables que « Did I Stutter ? » ou « Goodbye Toby » (regardé à quelques jours de mon dernier jour au lycée). Des épisodes tellement mémorables que je voulait garder une trace de mes émotions face à eux. Que je voulais faire comme mes modèles à EDUSA et créer mon propre blog sur les séries. Ce fut chose fait le 22 juin 2008 quand j’ai ouvert Dylanesque TV. Et dès le troisième article, j’ai proclamé mon amour pour The Office en vous avertissant que, si vous restiez dans le coin, vous alliez en bouffer.
2009-2011 : Les saisons 5 à 7, je les ai partagés avec Romain, mon colocataire durant mes années d’étudiants. Après lui avoir passé mes coffrets DVD, nous regardions la série chaque semaine comme un rituel. Nous connaissions chaque réplique par cœur, nous tentions de développer « That’s What She Said » dans notre entourage (beaucoup de gens qui n’ont pas vu The Office utilisent cette blague à Angers encore aujourd’hui !), nous imitions la poignée de main explosif de Dwight et Andy et nous avions comme mission de prêcher la bonne parole à tous ceux qui croisaient notre route. The Office, c’est une série que j’ai aimé tout seul mais aussi l’une des rares que j’ai vraiment su partager. Ainsi, je me souviens qu’avec Romain et avec d’autres, je revisionnais l’intégrale du show pour la millième fois afin de le faire découvrir aux autres. Et je ne m’en laissais jamais. Romain, je pense à toi aujourd’hui. Souviens toi de notre enthousiasme face à la Michael Scott Paper Company. De notre émotion lors du mariage de Jim et Pam ou du départ de Michael. Je sais que, même si tu as abandonné en même temps que Steve Carrell, tu vas regarder ce final en étant tout aussi ému que moi. Et je suis triste de ne pas avoir pu le regarder en ta compagnie.
2012-2013 : Des années plus difficile, autant au niveau personnel que concernant la série. Vous le savez tous, la qualité n’a pas vraiment été au rendez-vous ces deux dernières années. Mais je m’évertuais toujours à garder espoir et à chroniquer sans relâche chaque épisode à travers des reviews mêlés d’espoir et de colère, mais jamais d’indifférence. Je l’ai défendu partout puis je l’ai maudis aux mêmes endroits, mais avec toujours beaucoup de passion. En continuant de suivre de très près son actualité, en visitant Office Tally tous les jours, en regardant les promos de chaque épisode en espérant que celui-ci serait le bon, celui qui ravirait la flamme passée. J’ai tenu bon, prouvant au monde ce que voulait vraiment dire être un fan INCONDITIONNELLE. Et ce jour tant attendu est arrivé. Aujourd’hui.

Parlons donc de ce final. Qui est un miracle. Parce qu’après une saison entière à désespéré chaque semaine de voir Greg Daniels nous offrir quelque chose de consistant, voilà enfin que la magie opère. J’avais déjà bien préparé le terrain en me mettant dans les conditions parfaites pour apprécier comme il se doit cet ultime épisode. Après avoir consacré la semaine entière à différents hommages sur mon blog (encore un grand merci à Drum, Gibet, Nico, Tom et tous ceux qui y ont contribués de près ou de loin), j’ai hier soir passé la soirée à revoir des extraits, des montages sur Youtube, à lire tous un tas d’articles et d’interviews pour me préparer psychologiquement. Aujourd’hui, j’ai quitté le travail à midi avec un faux prétexte pour rentrer chez moi (j’avais déjà fait le coup en loupant des examens pour dire au revoir à ER et Friday Night Lights), fermer les rideaux, couper mon téléphone et me mettre devant mon écran. En commençant par la retrospective proposée par NBC qui pour une fois, n’a pas raté son coup. Le mélange d’images d’archives (l’audition de John Krasinski), de larmes du cast et de musique triste m’a déjà fait pleurer plus que je ne l’aurais cru possible.
J’étais donc parfaitement conditionné à être ému par ce final et à pardonner à Greg Daniels et son équipe tous leurs récents faux pas. Au début, ce n’était pas gagné. La première partie de cet épisode extra-large navigue de manière parfois un peu poussive dans une forme d’humour un peu lourdingue qui est caractéristique des dernières saisons. Mais le bond dans le temps a permis d’évacuer pas mal de choses problématiques et de rentrer dans le vif du sujet et des émotions. En voyant Kevin se faire renvoyer, Devon se faire réengager et d’autres figures secondaires faire une apparition, on prend d’emblée notion du temps qu’on a passé à regarder la série et on est plongé dans une douce mélancolie. Très saturé de gags lourdingues sur les vingt premières minutes, mais présente tout de même.

L’équilibre est alors trouvé et ce qui s’ensuit est juste parfait. Greg Daniels a visé juste et a su rendre hommage à chaque personnage (le mystère Creed, les parents d’Erin, Toby et son ultime victoire, Ryan et Kelly forever and ever), à chaque relation (Jim et Pam bien dont la conclusion est hautement satisfaisante et méritée mais aussi Dwight et sa « best friend » Pam, Jim et son ultime farce à Dwight, Angela et Phyllis réconciliés, Stanley et Phyllis réconciliés, beaucoup de belles réconciliations qui ne sont jamais forcés), à chacun de nos souvenirs (le tableau de Pam, « Office Olympics », le gamin de Meredith), à tout ce qui fait que l’on a autant aimé la série et surtout, au protagoniste principal du show : le bureau. Comme le Cook County Hospital dans ER, ce sont les bureaux de Dunder Mifflin Scranton qui sont le symbole de cette longue aventure et c’est pourquoi finir sur une image de ces bureaux était parfaite.
Vous savez ce qui était parfait aussi ? Mais alors vraiment parfait et surprenant et réalisé avec beaucoup d’intelligence ? Non, je ne vous le dirais pas. Je ne veux pas ruiner la surprise. Si vous l’avez vu, vous savez de quoi je parle. PARFAIT. Deux répliques que je n’aurais pas mieux écrite. Oh… C’est à ce moment là que j’ai commencé à pleurer comme un bébé (pour de vrai et comme je ne l’avais pas fait depuis le final de Six Feet Under) jusqu’à la fin. Personne n’est oublié, de David Wallace à Carol en passant par Mose et on n’oubliera personne tellement chacun termine sa course sur une note inoubliable.
Et puis il y a ces dernières minutes où l’on passe un moment privilégié avec nos vieux amis, à contempler comme eux le bureau pour la dernière fois. À échanger quelques accolades et souvenirs. Rien n’est à jeter et tout est beau à pleurer lors de ces ultimes confessions à la caméra. Je suis ravi que Pam ait le dernier mot et j’ai enfin compris les motivations de Jim et j’ai pleuré à chaque fois qu’un personnage me regardait droit dans les yeux pour me dire adieu. Et vous savez quoi ? C’est Andy qui se retrouve avec la plus belle réplique. Celle qui a le plus résonné en moi et le plus ému. Ce bon vieux Nard Dog fut très touchant dans ce final et méritait bien ça, cette ultime rédemption : « I wish there was a way to know you’re in the good old days before you actually left them.”

En français et adapté à ma façon, ça donne ça : “j’aimerais qu’il soit possible de savoir quand on passe les meilleurs moments avant qu’ils ne se terminent à jamais ». Ca me touche en plein cœur. Car je passe ma vie de mélancolique à essayer de capturer ces moments. À me raccrocher au bon vieux temps. Toujours en vain. Et le message de ce final, c’est qu’il faut les vivre. Même si on les filme, même si on les écrit ou qu’on enregistre chaque moment de notre vie, elle passera toujours à la même vitesse et la seule solution nous appartient. Il nous appartient de la savourer.
De 2006 jusqu’à aujourd’hui, The Office m’aura en tout cas accompagné chaque jour et à chaque moment important de ma vie, alors que je passais de l’adolescence à l’âge adulte. Elle a développé mon sens de l’humour, elle m’a appris de nombreuses choses sur l’écriture et la manière dont on peut mélanger le doux à l’amer, comme dans la vraie vie. J’aurais aimé chacun de ces personnages de tout mon cœur et chacun de ces acteurs aura toujours une place très spéciale en moi. Je vais continuer de revoir encore et encore chacun de ces épisodes, de les partager avec les gens que j’aime et de les chérir comme au premier jour.
Et même si je sais que je vais revoir tout ça en boucle, je suis triste aujourd'hui. Car je ne pourrais plus jamais visiter Office Tally pour lire les dernières infos concernant la série, me réveiller le vendredi matin en lisant les reviews du dernier épisode. Je ne pourrais plus assister à des réunions en salle de conférence, à des moments de tendresse de mon couple favori, aux dernières inventions de Dwight. Je ne pourrais plus traîner à la comptabilité avec Angela, Oscar et Kevin, à l'annexe avec Toby, Kelly et Ryan, je ne pourrais plus me ballader dans l'entrepôt ou voir un feu d'artifice du haut du toit ou depuis le parking de Dunder Mifflin. Je ne pourrais plus continuer à vivre ma vie chaque saison en compagnie de tous ces vieux amis.

Oui, je sais, ce n’est qu’une série. Mais c’est ma série. Oui, je sais, il y a des choses plus importantes, des choses que je devrais prendre plus au sérieux. Mais comme me l’a appris The Office, je suis convaincu qu’il faut toujours garder intimement lié la réalité à la fiction. Car le jour où j’arrêterais de garder une place aussi grande dans mon cœur à la fiction et à mes œuvres favorite comme The Office, sera le jour où je quitterais pour de bon l’enfance. Et je ne veux jamais que ce jour arrive. En attendant, je regarderais toujours The Office en pensant au bon vieux temps.
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17/05/2013
The Office / TOP 50 (5/5)
Voilà. The Office, c'est terminé depuis hier soir. Je ne verrais ce final que dans la journée alors je refuse de me faire spoiler. Je finirais cette semaine hommage demain avec une review super longue et super émouvante de cette ultime épisode. Pour le moment, terminons ce top 50 avec mes dix épisodes favoris de la série.
10) S04E14 Goodbye Toby
Vous l'avez compris si vous suivez ce blog depuis longtemps : pour moi, les séries, tout comme les chansons, sont des Madeleine de Proust. J'ai écris des pavés à ce sujet. Un épisode marquant de série ou une saison inoubliable me ramènera toujours à l'époque de son visionnage. Je suis un mélancolique incorrigible. La deuxième saison de Louie me ramène à Barcelone, la première saison de Friday Night Lights dans mon appartement d'étudiant lors d'un rude hiver, la neuvième saison d'ER me téléporte à la rentrée des classes en 3ème. Et comme The Office est l'une des séries qui m'accompagne depuis le plus longtemps, j'ai un tas de souvenirs qui se sont greffés à chacun de ces épisodes. Laissez moi donc vous parler de celui qui est lié à "Goodbye Toby".

"Goodbye Toby", c'est le souvenir d'un après-midi ensoleillé, où je rentrais des cours (j'étais alors en classe de terminale et dans quelques jours, ma vie d'adolescent allait se terminer). C'était l'époque où le mois de mai était chaud et même si ce finale était arrivé bien trop rapidement à cause de la grève des scénaristes, je rentrais chez moi en sautillant joyeusement à l'idée de le regarder. J'avais Internet depuis seulement quelques mois et la quatrième saison était la première que j'ai pu suivre en direct de chez moi, pas en douce sur les ordinateurs du CDI. Je me suis donc installé, avec le soleil qui entrait par la fenêtre ouverte et j'ai savouré ces quarante minutes quasi-parfaite. La haine de Michael pour Toby atteignait son apogée, l'arrivée d'Holly Flax était déjà très prometteuse, les cliffanghers s'enchaînaient sans véritables maladresses et comme dans un effet-miroir, cette journée à Dunder Mifflin était aussi très ensoleillé, plongeant les personnages dans un bain de soleil apaisant. Barbecue, grande roue, feux d'artifices. "Goodbye Toby" sentait bon l'été.
Dans quelques jours, j'allais donc quitter le lycée, cette chambre d'enfant et la vie que je connaissais jusqu'à présent. Mais à ce moment-là, je n'y pensais pas. Je me contentais de sourire paisiblement devant un season finale chaleureux, drôle et surprenant. Avec Supertramp dans la tête et beaucoup d'espoir pour la suite d'une série qui n'était pas prête de me quitter et allait même m'accompagner dans ma vie d'adulte.
"When I had my colitis, Toby was very helpful. He gave me seven weeks off. When I had my acid reflux, Toby was not as helpful. So I'm mixed on Toby." (Stanley, dans une scène coupée).
9) S03E23 Beach Games
Je n'ai jamais autant aimé Pam que lorsqu'elle se la jouait "Brand New Beesly". Et "Beach Games" est entièrement dédié à cette Pam qui s'affirme, en particulier lors d'une confession qui reste l'un des moments les plus forts de toute la série. La confiance en elle qu'elle retrouve en marchant sur le feu, le regard de Jim, celui de Karen... Elle est juste incroyablement juste cette scène et on ne chantera jamais assez les louanges d'une Jenna Fisher qui aura toujours tiré son épingle du jeu, même dans les moments les moins bons de la série. Autour de ça, on a une parodie de Survivor très excitante car Michael doit y désigner son successeur. L'occasion de voir un Stanley en furie, un Dwight plus dévoué que jamais et un Andy qui était encore le looser sympathique des débuts. Quel bonheur également d'avoir un groupe soudé au moins le temps de quelques chansons dans le bus magique ! WILMAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! Une belle journée à la plage donc, riche en émotions. Sortir du bureau était encore à l'époque quelque chose de prometteur, pas une farce navrante à Gettysburg ou un voyage raté en Floride...
"Pam, that was amazing. But I am still looking for someone with a sales background." (Michael, après la tirade à coeur ouvert de Pam)

8) S06E04 Niagara
Je ne suis même pas certain que "Niagara" est un bon épisode en soi. Dison qu'il est loin d'être solide et qu'il n'exploite pas toujours correctement ses 40 minutes. Que certains gags, comme celui concernant le scrotum d'Andy ou les coucheries de Dwight sont très poussives. Que je sois pas vraiment un fervent supporter du mariage et que de voir mon couple favori tomber dans autant de conventionnel (et ce n'est que le début) m'avait attristé. Mais soyons sérieux deux minutes : voilà la conclusion ultime pour tous les passionnés de JAM ! Voilà un series finale qui ne s'assume pas ! Voilà du rire, de l'émotion et une danse vers l'autel sur Chris Brown qui aura ravi mon coeur de fan. Voilà un baiser devant les chutes du Niagara qui dépasse l'entendement concernant la crédibilité du documentaire (et ce n'est que le début) mais qui m'a fait pleurer comme un bébé. Aussi grandiloquent soit-il, "Niagara" est un beau cadeau pour les amoureux de Jim, de Pam et de tous les autres. On méritait bien ça.
"I bought those boat tickets the day I saw that You Tube video. I knew we'd need a back-up plan. The boat was actually Plan C. The church was Plan B and Plan A was marrying her a long, long time ago. Pretty much the day I met her." (Jim)

7) S02E21 Conflict Resolution
L'avant-dernier épisode de la meilleure saison de comédie au monde annonçant une conclusion aussi merveilleuse que "Casino Night" se devait d'être aussi merveilleux que "Conflict Resolution". On avance dans le classement et ça en devient presque fatiguant d'être dithyrambique... Les pions se placent sur l'échéquier : tandis que Pam prépare son mariage, Jim prépare sa carte de sortie et Michael, de son côté, passe la journée à résoudre tous les conflits de ses employés. Je vous disais que la running-joke de sa haine envers Toby me réjouissait à chaque fois et c'est encore le cas, toujours aussi cruel, facil et drôle. "Conflict Resolution" réussit le pari de donner à chacun des personnages principaux une intrigue satisfaisante tout en offrant au reste du cast une occasion de briller. Et à l'époque, les employés de Dunder Mifflin étaient encore des embryons et loin de la caricature d'aujourd'hui. Alors c'était chouette de voir tout le monde intéragir, même dans une ambiance de zizanie. Avec comme fil rouge, des photos d'identité qui étaient comme des instantanées de ce qui rendait drôle chacun d'entre eux. Et un montage Photoshop qui résumait bien ce qui faisait la force de la série : des gens différents travaillant au même endroit et qui n'ont pas d'autre choix que d'apprendre à s'aimer et s'accepter. Enfin bon, je ne vais pas vous mentir : c'est surtout l'intrigue JAM qui m'avait séduit à l'époque car elle se retrouvait dans une impasse très émouvante et forcément excitante, à un épisode de la conclusion. Je ne me trompais pas... Win-win-win !
"I never smile if I can help it. Showing one's teeth is a submission signal in primates. When someone smiles at me, all I see is a chimpanzee begging for its life." (Dwight)

6) S02E20 Drug Testing
Quand on évoque "Drug Testing", beaucoup auront en tête l'image de Dwight dans son habit de shérif volontaire, questionnant ses collègues au sujet d'un joint fumé par Michael lors d'un concert d'Alicia Keys. D'un test d'urine, d'une scène culte dans la salle de conférences, d'affrontements Michael-Toby anthologiques. Moi je m'en souviens surtout car, "Casino Night" et "The Job" à part, il contient mon moment JAM favori. Je vous parlais du doux-amer et de la capacité de la série à produire un torrent d'émotions avec trois fois rien. En voilà le parfait exemple : suite à un pari, Jim n'a plus le droit de parler jusqu'à ce qu'il puisse acheter un soda à Pam. Au départ, c'est mignon comme tout et très léger. C'est drôle quand Jim se retrouve à devoir faire semblant de pleurer face à un Michael qui lui demande de se confier au sujet de la drogue. Et au final, c'est bouleversant quand le silence de Jim et le regard qu'il lance à Pam en dit long sur ses sentiments et son éternel frustration face à la réceptionniste. On approche à grands pas de "Casino Night" et c'est ce moment qui lance la machine et qui fait planer beaucoup de tristesse et d'excitation dans cette dernière ligne droite de la saison. Un moment tout simple et exemplaire. C'est grâce à ça que JAM reste le meilleur "will they won't they" de l'histoire de la télévision, selon moi. Et aussi parce que moi, j'ai vécu ça. Alors ça touche en plein coeur. Et c'est juste parfait.
"What a terrible day to not be able to talk. Dwight was literally carrying around his own urine and dressed like one of the Village People. Why does he do the things that he does for Michael? I just don't get it. What is he getting out of that relationship?" (Jim, alors qu'il fait clairement allusion à son rapport avec Pam et que c'est ultra-touchant. De l'art de nous émouvoir en nous parlant d'un homme qui transporte de l'urine et un John Krasinski plus juste que jamais).

5) S07E22 Goodbye Michael
Non seulement c'était émouvant de voir Michael partir à l'époque, mais avec le recul et après avoir vu à quel point la série n'a pas réussi à se remettre de ce départ, ça l'est encore plus aujourd'hui. "Goodbye Michael" aurait pu conclure parfaitement la série. Voilà en tout cas ce que j'en disais : "Alors que les épisodes précédents étaient souvent bien maladroits, les scénaristes nous font le plaisir de savoir toujours viser juste et toucher la corde sensible tout au long de cet épisode rallongé. Les références nostalgiques au passé de la série (le gant de Phyllis, la partie de basket dans l'entrepôt, les personnages de Michael) sont intégrés avec finesse. Chaque adieu colle parfaitement aux personnages et c'est très bien pensé d'avoir laissé à Pam le soin d'une dernière étreinte avec Michael. Les deux personnages ont toujours eu une relation particulière et j'ai bien failli verser une larme lors de cette scène extrêmement touchante à l'aéroport. J'ai bien ri aussi, que ce soit grâce à l'intrigue plus légère qui permet enfin à Will Ferrell de ne pas trop être à côté de la plaque et à Andy de montrer enfin son potentiel de vendeur, ou bien grâce aux éternels gamineries de Michael. Le dernier regard lancé par Michael à ses employés et la crédulité de Creed qui lui dit "à demain, patron" m'a rappelé avec émotion la dernière garde de Mark Greene dans Urgences. Nous sommes les seuls à savoir que Michael s'en va (excepté Jim) et c'est ce qui rend son départ encore plus émouvant. Et enfin, il y a une référence au fait que The Office est un documentaire et voir que le concept est de nouveau assumer me rassure sur la cohérence de l'ensemble (ça, c'était avant Brian le perchman bien entendu), surtout que c'est fait encore une fois avec sensibilité, nous amenant à la dernière réplique de Michael, un "That's what she said" en sourdine. Le symbole de la fin pour celui qui restera l'un des personnages de comédies les plus mémorables dans mon panthéon télévisuel." Est-ce que l'apparition de Steve Carrell sera satisfaisante dans le final de la série ? Je ne veux pas trop me créer d'attentes, je sais juste que j'ai très envie de le revoir une dernière fois.
"Hey will you guys let me know if this ever airs?" (Michael)

4) S03E24 The Job
Un modèle de season finale où tout est lié, tout est surprenant, tout est drôle, tout est touchant. De la nouvelle poitrine de Jan à la nouvelle coupe de cheveux de Jim en passant par le faux départ de Michael et l'éphémère prise de pouvoir de Dwight sans oublier le coup de théâtre final concernant Ryan, on sentait une nouvelle ère venir pour la série après une saison qui n'avait cessé de prouver que les scénaristes débordaient de créativité. Chaque seconde de "The Job" est culte à mes yeux et cet épisode, comme les suivants dans ce classement, je le connais quasiment par coeur, je serais presque capable de le réciter. Mais ne soyez pas dupes : ce qui m'a autant marqué ici, ce n'est pas seulement la qualité d'écriture et la satisfaction de voir une saison aussi grandiose s'achever de manière aussi grandiose. Ce qui m'a marqué, c'est le sourire de Pam. Même dans les meilleures fanfictions, personne n'aurait pu imaginer une manière aussi parfaite et euphorisante de mettre enfin un terme au jeu du chat et de la souris mené par les deux amis depuis deux saisons et demis. Un tour de force, capable de vous foutre les larmes aux yeux tout en vous offrant un grand sourire. Le tout avec un simple pot de yaourt. C'est très fort.
"I'm sorry... What was the question?" (Pam)

3) S02E01 The Dundies
Comment aborder ce haut du classement sans répéter ce qui a été dit mille fois, sans accumuler les superlatifs ? Pour vraiment comprendre à quel point "The Dundies" est un must, il faut se replonger dans le contexte. Enchaîner "Hot Girl" et ce season premiere pour voir une série prendre son envol. Se transformer en l'espace d'un épisode en quelque chose d'unique, pour voir des scénaristes et un cast trouver leurs marques et définir ce qui rendra la série aussi formidable par la suite. Créer sous nos yeux ce mélange doux-amer qui donnera le ton pour de nombreux suiveurs. Transformer le personnage de Steve Carrell d'un David Brent 2.0. en Michael Scott. Nous faire tomber amoureux à vie de Jim et Pam, tout ça à cause de quelques verres de trop. Nous faire prendre conscience que tout ce petit monde a un potentiel monstre et qu'on est prêt à les suivre pour encore des années (peut-être pas neuf, mais pourquoi pas). "The Dundies" est culte. Mais le mot culte a été souvent malmené alors je la refais. Pour tout ceux qui aiment autant The Office que je l'ai aimé, "The Dundies" est culte. Pour citer Pam, c'est comme un accident de voiture qu'on a pas envie de regarder mais qu'on force nos amis à regarder si on veut que, eux aussi, ils tombent sous le charme. Ecoutez "Tiny Dancer" d'Elton John me ferait toujours pleurer désormais...

"The Dundies are kind of like a kid's birthday party, and you go, and there's really nothing for you to do there. But the kid's having a really good time, so you're, kind of there. That's-that's kind of what it's like." (Oscar)
2) S02E10 Christmas Party
Juste après "Noel" de The West Wing et le pilote de Six Feet Under, "Christmas Party" est mon épisode de Noël favori. C'est mon rituel de le regarder tous les ans le 24 décembre depuis sa diffusion. Et à chaque fois, tout fonctionne comme au premier jour : l'ambiance des fêtes en entreprise, un Michael en roue libre, des employés qui oublient toutes leurs différences pour danser ivre, le comité des fêtes en pleine ébulition, le gant de Phyllis, l'I-pod qui passe de mains en mains lors d'une séance de "yankee swap" aussi cruel que drôle, Dwight avec des oreilles d'elfe, Angela qui laisse éclater sa rage en détruisant des décorations, Bob Vance de Vance Refrigiration, Todd Packer et surtout l'émotion provoqué par cette théière pleine de surprises (et même "A.A.R.M." ne m'aura pas gâcher ce sentiment en nous dévoilant les surprises). Là aussi, je connais ça par coeur. Chaque petit sourire de Pam, chaque petit regard de Jim, chaque syllabe prononcée par un Steve Carrell qui semble s'amuser tout autant que nous. Si un jour je dois passer Noël seul, si un jour je dois passer Noël triste, je sais que j'aurais toujours "Christmas Party" pour me tenir compagnie. Et que toute ma vie, j'aurais The Office pour me tenir chaud au coeur. N'est ce pas merveilleux qu'une série basé au départ sur de l'humour inconfortable réussisse à nous faire se sentir aussi bien ?
"See, that's what Christmas is all about to me, is when you see someone open a gift and you think, "Man, I wish I got that." I mean, that's just such a great feeling, to watch other people envying a gift that you gave to somebody else. I don't know, it's just... I don't know, just makes you kind of feel good." (Michael)
1) S02E11 Booze Cruise / S02E22 Casino Night
Vraiment, vous voulez que je vous explique pourquoi "Booze Cruise" et "Casino Night" décrochent la première place ex-aquo ? Bon, d'accord. Je vais me répéter alors. Ce sera la dernière fois. D'abord, commençons par une raison toute simple : "Casino Night" est le meilleur season finale de la meilleure saison de comédie de tout les temps. PAF. "Booze Cruise" est le meilleur onzième épisode de la meilleure saison de comédie de tout les temps. PAF. Ensuite, ce qui a fait de cette saison la meilleure saison de comédie de tout les temps, c'est en partie le traitement accordé à la romance entre Jim et Pam. Et ces deux épisodes contiennent les moments les plus forts de cette saison passée à voir les deux amis se tourner autour. Une apogée bouleversante. John Krasinski et Jenna Fisher à leur meilleur. Magnifiés par une caméra qui n'a jamais été aussi bien utilisé dans le cadre de ce "mockumentaire" (je n'aime vraiment pas cette expression au fait, je tenais à le dire). Tout ça, vous le savez. Et peut-être que si vous êtes des humains normalement constitués, vous le pensez aussi. Maintenant, parlons de choses plus personnelles (comme d'habitude me direz-vous).

Vous le savez, j'ai la mauvaise habitude de projeter pas mal de choses de ma vie sur la fiction que je regarde. Que ce soit sur la famille Fisher ou sur Nick Miller, ce procédé d'identification très fort me rend souvent aveugle et profondément lié à une série (ou un film ou une chanson d'ailleurs) et j'en parlais longuement ici avec mes collègues sériphiles. C'est précisément ce syndrôme qui m'a fait ressentir autant de choses face à cette seconde saison et au parcours de Jim face à Pam. Au moment même où je regardais cette seconde saison, alors que j'étais au lycée, je vivais la même histoire avec ma voisine de classe. Tout comme Pam, elle ne se doutait que très peu de ce que je ressentais. Nous étions les meilleurs amis. Et des scènes comme celle de la canette qui impose un silence embarrassant, du supermarché, du match de basket, de l'étreinte embarrassante, ou du cadeau de Noël, je les ai vécu quasiment secondes par secondes. Un jour, je n'ai pas pu résister. Je venais de voir "Casino Night" pour la première fois. J'étais émue aux larmes. Et j'ai écris une lettre à ma Pam pour lui dire quasiment mot pour mot les mots de Jim. Le lendemain, elle m'a rejoint à la sortie du lycée, pour me redire mot pour mot les mots de Pam. Elle m'a brisé le coeur. Et moi aussi j'ai pleuré.
J'ai ensuite suivi le conseil de Michael dans la plus belle scène de "Booze Cruise" : "Never ever ever give up". Mais elle avait son Roy et j'ai eu par la suite ma Karen. Parfois en ayant vu les épisodes, parfois sans les avoir encore vu. C'était troublant car à la fois un truc triste et une sorte de thérapie. La catharsis puissance 10. Ce petit jeu a duré même pendant la troisième saison mais n'aura pas eu le droit à la même destinée que sa version télévisée. Mais à chaque fois que je reverrais (avec toujours autant de frissons) les deux plus beaux épisodes de The Office, j'aurais une pensée pour elle, pour le moi que j'étais à ce moment-là et pour mon petit coeur brisé.
Merci à The Office d'avoir su l'accompagner et le réparer quand j'en avais le plus besoin. Pendant quasiment neuf ans. Merci.
"I'll save the receptionist" (Jim)

Mentions honorables : S01E02 Diversity Day / S02E02 Sexual Harassment / S02E05 Halloween / S03E12 Back From Vacation / S03E20 Safety Training / S04E01 Fun Run / S04E07 Survivor Man / S05E25 Cafe Disco / S06E01 Gossip / S07E05 The Sting / S09E24 Finale (espérons-le !)
Bon et bien, ça y est. Dans quelques heures, je m'en irais regarder la fin. "It's gonna hurt like a motherfucker..."
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16/05/2013
The Office / la rétrospective #6
Aujourd'hui, c'est Nicolas Robert, rédacteur au Dailymars, partenaire de podcast et avec qui je partage plein de passions communes (de ER à The Good Wife en passant par Homicide) qui vient rendre son hommage à la série. En nous présentant les différentes incarnations de The Office. Je serais moi-même tenté de subdiviser ses divisions (réunir les saisons 4 à 7 sous la même branche me semble trop radical) mais j'ai suffisamment parler de la série. Nicolas, c'est à ton tour, merci de ta participation !
The Office, d’une comédie à l’autre
Il y a des séries qui vous parlent plus que d’autres. Des créations qui raisonnent en vous de façon étonnante et qui, du coup, vous appartiennent un peu. « The Office », pour moi, c’est ça. Pas parce que c’est une comédie à la mécanique immuable mais bel et bien parce que je l’ai vue évoluer dans le temps. Et que l’intérêt que je trouvais dans son visionnage est souvent passé d’un point à un autre. Presque sans discontinuer.
Au début, la satire de la vie de bureau (saison 1)

J’ai découvert The Office assez tard. En mai 2008, si je ne me trompe pas. A la grâce de l’achat du coffret DVD des deux premières saisons, je me suis lancé dans l’aventure sans idée préconçue… tout au plus avais-je lu plusieurs critiques titillant positivement ma curiosité.
Dès le début, j’ai eu un coup de foudre comique pour Steve Carell. La série reprend, dans ses tous premiers épisodes, les scripts de la série de Ricky Gervais ? Oui, c’est vrai. Mais heureusement ou malheureusement, c’est Michael Scott qui m’a fait découvrir l’univers du mockumentary de bureau… et c’est lui qui m’a conquis.
A l’époque, il me rappelait furieusement des managers que j’ai croisés dans le passé. Des hommes en représentation permanente mais pas franchement faits pour la fonction. Bête, méchant, assez couard aussi, Michael Scott 1.0 avait tout pour me faire vivre des instants jubilatoires. Si, à l’époque, Dwight, Jim et Pam prennent parallèlement leurs marques, c’est lui qui capte mon regard. A coups de tirades certes écrites pour un autre mais bel et bien habitées par l’ex-participant du Daily Show.
Pour moi, ça marchait du tonnerre… mais je suis content que cela n’ait pas trop duré. Très honnêtement, je pense que je me serai lassé assez vite s’il n’y avait eu que ça. Mais Greg Daniels et sa bande ont vite bifurqué vers une autre direction. Un chemin pas franchement éloigné de la voie initiale mais émotionnellement plus riche. Une route qui allait me ravir au plus haut point. Notamment parce que Jim et Pam allaient me faire complètement craquer.
Le bureau, le boss et la comédie romantique (saisons 2 et 3)

Je ne vais pas être très original : ce que beaucoup considèrent comme l’âge d’or de la série est aussi une période très chère à mon cœur. Parce que Michael Scott 2.0 -plus humain, plus touchant- entre en scène. Parce que le processus du mockumentary tourne à plein sans que les ficelles ne soient usées (à l’époque, les regards consternés de Ryan à la caméra font toujours mouche chez moi). Parce que la série est en train d’ériger le cold open en véritable art. Et parce que bon sang, l’histoire entre Jim et Pam était tellement belle à cette époque…
Je ne fais pas franchement partie de ceux qui détesteront Jim et Pam une fois qu’ils seront « rangés ». Peut-être parce que j’ai deviné très tôt qu’une fois ensemble, ils ne pourraient plus occuper la place centrale qu’ils avaient pris dans mon esprit. C’est ça ou alors parce que, à plusieurs reprises, Jenna Fischer m’a fait fondre plus vite qu’un caramel au soleil avec les regards, les hésitations et les réactions de Pam. L’écriture, l’interprétation et le timing sont quasi-parfaits. Combien de fois me suis-je dit, à l’époque, « Qu’est-ce que c’est bien ! » en voyant défiler le générique de fin.
Mais pendant cette période, les deux amoureux de Scranton ne sont pas les seuls à casser la baraque. Carell transforme presque tout ce qu’il touche en or : c’est bien simple, à l’époque, il suffit qu’il apparaisse à l’écran pour que je me mette à sourire. A côté de ça, la dimension collective de The Office s’affirme avec force. Dwight continue d’être un personnage majeur pendant qu’Angela, Oscar, Kevin, Phyllis, Meredith et tous les autres apportent une nuance de couleur à ce qui est alors mon arc en ciel comique de l’époque. En gros, The Office US devient un miracle d’équilibre et d’inventivité.
L’enfant roi et sa cour délirante (saisons 4 à 7)

Avec le final de la saison 3, The Office arrive cependant à la fin d’une première vie. Jim et Pam ne se tourneront plus autour et un des piliers de la narration originale change. Bon gré, mal gré. Michael Scott 2.0 devient plus que jamais le centre d’un univers dans lequel gravite toujours autant de personnages. Si la notion d’ensemble show est toujours là, tout ou presque passe par Michael Scott. Sans doute trop parfois. Dès que les scénaristes font les feignasses en croisant les doigts pour que Carell sublime la polenta, ça coince. Parfois méchamment.
Contre toute attente, je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que la série est en chute libre à partir de la saison 6. D’abord parce que je l’aime bien, moi, cette saison (même si l’arc de Jim co-directeur ne sert pas à grand’chose) : l’épisode de Noël par exemple, me semble très réussi. Tout comme l’ouverture de saison, sur les rumeurs que Michael propage dans tous les sens. La saison 7, elle, offre une jolie sortie à son acteur principal et j’ai apprécié que cela soit bien maîtrisé.
Ces quatre saisons, en tout cas, tournent autour d’une notion phare. Michael Scott est un enfant. Touchant, amusant, fatiguant aussi parfois… mais il ne laisse jamais indifférent. Au final, ça marche souvent. De manière moins systématique que dans les trois premières saisons où la série fait mouche à tous les coups ou presque mais l’ensemble se tient bien. Notamment parce que les scénaristes explore de multiples pistes (The Michael Scott Paper Company) et que certains cold open sont mémorables (Stress Relief, partie 1 : avec la fausse alerte au feu).
Mais cette époque porte en elle une vérité lourde. Si The Office est une série chorale, elle repose beaucoup sur l’homme qui occupe le grand bureau à côté de l’entrée. Cette situation est assez paradoxale : plusieurs personnages, comme Andy et Erin, grandissent en effet patiemment. Dwight et les autres sont aussi capables de faire vivre de vrais beaux moments au téléspectateur. Mais le patron, c’est et ça reste Michael. Comme s’il était le pôle nodal comique du projet… une impression que son départ confirmera de façon douloureuse.
Erin, une idiote bien seule ou presque (saisons 8 et 9)

Septembre 2011 et septembre 2012. Deux rentrées, deux reprises, deux périodes suscitant plein d’espoir… et deux résultats très irréguliers. Décevants. Quand les historiens de la comédie comme Dylanesque ou Conundrum se pencheront sur la fin de la série, une fois détachés de l’implication émotionnelle qui les lient à cette série, ils devront se rendre à l’évidence : The Office saisons 8 et 9, c’est un spin off de The Office.
Ces deux dernières années sont loin, très loin des saisons 1 à 3, pas complètement éloignées des saisons 4 à 7, mais sans vraie ligne conductrice. Au mieux, on a quelques bons passages, comme les épisodes 12 à 15 de la saison 9. Au pire, ça part dans tous les sens sans réel pilote dans l’avion.
Un jour, pour faire le bilan de la saison 14 d’Urgences, j’ai écrit que lorsque l’on doit relancer un hit en perte de vitesse, il faut être capable de répondre à quatre questions : « Qu’est-ce qu’on a ? » (les forces en présence), « Qu’est-ce qu’on a eu ? » (ce qu’on peut essayer de retrouver), « Qu’est-ce qu’on n’a plus ? » (ce dont il faut faire le deuil) et « Qu’est-ce qu’on n’a jamais eu ? » (ce qu’on peut encore tester).
En relançant la dynamique d’ensemble avec Andy Bernard en big boss, l’équipe d’auteurs de The Office a confondu « Qu’est-ce qu’on a eu ? » et « Qu’est-ce qu’on n’a plus ? ». Helms n’est pas Carell, et faire suivre à Andy un parcours souvent trop proche de Michael était une ânerie.
L’idée de revenir à l’idée du documentaire était bonne, mais il aurait sans doute fallu traiter autrement la question de la direction. Amener deux ou trois autres acteurs à la tête de la branche scrantonienne de Dunder Mifflin, les intégrer dans un projet précis (oui, Robert California : c’est toi que je regarde, là), auraient peut-être permis de secouer vigoureusement l’ensemble.
Il reste quoi qu’il en soit quelques bons moments, souvent rattachés au personnage d’Erin. C’est l’un des rares que je n’ai pas lâchés jusqu’à la fin. Mais je pense qu’il me faudra un peu de temps pour évaluer réellement ces deux dernières saisons. Et je pense qu’il en faudra encore un peu plus à Dylanesque.
Le mieux, pour cela, c’est encore de se refaire une intégrale de la série. Pour se rappeler que c’est une série multiple. Et qu’elle mérite plus, beaucoup plus qu’un « non mais depuis que Jim et Pam ne sont plus ensemble, ça n’a pas franchement d’intérêt hein… »
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15/05/2013
The Office / la rétrospective #5
On continue cette semaine hommage avec un nouvel invité : Tom, du site SmallThings, qui fut lui aussi un passionné de la série et revient à sa manière sur l'origine et le long déclin de cette passion. Tout en gardant espoir pour le final. Comme nous tous.
Les comédies sont les parents pauvres des séries, peu de monde en parle à part les plus connues et peu d'élus restent dans les mémoires. Pourtant il existe des perles et The Office en faisait partie. J'utilise le passé pour la simple et bonne raison que la série a perdu beaucoup de sa grandeur et de sa puissance depuis 3 ou 4 ans. Ce mois-ci, les portes de Dunder Mifflin vont se fermer pour des millions de téléspectateurs, l'occasion de revenir sur 8 ans de CDI.

Ma première approche fut par... la version française ! Eh oui, Le Bureau a été diffusée par Canal + et j'en ai gardé un souvenir très positif. Le type d'humour était vraiment original et, chose rare, me faisait rire ! Je me suis donc tourné vers la version américaine, plus glamour que l'anglaise toujours assez froide. Un puis deux épisodes et le charme était déjà là, l'humour aussi et la galerie de personnages était clairement atypique. Le coup de l'agrafeuse dans la gelée m'a achevé : j'étais addict.
Il y a clairement beaucoup de choses à dire sur la série. Commençons par l'humour.
Au-delà de la simple sitcom, The Office véhicule des blagues et des dialogues portés vers la honte, la gêne, le ratage, bref sur tout ce qui rend l'ambiance un peu pensante. Ca a été une boufée d'air frais pendant de longues saisons. Menée tambour battant par un Steve Carell parfait en Michael Scott, The Office a des séquences cultes. On ne compte plus les blagues entre Jim et Dwight, les tentatives désespérées d'attirer l'attention de Michael Scott qui sont les deux grosses mamelles de la série.
Au delà d'une écriture réussie, les personnages ont tous un physique totalement atypique, clairement moins glamour qu'un Grey's Anatomy par exemple. Ici on joue sur les tronches de monsieur ToutLeMonde et on va même plus loin que ça. Véritable décor eux-mêmes les personnages secondaires sont reléguées en figurants pour bon nombres d'épisodes. Avec ce genre de gestion des personnages, The Office rend hommage tous les employés qui sont une fois, peut-être par hasard, devenu le héros de la journée au taf ou au centre d'une attention particulière, en bref, la série rend un vibrant salut à la vie de bureau en open-space. Qui n'a pas tenté de faire des blagues à un collègue bon client (ou mauvais d'ailleurs) ? Moi le premier, je tentais de retrouver cette ambiance au boulot et il est vrai que chaque entreprise à sa propre galerie de personnages.

Vous l'aurez compris The Office est à la fois originale mais met le doigt dans le vrai. Au-delà des apparences, The Office est une vraie peinture de la société où la formule metro boulot dodo prend tout son sens. La partie boulot est une portion de la vie de chacun, on passe un quart de son temps si ce n'est plus sur son lieu de travail, lieu de vie !
A ce titre, le temps passé peut être aussi du temps gagné... dans sa vie sociale. Jim Halpert et Pam Beesly sont devenus de véritables icones du couple télévisuel par excellence. Voir leur amitié et leur histoire d'amour prendre forme sous nos yeux avec ces caméras indiscrètes quic aptent ces moments de complicité magiques ont fait de Jim et Pam des personnages d'une justesse incroyable. Leur histoire a été pendant longtemps le filigrane de la série et les voir évoluer n'a pas été de tout repos. De deux collègues amis ils sont devenus parents en crise. La logique voudrait que le couple se sépare à la fin de la série pour mettre un point d'orgue à ce que l'histoire soit en quelque sorte bouclée mais une happy end serait aussi bienvenue. Le simple fait de penser que cela pourrait mal finir serait inscrit dans une logique purement émotionnelle. Il ne peut rien leur arriver d'excitant et de nouveau qu'une rupture. Le spectateur a perdu beaucoup en voyant Jim et Pam se transformer en couple routinier sans magie. Finir sur une réconciliation serait presque paresseux.
Il reste quelques épisodes avant la fin et je me souviens d'une fin de saison 5 énorme avec un fait effet de groupe, on sentait les acteurs amis dans la vie, la folie engendrée la folie, Michael Scott citait Britney sur du Lady Gaga, les Dundies Awards offraient fou rire sur fou rire et Dwight offrait sa vision du monde à travers des us et coutumes bien à lui. Je me souviens de Jim et Pam sur le toit, des petits regards caméra de Jim, de cette fin de saison 2 parfaite, de la chauve-souris, des fax du futur... Bref The Office c'est aussi des tas de moments qui ont fait et feront toujours la série.

En lisant les dernières phrases, je parle d'un temps révolu. Scott parti, la magie Jim/Pam disparue, il ne restait plus de grandes fondations pour que la série parvienne à maintenir le cap. Ce n'est pas faute d'avoir un casting impeccable, non, c'est la faute à des scénaristes plus du tout inspirés. Certes Ed Helms tente de maintenir le navire à flot mais son Andy est plus irritant qu'autre chose. D'ailleurs j'ai tenté de me dire qu'Ed Helms jouait Michael Scott pour voir où se situait le souci. C'est vraiment une façon d'aborder la ringardise qui se pose là. Steve Carell avait le physique et la manière.
The Office se conclue dans une quasi indifférence, les audiences sont anémiques, la rumeur d'un retour de Steve Carell pour le final revient et on s'attend à ce que le principe originel de la série - une équipe documentaire filme Dunder Mifflin - trouve son apogée dans les 75 dernières minutes. Le principe de documentaire était effectivement une idée formidable. Nous étions les témoins des confessions de chacun et leurs impressions sur des scènes vues précédemment. Il y avait ce petit décalage charmant et rafraichissant qui permettait de renforcer l'aspect "réel" de la série.
Pourtant ce principe est devenu petit à petit envahissant et clairement bancal. Les angles de caméra se multiplient, les champ-contre-champs deviennent incohérents et chaque fait et geste de la vie des employés ont été mis en boite. Cette dernière révélation arrive en saison 9 quand le principe du documentaire va servir de prétexte pour terminer la série. A quoi s'attendre ? Va-t-on arriver dans une phase où la série va se regarder elle-même et proposer une histoire aux accents méta ? Déjà le 9x18 proposait un regard amer sur le parcours de la série et le spectateur ne sera pas surpris, mais déçu, si on ressort une sorte de best-of pendant le final...
9 saisons (quasi 8, la première ne faisant que quelques 6 épisodes) de bons délires mais qu'on aimerait voir cesser. Le spectateur a le droit de faire comprendre que la série n'a plus le même visage, ni la même énergie. Dès la disparition des "Dunder Mifflin This Is Pam" on savait que la série devait évoluer et allait avoir affaire à des challenges. Les bases évoluent mais le background reste le même à l'image des personnages secondaires ou tertiaires (d'ailleurs l'évolution de Ryan a été la pire chose de la série, comme un placement de produit à cause de sa place de producteur...) Oui la saison 9 a une qualité croissante mais elle est loin, très loin, du niveau d'avant. Ce remake d'une série anglaise avait trouvé son identité, son rythme mais s'est perdu en croyant un peu trop à son concept. Il va falloir être fort pour juger convenablement le final qui conclura une aventure humaine formidable. Les personnages ont évolué devant nos yeux et comme Jim et Pam, notre amour pour la série a évolué, comme Jim et Pam, nous sommes arrivés à des sacrifices, des choix et une routine qu'il va falloir combattre. Le sort du couple va-t-il sceller le sort du spectateur ?
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14/05/2013
The Office / la rétrospective #4
Laissons la parole à Drum, chroniqueur de pErDUSA avec lequel je suis souvent d'accord. Sa manière de venir rendre hommage à The Office sur mon blog, c'est de venir parler d'un truc sur lequel on est pas d'accord. Il est fourbe ce Drum. Mais ça ne doit pas vous empêcher d'aller lire tout ce qu'il écrit. Il suffit juste de ne pas l'écouter quand il dit du bien de The Mindy Project ou de The Farm. Donc en fait, ne lisez pas l'article ci-dessous.
The Farm ou pourquoi NBC, Dylanesque et le Monde ont tous tort.
J’ai vraiment bien aimé The Farm.
En tant qu’épisode de The Office, il était clairement bancal, mais c’est le risque des backdoor pilot, ces épisodes de séries qui servent de plate forme de lancement à une nouvelle série. On ne regarde pas The Office uniquement pour Dwight, du coup, lorsqu’on regarde un épisode de The Office, nous sommes en droit d’attendre un épisode régulier de The Office et pas des aventures de Dwight à la ferme.

Je pense que c’est la première erreur de The Farm. Il n’y a aucune mention de Joey dans la dernière saison de Friends. Joey commence la saison suivante avec son pilote en bonne et due forme. Il y a une cassure entre les deux séries et les deux univers. The Farm aurait surement du suivre ce schéma. Il est tentant de vouloir tester les eaux d’une nouvelle série par un épisode de la saison mère, mais The Farm est si radicalement différent de The Office que le clivage entre les deux séries est trop fort.
J’ai suivi Frasier avec grand plaisir en ayant vu qu’un tiers des épisodes de Cheers. Cheers et Frasier étaient totalement indépendants. C’est le cas de The Farm et The Office. Tout comme le Joey de sa série est légèrement diffèrent du Joey de Friends, et que le Frasier de Cheers n’est pas exactement celui de Cheers, le personnage de Dwight se doit d’être recalibré pour avoir sa propre série. Le problème de ce principe de back door pilot est que les forces de The Office ne sont pas celles de The Farm.
Bien sur qu’il y a une filiation, mais il ne s’agit pas d’une franchise thématique comme Les Experts ou Law and Order. D’un côté, nous avons une satire (plus très fine) de la vie de bureau, de l’autre une comédie sur une famille atypique. Le mélange des deux ne fonctionne pas, mais ce que The Farm a mis en avant est le potentiel d’une série pas si mauvaise qu’elle n’y parait.
Dwight est un personnage de The Office facilement agaçant et casse gueule. C’est un personnage exploité de manière comique très accentuée. The Farm recentre le personnage au sein d’une famille et lui donne un peu plus de profondeur sans effacer les traits si connus du personnage. Et le frère et la soeur de Dwight étaient des additions plutôt bien trouvées et bien définies pour un pilote. Je m’attendais à une variation de Dwight comme le frère de Frasier ou la soeur de Joey l’étaient du personnage central. Alors que là, Greg Daniels et son équipe n’ont pas choisi la facilité avec deux nouveaux personnages bien distincts les uns des autres avec des sources d’humour et d’attachement très différents de ce que Dwight pouvait fournir. C’était un choix courageux.
Mais même en tant que pilote de série, je dois avouer qu’il était inférieur à celui de Joey qui, malgré une série décevante, a fourni un excellent premier opus. Mais le potentiel était là. Il y avait un univers particulier qui n’a que très rarement été exploité en neuf ans de The Office. Il y avait matière faire évoluer ce personnage sans faire redite avec ce qui avait été fait dans la série mère. Et il avait même la promesse tacite d’un générique signé de The Decemberists.
J’ai vraiment aimé l’univers de cet épisode, et même s’il n’y avait aucune garantie d’une bonne série, malgré mon enthousiasme partagé l’été dernier sur pErDUSA, je n’ai pas été déçu. Je ne suis pas assez enthousiasmé pour être déçu de ne pas voir la série à l’antenne l’année prochaine, mais je ne pense pas que The Farm méritait d’aussi mauvaises critiques pour un exercice aussi dur qu’un back door pilot sur un personnage aussi dangereux que Dwight.

Et puis, si un acteur de The Office méritait sa propre série, c’est déjà le cas avec The Mindy Project, la sympathique comédie de la FOX conseillée à tous les lecteurs de Dylanesque (qui est tombé dans son propre piège en me proposant d’écrire pour son blog. #TheKalinist).
Merci Drum. Le pire, c'est que tu serais presque convaincant. Et que je vais presque regretter de ne pas retourner à la Schrute Farm la rentrée prochaine. Fourbe, je vous dis...
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13/05/2013
The Office S09E22E23
9x22/9x23 A.A.R.M.
Deux Dylanesque ont regardés l'avant dernier épisode de The Office. Celui d'aujourd'hui, qui est fatigué par cette neuvième saison qui gâche tout ce qu'elle entreprend. Et le Dylanesque qui existait entre 2006 et 2010, celui qui débordait d'amour pour chacun des personnages de la série. Vous vous souvenez de la scène où Jim souhaiterait rendre visite à la vieille version de Jim pour l'avertir de ce qui va venir ? Et bien c'est à peu près le même principe. Afin de débuter comme il faut les festivités pour cette ultime semaine consacrée à The Office, écoutez mes deux moi débattre.

Young Dylanesque : Quoi, on est en 2013 et The Office existe toujours ? Génial !
Dylanesque : On se calme, petit. Même si j'envie ta candeur et tes dents encore blanches, je préfère que tu te fasses pas trop d'illusions. Ta série favorite n'est plus que l'ombre d'elle-même depuis au moins deux saisons. Et plutôt que de se servir de sa deadline pour partir en apothéose, elle a pas fait grand chose d'intéressant ou de crédible cette année. Mais dis-moi, t'en es où dans ton visionnage toi ?
Young Dylanesque : Jim et Pam viennent de se marier. Et j'ai pleuré tellement j'étais ému !
Dylanesque : Et bien là, ils viennent presque de divorcer et en fait non car l'amour est plus fort que tout. Magique, non ?
Young Dylanesque : Il est drôle ce cold open. Je suis encore amusé de voir Jim faire des blagues à Dwight.
Dylanesque : Moi ça me gave depuis longtemps mais je les pardonne car je comprends qu'il fallait bien exploiter ce running gag une dernière fois. Pauvre Jim. Il aura été vendeur dans une compagnie qu'il n'aime pas pendant des années, puis aura quitté cette branche pour y revenir, puis aura été co-manager pour redevenir simple employé, puis aura presque concrétisé son rêve avant de redevenir employé et assistant de Dwight. Tu as raison de culpabiliser Pam mais faut dire que ton mari est une sacrée girouette et une sorte de sado-masochiste.
Young Dylanesque : Mais tu comprends pas, l'amour est plus fort que tout !
Dylanesque : Si, je commence à comprendre. On me le rabâche depuis déjà quelques épisodes et pas de la plus subtile des manières. Pas de la manière parfaite dont on me le rabachait quand Jim se faisait briser son petit coeur par Pam, puis inversement.
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Young Dylanesque : Donc moi je trouve le cold open rigolo. Tout comme les tableaux de Dwight, son attitude en tant que manager. C'est un peu comme dans "The Job".
Dylanesque : Oui, c'est la même chose que dans "The Job" et que dans "Dwight K. Schrute (Acting Manager)". Même si là, Dwight est arrivé à maturité. À l'apogée de sa vie. Même si le tout est poussif et ne me montre pas forcément le Dwight que j'aime, la demande en mariage final m'a bien plu. Je n'avais d'ailleurs pas autant apprécié Angela depuis des lustres. Son duo avec Oscar était adorable.
Young Dylanesque : C'est un épisode qui doit en tout cas faire plaisir aux shippers. Il y a du JAM en veux-tu en voilà, du Dwangelina comme s'il en pleuvait. De l'AMOUR quoi ! Youpi !
Dylanesque : Oh, Young Dylanesque, comme tu es mignon... J'ai bien vu que tu as pleuré en voyant ce montage JAM digne des plus belles créations de fangirl sur Youtube (ou de moi à ton âge) (qui d'ailleurs, avait aussi utilisé Snow Patrol pour l'occasion). Moi, j'ai trouvé ça tellement forcé et redondant par rapport aux dernières semaines que j'ai regardé ça de manière passive. Un peu blasé.
Young Dylanesque : Comment être blasé face à un tel orgasme JAM ?
Dylanesque : Va lire mes dernières reviews et tu comprendras. Juste pour le fun, tu as pensé quoi de l'audition d'Andy ?
Young Dylanesque : J'ai pas trop compris ce que ça foutait là et j'ai pas du tout rigolé.
Dylanesque : Bon, tu me rassures. Tu n'es pas si indulgent que ça finalement. C'était vraiment de la merde. Pas autant que la semaine dernière (où c'était littéralement de la merde) mais presque autant. N'empêche, j'ai trouvé son apparition au bar dans la dernière scène presque touchante. Et c'est ça que j'espérais de ces derniers épisodes. Être suffisamment juste émotionnellement pour nous faire oublier les défauts subis ces deux dernières saisons. Ce fut le cas lors de cette micro-seconde avec Andy, lorsque Jim conseille à Dwight d'épouser Angela dans un remake de sa dernière conversation avec Michael et ce fut le cas lorsque Darryl quitte le bureau après une dernière danse. Tout le reste était juste là pour combler l'antenne. Et pour faire passer Kevin du statut de débile à celui de bébé.
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Young Dylanesque : Content de voir que Creed n'a rien perdu de son mordant en tout cas ! Mais au fait, il était où Michael ?
Dylanesque : Euh... J'ai un truc à te dire...
Dylanesque annonce à son jeune double la nouvelle. Son jeune double part pleurer dans un coin, puis revient.
Dylanesque : Mais t'inquiètes pas, il reviendra peut-être dans le final. Peut-être. En tout cas, ça faisait plaisir d'entendre sa voix avec cet extrait du pilote. J'aurais presque aimé rester un peu plus longtemps avec eux pour revoir le documentaire. Allez, "A.A.R.M." était l'épisode le moins pire depuis longtemps. J'en attendais mille fois mieux mais aussi mille fois pire. Il y avait des moments touchants et je devrais le revoir en t'écoutant plus, jeune moi.
Young Dylanesque : Ok. Bon et bien merci pour les spoilers mon vieux. J'ai plus que quatre jours pour voyager super rapidement dans le temps et rattraper mon retard.
Dylanesque : Tu peux sauter la huitième saison et commencer la neuvième à partir du final. Ca devrait aller, je pense. Ou lire mon top 50. Comme tu veux. Et vous aussi chers lecteurs, c'est comme vous voulez. En tout cas, c'est donc parti pour la dernière ligne droite. Cette semaine, je vous promets pas mal de surprises, des invités de luxe et surtout, beaucoup d'émotion. Espérons que le series finale en fasse autant.
Young Dylanesque : Espérons !
Dylanesque : T'es encore là toi ?
Young Dylanesque : Oui, avant de repartir en 2009, je voulais te demander des trucs. Je voulais savoir si j'allais avoir mon diplôme à la fac, trouver l'âme soeur et tout...
Dylanesque : Aïe...
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12/05/2013
BILLY - S02E13
S02E13 Volver
BILLY - S02E13 Volver par billylaserie
Résumé : Alors qu'Henry est enfermé dans une cellule mexicaine, Garrett raccompagne un Billy en mauvais état à Lincoln City. Pendant ce temps, le reste du groupe prend la fuite et c'est l'occasion pour Charlie d'en savoir plus sur le passé de Sarah.
Commentaires : Ce qui est difficile quand tu sépares tes personnages, c'est de parvenir à suivre leur trace sans que ce soit trop le bordel. Game of Thrones y parvient une fois sur quatre et je vous avoue que c'était pas un défi très évident à relever. Surtout que niveau décors, on a pas les moyens d'HBO et que votre imagination va encore devoir faire une part du boulot. Imaginez donc que Henry se retrouve dans une cellule à la frontière mexicaine, que Garrett et Billy continuent leur route vers le Nord et débarquent au Nouveau-Mexique et que le reste du groupe est en train de fuir (et de se perdre) en plein coeur du Mexique. Tout le monde s'y retrouve, c'est bon ? Bien, je peux commencer.
Le titre "Volver" ne fait absolument pas référence au film d'Almodovar (que je n'ai jamais vu) mais permet de lier chacune des intrigues autour du même thème. Car "Volver", ça veut dire "revenir" ou "le retour" en espagnol (et comme on est au Mexique, ça tombe bien). Et tandis que Billy va faire son grand retour à Lincoln City, ses amis décident de revenir sur leurs pas après une longue fuite (à vous d'imaginez qu'elle est longue et qu'ils viennent de se taper des journées entières de marche sans chevaux pour ne pas se faire remarquer et parce qu'on a épuisé tout le stock de chevaux dans l'épisode de la semaine dernière !). On peut même s'amuser à étendre ce thème jusqu'à Henry en disant qu'il est de retour à la case départ, c'est à dire de nouveau seul, dans l'obscurité. Mais ça serait un peu tiré par les cheveux donc non.

J'ai voulu suivre nos quatre compères sur la route car s'il y a bien quelque chose que j'aime, c'est le voyage. Si je m'étais écouté, BILLY n'aurait été qu'un long road-movie suivant Billy et Sal en train de vagabonder (j'ai réussi à contenir ça dans le deuxième épisode de la série, souvenez-vous). Et je trouvais qu'un écrivain, une putain, un mexicain et un gamin étaient des figures assez pittoresques pour qu'on s'attarde à suivre leur errance. Comme d'habitude, ce n'est pas la destination qui compte mais le voyage en lui-même. Et j'ai profité de cette ballade pour insérer quelque chose que je tenais à écrire depuis longtemps, le monologue de Sarah. C'est la seule qui n'avait pas eu le droit de parler d'elle à Charlie dans "Entretien Avec Charlie" et j'ai repoussé ça jusqu'à cet épisode. Ainsi, chacun aura pu tirer ses propres conclusions sur les motivations de Sarah, son amour sincère ou non pour Billy, les raisons qui la poussent à rester auprès des Régulateurs, l'origine de ses frustrations et de son regard triste. Mais il était grand temps qu'on l'entende exprimer tout ça d'elle-même. Julie redoutait le tournage de cette scène et j'ai moi-même foutu pas mal de pression sur elle en insistant sur son importance. Je vous laisse jugez le résultat, moi il me touche beaucoup. Principale figure féminine du récit, Sarah est le personnage pour lequel j'aimais le plus écrire et elle méritait ce moment. Et pour désamorcer la tension, on peut toujours compter sur le duo Sal/Tom qui n'est pas sans rappeler le duo Sal/Billy des premiers épisodes justement. Tout comme ces pauvres vagabonds, j'adore tourner en rond !
De son côté, Garrett continue d'être torturé et de ne pas choisir son camp. Une partie de lui désire achever sa mission. Une autre se laisserait presque influencer par ce que lui dit Henry. Cela aboutit sur cette scène au coin du feu, avec un Billy en piteux état et un Garrett qui ne peut s'empêcher de lui apporter un peu de réconfort. Cette scène est un peu le négatif du face à face de l'épisode précédent et me permet de donner de nouvelles couleurs à un Garrett déjà bien complexe et bien schizophrènique à sa façon. Et ça peut paraître idiot, mais j'ai toujours voulu placer la phrase "les moustiques veulent me tuer" car je l'avais moi-même prononcé en faisant du camping et que je la trouvais cool. Ah, les mystères de la création...
Les cartes sont donc redistribuées dans "Volver" et personne n'a l'air d'en sortir gagnant pour le moment. Surtout pas Henry, enfermé dans l'obscurité, seul face à son Dieu. Tout comme le souligne (pas très subtilement je sais) ses allumettes, la fin approche...

Anecdotes : Pour ce nouveau périple en terres mexicaines, il nous fallait de nouveaux extérieurs. Parce qu'il arrive un moment où notre chère petite ferme ne pouvait tout nous offrir. Lorsque de ce qui fut la plus longue journée de tournage, nous sommes partis nous ballader autour de Segré, près d'une carrière d'ardoise et d'une forêt bordée de marais. La journée était longue car en plus des scènes de "Volver", nous avons tourné des trucs que vous verrez bientôt. Entre la pluie et le vent, nous avons tout de même passé de bons moments car je me souviens avoir été comme un gamin en découvrant ces lieux vachement beaux (en vérité, je les découvrais pas car Aurélien m'avait déjà amené là pour tourner un pré-pilote quelques mois plus tôt, un pré-pilote tellement approximatif qu'il restera à jamais caché dans nos disques durs). Tandis que Jean-Baptiste s'est occupé de la première scène, c'est moi qui ai insisté pour prendre la caméra lors du monologue de Sarah. Et le montage du milieu fut improvisé alors que l'on découvrait les lieux. Une journée longue mais efficace.
Je tiens également à mentionner la première apparence de mon magnifique poncho, qui me donne l'allure d'un pélerin hors du temps (et qui avait déjà servi dans un tas d'autres scènes car BILLY, c'est aussi l'art de la récup !). D'ailleurs, le feu de camp a également servi à tourner l'épisode "Ezekiah" et tourner la nuit avec le feu, c'est toujours compliqué. Il y avait donc au moment de filmer cette scène entre Garrett et Billy une sorte d'ambiance un peu étrange et on est toujours heureux de pouvoir capturer les ambiances étranges.
Quand à la prison d'Henry, il s'agit d'une des nombreuses pièces de notre ferme. L'une des rares que l'on avait pas encore explorée. Adrien y aura passé de longs moments et j'ai eu de la chance qu'il ne soit pas claustrophobe. Chaque tournage dans cette pièce était tendu et pesant, pour de bonnes raisons. Mais je reviendrais là-dessus très prochainement...

Musique : Le montage qui nous montre le voyage des quatre compères est accompagnée d'une musique d'Alexis Marshal. Mais si, vous savez, le monsieur qui joue James Bell et a déjà composé de jolies compositions pour la première saison. Il m'en restait en stock et ça aurait été du gâchis de ne pas l'utiliser. La chanson que fredonne Henry en regardant son allumette s'éteindre, elle est de lui. On a d'ailleurs déjà pu l'entendre dans "Des Pissenlits par la Racine". J'avoue que l'anglais est approximatif mais ça reste touchant à mes yeux et comme un lâche, je n'ai pas osé interrompre la scène pour lui donner des leçons sur la langue de Shakespeare. Depuis, il vient une fois par semaine chez moi pour des cours intensifs. L'épisode se termine sur une reprise de Leonard Cohen par la voix rauque et tremblante de Dave Von Ronk. Ce type était un pionnier du revival folk au Greenwhich Village au début des sixties, et il a pris Dylan sous son aile (et Dylan l'a remercié en lui volant des accords !). "Bird On A Wire" est un classique sur la détresse, la solitude et l'espoir (et j'espère que c'est en ces termes qu'on parlera de cette deuxième saison quand on finira par réhabiliter BILLY !)
La semaine prochaine : Encore des fantômes. Mais pas n'importe qui...
19:47 Publié dans BILLY (web-série) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
BILLY - S02E12
S02E12 Lune de Miel
BILLY - S02E12 Lune De Miel par billylaserie
Résumé : Le jour du mariage de Billy et Sarah, des intrus viennent gâcher la célébration. Le jeune marié retrouve alors une vieille connaissance avec qui il rattrape le temps perdu...
Commentaires : Avant même d'écrire le script de la série, j'avais quasiment toutes mes idées en tête. Les personnages se baladaient avec moi depuis des mois et dès que je me retrouvais seul et au calme, j'en profitais pour les faire vivre dans mon esprit. Il me suffisait d'être dans le train ou de chercher le sommeil, et j'imaginais déjà le genre de conversations que pourraient avoir Billy et Sal, je construisais un passé pour Henry et je tâchais de voir ce qui allait bien pouvoir arriver à Sarah, etc... Je connaissais bien la véritable histoire du Kid et je prenais le temps de l'adapter à ma façon, avant de la coucher sur papier pour de bon. Comme je me relis jamais, c'était important que tout soit bien claire avant d'écrire, même si je me réservais quelques surprises en fonction d'idées spontanées ou du casting.
Et dès le début, je savais que je voulais un mariage, je savais que je voulais qu'il se retrouve au milieu de la seconde saison et je savais que c'était le moment parfait pour que Garrett capture Billy. Et dès le début, je savais aussi que je voulais un épisode qui serait un long dialogue entre le Kid et le shérif car c'est eux le couple au centre du récit. Les deux personnages principaux. Leurs rencontres dans la première saison avaient donnés lieu, selon moi, à des scènes très fortes. J'avais réussi à les séparer pendant longtemps pour que chacun fasse sa route mais là, je ne pouvais plus résister, il était temps d'activer les retrouvailles. Alors en faisant d'une pierre deux coups, ce long dialogue s'est mélangé avec le mariage. Pour donner "Lune de Miel", un épisode dont je suis très fier.

Après les coups durs récents et la mort des Frères Coe, je voulais offrir un peu de bonheur à nos héros. Ou plutôt un instant de repos, une trève. Regardez comme elle est adorable cette petite famille ! Seulement, pas le temps de se sentir trop confortable, les coups de feu résonnent déjà. Et là, je vous offre avec nos petits moyens une fusillade digne des plus grands westerns, mais en mode web-série à petit budget ! Je ne me suis jamais vraiment intéressé à l'action mais il fallait bien rentabiliser nos accessoires et exploiter la beauté du lieu. Au moins, on ne souffre pas des mêmes problèmes d'éclairage qu'à l'époque de la "Fusillade". Et je trouve que François n'a jamais eu autant la classe et l'allure d'un putain de hors-la-loi que lorsqu'il monte sur cette dune pour se rendre, et que Jean-Baptiste n'a jamais eu autant l'allure et la classe d'un putain de shérif que lorsqu'il pointe son arme sur lui. Sarah quand à elle, est belle comme tout, Tom est plus enfantin que jamais (le regard d'Aurélien quand il est congédié me tue à chaque fois !) et je veux Adrien et son bâton pour célébrer mon mariage...
C'était chouette de pouvoir, le temps de ces scènes, redonner à Billy sa place centrale. Après l'avoir rendu malade puis lui avoir donné des envies de retraite, on le retrouve aussi arrogant et enthousiaste que lors de la première saison. Juste un peu moins naïf. Il a beau prétexter des envies de famille et de vie bien rangé, c'est avec ce genre d'adrénaline qu'il se sent vraiment vivant. Jouer au plus malin et tromper la mort, c'est ce qui l'éclate vraiment, ce qui lui donne une raison de vivre finalement. Même si en vieillissant, c'est tentant de se reposer sur le confort et le calme, on regrette toujours plus ou moins les surprises de l'adolescence, quand tout était possible et que tout était comme la première fois. Quand Garrett interrompt son mariage, c'est comme si Billy renaîssait. Et attention, cela ne veut pas dire qu'il n'aime pas Sarah. Il a beau se la jouer nonchalant en lui balançant sa bague et en la pressant à fuir, il ne se rend pas vraiment compte de ce qu'il est en train de perdre. Mais voilà : pour vivre au présent, il faut faire des sacrifices.
J'avais déjà piqué à Urgences l'expression "le temps passe plus vite que nos rêves". Et comme il s'agit d'une oeuvre fondatrice pour moi, je me permets de la plagier une nouvelle fois lorsque Billy fait ses adieux à Sal. "Ne fais pas de bêtises !". "Comme quoi ?" "Comme te faire tuer". C'est mot pour mot ce que s'échangent Kovac et Carter alors que ce dernier laisse son ami dans une clinique du Congo. Mais rassurez-vous, mon inspiration vient aussi du western. Le face à face Garrett/Billy est visuellement une copie de l'une des scènes d'ouverture de "Pat Garrett & Billy the Kid", le film de Peckinpah. La manière dont ils se tiennent et dont ils s'observent et l'ambiance du bar mexicain. Le texte est de moi par contre. Une conversation décontractée mais des mots où on perçoit à quel point les deux personnages sont liés et à quel point ils ont fait une longue route depuis la dernière fois qu'on les a vu.

La dernière fois qu'on les a vu, c'était Garrett qui buvait seul et avertissait Billy sur son avenir. Sur la manie qu'il a de ne jamais assumer ses responsabilités. Garrett semble donc avoir décidé d'assumer les siennes et de jouer son rôle de shérif jusqu'au bout. L'ironie du sort étant qu'il fait ça juste au moment où Billy avait décidé de grandir un peu...
"Lune de Miel", c'est donc à la fois des retrouvailles mais aussi une nouvelle dissolution pour notre communauté. Les Régulateurs se retrouvent séparés et c'est reparti pour un tour. Le dernier.
Anecdotes : La confrontation entre Billy et Garrett fut tourné dans notre bonne vieille ferme début août. C'était un moment clé pour chacun des personnages et les deux acteurs le savaient bien alors ils l'ont beaucoup préparés et ça donné un résultat qui m'a convenu très rapidement. Qui ressemblait en tout cas beaucoup à ce que j'avais dans la tête. C'était ce que j'essayais de faire en tant que metteur en scène improvisé : réussir à obtenir ce que j'avais dans la tête, à le communiquer à l'équipe. C'était parfois difficile et on a failli en venir aux mains avec Aurélien (non, je déconne) mais quand ça fonctionnait, c'était le bonheur. Et c'est grâce aux comédiens qui ont su me supporter et qui sont parvenus à s'approprier ce que j'avais écris pour eux. Me donnant ainsi une autre mission : s'approcher de ce que j'avais en tête tout en respectant ce qu'ils me proposaient. Parfois ça marchait, parfois non. Je pense que pour "Lune de Miel", ça a marché.
Et mon dieu ce que c'était fun de tourner dans ses dunes. Quand j'étais gamin, c'est à cet endroit précis que je venais jouer au cow-boy des après-midi entiers. Cette dune, je la connais par coeur et je savais dès le début que je voulais tourner la scène ici. Rendre hommage à mon enfance (c'est ça au final Billy, vingt cinq personnes qui m'aident à rendre hommage à mon enfance). Et en leur donnant des flingues, des costumes et un lieu aussi beau, je leur ai offert l'occasion à eux aussi de jouer aux cow-boys comme des gamins. C'était un matin, très tôt, afin de ne pas attirer trop l'attention (nous n'avions pas d'autorisation). Nous avions donc quitté notre camping de bon matin avec tout l'attirail comme si nous partions au combat. Nous avons beaucoup ri lors du mariage, couru dans tous les sens lors de la fusillade et exploité au mieux le temps qui nous était imparti (la bise, Gandalf) et ce lieu magnifique que Visconti n'aurait pas renié. Comme quoi, la Vendée a du bon, surtout à travers l'oeil de grands gamins.

Et je termine comme d'habitude en ruinant toute illusion : l'homme qui aide Garrett à menacer les Régulateurs (et qui essaye de vous donner l'impression qu'ils sont une vingtaine), c'était en réalité Kévin, alias Richard. Il était venu tourner sa scène dans "Demain est Si Loin" alors on lui a collé un poncho et il nous a rendu un beau service. Et vous allez me dire : qui pouvait bien tourner alors que Aurélien, Jean-Baptiste et moi étions occupés à jouer ? C'est la magie du cinéma et du champ/contre-champ les amis. En tout cas, niveau plaisir de tournage, "Lune de Miel" reste l'un des meilleurs souvenirs.
Musique : J'ai de nouveau pioché dans la BO de "Requiem for Billy the Kid", de Claire Diterzi, pour illustrer la décontraction de ce mariage dans les dunes et de ce face à face au comptoir. Et pour donner un côté épique à la fusillade et amplifier le côté "western spaghetti", je ne pouvais pas trouver mieux que Calexico. Je voulais les placer depuis le début car l'album "The Black Light" m'accompagne depuis longtemps. Alors voilà, j'ai choisi "Frontera" et je ne le regrette pas.
Stay tuned, un deuxième épisode sera à suivre dans l'heure qui vient...
19:21 Publié dans BILLY (web-série) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11/05/2013
RIEN À VOIR #2
Rien à voir, le coin de mordus de séries capables de parler de tout, tout le temps et sans s’arrêter… ou presque, est de retour. Pour ce deuxième épisode, deux bonnes nouvelles pour commencer. La première : on a mieux réglé nos micros. La seconde : le fichier à télécharger est nettement plus léger. Côté casting, les fidèles camarades Nicolas Robert et whisperintherain sont toujours là… et c'est Julia Lagrée qui vient prêter main forte à Nicolas Robert pour représenter le Daily Mars.
Au programme de ce deuxième épisode :
- Rien à redire / Rien à sauver : les chroniqueurs reviennent sur la saison 4 de Community, la saison 3 de Happy Endings et le lancement de How to live with your parents (for the rest of your life).
- Le débat : Pour apprécier une série, doit-on forcément se sentir proche des personnages ?
- Les coups de coeur du moment : 30th Degrees in February (Suède), Puberty Blues (Australie), Rectify (USA) et In The Flesh (Angleterre)
Comme la première fois, vos retours (et avis sur les séries évoquées) sont vivement attendus. Attention : si vous n'avez pas vu la fin de Happy Endings, éviter le spoiler balancé entre 31'37 et 32'02.
Bonne écoute !
00:00 Publié dans Community, Happy Endings, Podcast, Rectify | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09/05/2013
The Office / TOP 50 (4/5)
Suite d'un classement qui a commencé là puis qui a continué ici et puis ici. Un classement hautement subjectif où je me permets même de citer moi-même mes vieilles chroniques si je les trouve toujours adaptés. Je vous rappelle également que j'attends vos hommages pour ceux qui veulent dire adieu à Dunder Mifflin et être publié dans ces pages. À bon entendeur...
20) S05E13 Stress Relief
Pour l'instant, j'ai beaucoup axé ce top 50 sur les moments de la série qui m'ont émus ou que j'admirais pour leur audace scénaristique, pour leur créativité. Mais je n'oublie pas que The Office pouvait aussi offrir tout bêtement des moments de pure comédie. Des trucs pas très fins mais qui me faisaient rire à gorge déployé. Des trucs caricaturaux mais juste assez pour ne pas virer à l'excès. "Stress Relief", c'est de l'excès très bien maitrisé. Diffusé le soir du Superbowl, c'est un gâteau très sucré, destiné à rameuter un tas de nouveaux spectateurs et, du coup, à raconter une histoire presque hors-série, une sorte de best-of ou de clip-show qui n'en est pas vraiment un. Un festival Michael Scott, un cold-open épique où le chaos prend le dessus, un générique où l'on retrouve pour la seule et unique fois l'intégralité du cast, un rythme assez effréné malgré la longueur de l'épisode. Bref, un épisode aussi idiot que divertissant (franchement débile aussi quand Jessica Alba et Jack Black se tapent l'inscruste) et qui méritait de figurer au classement. Peut-être pas aussi haut mais je viens juste de le revoir ce cold-open et j'ai pas pu résister !
“You know sometimes, to get perspective, I like to think about a spaceman on a star incredibly far away. And, our problems don’t matter to him, because we’re just a distant point of light. But he feels sorry for me, because he has an incredibly powerful microscope, and he can see my face. I’m okay. No, I’m not.” (Michael)

19) S04E09 Dinner Party
Avec "Dinner Party", on est à peu près dans le même registre : une grosse blague, qui mise principalement sur Steve Carrell et l'absurde. Un vaudeville filmé sous la forme d'un documentaire et presque un hors-série (car à l'époque, c'était encore pas si courant de s'éloigner autant de Dunder Mifflin). La première fois que j'ai écris sur la série ici, c'était au sujet de cet épisode, qui marquait la fin de la grève des scénaristes. Du coup, j'étais un peu déçu, j'avais trouvé le tout drôle mais pas assez fin, je voulais voir mes personnages vendre du papier, pas jouer au dîner de cons. Depuis, je l'ai revu pas mal de fois et je peux vous dire que malgré son manque de finesse, c'est un délice de connerie et de répliques cultes. J'aurais payé cher pour être sur le plateau et contempler Steve Carrell refaire ses prises, en particulier celle où l'on découvre ses multiples vasectomies. "Dinner Party" marque la chute de Jan Levinson et aussi over-ze-top que sont ces vingt minutes, il y a de quoi se marrer comme un con quasiment non-stop. Et comme avec "Stress Relief", c'est aussi pour ça que je regarde la série. Elle n'est jamais à son meilleur que lorsqu'elle trouve l'équilibre doux amer qui a fait le charme des premières saisons mais elle peut aussi exceller dans la comédie pure et dure. Il m'arrive encore de fredonner la chanson de Hunter... Le seul truc dommage, c'est que ce genre d'épisodes a ouvert la voie à beaucoup de trucs n'importe nawaks par la suite.
"My ideals at a party? Easy. Jim. Pam. Ryan. The Mayor. Barack Obama. Shiloh Jolie-Pitt. Because at the end of the night, Brad or Angelina would have to come and pick him up and I would get to meet them. Shia La Beef because of Disturbia. Umm, all of the children of the world. Val Kilmer. But he probably wouldn't come, too famous. Obviously George Clooney. Umm... And Jan definitely, if there was room." (Michael, dans une scène coupée)

18) S03E17 Business School
Parfois, ce sont des scènes, des petits moments, qui rendent un épisode entier mémorable. Je ne retiendrais pas "Business School" pour la réalisation de Joss Whedon, pour l'intrusion d'une chauve-sourirs à Dunder Mifflin ou l'intervention de Michael à l'école de commerce de Ryan. Tout cela est très bien mais le plus mémorable, c'est Pam qui prend Michael dans ses bras. En quelques secondes, on ressent tout l'amour du monde pour notre chère réceptionniste et ses petits dessins et pour ce bon vieux Michael qui, même s'il n'a pas une vision très pertinente de l'économie, reste quelqu'un de foncièrement bien, quelqu'un qui désire beaucoup d'attention mais qui sait aussi, comme tout grand enfant, offrir gratuitement de l'amour aux autres. Sa réaction face au dessin de Pam et la fierté avec laquelle il l'accroche sur le mur du bureau m'avais mis les larmes aux yeux. Jusqu'au départ de Michael, sa relation avec Pam a toujours été l'occasion de scènes très fortes (puisqu'on est dans le name-dropping, citons également "Lecture Circuit" ou la Michael Scott Paper Company). Dans la même catégorie, j'aurais pu citer la gentillesse de Dwight face à Pam dans "Back from Vacation", j'aurais pu citer Jim qui partage un verre avec un Michael retrouvé seul au monde dans sa chambre d'hôtel dans "The Convention" ou la manière dont tout le monde empêche Michael de se suicider dans "Safety Training". La troisième saison est truffé de moments comme ceux-ci, où les personnages sont sincères et où on les aiment infiniment.
"Oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God, oh my God.." (Kelly Kapoor)

17) S03E08 The Merger
Scranton est génial. Stamford est génial. Alors forcément, quand les deux fusionnent, ça donne un épisode génial. Tout à fait à la hauteur car excitant du début à la fin. Forcément, on attend de voir comment Michael va réagir face à un nouvel employé afro-américain, un obèse et une mère célibataire. On attend de voir à quoi vont ressembler les retrouvailles entre Jim et Pam. Comment l'énergie d'Andy va se confronter à celle de Dwight. C'est la fusion de deux univers et c'est explosif, ouvrant un nouveau champ de possibilités énorme pour la série, qui saura en exploiter tout le potentiel tout au long de la saison, s'amusant même à parioder un slasher-movie avec les nouveaux employés. "The Merger" est surtout un épisode très drôle, en particulier si l'on aime être embarrassé. Car la scène où Michael célèbre ses nouveaux employés est hautement embarrassante, un must !
"The Japanese camp guards of World War II always chose one man to kill whenever a batch of new prisoners arrived. I always wondered how they chose the man who was to die. I think I would have been good at choosing the person." (Dwight)
16) S02E04 The Fire
On parle beaucoup de la récente schizophrènie d'Andy mais je dois avouer que celle de Dwight m'a longtemps attristé. Dès le début, Rainn Wilson nous proposait à la fois un fermier autoritaire carriériste à souhait et un grand enfant un peu nerd et lunaire. Cet équilibre faisait de lui un personnage unique à la télévision, aussi drôle qu'attachant, qu'il soit en oppositin avec Jim, dévoué à Michael ou amant d'Angela. Et je crois qu'à partir du moment où Angela a rompu avec lui pour la première fois et qu'il a pleuré dans les bras de Jim dans "Money", les choses ont changés. Tout comme Dwight absorba son l'embryon de son jumeau à la naissance, c'est le fermier autoritaire carriériste qui a pris le dessus. Si j'aime autant "The Fire", c'est que, tout comme "The Injury" ou "Dwight's Speech", il est à l'honneur de ce Dwight que je préférais, celui qui écoutait R.E.M dans sa voiture pour se consoler des abus de Michael, celui qui reprenait un classique de Billy Joel pour humilier Ryan, celui qui sautait de joie en voyant arriver les pompiers, celui qui parlait d'Harry Potter avec des étoiles dans les yeux. Je l'aimais ce Dwight et je suis un peu triste d'avoir perdu sa trace au fil des saisons. "The Fire" est également l'épisode qui tire le mieux parti de Ryan Howard, qui enchaîne les répliques cultes pour Michael et continue de jouer avec nos petits coeurs concernant JAM (ah, Amy Adams...). La série trouve ses marques et signait son deuxième épisode parfait, juste après "The Dundies".
"Ryan is book smart. And I am street smart. And book smart." (Michael)

15) S03E13/S03E14 Traveling Salesman/The Return
Et on continue de chanter les louanges de Dwight K. Schrute avec un double épisode qui nous fait réaliser, tout comme à Michael, à quel point on l'aime et à quel point il nous manquerait s'il venait à quitter son poste. Car là aussi, son côté enfantin est bien équilibré avec son aspect plus carrièriste et cela lui joue des tours, surtout quand le Nard Dog s'en mêle. On suit donc en parralèle la chute de Dwight et l'ascension d'Andy, puis l'inverse. Avec un Michael en retrait, dont l'excentricité habituel semble tout à fait normale à côté de celle d'Andy. Avec un triangle amoureux Jim/Pam/Karen qui fonctionne à merveille en évitant les clichés du genre. Avec des combinaisons innatendus (Ryan/Stanley ou Karen/Phyllis) et des retournements de situations en tout genre. Tout s'enchaine avec un rythme endiablé, les moments mémorables sont légions (le départ de Dwight, l'explosion de rage d'Andy) et je fais d'une pierre deux coups en citant ces deux épisodes légendaires dans ce classement, rappelant ainsi le génie créatif des scénaristes lors de cette période bénie.
"I miss Dwight. Congratulations, universe. You win." (Jim)

14) S05E21 Michael Scott Paper Company
Je me souviens que ce jour-là, NBC nous avait proposé deux épisodes durant la même soirée. Deux épisodes synonymes de changements et d'un renouveau bienvenue lors d'une cinquième saison très sympathique mais un peu inégale. D'abord, Idris Elba (The Wire, Luther) était venu s'installer à Scranton. Ensuite, Michael avait démissionné. Et finalement naquit la Michael Scott Paper Company. Probablement la meilleure idée des scénaristes depuis la fusion avec la branche de Stanford. Je le disais récemment en évoquant la quatrième saison de The Good Wife : rien de plus excitant à mes yeux que de voir des personnages repartir à zéro et faire équipe pour transformer leur deséspoir en créativité. Le trio Michael/Pam/Ryan était aussi innatendu que parfait (ce cold open avec le lancer de gâteaux apéro !) et j'ai rarement autant aimé ces trois-là que lorsqu'ils partageaient cet étroit bureau dans le sous-sol sous les canalisations du bâtiment. Je cite cet épisode mais l'arc entier est une merveille car c'est aussi l'occasion de voir Dwight former une alliance avec Jim ou avec Andy. Bref, c'est la période où les scénaristes carburent à fond pour exploiter le potentiel de chacun et nous raconter quelque chose de vraiment neuf et excitant. Je me souviens de ce jour-là et de ce printemps synonyme de renouveau pour ma chère série. Ci-dessous, la vidéo du fou rire qui inaugurait cette nouvelle ère.
"P is being a giant B." (Michael)
13) S05E23 Broke
Et la force de la Michael Scott Paper Company, c'est qu'elle a su s'arrêter pile au bon moment, juste avant que ça ne devienne poussif ou moins excitant. J'étais triste de voir notre trio de génie se séparer mais "Broke" était tellement réussi que je n'avais pas vraiment de raison de me plaindre. En vingt minutes, le rêve de Michael prend réalité puis s'effondre. Et c'est à ça qu'on assiste : à la chute d'un empire, à la fin d'un spin-off qui aura su donner un souffle nouveau à l'ensemble. C'est drôle, émouvant, finement écrit et pleinement satisfaisant. Pour autant, les scénaristes ne reviennent pas à un complet status-quo puisque Pam quitte la réception (dommage de ne jamais avoir réussi à la rendre crédible en vendeuse par la suite) et que Michael... Non, Michael reste le même. Et c'est comme ça qu'on l'aime. Le pied fermement posé sur le bureau, soulagé de récupèrer son royaume. C'était une belle aventure et tous ceux qui prétendent que la série n'a plus d'intérêt après la troisième saison font une grave erreur.
"There are certain defining moments in a person's life. The day he is born. The day he grows hair. The day he starts a business. And the day he sells that business back to Dunder Mifflin. What have I learned from all of this? It is far too early to tell. I just know that I am flying high and I don't even want to think about it. I just want to enjoy it." (Michael)

12) S02E09 E-Mail Surveillance
Je suis tombé amoureux de The Office avec "E-Mail Surveillance". Je ne suis pas certain qu'il s'agisse dans la mémoire collective d'un épisode aussi mémorable que dans la mienne de mémoire. Si la première saison m'avait intrigué et que j'étais convaincu depuis "The Dundies" d'avoir affaire à quelque chose d'unique, c'est vraiment ici que j'ai su que j'allais suivre les employés de Dunder Mifflin à la vie à la mort, jusqu'à ce que NBC les retirent de ma vie. Bien que très drôles, ce ne sont pas les cours d'improvisation de Michael qui m'ont fait réagir ainsi. Bien que cute à en mourir, ce n'est pas Jim qui fait visiter sa maison à Pam ou bien les prémices de la relation entre Dwight et Angela. Non, le déclic a eu lieu lorsque Jim prend pitié pour ce grand gamin de Michael et le rejoint au karaoké pour chanter le classique "Islands In The Stream". C'était drôle, juste, touchant. C'était le coup de foudre et la déclaration d'amour éternel pour ce joli petit monde.
"Just because two people are hanging out, it doesn't mean that they're together, you know? Like people can just be friends. And I think that it was really unfair to think that there was anything else going on." (Pam)

11) S03E07 Branch Closing
Même si Mad Men vient de plagier le concept, c'était vachement osé à l'époque de nous offrir un tel twist aussi tôt dans la saison. Alors qu'on commence à peine à vraiment s'attacher à l'équipe de Stamford et qu'un nouveau status-quo sympathique s'installe à Dunder Mifflin, les scénaristes dynamitent tous leurs efforts le temps d'un "Branch Closing" haletant. Et pour cela, rien de tel que de revenir aux sources et d'utiliser la menace qui nous pendait sous le nez depuis le pilote : le downsizing. D'un côté, on nous offre le meilleur du duo Michael/Dwight. De l'autre, des retournements de situations à la pelle. Et une ambiance de chaos dans laquelle la série a toujours su être magique. Alors que chacun fait le point sur sa vie et imagine le futur, la roue tourne et nous y voilà toujours six ans plus tard. Un épisode charnière, décisif et excellent. Et je ne sais pas si je vous l'avais dit avant, mais la chose qui me fait rire à coup sûr, c'est Steve Carrell qui pleure. Lorsque Michael annonce en chialant et en mode drama queen que sa branche va fermer, je me suis pissé dessus...
"Well for a minute there, I saw myself selling my house, moving to Costa Rica, learning how to surf. But, Costa Rica will still be there. When I'm 65." (Toby)

Rendez-vous la semaine prochaine pour la fin de la série et de ce top 50 !
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