30.10.2011

Breaking Bad [Saison 4] / Bilan (3/3)

618w_breaking_bad_s04_e13_3.jpgSuite et fin de ce bilan avec une fin de saison suprenante, pour le meilleur comme pour le pire...

4x11 Crawling Space / Le voilà l'épisode que j'attendais depuis le début de saison. Celui qui m'a scotché à mon fauteuil et m'a rendu fou d'impatience pour la suite ! D'abord, on se débarasse de la manière la plus absurde possible de ce boulet de Ted, merci Saul ! Ensuite, tout ce qui traînait en longueur depuis déjà trop longtemps est pulvérisé : les petites ballades de Walt et Hank se transforment en carambolage, la distance de Gus face à Walt se termine dans le désert avec un flingue posé sur la tempe du chimiste, ce dernier finit par prendre en sérieux le danger qui l'entoure et demande à Saul de lui donner le numéro d'un type qui pourrait lui faire changer d'identité et sauver sa famille sauf que Skyler a donné une bonne partie de leur argent à Ted et complétement dépassé par la situation, ne contrôlant plus rien, devenu hystérique, Walt se lance dans un long fou rire... Putain, c'est génial ! Il faut féliciter encore une fois Bryan Cranston pour sa performance et remercier les scénaristes pour avoir enfin relier tout les événements de la saison de la manière la plus inventive et explosive possible. Ah, si seulement ils s'étaient arrêté là pour le moment. Mais non, il reste deux épisodes et la barre est mise trop haute... Comme je savais pas encore que la suite ne serait pas au niveau de ce "Crawling Space" grandiose, il reste l'épisode le plus jouissif de la saison. / Note : 18/20. 

breaking-bad-saison-4-jesse-devra-faire-face-a-ses-demons2.jpg4x12 End Times / Hélas, les choses se gâtent... Pourtant, ça commence bien avec ce superbe plan de Walt dans son jardin, avec son arme qu'il fait tourner comme s'il attendait que la mort vienne le chercher tout de suite, maintenant, que le sort en est jeté. Il y a ensuite une belle confrontation entre Walt et Jesse, leur confiance ayant explosé au fil des épisodes, ils doivent néammoins faire de nouveau équipe pour résoudre l'arc majeur de la saison : tuer Gus. Et un huis-clos oppressant réunit le reste des personnages secondaires tandis que les Stups visitent le labo... Avec ce titre annonçant une apocalypse, tout se met en place aussi rapidement que minutieusement et j'étais très excité et tendu pendant une bonne partie de l'épisode jusqu'à ce que les scénaristes décident d'intégrer l'empoisonnement de Brock dans une fin de saison déjà complexe. Et que Walt s'improvise fabriquant de bombes. Et que Gus développe une super vision. Et que ça devienne un peu grotesque lors de la scène finale alors faute de mieux, on revient au status quo, histoire d'avoir quelque chose à raconter dans le season finale. Mouais... Beaucoup de bruit pour rien. / Note : 16/20. 

BreakingBad-Sn4Ep11-CrawlSpace-GiancarloEspositoAsGusFring.jpg4x13 Face Off / Il y a deux manières d'encaisser ce season finale controversé : prendre ça pour du foutage de gueule ou juste prendre son pied. Durant mon visionnage, j'ai ressenti les deux à la fois. Découpons donc cette mini-review en deux...

Du foutage de gueule ? L'enjeu de la saison semblait simple : tuer Gustavo Fring, un personnage hors-norme dont la menace s'étend sur chacun des personnages principaux. Après avoir manqué son coup dans l'épisode précédent, Walt court dans tous les sens (les notions spatio-temporelles volent en éclat) afin de protéger sa famille tandis que Jesse est interrogé par la police (dans une scène qui ressemble plus à un sketch de buddy movie qu'à un interrogatoire tendue). Le personnage clé s'avère être Tio, le vieil oncle sénile, qui est envoyé faire diversion face à Hank (dans une scène qui prend elle aussi le parti de la bouffonerie) et sera utilisé comme bombe humaine pour détruire Gus et son assistant, dans une paisible maison de retraite transformé en paysage d'apocalypse. Le visage en miettes (grâce à des effets spéciaux réalisés par l'équipe de The Walking Dead), Gus a tout de même la force de remettre sa cravate, avant de s'effondrer, vaincu. Une scène grotesque qui fait bien tâche et offre une fin en demi-teinte à un personnage culte. Mais ce n'est pas fini, car on découvre que le véritable enjeu de la saison, c'est la déchirure entre Jesse et Walt. En effet, ce dernier a beau dire que tout est fini et que tout le monde est en sécurité, on se doute bien que les problèmes ne sont pas terminés puisque ce salaud a empoisonné le petit Brock afin d'arriver à ses fins. On le découvre grâce à un plan final débile. Et on reste là, avec la plupart des intrigues de la série qui se terminent en pétard mouillé, avec une infime menace peu crédible à se mettre sur la dent pour la suite... / Note : 12/20.

Breaking-Bad-8.jpgUn coup de génie ? À personnage culte, mort culte : la face de zombie de Gus est inoubliable et à l'image d'un vilain hors-normes. On savait bien lorsqu'il traverse le parking de la maison de retraite avec cette musique et ce cadrage digne d'un western qu'il courait à sa perte... Maintenant qu'il a disparu, que le cartel a été détruit, le seul vrai ennemi, celui qui sème le trouble et la mort, c'est Walter White lui-même. Depuis quatre saisons, les scénaristes s'efforcent de la faire basculer du côté obscur de la force et il semble que la transformation est terminé et que notre anti-héros a définitivement "breaking bad". Gilligan nous donne un sentiment de fin de série tout en laissant entendre que ce n'est que le début de la fin : Hank va continuer à enquêter, Mike est toujours vivant pour se venger et Jesse va devoir, qu'il le veuille ou non, affronter le génie maléfique de Mister White. Complétement imprévisible, parsemé d'humour et de scènes cultes, "Face Off" est un season finale unique aussi bien dans la forme que dans le fond, et dont la plus belle scène reste la fausse réconciliation entre Walt et Jesse sur le toit de l'hôpital... / Note : 17/20. 

New-Season-4-Promo-breaking-bad-22967169-2048-1534.jpgVerdict de la saison : Qu'on soit bien d'accord, j'ai adoré cette quatrième saison. Si je ne l'a trouve pas aussi directement jouissive ou cohérente que les deux précédentes, elle reste un modèle d'écriture, d'interprêtation et de réalisation et Breaking Bad est toujours le meilleur drama à l'écran (en attendant la reprise de Mad Men). Période de transition qui a vu Walt grimper doucement les échelons vers son côté sombre. Qui aura passé une saison à vouloir tuer un tueur d'enfants pour à son tour devenir un tueur d'enfants. Qui utilise la science pour arriver à ses fins. Autour de lui, on a une galerie de personnages complexes pour l'arrêter (Jesse, Hank, Skyler, Mike, peut-être même Saul) et c'est sûrement ce qui sera au coeur de l'ultime saison. / Note général : 16,5/20. 

Ce bilan n'avait pas pour but d'offrir une analyse objetcive et détaillée de la saison, mais de recueillir mes sensations face à chacun des épisodes. Le season finale est tellement surprenant qu'il m'a laissé avec deux impressions très différentes et que je saurais vraiment quoi en penser lorsque la série reprendra pour sa cinquième et ultime saison. J'ai hâte...

Commentaires

Je suis moins critique, peut-être parce que j'accepte BB telle qu'elle est, sans trop analyser, comme une série expérimentale dont la seule obsession serait d'être où on ne l'attend pas. De ce point de vue, c'est réussi. Ça me rappelle quelques émissions de radio où Vince Gilligan expliquait comment il travaillait avec son pool de scénaristes.

Le truc mal amené, je suis d'accord, c'est l'empoisonnement de Brock, comme si les scénaristes n'osaient même pas croire au mauvais génie de White. Sa détermination se lit ailleurs: demander à la voisine d'aller faire un tour dans sa maison, soi-disant pour vérifier le gaz, alors qu'il est poursuivi par des tueurs, descendre comme un shérif de western le garde du labo avant le grand incendie, et surtout faire exploser une chambre de maison de retraite, sans se soucier du personnel : Walter a franchi une limite. Enfin, j'en suis pas sûr : depuis le début, ce qu'il cherche à sauver, c'est sa famille et Jessie, et peu importe le reste. Ils sont déjà indirectement à l'origine d'une catastrophe aérienne...avec un peu les mêmes plans, Walter au bord de la piscine.
Quand à la mort de Gustavo Fring, je la trouve excellente, raccord avec ta phrase du billet précédent : "il se la joue carrément Terminator ", c'est au Terminator que je pense quand on le voit de face. Et tout est parfait: Gustavo de profil qui sort de la chambre, indemne, rajuste sa cravate, l'infirmière qui se précipite, l'horreur qui se peint sur son visage, et Gustavo de face...
Et l'évènement le plus prometteur, c'est ce qu'on ne voit pas : l'effacement temporaire de Mike dans les deux (ou trois ?)derniers épisodes...Le meilleur de Breaking Bad, c'est peut-être cette capacité à laisser toutes ces questions en suspens sur fond de lumière du Nouveau Mexique.

Écrit par : David | 31.10.2011

Je suis surpris de ce commentaire sur le final. Je ne pensais pas qu'on puisse le voir de cette manière. J'en viendrais presque à douter de mon avis positif :). Je viens de commencer un blog sur mes analyses de séries par cet épisode justement, c'est ce qui ma donné le déclic. Si ça t’intéresse : http://tfotsbms.blogspot.com/2011/10/breaking-bad-413-face-off.html

Écrit par : Rémi. | 01.11.2011

Mec, ta critique double-face du final, façon Zombie-Gus, est très bien pensée. C'est le seul truc qu'on puisse vraiment dire face à cette conclusion. C'est en même temps débile et génial.

Je viens de manger cette saison 4 et j'y ai pris autant de plaisir je crois qu'avec les saisons précédentes, même s'ils ont forcé la dose sur le western spaghetti et le overzetop. Ce que j'ai aimé en particulier, c'est la montée en puissance de Jesse. On n'arrête pas de causer de l'évolution de Walt alors que sa plongée dans le dark side est attendue, presque nécessaire ; ce qui m'a davantage surpris et intéressé, c'est comment Jesse tout du long de la saison a réussi à devenir autonome. Dans les trois saisons précédentes, c'était systématiquement le Boulet à protéger. Ici, au bout d'un moment, la situation s'est inversé et c'est Papa Walt qui est devenu le Boulet.

A part ça, je trouve toujours que Saul est le personnage secondaire le plus drôle et attachant de la série.

Écrit par : Gibet | 16.02.2012

Je veux écrire un spin-off sur Saul. Mets-moi en contact avec Vince Gilligan et AMC, Billy.

Écrit par : Gibet | 16.02.2012

Sinon je pense qu'il faut recevoir l'intrigue Ted Beneke comme une parodie de la relation Walt - Jesse. C'est la seule excuse possible que mon cerveau a trouvé aux scénaristes.

Écrit par : Gibet | 16.02.2012

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