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27/05/2013

Mad Men 6x09

6x09 The Better Half

Il n'y avait pas de Game of Thrones dimanche soir mais le vrai drame aurait été de ne pas avoir de Mad Men. Après nous avoir offert son épisode le plus étrange et onirique à ce jour, Matthew Weiner calme le jeu avec "The Better Half". Pourtant, on regarde bien la même série et les deux épisode ne sont pas forcément très différents. La forme peut changer, le fond reste le même : ces gens sont seuls, ils ne savent pas comment aimer, il ne savent pas comment se faire aimer. Ces gens se perdent et se retrouvent, ces gens sont perdus. 

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Je ne sais pas vous, mais ça faisait longtemps que j'avais fait une croix sur une réunion entre Don et Betty, même le temps d'un soir. J'y pensais souvent juste après le divorce et même après l'arrivée de Megan et de Fat Betty (oui, je suis parfois aussi superficiel et machiste que les héros de la série), je me suis dit que ce n'était plus envisageable. J'étais idiot et Weiner me montre de nouveau que j'avais tort avec ce séjour en camp de vacances aussi suprenant (parce que je n'y pensais plus) que prévisible (parce que j'aurais dû y penser). Et après avoir passé beaucoup de temps à régler ses propres problèmes d'attention, Betty retrouve toute sa superbe. Pas seulement à cause de son physique. Non, je dis surtout ça parce que personne n'avait parlé de manière aussi franche et lucide à Don depuis trop longtemps. Même Peggy n'avait pas réussi à percer autant à jour en lui. Il faut dire que son ex-femme le connaît mieux qu'il ne le croit et que pour une fois, c'est elle qui sort victorieuse de cette enième adultère. J'avais oublié à tel point January Jones était une excellente actrice. 

Leurs scènes naviguent entre nostalgie et fatalisme et se déroulent un peu comme dans un rêve, comme si on se retrouvait dans l'esprit de Don, à naviguer dans le temps. On réentend même un thème musical qui illustrait souvent la première saison. C'est tous les ans la même chose et Mad Men sait mieux qu'aucune fiction nous rappeler à quel point le changement n'est qu'une illusion : alors qu'on approche de la fin de saison, Don est mis en face de ses contradictions et se retrouve seul. Cette année, c'est encore plus mérité que d'habitude et c'est très intéressant de voir Betty se charger de ce rappel à l'ordre. Tout en douceur et sans mesquinerie à mon envie. Juste avec de la peine pour l'homme qu'elle a tant aimé, l'homme que Megan aime tant, l'homme qui finira seul. Toute l'intrigue avec Sylvia et de manière plus générale, le mariage entier de Don à Megan aura mené à cette confession entre les deux anciens époux. Allez Megan, c'est à ton tour maintenant. Si tu dois enfiler une perruque pour te donner du courage, vas-y, c'est à toi de jouer et de ne plus offrir de sursis à Don. 

Je suis en général très friand des épisodes qui placent Don et Peggy au coeur des intrigues et établissent des parrallèles entre leurs deux trajectoires. On a souvent vu l'un s'élever alors que l'autre chutait et vice-et-versa. Ici, on ne peut pas vraiment dire que ça se vérifie, tant Peggy semble elle aussi descendre les échelons vers la solitude. Tandis que Don continue de la malmener tout en lui rabâchant qu'ils sont égaux, elle se fait rejeter par Ted, la seule personne qui semble lui convenir (et toujours un personnage que je chéris cette année). Et puis histoire d'y aller franco sans faire de détours, on finit même par la voir poignarder Abe qui trouve là, d'après ses propres mots, une fin parfaite à son histoire. Le thème de cet épisode semble se trouver dans la citation de la collègue de Megan, qui se serait bien entendu avec le Roi Loth : le status quo, notre façon de l'accepter et notre manière de réagir. Tandis que Don continue de prendre des virages, Peggy reste pour le moment pétrifié, le cul entre deux chaises (pardonnez moi l'expression tout comme je pardonne à Weiner ce plan final un peu trop illustratif). Allez Peggy, tu n'as plus qu'à aller retrouver l'ami Stan...

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En vrac, je tiens aussi à mentionner quelque chose qui m'a également rappelé les débuts de la saison : la dynamique entre Roger et Joan, cet éternel rejet. Alors qu'il veut redevenir une figure paternel, Roger continue de s'infantiliser et ce couple maudit aura toujours autant l'aspect d'une belle tragédie. Plus la série avance, plus la place de Roger et sa légitimité est questionné et ça le rend toujours de plus en plus touchant. Je suis comme lui en tout cas, je me méfie de Bob Benson qui, malgré ses shorts rigolos, ne m'inspire pas confiance. L'acteur est excellent pour ça car il se pourrait très bien que Bob soit sincère. Mais non, je me méfie. Surtout s'il cherche à doubler Pete, ce pauvre Pete, tellement desespéré qu'il en devient encore plus attachant et que même lors de son dialogue avec Joan, il laisse tomber son aspect calculateur pour un visage plus vulnérable. Finalement, son divorce a eu du bon. Megan, prends exemple sur Trudy, vraiment. 

"The Better Half", où l'éternel recommencement, où la roue qui tourne, où la condition humaine. Je radote tout autant que Mad Men, mais Mad Men le fait de manière bien plus belle que moi. 

P.S. : Qui aurait cru que Bobby Draper serait le personnage le plus drôle de la série ? 

21:04 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)

26/05/2013

BILLY - S02E15

S02E15 Les Déserteurs


BILLY - S02E15 Les Déserteurs par billylaserie

Résumé : Le roman de Charlie est enfin terminé et ce dernier confie ses doutes à Sal. Il est temps pour lui de passer à autre chose. À Lincoln City, Pat Garrett apprend que le Gouverneur Wallace part pour de nouvelles aventures et que sa mission n'a plus aucun sens. 

Commentaires : Je ne suis pas certain que j'ai besoin de commenter très longuement la partie concernant Charlie car elle parle d'elle-même et est, comme vous l'aurez sans doute remarquer, un commentaire sur la série toute entière. Le truc le plus méta que je me suis permis jusqu'à présent parce que les chevaux et la verdure, c'était gentil à côté de cette longue auto-critique. Et selon moi, David réussi à faire passer ça sans que ça sonne trop forcé, sans que le clin d'oeil ne soit trop appuyé. Charlie n'a jamais été autant un double du scénariste et Sal un double du spectateur. Je sais que l'écrivain est un personnage que la plupart d'entre vous affectionnent et tout comme notre ami mexicain, c'est dur de le voir partir. Car on réalise qu'il était l'âme du groupe et que son départ sonne le début de la fin. Et c'est dur aussi pour Charlie, comme j'ai voulu le montrer lors de cette maladroite scène d'adieux où il se retrouve seul au monde. Mais c'était sa mission depuis le début : se charger de la postérité. Alors le voilà parti achever sa mission. 

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Là encore, mon inspiration vient d'un endroit insoupçonné. De cette scène dans "L'Auberge Espagnol" où Romain Duris quitte ses amis dans un bar avant d'aller prendre l'avion qui le ménera loin de Barcelone. Au début, il entend toujours la musique, les discussions, la chaleur. Et puis peu à peu, il n'entend plus que le bruit de ses pas et se retrouve seul. En un instant, le présent s'est transformé en passé et l'avenir est plus flou que jamais. J'ai vécu ce genre de moments un tas de fois et c'est ce que je voulais retranscrire avec Charlie qui s'éloigne vers un futur incertain. 

Du côté de Lincoln City, les rumeurs vont bon train (merci à Phil, "la voix du peuple" !) et Wallace joue un dernier coup de pute à ce pauvre Garrett. Si Wallace est peu apparu dans la série, il a beaucoup agi : c’est lui qui a entraîner la fuite vers le Mexique, lui qui a nommer Garrett shérif avant de le rétrograder et c'est lui qui fait exécuter les Frères Coe et fixer une date de pendaison pour Billy. Wallace est un politicien démagogue et chacune de ses apparitions est grandiose, chronométré, officielle. En bon militaire, lorsqu’il s’installe quelque part, il accomplit sa mission puis lève le camp. C’est en tout cas l’image qu’il tient à garder et l’image que son fidèle soldat Johnson doit entretenir sans relâche. Contrairement à McSween, Wallace fut un salopard se donnant des airs de saint, un menteur moralisateur, un opportuniste qui se croit tout permis au nom de l’Amérique. Un bureaucrate de la pire espèce, donc forcément une menace pour Billy et sa liberté.  Maintenant que ce dernier est emprisonné et que rester à Lincoln City ne fera qu’entacher sa réputation, Wallace fait ses valises, laissant à Garrett le soin de nettoyer son bordel, brisant ainsi un homme déjà fragile. L'autorité déserte, tout fout le camp, alors que reste-t-il ? Le chaos ? Il reste six épisodes et vous le saurez assez tôt. 

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Anecdotes : Comme je vous le disais en parlant de "Volver", c'est lors d'une très longue journée de tournage que nous avons mis en boîte les scènes du quator en fuite. On a trouvée miraculeusement cette vieille batisse en ardoises pour le dialogue entre Charlie et Sal, un endroit infesté de ronces et qui menaçait presque de s'écrouler au moindre mouvement. Un endroit parfait. On était tellement à l'étroit là-dedans que ce pauvre David s'est cogné la tête contre l'encadrure de la porte à la fin d'une prise et je me souviens qu'on a continué à jouer malgré tout. Plus de peur que de mal, au final. En tout cas, c'est une scène que j'ai beaucoup aimé partager avec David, la dernière que l'on a tourné tous les deux et qui fut un vrai plaisir de jeu pour ma part. 

Cette journée de malade s'est achevé dans l'ancienne gare de Segré, aujourd'hui désafectée. Je tenais absolument à voir Charlie partir en longeant des rails de chemins de fer et je me rends compte qu'au final, c'est peu visible à l'écran. Comme Aurélien et moi étions devant la caméra, c'est François (alias Billy) qui a pris la caméra et comme le terrain était très accidenté, ça explique des mouvements pas toujours très délicats. Mais je ne cracherais pas dans la soupe car même si le tout n'est pas parfait, ça reste très proche de ce que j'avais en tête. Et si vous apercevez au loin des maisons un peu trop modernes ou si la caméra vous donne le tourni, je m'en excuse et invite votre imagination à faire un effort supplémentaire. En tout cas, c'était un tournage intense et c'était très drôle de se promener dans les rues de Segré dans nos costumes. Quand on attendais la personne qui allait nous ramener à la ferme au bord d'une route, je pense que pas mal d'automobilistes nous ont pris pour une bande de gitans d'Europe de l'Est et c'est une idée qui m'amuse beaucoup. 

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En ce qui concerne la partie se déroulant à Lincoln City, il s'agit de scènes tournées beaucoup plus tôt durant l'été car je vous rappelle qu'Etienne, notre Général/Gouverneur, n'était disponible que deux jours seulement, deux jours où l'on a tourné l'intégralité de ces scènes pour la série. Là aussi, c'était intense et même si j'étais un peu triste de ne plus pouvoir travailler avec un comédien de cette trempe, je n'étais pas mécontent (et Aurélien sera d'accord avec moi) de quitter ce bureau où il était parfois impossible de tourner une scène correctement. J'en profite pour remercier très chaleureusement Etienne ainsi que Jeremy, ce bon vieux soldat Johnson, pour leurs services rendus, leur gentilesse et ce duo qui m'aura offert des scènes qui me tiennent vraiment à coeur. Merci !

Ne me tenez pas trop rigueur du "Bonjour Istanboul" ! Je sais qu'à l'époque, la capitale des pays ottomans s'appelait Constantinople. Seulement, certains membres de l'équipe plus malins que tout le monde ont réussi à me convaincre sur le tournage que c'était faux. Alors le résultat est faux. C'est ma faute, je ne devrais pas écouter les autres. En tout cas, j'invite les passionnés d'histoire à aller consulter la véritable histoire de Lewis Wallace, qui n'est pas très éloigné de celle que je vous ai racontée. Mais n'allez pas trop vous faire spoiler sur Billy et les autres surtout !

Musique : "Miss The Mississippi and You" est un vieux traditionnel que j'ai découvert grâce à la version que Dylan avait enregistré pour un album qui n'est jamais paru. Mais plutôt que d'utiliser Dylan encore une fois, j'ai voulu varier les plaisirs avec la version de Merle Haggard, qui date de 1969. Pourquoi ce morceau ? Car il parle d'un homme qui en a assez des emmerdes et décide de retourner dans son Mississippi natal. Je ne sais même pas si je l'ai déjà mentionné clairement dans la série mais Charlie vient du Mississippi et ça me semblait donc parfait pour accompagner ce départ en douceur. 

La semaine prochaine : De nouveaux départs. 

25/05/2013

Goodbye Scranton

Vous pensiez ne plus jamais entendre parler de The Office sur ce blog ? Détrompez-vous. Juste après la publication de mon ultime review la semaine dernière, je me suis entretenu avec l'ami Nicolas Robert du Daily Mars pour une séance d'adieux uniquement dictée par nos émotions, quelques heures seulement après le visionnage du series finale. Le résultat est très long, absolument pas objectif et complètement bordélique. C'est un dialogue entre fans se sentant tout à coup orphelins et l'écoute de ce podcast s'adresse uniquement aux fans se sentant tout à coup orphelins. Il contient, bien entendu, beaucoup de SPOILERS. Vous voilà prévenus. 

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24/05/2013

The Big C [Saison 4]

Quand ta série parle de la mort, que tu as quatre épisode d'une heure pour la conclure, que tu as des gens de l'envergure de Laura Linney, d'Oliver Platt ou d'Alan Alda dans ton casting et que tu as prouvé au moins le temps d'une seconde saison bien foutue que tu avais le potentiel d'émouvoir, je ne vois pas comment tu peux rater ton coup. Et pourtant, cette ultime saison de The Big C se plante dans les grandes lignes. 

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Je suis peut-être idiot d'y avoir cru, d'avoir eu des attentes face à une série qui avait déjà fait n'importe quoi l'an dernier et qui ne méritait sûrement pas autant d'attention de ma part. Mais c'est que je l'avais vraiment bien aimé cette seconde saison. Alors oui, je m'attendais à mieux. Pas forcément à pleurer toutes les larmes de mon corps devant la lente agonie de Cathy Jamison, mais au moins avoir le coeur serré lors de ces longs adieux. Sauf que non : l'écriture est plus forcée que jamais, les clichés s'enchaînent, le rythme est terriblement plat, les acteurs ont du mal à y croire et ce qui aurait pu faire deux épisodes de vingt minutes pas trop mal ressemble au final à quatre heures éprouvantes à regarder. On retrouve toutes les problématiques habituelles de la série de manière encore plus redondante que d'habitude : une espèce de cynisme assumé symptomatique de Showtime mais pas drôle du tout, un symbolisme lourdingue (non mais regardez moi ces putains de photos promos pour commencer !), une mise en scène qui en fait des tonnes pour jouer avec nos émotions, des effets visuels très laids et des intrigues prévisibles. 

Que retenir de la série et de cette quatrième saison ? Sûrement pas l'intrigue d'Andrea ou celle de Sean. Probablement pas celle d'Adam, même si le gamin est le seul qui semble faire un effort. J'ai toujours autant d'affection pour Oliver Platt et Paul s'en sort bien mieux qu'avec Susan Sarandon l'an dernier (la scène où il a un rendez-vous galant avec une autre femme était la seule qui m'a ému un tant soit peu), mais l'acteur mérite tellement mieux. Quand à Laura Linney... Elle fait du mieux avec ce qu'on lui donne, comme d'habitude. Mais ce n'est pas suffisant pour nous ôter l'envie, durant toute la saison, que Cathy meure le plus rapidement possible... Je retiendrais donc une seconde saison agréable et beaucoup, beaucoup de maladresses. Les derniers plans de la série en particulier me laissent sans voix car je ne crois pas avoir vu quelque chose d'aussi navrant devant mon écran. 

Maintenant, si j'ai besoin d'un drama familial sur Showtime, j'ai Shameless. Alors je ne suis pas mécontent de ne plus jamais revoir The Big C et tout son potentiel gâché. 

21:01 Publié dans The Big C | Lien permanent | Commentaires (0)

23/05/2013

Mad Men 6x08

6x08 The Crash

Je crois qu'il va moi aussi me falloir une injection de super-vitamine pour me mettre à écrire cette review. Wow. Je ne sais pas par où commencer. C'était l'une des choses les plus étranges que j'ai pu voir à la télévision. Et en même temps, c'était un épisode classique de Mad Men qui voulait nous montrer des choses au sujet de l'amour, de la perte et de ce sentiment que tout est vain et que l'on va tous mourir. Wow. 

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D'abord, il faut dire à quel point "The Crash" est divertissant. Depuis la saison précédente, la série navigue dans une atmosphère assez sinistre. Entre l'histoire de Joan ou ce qui est arrivé à Lane, on nous plonge sans arrêt dans une ambiance très fataliste de fin de règne. Et pourtant, Matthew Weiner n'oublie pas d'être drôle et je me suis marré franchement durant une grande partie de cet épisode, sans trop savoir pourquoi ni comment, juste en me marrant. C'est devenu une tradition dans Mad Men d'avoir un septième ou huitième épisode de la saison (ça dépend si le season premiere est double ou pas) qui sort de l'ordinaire dans sa forme. Après avoir passé la semaine dernière à installer cette fusion en tâchant de caser en une heure un tas d'intrigues nouvelles, "The Crash" prend le temps de la traditionnelle "expérience" et ne le fait pas qu'à moitié. Je pense que je n'ai rien compris à cet épisode. Je pense avoir tout compris à cet épisode. Je ne sais pas. Je ne veux pas le savoir. L'important pour débuter, c'est qu'il m'a hautement diverti et fait rire. 

Je tiens aussi à dire (car je n'ai pas pris le temps d'écrire quoi que ce soit la dernière fois) que la fusion me réjouit et que Ted Chaough est en train rapidement de devenir mon personnage favori (surtout depuis la scène de l'avion). Que le duo formé par Roger et Cutler mérite beaucoup plus de temps d'antenne et que le chaos qui saisit l'"agence sans nom" ces temps-ci est diablement excitant. Alors en rajouter une couche avec une drogue étrange dont on ne saura jamais l'identité, ce n'est pas de refus. Surtout si c'est l'occasion de plonger Don dans un état où il réalise tout un tas de trucs de manière complètement ahurrissante et aléatoire. Tout comme le reste des mortels, il passe sa vie à rechercher l'amour de quelqu'un. Tout cmome le reste d'entre nous, il ne peut pas compter que sur son génie mais doit parfois travailler jusqu'à l'épuisement. Tout comme vous et moi, il pleure quand il réalise ce qu'il a perdu. Et tout comme le monde, il est voué à disparaître. C'est ce que m'a inspiré cette suite de scènes empilées comme dans un rêve sans jamais être un rêve car (et c'est bien ça le plus dérangeant), ça n'en est pas vraiment un. Les contours sont en tout cas très floues et la constante présence de personnages sobres, qu'il s'agisse de Peggy ou de Ginsberg, n'aide pas à savoir si Kenneth est vraiment un pro de la claquette ou si la fille du défunt est aussi mystique qu'elle n'en a l'air. 

Complètement embarqué dans cette folle ambiance, on en vient même à se demander si ce qui arrive à Sally est réel et quand on réalise que oui, on se sent au beau milieu d'un cauchemar éveillé. Le crash, on ne sait pas si c'est le retour de Don à la réalité, si c'est l'accident de Ken ou si c'est quelque chose qui n'est pas encore arrivé mais vers lequel tout le monde se rapproche dangeureusement. Et on s'en fout car l'épisode, s'il appelle comme d'habitude à toutes sortes d'intérprêtations, n'est selon moi qu'une succession de symboles et d'ambiances qu'il faut observer plutôt que de trop y penser. À nous de faire le tri, d'en retirer ce qu'on en veut, selon notre sensibilité. Je ne suis pas très sensible aux flash-backs (et je ne veux pas forcément revenir dans ce bordel honnêtement) mais lorsque Don colle son oreille à la porte de Sylvia et entend cette chanson, j'étais très ému. Et finalement, c'est Peggy qui m'a offert le plus d'émotions. D'abord car je suis un shipper ultime pour Stan et elle. Ensuite, parce que ce qu'elle lui offre comme conseil concernant la perte d'un être cher, ça m'a vraiment touché. 

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"The Crash", c'était donc un sacré mélange, une expérience hypnotisante dont je retiendrais un tas de choses sans vraiment savoir les expliquer. Un voyage qui m'a gardé les yeux ouverts comme on en voit rarement à la télévision. Certains y verront de la masturbation scénaristique et on peut même interprêter la recherche desespéré de Don comme une métaphore du travail de Weiner et compagnie. Moi-même, il est possible que je revienne écrire un truc demain en vous disant que c'était n'importe quoi, une grosse farce que je ferais mieux d'oublier. Je n'ai pas de réponses. Personne n'en a vraiment et surtout pas Don Draper. 

00:30 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)

21/05/2013

The Mindy Project [Saison 1]

Pour Drum. 

Mindy, je t'aimes bien. Alors plutôt que de répéter tout le mal que je pense de ta série, je vais plutôt te donner des conseils pour la prochaine saison. Dix conseils que tu ferais mieux d'écouter mon amie. 

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1) Changes ton générique. À chaque fois que je le vois, je vomis. Et j'ai pas envie de vomir aussi souvent, c'est pas très bon pour la santé. 

2) Ne fais pas de changement de cast l'année prochaine. Tu en as déjà bien abusé cette année. Si tu veux, tu te débarrasses des gens qui servent à rien cet été (la secrétaire idiote et la secrétaire vieille par exemple) et on repart sur de bonnes bases à la rentrée. Même choses pour tes amies. Anna Camp, la fille de The Newsroom et celle en fauteuil roulant, pourquoi pas. Mais sois tu utilises les trois. Soit tu en choisis une et tu l'exploites. Dans tous les cas, arrête de jouer aux chaises musicales avec elle. 

3) Essaye de pas trop improviser. Je suis le premier à conseiller de suivre son instinct quand on écris. Mais là, c'est tellement le bordel que je vais plutôt te conseiller de t'organiser. Et je parle même pas du long terme. Tu as tendance à raconter tout et son contraire et de changer mille fois de tonalités durant le même épisode. Donc déjà, travailles là-dessus. Juste avec ton season premiere, essaye de raconter un truc cohérent sur vingt minutes. 

4) Et je sais que c'est pas facile car tu sais pas ce que tu veux raconter. Une comédie romantique car tu adores ça ou une comédie de bureau car tu as connu ça pendant huit ans. Quelques épisodes ont fonctionnés cette année car tu avais fais un choix mais le résultat est quand même schizophrènique la plupart du temps. Alors décides toi. 

5) On sait que tu as plein d'amis cool. Bill Hader, Seth Meyers, BJ Novak, Ed Helms et probablement tout le reste du cast de SNL (je te soupçonne de vouloir être la prochaine Tina Fey) et de The Office. Mais je suis certain qu'ils peuvent trouver du travail sans toi alors évites de faire défiler les guest-star de manière aussi effréné, surtout quand t'as rien de mieux à leur écrire. À force, tes divers petits amis sont devenus un truc ultra-prévisible, à la limite du concept foireux même pas exploité jusqu'au bout. La seule fois où ça a marché pour moi ? Seth Rogen. L'épisode est mon favori de la saison. Le seul qui m'a plu du début à la fin. Et le type de Workaholics était cool aussi mais forcément, il est reparti. 

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6) Je dis forcément parce que forcément, on sait que tu nous fais toi aussi le coup du "will they won't they" avec Danny. Tu veux nous refaire du Sam et Diane, du Jim et Pam, du Nick et Jess. Sauf que j'ai absolument pas envie de voir ça. J'adore Chris Messina et j'ai regardé toute la saison grâce à lui. Son personnage a même eu quelques moments touchants. Mais quand je vois cette dernière scène, je sais que ça va me saoûler rapidement si tu continue dans cette voie. Et si jamais tu ne peux pas résister à foutre ces deux là ensemble, assumes le et ne passe pas encore une saison à repousser l'inévitable avec un défilé de boyfriend de la semaine. 

7) Morgan est drôle. Très drôle parfois. Parfois. N'en abuses pas. 

8) Même chose pour les musiques de fond. Ta série est bruyante et quasiment pas une seconde ne se passe sans qu'on doive subir ces petites notes "rigolotes" pour bien qu'on comprenne à quel point la situation est "rigolote". Je comprends que le rythme c'est important mais si tes acteurs sont bons et que tes répliques ne sont pas juste une succession de catchphrases, ça devrait le faire. 

9) Ton épisode de Thanksgiving était l'un des trucs les plus terribles que j'ai pu voir sur mon écran cette année. Me refais pas ce coup-là. 

10) Il est probablement trop tard mais si jamais tu peux changer le nom de ta série, n'hésites pas. Car si cette première saison était un projet, un brouillon (ta première idée était d'ailleurs It's Messy), j'espère que la suite sera un peu plus maitrisé. Parce que les mecs de la FOX te donnent de l'argent quand même alors te fous pas trop de notre gueule. 

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Je veux bien que tu comprennes que je ne t'en veux pas et que je ne suis pas en colère contre toi. Je suis juste bienveillant. Et je serais là à la rentrée pour voir si tu m'as écouté. 

20/05/2013

New Girl [Saison 2]

Alors qu'on vient de dire adieu à The Office, on peut se réconforter en se disant que la deuxième saison de New Girl possédait la même magie que nos premières années à Dunder Mifflin. Parce que franchement, j'ai beau chercher, j'ai quasiment rien à reprocher à la série. Depuis l'épisode "Injured" de l'an dernier, je suis amoureux d'un amour qui ne cesse de grandir. 

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Déjà parce que je suis amoureux de Zooey Deschanel. C'est la raison pour laquelle j'avais donné sa chance à New Girl, malgré des débuts hautement maladroits. La suite, vous la connaissez : je me suis identifié à Nick Miller comme jamais je ne l'avais fait avec un autre personnage de fiction, j'ai pris un plaisir pas croyable à chaque minute et j'ai ri plus fort que nulle part ailleurs sur une comédie de network. Et si on met de côté un season premiere assez faible, cette deuxième saison a vraiment su capitaliser sur son potentiel pour nous offrir un truc aussi fort que la deuxième saison de The Office ou de Parks & Rec. C'était fraîs, inventif, ça ne s'essouflait jamais, ça retombait toujours sur ses pattes et surtout, ça a su mélanger le doux, l'amer et le rire joyeux avec beaucoup d'assurance. 

La première moitié de saison a permis aux scénaristes d'expérimenter, de prendre le temps de s'amuser avec leur personnages, en créant autour d'eux un univers solide avec l'aide de gens comme Carla Gugino, Jamie Lee Curtis, Rob Reiner ou Raymond J. Barry, rien que ça. Et sans tomber dans le syndrome Friends de la seconde saison qui abuse des guest-star. Toujours en cherchant à provoquer de drôles de mélanges et à approfondir le background du groupe d'amis. Avec un épisode comme "Fluffer" ou "Halloween", la série nous prouvait d'emblée qu'elle n'avait pas l'intention de baisser en qualité. Et qu'elle était capable de tirer parti d'intrigues aussi minces que "Schmidt offre un cookie à Nick". Le tout sans rentrer dans une quelconque formule, histoire que l'on entre dans chaque épisode sans qu'on sache ce qui va nous tomber dessus.

Quand à la deuxième moitié de saison... Du grand art. Je ne pensais pas en 2013, avec toutes les séries que j'ai déjà vu et tout ce que j'ai déjà investi dans des relations comme Jim et Pam ou Casey et Dana que la télévision pouvait encore m'offrir ces sensations et me faire sentir comme une gamine de 13 ans. Les scénaristes ont tout compris aux règles d'un "will they won't they" réussi et parviennent également à raconter ça avec fraîcheur, grâce à un Jake Johnson spectaculaire. Le type est au sommet de sa forme, magnifiant chacune scène où il apparaît sans jamais que ça sonne aussi forcé que ça avait pu l'être du côté de Schmidt l'an dernier. Le voir écrire son roman de zombies, le voir adolescent pleurer dans les bras de son père ou le voir incarner son personnage de détective privée, tout ça m'a fait hurler de rire et attendri. Nick Miller est unique en son genre et je suis toujours ébloui par sa profonde humanité, tout en continuant à m'identifier à mort avec lui. Alors du coup, quand une relation débute entre lui et mon amoureuse, c'est le bonheur. 

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Je ne vais pas vous refaire l'histoire car au final elle est très simple et qu'il faut la regarder pour en saisir toute la joie. À partir de "Cabin", c'est l'une des plus excitantes romances de notre siècle. Interprêté avec un charisme fou par les deux comédiens, qui entretiennent une tension sexuelle de dingue sans jamais en faire des tonnes. Qui sont mignons tout plein sans jamais forcer le trait. Le parfait équilibre et des épisodes aussi parfaits que "Cooler", "Chicago" ou mon favori, "Virgins", aussi drôle qu'émouvant. C'était un exploit de parvenir à faire monter nos attentes sur une telle longueur, c'était un exploit d'endurance et d'écriture talentueuse. Chapeau.

Les autres ne sont pas en reste. Même s'il se retrouve avec aussi peu de choses à faire que l'an dernier (son évolution cette saison ? assumer son amour des farces qui vont trop loin !), Wilson reste une wild card tout à fait assumée, et Lamorne Morris a vraiment réussi à trouver ses marques cette année. J'ai arrêté d'espérer le voir prendre plus de place, me contentant le savourer en tant que quatrième roue du carrosse imprévisible. Quand à Schmidt, on a évité là aussi pas mal d'écueils. Le cabotinage aurait pu s'intensifier, surtout avec un triangle amoureux pas toujours solide, mais au lieu de ça, les scénaristes ont offert des nuances à Max Greenfield, qui est parvenu à rendre son personnage vraiment touchant. En particulier en compagnie d'Elizabeth. Même si j'aime Cece, ce qui m'attriste avec ce season finale, c'est de devoir dire adieu à Merritt Wever, qui s'intégrait parfaitement à l'ensemble. 

Je sais bien que, comme pour le reste des comédies, cet état de grâce ne peut pas durer et que tôt ou tard, le charme et la magie vont s'essoufler et laisser place à la paresse et la facilité, mais je pense que New Girl a encore une très bonne saison de plus à nous offrir. Et je suis sûr que c'était ma comédie favorite cette année. 

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19/05/2013

BILLY - S02E14

S02E14 Des Fantômes


BILLY - S02E14 Des Fantômes par billylaserie

Résumé : Enfermé dans sa cellule à Lincoln City, Billy écrit une lettre au Gouverneur pour lui demander l'amnistie. Alors qu'il attend sa réponse, il reçoit la visite de vieilles connaissances... 

Commentaires : Si j'avais lancé le concept des fantômes dès le début de saison, c'est que sur le long terme, j'avais vraiment envie de faire revenir la bande des "méchants". Je suis souvent très attaché à mes personnages et c'est dur de les tuer. Alors je ne pouvais pas manquer une telle opportunité de leur offrir un dernier spectacle. Et c'est bien de ça dont il s'agit. Un spectacle onirique, où Billy se retrouve confronté à ceux dont il a entraîné la mort même si en vérité, il n'a tué aucun d'entre eux de sa propre main. En le confrontant à cette culpabilité et à l'aspect sombre de son charisme qui entraîne tout le monde dans sa gloire et dans sa chute, je fais réaliser au gamin qu'il risque de la même façon de perdre ses amis. Les gens qu'ils aiment doivent payer les conséquences de son insouciance. Alors quand James Bell lui annonce la date de sa pendaison, Billy pleure car il va mourir, mais Billy pleure surtout car il va mourir coupable de tout ça. 

Voilà pour l'analyse de texte. Maintenant, prenons les choses avec moins de sérieux. "Des Fantômes", c'est aussi un épisode fun. Je voulais que chaque revenant soit égal à lui-même et c'était vraiment ludique à écrire. J'ai toujours assumé l'aspect caricatural de ces types alors je me devais d'offrir le plus de vulgarité possible à Buckshot Roberts et le plus de théâtralité possible à Alexander McSween, drama queen même après la mort. Quand ils se marrent à la fin, ça veut dire de toute façon que tout cela n'est qu'une farce et que rien ne sert de prendre la vie trop au sérieux. J'ai trop tendance moi-même à oublier ça et tout comme Billy, je suis toujours tiraillé entre mon envie de tout prendre trop à coeur ou au contraire, de me protéger en me disant que rien n'a d'importance et qu'on va tous mourir. Voyez, je suis reparti dans mes trucs d'existentialiste de comptoir. Et bien même si BILLY est de l'existentialisme de comptoir, je suis ravi d'avoir eu l'opportunité avec un épisode comme celui-ci, de développer ça en réunissant cette bande d'acteurs qui méritait vraiment une dernière apparition. 

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Même si je ne suis jamais la véritable Histoire au pied de la lettre, cet épisode contient des choses qui sont vraiment arrivés au Kid. Pas les fantômes, bien entendu (ou peut-être mais on en sait rien). Mais toute l'histoire de la lettre au Gouverneur et de l'emprisonnement à Lincoln City avec la date d'exécution fixé au vendredi 13 mai, c'est pas des conneries, allez voir Wikipédia si vous me croyez pas. Enfin non, n'y allez pas, vous risqueriez de vous faire spoiler. 

Anecdotes : C'était un épisode vraiment pas facile à tourner. Déjà, il a fallu trouver une journée qui convenait à tous les anciens pour revenir nous rendre visite. Le 9 août, on a donc retrouvé avec plaisir l'équipe des "méchants", des retrouvailles chaleureuses mais le travail a vite pris le dessus. Il faisait une chaleur épouvantable et cette prison (qui était une vieille grange en train de s'effondrer) était tellement étroite que le placement des acteurs et la gestion de la lumière était très compliqué. Je pense que ça se voit un peu dans le résultat final même si l'aspect onirique et surnaturel de l'épisode peut tout à fait justifier cette ambiance étrange et ce côté étouffant. Malgré tout, c'était un plaisir de retrouver nos vieux amis, de leur refoutre du faux sang sur la gueule et de les voir enfiler leurs costumes une dernière fois. Je remercie chacun d'entre eux d'avoir suffisamment cru au projet pour se retaper toute la route et venir rendre un dernier hommage à leurs personnages. 

Les scènes entre Billy et James Bell furent tournés à un autre moment. Mes indications concernant la détresse de Billy à la fin étaient très vagues et j'ai laissé à François une grosse liberté. Il a su la saisir pour offrir quelque chose de vraiment poignant à mon goût. Être enfermé dans cette pièce les pieds dans la poussière et avec un costume de plus en plus abîmé ont aussi permis de l'aider à atteindre ces émotions. Je sais pas ce que ça donne à travers vos yeux objectifs et à travers l'écran de votre ordinateur mais le jour du tournage, j'avais quelques frissons. 

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Musique : Au générique de fin, on peut entendre "Will The Circle Be Unbroken", un vieux traditionnelle repris ici par June Carter Cash, la femme de Johnny et qu'on a aussi pu entendre dans la bande originale de Deadwood. J'ai choisi ce morceau car c'est celui que Marc a siffloté lorsqu'il apparaît, au début de l'épisode. Je ne lui avait pas dit de siffler un truc en particulier, ça lui est venu comme ça et c'était parfait, tout à fait approprié. Je le soupçonne d'avoir entendu la mélodie dans l'une des compilations country qui traîne dans sa voiture. Durant le tournage, on a eu l'occasion de monter en voiture avec Marc dans son costume de shérif, affublé de Ray-Ban et la country à fond. On roulait en campagne et j'avais l'impression d'être dans un vieux cop-show ou un documentaire red-neck. Marc est une personne exceptionnelle. Dommage qu'il a dû depuis raser sa moustache... 

La semaine prochaine : BILLY, c'est un peu comme Survivor. Et alors que la dernière ligne droite approche, certains doivent quitter l'aventure. Je vous dis pas qui, je vous dit juste d'être au rendez-vous. 

18/05/2013

The Office S09E24E25 [Series Finale]

Pour la dernière fois, parlons de The Office, parlons de moi. Parlons de The Office et moi. Cette ultime review va être longue, très personnel, émouvante. Je me considère comme quelqu’un de très sensible et c’est avec les larmes aux yeux que j’ai terminé le visionnage de la série qui m’a accompagné depuis si longtemps, qui est à l’origine de la création de ce blog. Alors pardonnez-moi si ce que je vais écrire est autant à fleur de peau mais j’ai besoin de prendre le temps nécessaire pour faire mes adieux à The Office. En commençant par un résumé chronologique de ma longue relation avec elle.

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9 juillet 2001 : Diffusion du pilote de la version originale sur la BBC. Je viens à peine de finir mon cycle à l’école primaire. Je ne sais même pas ce que veut dire « The Office » en français et les seules séries que je regardais à l’époque étaient Hartley Cœur à Vif, Friends et ER (mais en fermant les yeux quand il y avait trop de sang à l’écran). Mais sans le savoir, quelque chose qui allait être très important dans ma vie naissait ce jour-là.

2003 : Je ne sais plus quand exactement et je me souviens plus dans quel magazine (probablement « Episode », la référence de l’époque), mais je tombe cette année là sur un article concernant la série de Ricky Gervais et Stephen Merchant. Ma passion pour les séries était alors en pleine explosion et j’écrivais moi-même dans ma tête une sorte de « mockumentaire » sur mon collège. Alors voir que quelqu’un avait réussi avec succès à parler pendant deux saisons de la vie d’un bureau plutôt que de vampires ou d’urgentistes, ça m’avait bien plu comme idée. À l’époque, je n’avais pas d’accès à Internet alors ça en était resté là, avec l’espoir d’une diffusion française éventuelle.

24 mars 2005 : Diffusion du pilote de la version américaine sur NBC. Je suis alors à quelques semaines de la fin du collège et c’est sur un ordinateur du CDI ou chez mon meilleur ami Mathieu que je me documente au sujet de cette adaptation. Comme j’allais souvent sur le site de NBC pour avoir des infos sur ER, je tombais parfois sur une photo de Steve Carrell ou de Rainn Wilson et ça m’intriguait vachement. En plus, EDUSA en parlait à l’occasion et pour moi, les rédacteurs d’EDUSA étaient alors des apôtres.

Automne 2006 : N’ayant toujours pas Internet et aucune possibilité de visionner la série dont on commençait à dire de plus en plus de bien (la miraculeuse deuxième saison venait d’être diffusée), j’ai fait un truc qui pourra sembler complètement dingue aux plus jeunes d’entre vous (oui, j’ai à peine 23 ans et je parle déjà comme ça). Toujours grâce à la connexion de mon ami Mathieu, je suis allé sur un site qui proposait les transcripts des épisodes. J’ai copié-collé les deux premières saisons sur un document Word et je me suis amusé à lire tout ça sur mon vieil ordinateur portable, machine de guerre d’un autre-temps légué par l’entreprise de mon papa. Si je ne comprenais pas encore toutes les références, je me débrouillais suffisamment en anglais (et en faisant ça, j’améliorais chaque jour mon niveau) pour prendre beaucoup de plaisir à lire ça. N’ayant vu que de rares images de la série, je devais m’imaginer la tête de certains personnages et la plupart des situations. Ce fut ma première rencontre avec la série et j’étais déjà amoureux de cette seconde saison avant même de la voir pour de vrai.

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2007-2008 : Mathieu ayant enfin compris comment marchait le téléchargement, j’ai pu enfin voir en vrai. Et je me suis avalé les trois premières saisons lors d’un glorieux weekend à la fin de mon année de première. En allant ensuite squatter le CDI du lycée pour rejoindre le forum français consacrée à la série (qui a disparu mais que je n’oublierais pas) ou en lisant de très près les commentaires de pErDUSA (qui n’était plus le même mais que je suivais toujours). Je lisais des fanfictions, j’en écrivais juste pour moi-même, je bavais devant les fanarts, je regardais Office Tally tous les jours… Bref, j’étais devenu un fan, au sens noble du terme. Et parallèlement à tout ça, ma propre vie se retrouvait en effet miroir avec la romance de Jim et Pam. Je ne vais pas râbacher cette histoire, il suffit d’aller relire ce que j’en disais dans mon top 50, en évoquant « Casino Night », mon épisode favori.  

Printemps 2008 : Enfin, ma mère se décide à s’abonner à Internet. La première chose que je fais en ouvrant Google sur mon propre ordinateur pour la première fois, c’est de mettre Office Tally en favori, de trouver un fanart JAM en guise de fond d’écran et de télécharger la quatrième saison pour pouvoir enfin regarder la série en temps réel. Juste au moment où les scénaristes arrêtaient leur grève pour nous pondre « Dinner Party » et enchaîner avec des épisodes aussi mémorables que « Did I Stutter ? » ou « Goodbye Toby » (regardé à quelques jours de mon dernier jour au lycée). Des épisodes tellement mémorables que je voulait garder une trace de mes émotions face à eux. Que je voulais faire comme mes modèles à EDUSA et créer mon propre blog sur les séries. Ce fut chose fait le 22 juin 2008 quand j’ai ouvert Dylanesque TV. Et dès le troisième article, j’ai proclamé mon amour pour The Office en vous avertissant que, si vous restiez dans le coin, vous alliez en bouffer.

2009-2011 : Les saisons 5 à 7, je les ai partagés avec Romain, mon colocataire durant mes années d’étudiants. Après lui avoir passé mes coffrets DVD, nous regardions la série chaque semaine comme un rituel. Nous connaissions chaque réplique par cœur, nous tentions de développer « That’s What She Said » dans notre entourage (beaucoup de gens qui n’ont pas vu The Office utilisent cette blague à Angers encore aujourd’hui !), nous imitions la poignée de main explosif de Dwight et Andy et nous avions comme mission de prêcher la bonne parole à tous ceux qui croisaient notre route. The Office, c’est une série que j’ai aimé tout seul mais aussi l’une des rares que j’ai vraiment su partager. Ainsi, je me souviens qu’avec Romain et avec d’autres, je revisionnais l’intégrale du show pour la millième fois afin de le faire découvrir aux autres. Et je ne m’en laissais jamais. Romain, je pense à toi aujourd’hui. Souviens toi de notre enthousiasme face à la Michael Scott Paper Company. De notre émotion lors du mariage de Jim et Pam ou du départ de Michael. Je sais que, même si tu as abandonné en même temps que Steve Carrell, tu vas regarder ce final en étant tout aussi ému que moi. Et je suis triste de ne pas avoir pu le regarder en ta compagnie.

2012-2013 : Des années plus difficile, autant au niveau personnel que concernant la série. Vous le savez tous, la qualité n’a pas vraiment été au rendez-vous ces deux dernières années. Mais je m’évertuais toujours à garder espoir et à chroniquer sans relâche chaque épisode à travers des reviews mêlés d’espoir et de colère, mais jamais d’indifférence. Je l’ai défendu partout puis je l’ai maudis aux mêmes endroits, mais avec toujours beaucoup de passion. En continuant de suivre de très près son actualité, en visitant Office Tally tous les jours, en regardant les promos de chaque épisode en espérant que celui-ci serait le bon, celui qui ravirait la flamme passée. J’ai tenu bon, prouvant au monde ce que voulait vraiment dire être un fan INCONDITIONNELLE. Et ce jour tant attendu est arrivé. Aujourd’hui.

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Parlons donc de ce final. Qui est un miracle. Parce qu’après une saison entière à désespéré chaque semaine de voir Greg Daniels nous offrir quelque chose de consistant, voilà enfin que la magie opère. J’avais déjà bien préparé le terrain en me mettant dans les conditions parfaites pour apprécier comme il se doit cet ultime épisode. Après avoir consacré la semaine entière à différents hommages sur mon blog (encore un grand merci à Drum, Gibet, Nico, Tom et tous ceux qui y ont contribués de près ou de loin), j’ai hier soir passé la soirée à revoir des extraits, des montages sur Youtube, à lire tous un tas d’articles et d’interviews pour me préparer psychologiquement. Aujourd’hui, j’ai quitté le travail à midi avec un faux prétexte pour rentrer chez moi (j’avais déjà fait le coup en loupant des examens pour dire au revoir à ER et Friday Night Lights), fermer les rideaux, couper mon téléphone et me mettre devant mon écran. En commençant par la retrospective proposée par NBC qui pour une fois, n’a pas raté son coup. Le mélange d’images d’archives (l’audition de John Krasinski), de larmes du cast et de musique triste m’a déjà fait pleurer plus que je ne l’aurais cru possible.

J’étais donc parfaitement conditionné à être ému par ce final et à pardonner à Greg Daniels et son équipe tous leurs récents faux pas. Au début, ce n’était pas gagné. La première partie de cet épisode extra-large navigue de manière parfois un peu poussive dans une forme d’humour un peu lourdingue qui est caractéristique des dernières saisons. Mais le bond dans le temps a permis d’évacuer pas mal de choses problématiques et de rentrer dans le vif du sujet et des émotions. En voyant Kevin se faire renvoyer, Devon se faire réengager et d’autres figures secondaires faire une apparition, on prend d’emblée notion du temps qu’on a passé à regarder la série et on est plongé dans une douce mélancolie. Très saturé de gags lourdingues sur les vingt premières minutes, mais présente tout de même.

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L’équilibre est alors trouvé et ce qui s’ensuit est juste parfait. Greg Daniels a visé juste et a su rendre hommage à chaque personnage (le mystère Creed, les parents d’Erin, Toby et son ultime victoire, Ryan et Kelly forever and ever), à chaque relation (Jim et Pam bien dont la conclusion est hautement satisfaisante et méritée mais aussi Dwight et sa « best friend » Pam, Jim et son ultime farce à Dwight, Angela et Phyllis réconciliés, Stanley et Phyllis réconciliés, beaucoup de belles réconciliations qui ne sont jamais forcés), à chacun de nos souvenirs (le tableau de Pam, « Office Olympics », le gamin de Meredith), à tout ce qui fait que l’on a autant aimé la série et surtout, au protagoniste principal du show : le bureau. Comme le Cook County Hospital dans ER, ce sont les bureaux de Dunder Mifflin Scranton qui sont le symbole de cette longue aventure et c’est pourquoi finir sur une image de ces bureaux était parfaite.

Vous savez ce qui était parfait aussi ? Mais alors vraiment parfait et surprenant et réalisé avec beaucoup d’intelligence ? Non, je ne vous le dirais pas. Je ne veux pas ruiner la surprise. Si vous l’avez vu, vous savez de quoi je parle. PARFAIT. Deux répliques que je n’aurais pas mieux écrite. Oh… C’est à ce moment là que j’ai commencé à pleurer comme un bébé (pour de vrai et comme je ne l’avais pas fait depuis le final de Six Feet Under) jusqu’à la fin. Personne n’est oublié, de David Wallace à Carol en passant par Mose et on n’oubliera personne tellement chacun termine sa course sur une note inoubliable.

Et puis il y a ces dernières minutes où l’on passe un moment privilégié avec nos vieux amis, à contempler comme eux le bureau pour la dernière fois. À échanger quelques accolades et souvenirs. Rien n’est à jeter et tout est beau à pleurer lors de ces ultimes confessions à la caméra. Je suis ravi que Pam ait le dernier mot et j’ai enfin compris les motivations de Jim et j’ai pleuré à chaque fois qu’un personnage me regardait droit dans les yeux pour me dire adieu. Et vous savez quoi ? C’est Andy qui se retrouve avec la plus belle réplique. Celle qui a le plus résonné en moi et le plus ému. Ce bon vieux Nard Dog fut très touchant dans ce final et méritait bien ça, cette ultime rédemption : « I wish there was a way to know you’re in the good old days before you actually left them.”

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En français et adapté à ma façon, ça donne ça : “j’aimerais qu’il soit possible de savoir quand on passe les meilleurs moments avant qu’ils ne se terminent à jamais ». Ca me touche en plein cœur. Car je passe ma vie de mélancolique à essayer de capturer ces moments. À me raccrocher au bon vieux temps. Toujours en vain. Et le message de ce final, c’est qu’il faut les vivre. Même si on les filme, même si on les écrit ou qu’on enregistre chaque moment de notre vie, elle passera toujours à la même vitesse et la seule solution nous appartient. Il nous appartient de la savourer.

De 2006 jusqu’à aujourd’hui, The Office m’aura en tout cas accompagné chaque jour et à chaque moment important de ma vie, alors que je passais de l’adolescence à l’âge adulte. Elle a développé mon sens de l’humour, elle m’a appris de nombreuses choses sur l’écriture et la manière dont on peut mélanger le doux à l’amer, comme dans la vraie vie. J’aurais aimé chacun de ces personnages de tout mon cœur et chacun de ces acteurs aura toujours une place très spéciale en moi. Je vais continuer de revoir encore et encore chacun de ces épisodes, de les partager avec les gens que j’aime et de les chérir comme au premier jour.

Et même si je sais que je vais revoir tout ça en boucle, je suis triste aujourd'hui. Car je ne pourrais plus jamais visiter Office Tally pour lire les dernières infos concernant la série, me réveiller le vendredi matin en lisant les reviews du dernier épisode. Je ne pourrais plus assister à des réunions en salle de conférence, à des moments de tendresse de mon couple favori, aux dernières inventions de Dwight. Je ne pourrais plus traîner à la comptabilité avec Angela, Oscar et Kevin, à l'annexe avec Toby, Kelly et Ryan, je ne pourrais plus me ballader dans l'entrepôt ou voir un feu d'artifice du haut du toit ou depuis le parking de Dunder Mifflin. Je ne pourrais plus continuer à vivre ma vie chaque saison en compagnie de tous ces vieux amis. 

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Oui, je sais, ce n’est qu’une série. Mais c’est ma série. Oui, je sais, il y a des choses plus importantes, des choses que je devrais prendre plus au sérieux. Mais comme me l’a appris The Office, je suis convaincu qu’il faut toujours garder intimement lié la réalité à la fiction. Car le jour où j’arrêterais de garder une place aussi grande dans mon cœur à la fiction et à mes œuvres favorite comme The Office, sera le jour où je quitterais pour de bon l’enfance. Et je ne veux jamais que ce jour arrive. En attendant, je regarderais toujours The Office en pensant  au bon vieux temps. 

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17/05/2013

The Office / TOP 50 (5/5)

Voilà. The Office, c'est terminé depuis hier soir. Je ne verrais ce final que dans la journée alors je refuse de me faire spoiler. Je finirais cette semaine hommage demain avec une review super longue et super émouvante de cette ultime épisode. Pour le moment, terminons ce top 50 avec mes dix épisodes favoris de la série. 

10) S04E14 Goodbye Toby

Vous l'avez compris si vous suivez ce blog depuis longtemps : pour moi, les séries, tout comme les chansons, sont des Madeleine de Proust. J'ai écris des pavés à ce sujet. Un épisode marquant de série ou une saison inoubliable me ramènera toujours à l'époque de son visionnage. Je suis un mélancolique incorrigible. La deuxième saison de Louie me ramène à Barcelone, la première saison de Friday Night Lights dans mon appartement d'étudiant lors d'un rude hiver, la neuvième saison d'ER me téléporte à la rentrée des classes en 3ème. Et comme The Office est l'une des séries qui m'accompagne depuis le plus longtemps, j'ai un tas de souvenirs qui se sont greffés à chacun de ces épisodes. Laissez moi donc vous parler de celui qui est lié à "Goodbye Toby". 

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"Goodbye Toby", c'est le souvenir d'un après-midi ensoleillé, où je rentrais des cours (j'étais alors en classe de terminale et dans quelques jours, ma vie d'adolescent allait se terminer). C'était l'époque où le mois de mai était chaud et même si ce finale était arrivé bien trop rapidement à cause de la grève des scénaristes, je rentrais chez moi en sautillant joyeusement à l'idée de le regarder. J'avais Internet depuis seulement quelques mois et la quatrième saison était la première que j'ai pu suivre en direct de chez moi, pas en douce sur les ordinateurs du CDI. Je me suis donc installé, avec le soleil qui entrait par la fenêtre ouverte et j'ai savouré ces quarante minutes quasi-parfaite. La haine de Michael pour Toby atteignait son apogée, l'arrivée d'Holly Flax était déjà très prometteuse, les cliffanghers s'enchaînaient sans véritables maladresses et comme dans un effet-miroir, cette journée à Dunder Mifflin était aussi très ensoleillé, plongeant les personnages dans un bain de soleil apaisant. Barbecue, grande roue, feux d'artifices. "Goodbye Toby" sentait bon l'été. 

Dans quelques jours, j'allais donc quitter le lycée, cette chambre d'enfant et la vie que je connaissais jusqu'à présent. Mais à ce moment-là, je n'y pensais pas. Je me contentais de sourire paisiblement devant un season finale chaleureux, drôle et surprenant. Avec Supertramp dans la tête et beaucoup d'espoir pour la suite d'une série qui n'était pas prête de me quitter et allait même m'accompagner dans ma vie d'adulte. 

"When I had my colitis, Toby was very helpful. He gave me seven weeks off. When I had my acid reflux, Toby was not as helpful. So I'm mixed on Toby." (Stanley, dans une scène coupée).

9) S03E23 Beach Games

Je n'ai jamais autant aimé Pam que lorsqu'elle se la jouait "Brand New Beesly". Et "Beach Games" est entièrement dédié à cette Pam qui s'affirme, en particulier lors d'une confession qui reste l'un des moments les plus forts de toute la série. La confiance en elle qu'elle retrouve en marchant sur le feu, le regard de Jim, celui de Karen... Elle est juste incroyablement juste cette scène et on ne chantera jamais assez les louanges d'une Jenna Fisher qui aura toujours tiré son épingle du jeu, même dans les moments les moins bons de la série. Autour de ça, on a une parodie de Survivor très excitante car Michael doit y désigner son successeur. L'occasion de voir un Stanley en furie, un Dwight plus dévoué que jamais et un Andy qui était encore le looser sympathique des débuts. Quel bonheur également d'avoir un groupe soudé au moins le temps de quelques chansons dans le bus magique ! WILMAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! Une belle journée à la plage donc, riche en émotions. Sortir du bureau était encore à l'époque quelque chose de prometteur, pas une farce navrante à Gettysburg ou un voyage raté en Floride...

"Pam, that was amazing. But I am still looking for someone with a sales background." (Michael, après la tirade à coeur ouvert de Pam)

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8) S06E04 Niagara

Je ne suis même pas certain que "Niagara" est un bon épisode en soi. Dison qu'il est loin d'être solide et qu'il n'exploite pas toujours correctement ses 40 minutes. Que certains gags, comme celui concernant le scrotum d'Andy ou les coucheries de Dwight sont très poussives. Que je sois pas vraiment un fervent supporter du mariage et que de voir mon couple favori tomber dans autant de conventionnel (et ce n'est que le début) m'avait attristé. Mais soyons sérieux deux minutes : voilà la conclusion ultime pour tous les passionnés de JAM ! Voilà un series finale qui ne s'assume pas ! Voilà du rire, de l'émotion et une danse vers l'autel sur Chris Brown qui aura ravi mon coeur de fan. Voilà un baiser devant les chutes du Niagara qui dépasse l'entendement concernant la crédibilité du documentaire (et ce n'est que le début) mais qui m'a fait pleurer comme un bébé. Aussi grandiloquent soit-il, "Niagara" est un beau cadeau pour les amoureux de Jim, de Pam et de tous les autres. On méritait bien ça. 

"I bought those boat tickets the day I saw that You Tube video. I knew we'd need a back-up plan. The boat was actually Plan C. The church was Plan B and Plan A was marrying her a long, long time ago. Pretty much the day I met her." (Jim)

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7) S02E21 Conflict Resolution

L'avant-dernier épisode de la meilleure saison de comédie au monde annonçant une conclusion aussi merveilleuse que "Casino Night" se devait d'être aussi merveilleux que "Conflict Resolution". On avance dans le classement et ça en devient presque fatiguant d'être dithyrambique... Les pions se placent sur l'échéquier : tandis que Pam prépare son mariage, Jim prépare sa carte de sortie et Michael, de son côté, passe la journée à résoudre tous les conflits de ses employés. Je vous disais que la running-joke de sa haine envers Toby me réjouissait à chaque fois et c'est encore le cas, toujours aussi cruel, facil et drôle. "Conflict Resolution" réussit le pari de donner à chacun des personnages principaux une intrigue satisfaisante tout en offrant au reste du cast une occasion de briller. Et à l'époque, les employés de Dunder Mifflin étaient encore des embryons et loin de la caricature d'aujourd'hui. Alors c'était chouette de voir tout le monde intéragir, même dans une ambiance de zizanie. Avec comme fil rouge, des photos d'identité qui étaient comme des instantanées de ce qui rendait drôle chacun d'entre eux. Et un montage Photoshop qui résumait bien ce qui faisait la force de la série : des gens différents travaillant au même endroit et qui n'ont pas d'autre choix que d'apprendre à s'aimer et s'accepter. Enfin bon, je ne vais pas vous mentir : c'est surtout l'intrigue JAM qui m'avait séduit à l'époque car elle se retrouvait dans une impasse très émouvante et forcément excitante, à un épisode de la conclusion. Je ne me trompais pas... Win-win-win !

"I never smile if I can help it. Showing one's teeth is a submission signal in primates. When someone smiles at me, all I see is a chimpanzee begging for its life." (Dwight) 

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6) S02E20 Drug Testing

Quand on évoque "Drug Testing", beaucoup auront en tête l'image de Dwight dans son habit de shérif volontaire, questionnant ses collègues au sujet d'un joint fumé par Michael lors d'un concert d'Alicia Keys. D'un test d'urine, d'une scène culte dans la salle de conférences, d'affrontements Michael-Toby anthologiques. Moi je m'en souviens surtout car, "Casino Night" et "The Job" à part, il contient mon moment JAM favori. Je vous parlais du doux-amer et de la capacité de la série à produire un torrent d'émotions avec trois fois rien. En voilà le parfait exemple : suite à un pari, Jim n'a plus le droit de parler jusqu'à ce qu'il puisse acheter un soda à Pam. Au départ, c'est mignon comme tout et très léger. C'est drôle quand Jim se retrouve à devoir faire semblant de pleurer face à un Michael qui lui demande de se confier au sujet de la drogue. Et au final, c'est bouleversant quand le silence de Jim et le regard qu'il lance à Pam en dit long sur ses sentiments et son éternel frustration face à la réceptionniste. On approche à grands pas de "Casino Night" et c'est ce moment qui lance la machine et qui fait planer beaucoup de tristesse et d'excitation dans cette dernière ligne droite de la saison. Un moment tout simple et exemplaire. C'est grâce à ça que JAM reste le meilleur "will they won't they" de l'histoire de la télévision, selon moi. Et aussi parce que moi, j'ai vécu ça. Alors ça touche en plein coeur. Et c'est juste parfait. 

"What a terrible day to not be able to talk. Dwight was literally carrying around his own urine and dressed like one of the Village People. Why does he do the things that he does for Michael? I just don't get it. What is he getting out of that relationship?" (Jim, alors qu'il fait clairement allusion à son rapport avec Pam et que c'est ultra-touchant. De l'art de nous émouvoir en nous parlant d'un homme qui transporte de l'urine et un John Krasinski plus juste que jamais). 

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5) S07E22 Goodbye Michael

Non seulement c'était émouvant de voir Michael partir à l'époque, mais avec le recul et après avoir vu à quel point la série n'a pas réussi à se remettre de ce départ, ça l'est encore plus aujourd'hui. "Goodbye Michael" aurait pu conclure parfaitement la série. Voilà en tout cas ce que j'en disais : "Alors que les épisodes précédents étaient souvent bien maladroits, les scénaristes nous font le plaisir de savoir toujours viser juste et toucher la corde sensible tout au long de cet épisode rallongé. Les références nostalgiques au passé de la série (le gant de Phyllis, la partie de basket dans l'entrepôt, les personnages de Michael) sont intégrés avec finesse. Chaque adieu colle parfaitement aux personnages et c'est très bien pensé d'avoir laissé à Pam le soin d'une dernière étreinte avec Michael. Les deux personnages ont toujours eu une relation particulière et j'ai bien failli verser une larme lors de cette scène extrêmement touchante à l'aéroport. J'ai bien ri aussi, que ce soit grâce à l'intrigue plus légère qui permet enfin à Will Ferrell de ne pas trop être à côté de la plaque et à Andy de montrer enfin son potentiel de vendeur, ou bien grâce aux éternels gamineries de Michael. Le dernier regard lancé par Michael à ses employés et la crédulité de Creed qui lui dit "à demain, patron" m'a rappelé avec émotion la dernière garde de Mark Greene dans Urgences. Nous sommes les seuls à savoir que Michael s'en va (excepté Jim) et c'est ce qui rend son départ encore plus émouvant. Et enfin, il y a une référence au fait que The Office est un documentaire et voir que le concept est de nouveau assumer me rassure sur la cohérence de l'ensemble (ça, c'était avant Brian le perchman bien entendu), surtout que c'est fait encore une fois avec sensibilité, nous amenant à la dernière réplique de Michael, un "That's what she said" en sourdine. Le symbole de la fin pour celui qui restera l'un des personnages de comédies les plus mémorables dans mon panthéon télévisuel." Est-ce que l'apparition de Steve Carrell sera satisfaisante dans le final de la série ? Je ne veux pas trop me créer d'attentes, je sais juste que j'ai très envie de le revoir une dernière fois.  

"Hey will you guys let me know if this ever airs?" (Michael)

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4) S03E24 The Job

Un modèle de season finale où tout est lié, tout est surprenant, tout est drôle, tout est touchant. De la nouvelle poitrine de Jan à la nouvelle coupe de cheveux de Jim en passant par le faux départ de Michael et l'éphémère prise de pouvoir de Dwight sans oublier le coup de théâtre final concernant Ryan, on sentait une nouvelle ère venir pour la série après une saison qui n'avait cessé de prouver que les scénaristes débordaient de créativité. Chaque seconde de "The Job" est culte à mes yeux et cet épisode, comme les suivants dans ce classement, je le connais quasiment par coeur, je serais presque capable de le réciter. Mais ne soyez pas dupes : ce qui m'a autant marqué ici, ce n'est pas seulement la qualité d'écriture et la satisfaction de voir une saison aussi grandiose s'achever de manière aussi grandiose. Ce qui m'a marqué, c'est le sourire de Pam. Même dans les meilleures fanfictions, personne n'aurait pu imaginer une manière aussi parfaite et euphorisante de mettre enfin un terme au jeu du chat et de la souris mené par les deux amis depuis deux saisons et demis. Un tour de force, capable de vous foutre les larmes aux yeux tout en vous offrant un grand sourire. Le tout avec un simple pot de yaourt. C'est très fort. 

"I'm sorry... What was the question?" (Pam) 

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3) S02E01 The Dundies

Comment aborder ce haut du classement sans répéter ce qui a été dit mille fois, sans accumuler les superlatifs ? Pour vraiment comprendre à quel point "The Dundies" est un must, il faut se replonger dans le contexte. Enchaîner "Hot Girl" et ce season premiere pour voir une série prendre son envol. Se transformer en l'espace d'un épisode en quelque chose d'unique, pour voir des scénaristes et un cast trouver leurs marques et définir ce qui rendra la série aussi formidable par la suite. Créer sous nos yeux ce mélange doux-amer qui donnera le ton pour de nombreux suiveurs. Transformer le personnage de Steve Carrell d'un David Brent 2.0. en Michael Scott. Nous faire tomber amoureux à vie de Jim et Pam, tout ça à cause de quelques verres de trop. Nous faire prendre conscience que tout ce petit monde a un potentiel monstre et qu'on est prêt à les suivre pour encore des années (peut-être pas neuf, mais pourquoi pas). "The Dundies" est culte. Mais le mot culte a été souvent malmené alors je la refais. Pour tout ceux qui aiment autant The Office que je l'ai aimé, "The Dundies" est culte. Pour citer Pam, c'est comme un accident de voiture qu'on a pas envie de regarder mais qu'on force nos amis à regarder si on veut que, eux aussi, ils tombent sous le charme. Ecoutez "Tiny Dancer" d'Elton John me ferait toujours pleurer désormais...

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"The Dundies are kind of like a kid's birthday party, and you go, and there's really nothing for you to do there. But the kid's having a really good time, so you're, kind of there. That's-that's kind of what it's like." (Oscar)

2) S02E10 Christmas Party

Juste après "Noel" de The West Wing et le pilote de Six Feet Under, "Christmas Party" est mon épisode de Noël favori. C'est mon rituel de le regarder tous les ans le 24 décembre depuis sa diffusion. Et à chaque fois, tout fonctionne comme au premier jour : l'ambiance des fêtes en entreprise, un Michael en roue libre, des employés qui oublient toutes leurs différences pour danser ivre, le comité des fêtes en pleine ébulition, le gant de Phyllis, l'I-pod qui passe de mains en mains lors d'une séance de "yankee swap" aussi cruel que drôle, Dwight avec des oreilles d'elfe, Angela qui laisse éclater sa rage en détruisant des décorations, Bob Vance de Vance Refrigiration, Todd Packer et surtout l'émotion provoqué par cette théière pleine de surprises (et même "A.A.R.M." ne m'aura pas gâcher ce sentiment en nous dévoilant les surprises). Là aussi, je connais ça par coeur. Chaque petit sourire de Pam, chaque petit regard de Jim, chaque syllabe prononcée par un Steve Carrell qui semble s'amuser tout autant que nous. Si un jour je dois passer Noël seul, si un jour je dois passer Noël triste, je sais que j'aurais toujours "Christmas Party" pour me tenir compagnie. Et que toute ma vie, j'aurais The Office pour me tenir chaud au coeur. N'est ce pas merveilleux qu'une série basé au départ sur de l'humour inconfortable réussisse à nous faire se sentir aussi bien ? 

"See, that's what Christmas is all about to me, is when you see someone open a gift and you think, "Man, I wish I got that." I mean, that's just such a great feeling, to watch other people envying a gift that you gave to somebody else. I don't know, it's just... I don't know, just makes you kind of feel good." (Michael)

1) S02E11 Booze Cruise / S02E22 Casino Night 

Vraiment, vous voulez que je vous explique pourquoi "Booze Cruise" et "Casino Night" décrochent la première place ex-aquo ? Bon, d'accord. Je vais me répéter alors. Ce sera la dernière fois. D'abord, commençons par une raison toute simple : "Casino Night" est le meilleur season finale de la meilleure saison de comédie de tout les temps. PAF. "Booze Cruise" est le meilleur onzième épisode de la meilleure saison de comédie de tout les temps. PAF. Ensuite, ce qui a fait de cette saison la meilleure saison de comédie de tout les temps, c'est en partie le traitement accordé à la romance entre Jim et Pam. Et ces deux épisodes contiennent les moments les plus forts de cette saison passée à voir les deux amis se tourner autour. Une apogée bouleversante. John Krasinski et Jenna Fisher à leur meilleur. Magnifiés par une caméra qui n'a jamais été aussi bien utilisé dans le cadre de ce "mockumentaire" (je n'aime vraiment pas cette expression au fait, je tenais à le dire). Tout ça, vous le savez. Et peut-être que si vous êtes des humains normalement constitués, vous le pensez aussi. Maintenant, parlons de choses plus personnelles (comme d'habitude me direz-vous). 

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Vous le savez, j'ai la mauvaise habitude de projeter pas mal de choses de ma vie sur la fiction que je regarde. Que ce soit sur la famille Fisher ou sur Nick Miller, ce procédé d'identification très fort me rend souvent aveugle et profondément lié à une série (ou un film ou une chanson d'ailleurs) et j'en parlais longuement ici avec mes collègues sériphiles. C'est précisément ce syndrôme qui m'a fait ressentir autant de choses face à cette seconde saison et au parcours de Jim face à Pam. Au moment même où je regardais cette seconde saison, alors que j'étais au lycée, je vivais la même histoire avec ma voisine de classe. Tout comme Pam, elle ne se doutait que très peu de ce que je ressentais. Nous étions les meilleurs amis. Et des scènes comme celle de la canette qui impose un silence embarrassant, du supermarché, du match de basket, de l'étreinte embarrassante, ou du cadeau de Noël, je les ai vécu quasiment secondes par secondes. Un jour, je n'ai pas pu résister. Je venais de voir "Casino Night" pour la première fois. J'étais émue aux larmes. Et j'ai écris une lettre à ma Pam pour lui dire quasiment mot pour mot les mots de Jim. Le lendemain, elle m'a rejoint à la sortie du lycée, pour me redire mot pour mot les mots de Pam. Elle m'a brisé le coeur. Et moi aussi j'ai pleuré.

J'ai ensuite suivi le conseil de Michael dans la plus belle scène de "Booze Cruise" : "Never ever ever give up". Mais elle avait son Roy et j'ai eu par la suite ma Karen. Parfois en ayant vu les épisodes, parfois sans les avoir encore vu. C'était troublant car à la fois un truc triste et une sorte de thérapie. La catharsis puissance 10. Ce petit jeu a duré même pendant la troisième saison mais n'aura pas eu le droit à la même destinée que sa version télévisée. Mais à chaque fois que je reverrais (avec toujours autant de frissons) les deux plus beaux épisodes de The Office, j'aurais une pensée pour elle, pour le moi que j'étais à ce moment-là et pour mon petit coeur brisé. 

Merci à The Office d'avoir su l'accompagner et le réparer quand j'en avais le plus besoin. Pendant quasiment neuf ans. Merci. 

"I'll save the receptionist" (Jim)

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Mentions honorables : S01E02 Diversity Day / S02E02 Sexual Harassment / S02E05 Halloween / S03E12 Back From Vacation / S03E20 Safety Training / S04E01 Fun Run / S04E07 Survivor Man / S05E25 Cafe Disco / S06E01 Gossip / S07E05 The Sting / S09E24 Finale (espérons-le !)

Bon et bien, ça y est. Dans quelques heures, je m'en irais regarder la fin. "It's gonna hurt like a motherfucker..."

16/05/2013

The Office / la rétrospective #6

Aujourd'hui, c'est Nicolas Robert, rédacteur au Dailymars, partenaire de podcast et avec qui je partage plein de passions communes (de ER à The Good Wife en passant par Homicide) qui vient rendre son hommage à la série. En nous présentant les différentes incarnations de The Office. Je serais moi-même tenté de subdiviser ses divisions (réunir les saisons 4 à 7 sous la même branche me semble trop radical) mais j'ai suffisamment parler de la série. Nicolas, c'est à ton tour, merci de ta participation !

The Office, d’une comédie à l’autre

Il y a des séries qui vous parlent plus que d’autres. Des créations qui raisonnent en vous de façon étonnante et qui, du coup, vous appartiennent un peu. « The Office », pour moi, c’est ça. Pas parce que c’est une comédie à la mécanique immuable mais bel et bien parce que je l’ai vue évoluer dans le temps. Et que l’intérêt que je trouvais dans son visionnage est souvent passé d’un point à un autre. Presque sans discontinuer.

Au début, la satire de la vie de bureau (saison 1)

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J’ai découvert The Office assez tard. En mai 2008, si je ne me trompe pas. A la grâce de l’achat du coffret DVD des deux premières saisons, je me suis lancé dans l’aventure sans idée préconçue… tout au plus avais-je lu plusieurs critiques titillant positivement ma curiosité

Dès le début, j’ai eu un coup de foudre comique pour Steve Carell. La série reprend, dans ses tous premiers épisodes, les scripts de la série de Ricky Gervais ? Oui, c’est vrai. Mais heureusement ou malheureusement, c’est Michael Scott qui m’a fait découvrir l’univers du mockumentary de bureau… et c’est lui qui m’a conquis.

A l’époque, il me rappelait furieusement des managers que j’ai croisés dans le passé. Des hommes en représentation permanente mais pas franchement faits pour la fonction. Bête, méchant, assez couard aussi, Michael Scott 1.0 avait tout pour me faire vivre des instants jubilatoires. Si, à l’époque, Dwight, Jim et Pam prennent parallèlement leurs marques, c’est lui qui capte mon regard. A coups de tirades certes écrites pour un autre mais bel et bien habitées par l’ex-participant du Daily Show.

Pour moi, ça marchait du tonnerre… mais je suis content que cela n’ait pas trop duré. Très honnêtement, je pense que je me serai lassé assez vite s’il n’y avait eu que ça. Mais Greg Daniels et sa bande ont vite bifurqué vers une autre direction. Un chemin pas franchement éloigné de la voie initiale mais émotionnellement plus riche. Une route qui allait me ravir au plus haut point. Notamment parce que Jim et Pam allaient me faire complètement craquer.

Le bureau, le boss et la comédie romantique (saisons 2 et 3)

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Je ne vais pas être très original : ce que beaucoup considèrent comme l’âge d’or de la série est aussi une période très chère à mon cœur. Parce que Michael Scott 2.0 -plus humain, plus touchant- entre en scène. Parce que le processus du mockumentary tourne à plein sans que les ficelles ne soient usées (à l’époque, les regards consternés de Ryan à la caméra font toujours mouche chez moi). Parce que la série est en train d’ériger le cold open en véritable art. Et parce que bon sang, l’histoire entre Jim et Pam était tellement belle à cette époque…

Je ne fais pas franchement partie de ceux qui détesteront Jim et Pam une fois qu’ils seront « rangés ». Peut-être parce que j’ai deviné très tôt qu’une fois ensemble, ils ne pourraient plus occuper la place centrale qu’ils avaient pris dans mon esprit. C’est ça ou alors parce que, à plusieurs reprises, Jenna Fischer m’a fait fondre plus vite qu’un caramel au soleil avec les regards, les hésitations et les réactions de Pam. L’écriture, l’interprétation et le timing sont quasi-parfaits. Combien de fois me suis-je dit, à l’époque, « Qu’est-ce que c’est bien ! » en voyant défiler le générique de fin.

Mais pendant cette période, les deux amoureux de Scranton ne sont pas les seuls à casser la baraque. Carell transforme presque tout ce qu’il touche en or : c’est bien simple, à l’époque, il suffit qu’il apparaisse à l’écran pour que je me mette à sourire. A côté de ça, la dimension collective de The Office s’affirme avec force. Dwight continue d’être un personnage majeur pendant qu’Angela, Oscar, Kevin, Phyllis, Meredith et tous les autres apportent une nuance de couleur à ce qui est alors mon arc en ciel comique de l’époque. En gros, The Office US devient un miracle d’équilibre et d’inventivité.

L’enfant roi et sa cour délirante (saisons 4 à 7)

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Avec le final de la saison 3, The Office arrive cependant à la fin d’une première vie. Jim et Pam ne se tourneront plus autour et un des piliers de la narration originale change. Bon gré, mal gré. Michael Scott 2.0 devient plus que jamais le centre d’un univers dans lequel gravite toujours autant de personnages. Si la notion d’ensemble show est toujours là, tout ou presque passe par Michael Scott. Sans doute trop parfois. Dès que les scénaristes font les feignasses en croisant les doigts pour que Carell sublime la polenta, ça coince. Parfois méchamment.

Contre toute attente, je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que la série est en chute libre à partir de la saison 6. D’abord parce que je l’aime bien, moi, cette saison (même si l’arc de Jim co-directeur ne sert pas à grand’chose) : l’épisode de Noël par exemple, me semble très réussi. Tout comme l’ouverture de saison, sur les rumeurs que Michael propage dans tous les sens. La saison 7, elle, offre une jolie sortie à son acteur principal et j’ai apprécié que cela soit bien maîtrisé.

Ces quatre saisons, en tout cas, tournent autour d’une notion phare. Michael Scott est un enfant. Touchant, amusant, fatiguant aussi parfois… mais il ne laisse jamais indifférent. Au final, ça marche souvent. De manière moins systématique que dans les trois premières saisons où la série fait mouche à tous les coups ou presque mais l’ensemble se tient bien. Notamment parce que les scénaristes explore de multiples pistes (The Michael Scott Paper Company) et que certains cold open sont mémorables (Stress Relief, partie 1 : avec la fausse alerte au feu).

Mais cette époque porte en elle une vérité lourde. Si The Office est une série chorale, elle repose beaucoup sur l’homme qui occupe le grand bureau à côté de l’entrée. Cette situation est assez paradoxale : plusieurs personnages, comme Andy et Erin, grandissent en effet patiemment. Dwight et les autres sont aussi capables de faire vivre de vrais beaux moments au téléspectateur. Mais le patron, c’est et ça reste Michael. Comme s’il était le pôle nodal comique du projet… une impression que son départ confirmera de façon douloureuse.

Erin, une idiote bien seule ou presque (saisons 8 et 9)

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Septembre 2011 et septembre 2012. Deux rentrées, deux reprises, deux périodes suscitant plein d’espoir… et deux résultats très irréguliers. Décevants. Quand les historiens de la comédie comme Dylanesque ou Conundrum se pencheront sur la fin de la série, une fois détachés de l’implication émotionnelle qui les lient à cette série, ils devront se rendre à l’évidence : The Office saisons 8 et 9, c’est un spin off de The Office.

Ces deux dernières années sont loin, très loin des saisons 1 à 3, pas complètement éloignées des saisons 4 à 7, mais sans vraie ligne conductrice. Au mieux, on a quelques bons passages, comme les épisodes 12 à 15 de la saison 9. Au pire, ça part dans tous les sens sans réel pilote dans l’avion.

Un jour, pour faire le bilan de la saison 14 d’Urgences, j’ai écrit que lorsque l’on doit relancer un hit en perte de vitesse, il faut être capable de répondre à quatre questions : « Qu’est-ce qu’on a ? » (les forces en présence), « Qu’est-ce qu’on a eu ? » (ce qu’on peut essayer de retrouver), « Qu’est-ce qu’on n’a plus ? » (ce dont il faut faire le deuil) et « Qu’est-ce qu’on n’a jamais eu ? » (ce qu’on peut encore tester).

En relançant la dynamique d’ensemble avec Andy Bernard en big boss, l’équipe d’auteurs de The Office a confondu « Qu’est-ce qu’on a eu ? » et « Qu’est-ce qu’on n’a plus ? ». Helms n’est pas Carell, et faire suivre à Andy un parcours souvent trop proche de Michael était une ânerie.

L’idée de revenir à l’idée du documentaire était bonne, mais il aurait sans doute fallu traiter autrement la question de la direction. Amener deux ou trois autres acteurs à la tête de la branche scrantonienne de Dunder Mifflin, les intégrer dans un projet précis (oui, Robert California : c’est toi que je regarde, là), auraient peut-être permis de secouer vigoureusement l’ensemble.

Il reste quoi qu’il en soit quelques bons moments, souvent rattachés au personnage d’Erin. C’est l’un des rares que je n’ai pas lâchés jusqu’à la fin. Mais je pense qu’il me faudra un peu de temps pour évaluer réellement ces deux dernières saisons. Et je pense qu’il en faudra encore un peu plus à Dylanesque.

Le mieux, pour cela, c’est encore de se refaire une intégrale de la série. Pour se rappeler que c’est une série multiple. Et qu’elle mérite plus, beaucoup plus qu’un « non mais depuis que Jim et Pam ne sont plus ensemble, ça n’a pas franchement d’intérêt hein… »

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15/05/2013

The Office / la rétrospective #5

On continue cette semaine hommage avec un nouvel invité : Tom, du site SmallThings, qui fut lui aussi un passionné de la série et revient à sa manière sur l'origine et le long déclin de cette passion. Tout en gardant espoir pour le final. Comme nous tous. 

Les comédies sont les parents pauvres des séries, peu de monde en parle à part les plus connues et peu d'élus restent dans les mémoires. Pourtant il existe des perles et The Office en faisait partie. J'utilise le passé pour la simple et bonne raison que la série a perdu beaucoup de sa grandeur et de sa puissance depuis 3 ou 4 ans. Ce mois-ci, les portes de Dunder Mifflin vont se fermer pour des millions de téléspectateurs, l'occasion de revenir sur 8 ans de CDI.

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Ma première approche fut par... la version française ! Eh oui, Le Bureau a été diffusée par Canal + et j'en ai gardé un souvenir très positif. Le type d'humour était vraiment original et, chose rare, me faisait rire ! Je me suis donc tourné vers la version américaine, plus glamour que l'anglaise toujours assez froide. Un puis deux épisodes et le charme était déjà là, l'humour aussi et la galerie de personnages était clairement atypique. Le coup de l'agrafeuse dans la gelée m'a achevé : j'étais addict.

Il y a clairement beaucoup de choses à dire sur la série. Commençons par l'humour.

Au-delà de la simple sitcom, The Office véhicule des blagues et des dialogues portés vers la honte, la gêne, le ratage, bref sur tout ce qui rend l'ambiance un peu pensante. Ca a été une boufée d'air frais pendant de longues saisons. Menée tambour battant par un Steve Carell parfait en Michael Scott, The Office a des séquences cultes. On ne compte plus les blagues entre Jim et Dwight, les tentatives désespérées d'attirer l'attention de Michael Scott qui sont les deux grosses mamelles de la série.

Au delà d'une écriture réussie, les personnages ont tous un physique totalement atypique, clairement moins glamour qu'un Grey's Anatomy par exemple. Ici on joue sur les tronches de monsieur ToutLeMonde et on va même plus loin que ça. Véritable décor eux-mêmes les personnages secondaires sont reléguées en figurants pour bon nombres d'épisodes. Avec ce genre de gestion des personnages, The Office rend hommage tous les employés qui sont une fois, peut-être par hasard, devenu le héros de la journée au taf ou au centre d'une attention particulière, en bref, la série rend un vibrant salut à la vie de bureau en open-space. Qui n'a pas tenté de faire des blagues à un collègue bon client (ou mauvais d'ailleurs) ? Moi le premier, je tentais de retrouver cette ambiance au boulot et il est vrai que chaque entreprise à sa propre galerie de personnages.

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Vous l'aurez compris The Office est à la fois originale mais met le doigt dans le vrai. Au-delà des apparences, The Office est une vraie peinture de la société où la formule metro boulot dodo prend tout son sens. La partie boulot est une portion de la vie de chacun, on passe un quart de son temps si ce n'est plus sur son lieu de travail, lieu de vie !

A ce titre, le temps passé peut être aussi du temps gagné... dans sa vie sociale. Jim Halpert et Pam Beesly sont devenus de véritables icones du couple télévisuel par excellence. Voir leur amitié et leur histoire d'amour prendre forme sous nos yeux avec ces caméras indiscrètes quic aptent ces moments de complicité magiques ont fait de Jim et Pam des personnages d'une justesse incroyable. Leur histoire a été pendant longtemps le filigrane de la série et les voir évoluer n'a pas été de tout repos. De deux collègues amis ils sont devenus parents en crise. La logique voudrait que le couple se sépare à la fin de la série pour mettre un point d'orgue à ce que l'histoire soit en quelque sorte bouclée mais une happy end serait aussi bienvenue. Le simple fait de penser que cela pourrait mal finir serait inscrit dans une logique purement émotionnelle. Il ne peut rien leur arriver d'excitant et de nouveau qu'une rupture. Le spectateur a perdu beaucoup en voyant Jim et Pam se transformer en couple routinier sans magie. Finir sur une réconciliation serait presque paresseux.

Il reste quelques épisodes avant la fin et je me souviens d'une fin de saison 5 énorme avec un fait effet de groupe, on sentait les acteurs amis dans la vie, la folie engendrée la folie, Michael Scott citait Britney sur du Lady Gaga, les Dundies Awards offraient fou rire sur fou rire et Dwight offrait sa vision du monde à travers des us et coutumes bien à lui. Je me souviens de Jim et Pam sur le toit, des petits regards caméra de Jim, de cette fin de saison 2 parfaite, de la chauve-souris, des fax du futur... Bref The Office c'est aussi des tas de moments qui ont fait et feront toujours la série.

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En lisant les dernières phrases, je parle d'un temps révolu. Scott parti, la magie Jim/Pam disparue, il ne restait plus de grandes fondations pour que la série parvienne à maintenir le cap. Ce n'est pas faute d'avoir un casting impeccable, non, c'est la faute à des scénaristes plus du tout inspirés. Certes Ed Helms tente de maintenir le navire à flot mais son Andy est plus irritant qu'autre chose. D'ailleurs j'ai tenté de me dire qu'Ed Helms jouait Michael Scott pour voir où se situait le souci. C'est vraiment une façon d'aborder la ringardise qui se pose là. Steve Carell avait le physique et la manière.

The Office se conclue dans une quasi indifférence, les audiences sont anémiques, la rumeur d'un retour de Steve Carell pour le final revient et on s'attend à ce que le principe originel de la série - une équipe documentaire filme Dunder Mifflin - trouve son apogée dans les 75 dernières minutes. Le principe de documentaire était effectivement une idée formidable. Nous étions les témoins des confessions de chacun et leurs impressions sur des scènes vues précédemment. Il y avait ce petit décalage charmant et rafraichissant qui permettait de renforcer l'aspect "réel" de la série.

Pourtant ce principe est devenu petit à petit envahissant et clairement bancal. Les angles de caméra se multiplient, les champ-contre-champs deviennent incohérents et chaque fait et geste de la vie des employés ont été mis en boite. Cette dernière révélation arrive en saison 9 quand le principe du documentaire va servir de prétexte pour terminer la série. A quoi s'attendre ? Va-t-on arriver dans une phase où la série va se regarder elle-même et proposer une histoire aux accents méta ? Déjà le 9x18 proposait un regard amer sur le parcours de la série et le spectateur ne sera pas surpris, mais déçu,  si on ressort une sorte de best-of pendant le final...

9 saisons (quasi 8, la première ne faisant que quelques 6 épisodes) de bons délires mais qu'on aimerait voir cesser. Le spectateur a le droit de faire comprendre que la série n'a plus le même visage, ni la même énergie. Dès la disparition des "Dunder Mifflin This Is Pam" on savait que la série devait évoluer et allait avoir affaire à des challenges. Les bases évoluent mais le background reste le même à l'image des personnages secondaires ou tertiaires (d'ailleurs l'évolution de Ryan a été la pire chose de la série, comme un placement de produit à cause de sa place de producteur...) Oui la saison 9 a une qualité croissante mais elle est loin, très loin, du niveau d'avant. Ce remake d'une série anglaise avait trouvé son identité, son rythme mais s'est perdu en croyant un peu trop à son concept. Il va falloir être fort pour juger convenablement le final qui conclura une aventure humaine formidable. Les personnages ont évolué devant nos yeux et comme Jim et Pam, notre amour pour la série a évolué, comme Jim et Pam, nous sommes arrivés à des sacrifices, des choix et une routine qu'il va falloir combattre. Le sort du couple va-t-il sceller le sort du spectateur ?

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