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30/06/2013

BILLY - S02E20

S02E20 Juillet 1881


BILLY - S02E20 Juillet 1881 par billylaserie

Résumé : Longeant le Pacifique, Sal et Tom reviennent sur leurs pas dans l'espoir de retrouver Billy. La fatigue se fait rapidement sentir mais cela n'atteint pas l'enthousiasme du jeune vagabond et les bavardages de son compagnon mexicain...

Commentaires : Ce que Tom représente est plutôt simple à comprendre : la jeunesse est éternelle. À chaque génération, son lot d’idéalisme et de fraîcheur. Si Billy est sur le déclin, un Tom peut prendre la relève. Et d’autres suivront. Mais j’ai aussi voulu assombrir ce message en faisant de Tom une victime : alors qu’il attend que Billy revienne le sauver, alors que contrairement à Sal, il croit encore que quelque chose de bon va arriver et que des jours paisibles les attendent, il est tué froidement. Comme un jeune soldat qu’on envoie au front, il meurt un sourire aux lèvres (et pour ce plan et la réaction de Sal, je me suis inspiré d'un plan de Band Of Brothers). Un « Dormeur du Val » version western. De nouveau un personnage qui participe à l’élaboration de mon thème favori : le passage à l’âge adulte. Sauf que Tom restera jeune pour toujours. 

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En introduisant le personnage de Tom, j’ai également voulu offrir de nouvelles couleurs à Sal. En deuxième saison, le mexicain est séparé de Billy, son plus vieil ami et celui qui a toujours été au centre de son existence. Avec Tom, il retrouve de nouveau un gamin plein d’insouciance dont il peut servir de compagnon de route et de figure fraternelle. Tom lui rappelle le Billy des débuts ("Juillet 1881" est un peu le remake d'"En Route") et le plonge dans une véritable mélancolie, loin de son indifférence de façade habituelle. 

Pour les passionnés d'Histoire qui se demandent à quel point tout cela est proche de la réalité, je dois rappeler que mon travail d'adaptation est très libre. En vérité, Tom est tombé aux côtés de Charlie lors de la capture de Billy par Garrett. Si j'avais vraiment voulu respecter les faits, j'aurais donc tué les deux personnages lors du mariage. Et Sal n'aurait pas existé. Alors je préfère ma version... Et rassurez-vous, les poissons-alligators existaient bien à l'époque, j'ai vérifié !

En tout cas, la fin approche. Et alors que nous voilà en juillet 1881, le bilan est terrible : les Frères Coe, Henry, Charlie et Tom ont quittés l'aventure, Sarah a disparu dans la nature. Seul reste Billy et Sal, le duo d'origine. Et Pat Garrett qui est probablement à leurs trousses et qui, vous l'aurez deviné, n'est pas étranger au sort de ce pauvre Tom. On peut en tout cas applaudir l'effort d'Aurélien, notre réalisateur, qui sera passé devant la caméra pour offrir ses jeunes traits au vagabond, avec toute la candeur et la fraîcheur nécessaire, rendant cette dernière scène encore plus tragique. 

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Anecdotes : Je rappelle d'abord pour ceux qui ne connaissent pas notre planning de tournage par coeur que ce fut lors de la dernière semaine d'août que nous sommes allés s'installer dans un camping vendéen pour filmer au bord de l'Atlantique. Et comme le reste de l'équipe n'était pas encore venu nous rejoindre, nous avions commencé par cet épisode. Aurélien et moi étant devant la caméra, c'est Jean-Baptiste (alias Garrett) qui a repris sa casquette de réalisateur pour nous suivre dans les forêts de pins, les dunes et les plages de mon enfance, où je passais des heures à jouer au cow-boy et où je me retrouvais des années plus tard, avec un peu plus de poil au mento et un somptueux poncho.

Un rêve de gosse donc, qui s'est réalisé en toute simplicité et lors d'une journée paisible et sans véritables obstacles. La météo était de notre côté pour une fois et le vent nous a laissé en paix. C'était amusant de croiser des vacanciers avec nos accoutrements, encore plus lorsqu'Aurélien avait la tronche pleine de coulis de fruits rouges. Oui, je vous rappelle que c'était notre recette magique pour préparer du faux sang et que comme d'habitude, c'est moi qui me suis amusé à barbouiller cette mixture sucrée sur le comédien. On a pu profiter d'un beau coucher de soleil, capturer l'Océan dans toute sa splendeur et la seule difficulté était de jouer contre la montre car si l'obscurité était tombé trop vite, il aurait fallu reporter le tout au lendemain et notre planning serré ne le permettait pas vraiment. 

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Terminons par une anecdote que je ne crois pas vous avoir déjà raconté : dans le script d'origine, Sal et Tom ne voyagaient pas seul, un chien les accompagnait. Un chien que j'avais appelé Jefferson et qui aurait dû faire sa première apparition à côté de Buckley, le vagabond de l'épisode "Ezekiah". Il aurait ensuite suivi Henry jusqu'au Mexique où Tom l'aurait adopté comme sidekick. Et c'est en voyant Jefferson détaler dans la nature que Sal aurait dû comprendre que quelque chose n'allait pas et trouver son camarade mort dans les dunes. Sauf qu'on a dû abandonner l'idée du chien pour des raisons logistiques. Ce n'est pas trop grave mais cela a entraîné quelques coupures, en particulier dans cet épisode. Alors en exclusivité, voilà une scène coupée qui devait ouvrir "Juillet 1881" :

Tom : Tu crois qu’il survivra ?

Sal : Qui ?

Tom : Jefferson.

Sal : Qui ?

Tom : Le chien.

Sal : Ah… Je pense qu’il a plus de chances de survivre sans nous. Il finira bien par tomber sur une bande de chiens errants, il sera heureux, t’inquiète pas pour lui…

Tom : Et nous, tu crois qu’on va survivre ?

Sal sourit. Il sort une fiole de téquila de sa poche et la tend à Tom.

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Musique : Kaki King et ses doux arpèges mélancoliques accompagnent notre marche dans les forêts de pins tandis que le traditionnel "Amazing Grace", interprêté ici par le guitariste John Fahey, vient terminer l'épisode sur une note tragique. 

La semaine prochaine : La nuit n'est pas encore tombée, mais elle ne va plus tarder. 

29/06/2013

Maron [Saison 1]

Laissez moi vous parler rapidement de Maron, qui vient d'achever sa première saison sur IFC (la chaîne qui diffuse également Portlandia). Mais avant tout, peut-être faut-il que je vous présente son créateur et acteur principal, Marc Maron, car il est possible que son nom n'évoque rien pour vous. 

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Comédien de stand-up originaire du New Jersey, Maron est apparu dans un tas d'émissions, que ce soit sur Comedy Central ou en compagnie de Jon Stewart et David Letterman, et après une traversée du désert artistique, on peut le retrouver aux commandes de WTF With Marc Maron, un podcast génial qu'il anime depuis 2009. Dans son propre garage, il reçoit régulièrement des gens comme David Cross, Patton Oswalt, Bob Odenkirk, Judd Apatow, Amy Poehler, Ray Romano, Allison Brie et j'en passe. Au total, il existe plus de 400 enregistrements, où on l'entend nous raconter sa vie et dialoguer avec ses invités de tout et n'importe quoi dans une ambiance décontractée. Et récemment, on pu voir Maron à la télévision chez son vieux pote dans un épisode de la troisième saison de Louie. 

Avec ce nouveau jouet, Maron prend donc le parti de nous raconter sa vie non plus à travers un micro mais devant la caméra durant une dizaine d'épisodes. Dans la lignée de Louie et la même année que Legit, on a l'impression qu'un nouveau genre est en train de s'imposer sur le cable : l'auto-fiction des comédiens. Alors qu'est ce qui justifie ce nouvel essai et qu'est ce qui différencie Maron de ses collègues ? Déjà, il n'assume pas autant de casquettes que Louie et ne réalise pas sa série. Ensuite, il a sa personnalité bien à lui, qui le rapproche plus d'un Woody Allen que d'un C.K. ou d'un Jim Jefferies. Névrosé, parano, peu sociable et ultra-lucide, Maron se montre tour à tour fataliste ou plein d'espoir et souvent très attachant. Il est en tout cas pour moi très facile de s'identifier à lui et de me projeter dans l'avenir ! Et à défaut d'être un grand acteur, Maron a sa sincérité avec lui qui est suffisante pour nous convaincre de le suivre dans son quotidien et d'écouter ses observations sur la vie, la mort, la romance, l'amitié et touti quanti. 

En intégrant dans la série l'existence de son podcast (et il semble de toute manière qu'il y a très peu de limites entre réalité et fiction), on peut également savourer la présence de guest-stars toujours bien utilisés, de Denis Leary à Mark Duplass en passant par Adam Scott et Jeff Garling sans oublier Aubrey Plaza et Danny Trejo. Si ces dix épisodes sont trop peu pour vraiment imposer un univers et une galerie de personnages secondaires, on décèle déjà du potentiel avec son jeune assistant, sa mère et surtout, sa petite amie dont tout comme lui, on ne sait jamais quoi penser. Une nouvelle variante qui a son charme autour de la manic pixie dream girl que Parkey Posey avait pu incarner pour Louie C.K.

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Maron n'a pas la profondeur ou la beauté d'un Louie mais possède suffisament d'humanité et de moments forts pour passer un beau moment d'existentialisme. Et avoir envie d'écouter son podcast en attendant une potentielle seconde saison. Je ne serais vraiment pas contre !

P.S. : Malgré la présence du toujours sympathique Dave Foley, le pilote est l'épisode le plus faible. Donnez une seconde chance à Maron. Je l'ai fait et me suis avalé l'intégralité en à peine un weekend !

19:59 Publié dans Maron | Lien permanent | Commentaires (0)

27/06/2013

Under The Dome S01E01

Je n'ai jamais lu un Stephen King, jamais. De nature peureuse, le peu d'images que j'ai pu entrevoir des adaptations cinématographiques de ses romans m'ont tenu bien à l'écart de son oeuvre. Et je m'en porte très bien honnêtement. Alors pourquoi avoir voulu jeter un oeil au pilote d'Under The Dome, où la boite de prod de Speilberg transpose sous la forme d'une mini-série de 13 épisodes un roman publié en 2009 ? La réponse est simple : Dean Norris. L'acteur de Breaking Bad est un type qui m'inspire beaucoup de bonnes choses et j'avais envie de le voir dans un autre rôle. 

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Alors le résultat, c'est que je me suis pas ennuyé. Car on ne peut pas reprocher à ce pilote de manquer de rythme. Par contre, je peux lui reprocher plein d'autres choses. Nous voilà en effet devant un divertissement estival bourré de conneries et qui réussit même l'exploit d'accumuler toutes les conneries qu'un divertissement estival peut engendrer. En voici la liste :

- Du mystère mystérieux : Le pitch de la série, c'est qu'un petit village américain se retrouve enfermé sans prévenir sous un dome qui découpe les vaches en deux (j'aurais pas dû regarder ça en mangeant un steak) et coupe les habitants du reste du monde. Comme si ça n'était pas suffisant, il semble que le politicien du coin (Dean Norris justement) s'amuse avec du protane en secret et que le nouvel arrivant vient de tuer le mari d'une journaliste sans qu'on sache vraiment pourquoi. Ajoutez au tout un mec violent et irrationnel qui séquestre sa petite amie et des enfants qui font des crises d'épilepsie en voyant des étoiles tomber du ciel et le compte est bon. Même Lost avait pas balancé autant de mystères à la con dès son pilote. J'ai hâte de rencontrer l'ours polaire de Chester's Mill. 

- Une petite ville américaine : Chester's Mill donc. Avec tout les clichés qu'une petite bourgade fictionnelle peut comporter et un tas de "citoyens moutons" qui agissent bêtement et suivent le mouvement. Avec une station de radio géré par un duo assez insupportable qui veut se la jouer "The Boat That Rocked". Avec son diner et son église baptiste. Une sorte de Dillon ultra aseptisée et sans Tami Taylor. 

- Des personnages stéréotypés : Mais il n'y a pas que des moutons, il y a aussi ceux qui ont le droit à des répliques : le politicien véreux, le shérif vieillissant, sa collègue pleine de fougue, la journaliste qui ne voit même pas que son mari la trompe, l'ancien militaire fugitif torturé, le gamin passionné de sciences, la restauratrice qui connaît tout le monde, l'infirmière qui déchaîne les coeurs, le couple de mères lesbiennes... Ah, celui-là est peu courant finalement. Bien joué. 

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- Un triangle/quator amoureux : Et oui, Under The Dome ne perd pas de temps. Voilà déjà que le mec qui débarque en ville flirte avec la journaliste, puis se fait draguer par l'infirmière dont le copain est jaloux avant de découvrir qu'il a tué le mari de la journaliste qui vient de l'inviter à dormir chez lui. Ce sont de longs moments prévisibles et mal joués qui nous éloignent déjà du sujet principal de la série, à savoir qu'un putain de dome vient de se poser sur la ville ! Sur la durée, ça va forcément puer du bec et être insupportable toutes ces romances préfabriqués, surtout quand je vois à quel point c'est déjà bien pesant et parasite dans ce pilote. 

- Un bon gros boulet : En parlant de parasite, je vous présente Junior. Avec un nom pareil et un acteur aussi fadasse, il était tout désigné pour être le boulet de la série. Que l'on rencontre alors qu'il décide sur un coup de tête d'arrêter ses études parce qu'il aime sa copine. Puis qui tente de se suicider avec un couteau. Puis qui utilise son couteau pour menacer celui qui vient de flirter avec sa copine. Puis qui enferme sa copine dans un abri anti-nucléaire avant que l'on découvre que c'est Dean Norris son papa. Junior est bizarre tout en étant insipide et violent tout en étant mou. On veut qu'il meure dès le pilote et c'est la marque du boulet !

- Une musique relou : Comme on est sur CBS et que Spielberg est à la production, la musique est bel et bien là pour nous dire quand avoir peur, quand sursauter, quand c'est triste, quand c'est moins triste. Et pour nous rappeler sans cesse à quel point tout cela n'est pas très très normal. Mon Dieu que c'est bruyant. 

Bon apparemment, ce fut un succès d'audience et un succès critique. Peut-être que le bouquin de Stephen King est très bien. D'ailleurs, je vais aller lire un résumé entier pour connaître la fin. Car ne comptez pas sur moi pour poursuivre l'aventure. Au rayon divertissement estival, j'ai déjà ma dose avec Falling Skies. Et puis pour Dean Norris, j'attendrais bien sagement l'ultime saison de Breaking Bad. Après, si je m'ennuie, il est très possible que j'y revienne pour me moquer gentiment de la série... Et puis si ça devient bien, vous me préviendez, d'accord ? 

26/06/2013

Et de 5 !

DYLANESQUETV est ouvert depuis le 22 juin 2008. Alors avec un peu de retard, permettez-moi de me souhaiter un joyeux anniversaire ! 

J'avais déjà fait un beau bilan de l'aventure l'an dernier et je n'ai pas grand chose à rajouter. Si ce n'est que sans cesse, je m'interroge au sujet de la pertinence du blog. Dois-je continuer ? Est-ce que j'ai encore vraiment le temps et l'envie ? Est-ce qu'il ne faut pas changer de formule ou migrer au Daily Mars ? Et puis il me suffit de voir un épisode de Mad Men ou une nouveauté comme Rectify pour me dire que ça vaut encore le coup. Et que si ce blog existe, c'est surtout pour que je puisse parler de séries. Le fond est bien là, peu importe la forme. C'est moi qui me dicte ma ligne éditoriale et je n'ai pas à me plaindre. 

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Et vous ? Vous avez à vous plaindre ? Cette cinquième saison était excitante non ? En plus de sensations fortes télévisuelles (d'Enlightened à Rectify en passant par Justified et Mad Men pour ne citer que les meilleurs et sans oublier la fin de The Office qui fut une étape hautement importante), j'ai pu partager avec vous (avec un peu de solitude parfois) ma première grande création et m'associer avec des collègues pour vous offrir un podcast qui s'améliore de numéros en numéros. Je suis toujours actif sur les réseaux sociaux et je suis toujours à votre écoute dans la mesure du possible. Alors n'hésitez pas à me faire vos propositions et vos retours, c'est comme ça que la machine continuera d'avoir du carburant et de savoir correctement l'utiliser. 

Avec un peu plus de temps et d'énergie, je pourrais probablement développer un tas d'idées de rubrique que j'ai dans la tête. Mais j'ai déjà dû sacrifier les publications quotidiennes à cause d'un quotidien qui me pousse au bord du surmenage alors non. Chaque chose en son temps. On verra. En attendant, je reste là et je déclare ouverte cette sixième saison. Espérons que ce ne sera pas celle de trop et que vous serez toujours au rendez-vous. 

L'activité va se poursuivre tranquillement jusqu'à mi-juillet avec la fin de BILLY, quelques bilans (Veep, Family Tree et peut-être même Hannibal et Orphan Black que je vais commencer). Puis, je me barre pour une nouvelle escapade en solitaire sur la route ce qui va m'éloigner de mon écran et de l'ultime saison de Breaking Bad pendant un moment. Mais pas d'inquiétude, j'ai prévu du contenu estival : avec l'aide de l'ami Drum de pErDUSA, on va vous offrir une rétrospective en duo de l'ultime saison de Frasier ! En plus, BILLY sera toujours visionnable pour les longues journées à l'ombre. Et la saison 6 de DYLANESQUETV débutera début septembre avec un rattrapage des aventures de Walter White, le retour des Braverman et plein de surprises. Ainsi qu'une nouvelle création de ma part dont je vous en dirais plus très prochainement. Allez, en voilà déjà une photo !

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Merci à ceux qui me suivent, ceux qui m'encouragent, ceux avec qui je travaille de près et merci à toutes ces belles fictions. Cinq ans, putain... 

14:48 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (7)

24/06/2013

Mad Men 6x13

6x13 In Care Of

"When you got nothing, you got nothing to loose" (Bob Dylan, "Like A Rolling Stone")

Après une saison baignant dans le chaos, voilà l'heure de la libération. Tous les ans, quand on arrive au season finale, je me demande jusqu'où Don va-t-il pouvoir descendre. Et cette année, il se retrouve au plus bas. Dans une version inversée de la scène inaugurale du pilote, on le voit accoudé au bar, avec la même musique mais avec une mine déconfite et prêt à passer une nuit en prison après avoir frappé un prêtre. D'habitude, c'est le moment pour Don de trouver une nouvelle illusion de changement : la fuite en avant, une nouvelle conquête, un nouvel objectif professionnel... Là, après avoir contemplé de nouveau toutes ces options (partir en Californie, quitter Megan, repartir de zéro avec une petite agence), il choisit la vérité. Et le voilà enfin libéré. 

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Dégageant une forte impression de series finale, "In Care Of" nous dévoile peu à peu le chemin de Don vers la rédemption. Dans une autre scène inspirée de la première saison, il délivre un speech plein de nostalgie à de nouveaux clients mais finit cette fois par se laisser emporter par son propre discours car il ne relève plus du domaine de la vente ou du mensonge mais de la vérité. Jon Hamm interprête ça avec tout le talent qu'on lui connaît déjà et nous fait presque pardonner à Don toutes ces errances. Et ce moment clé de sincérité l'incite à poursuivre cette quête de renouveau, qui lui permet de libérer Ted et de renouer avec sa fille, l'espace d'un regard très touchant. Sans travail (la scène de renvoi est encore plus pathétique que celle de Freddy Rumsen et la rencontre avec Duck bien cruelle), sans femme (même si je soupçonne Megan de ne pas vraiment partir) et sans but précis, Don est au bout du rouleau mais il est libre. Seulement, "In Care Of" n'est pas un series finale et il se pourrait très certainement que tout cela ne soit qu'à nouveau une illusion de changement et que la septième saison s'ouvre sur un status quo, une nouvelle spirale infernale vers la mort. Il faudra hélas attendre un an pour le savoir mais en attendant, me voilà réconcilié avec Don Draper, prêt à croire en lui de nouveau.  

C'est amusant en tout cas de voir que ce client californien est l'occasion pour les hommes du bureau de s'échapper. Qu'il s'agisse de Stan ou bien de Ted, c'est une porte de secours. Ce dernier remportera sa place sur la barque de sauvetage et quitte l'agence avec le regard triste alors qu'il était venu avec l'oeil pétillant. C'est difficile de voir un personnage que je respecte autant s'effondrer autant et difficile aussi de savoir s'il faut admirer Ted pour avoir su préserver sa famille ou le détester pour ce qu'il a fait à Peggy. La série est suffisamment complexe pour ne pas nous demander de choisir. Tout ce qu'on sait, c'est que Ted peut choisir, contrairement à Peggy, restant toujours le dommage collatéral des hommes qui l'entourent, même au bout de six saisons. La voilà pourtant qui se retrouve à la place du mentor mais cette victoire est bien amère. J'ai hâte en tout cas de voir comment la secrétaire devenue directrice du département créatif va s'en sortir l'an prochain. 

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J'étais un peu triste de voir Pete partir pour Detroit et je le suis de nouveau de le voir partir pour la Californie (je croyais qu'il n'y avait qu'une seule place là-bas ?). Mais tout comme Don, voilà un orphelin qui se retrouve libre de repartir de zéro et au vu de son évolution cette saison, il mérite ce changement. Même si, tout comme Trudy dans cette tranquille scène familiale, on pourrait presque regretter de le voir s'éloigner. Je suis certain qu'on aura l'occasion de le retrouver en tout cas, tout comme Ted. En tout cas, je l'espère. Et même si James Wolk a signé pour un pilote sur CBS, je ne deséspère pas non plus de revoir cet enfoiré de Bob Benson. Car oui, ça y est c'est décidé, Bob Benson est un enfoiré. Si j'ai compris son petit jeu avec Pete, je ne comprends toujours pas à quoi il joue avec Joan (et pourquoi celle-ci n'a pas eu plus de temps d'antenne cette année). Mais j'ai hâte d'en savoir plus même s'il ne fait que quelques apparitions l'an prochain. 

Voilà donc une conclusion très satisfaisante à une saison bordélique. Bordélique dans le bon sens du terme et lié à cette année 1968 riche en révolutions éphémères et en violences. Je garde de cette saison un tas d'images fortes, de moments bouleversants (je n'ai pas eu l'occasion de le mentionner mais ce coup de téléphone avec Betty était très beau), de symbolisme qui reste en tête (même si, encore une fois, je me serais passé des flashbacks) et de drôleries qui me font encore sourire rien que d'y repenser. Et comme d'habitude, je garde beaucoup de choses de Mad Men car c'est la série auquel je repense le plus après l'avoir visionné. Alors désolé Matthew Weiner, je sais que tu n'aimes pas ça, mais j'aurais beaucoup interprêté et je me serais beaucoup approprié ton oeuvre cette année mais ne m'en veux pas, c'est plus fort que moi. 

Vivement le printemps prochain et la fin d'une décennie. 

19:59 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2013

BILLY - S02E19

S02E19 La Paix Du Monde Sauvage


BILLY - S02E19 La Paix du Monde Sauvage par billylaserie

Résumé : En route vers la Californie pour publier son roman, Charlie est traqué par la justice. Il prend pourtant le temps d'ajouter de nouvelles pages à son carnet et de savourer les merveilles de la nature. 

Commentaires : Depuis le début, je voulais mon road-movie. "La Route", le deuxième épisode de la série, était mon amuse-gueule mais je voulais quelque chose de plus ambitieux, de plus épique. Et je voulais l'appeler "La Paix du Monde Sauvage" car c'était le titre d'un épisode d'Urgences qui m'était resté à l'esprit et m'avait fait découvrir la poésie de Walt Whitman. Charlie était tout désigné comme héros de mon road-movie et j'ai fini par écrire l'épisode dont j'étais le plus fier et dont je suis toujours le plus fier, encore plus aujourd'hui en voyant le résultat final. 

Et je ne me suis pas seulement inspiré de Walt Whitman et de son poème sur la nature. Pour nourrir le carnet de mon écrivain, j'ai emprunté à mes écrivains favoris, de Jack Kerouac (Big Sur) à Jack London (Martin Eden) en passant par Dylan, bien entendu. Tout le reste est de moi et provient de mes propres carnets de voyage, de mes propres réfléxions sur la nature, la route et le temps qui passe. Visuellement, j'ai demandé à Aurélien de faire son Terence Malick car je venais juste de voir "The Tree of Life" et il m'avait bouleversé. Certains y verront également des allusions à "Into The Wild" ou "Dead Man" mais chacun peut y voir ce qu'il veut, pas de problème. L'épisode est fait pour ça, pour que chacun fasse son propre voyage aux côtés de Charlie et son propre voyage intérieur. 

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Je ne crois pas qu'il est nécessaire d'en dire davantage tant l'épisode parle de lui-même. Et pour rendre hommage à Charlie et à cette nouvelle perte pour les Régulateurs, je voulais partager un extrait de la Bible de la série, un long document que j'ai écris avant le tournage pour que chaque comédien puisse s'approprier son personnage. Voilà ce que je disais sur Charlie : "En suivant Billy dans ses aventures, Charlie peut donc délaisser la médecine, symbole pour lui de la dure réalité, celle qui le freine depuis toujours et l’éloigne de l’écriture. Et les dures réalités rencontrées sur la route (trahison, meurtres, injustices, pauvreté) deviennent des sujets fantasmés, des moments épiques que Charlie vit avec le recul d’un écrivain.

C’est comme ça qu’il restera fidèle à Billy et aux Régulateurs et parviendra à survivre assez longtemps pour pouvoir finir son récit. Sa seule crainte, c’est celle de mourir sans être passé à la postérité. Celle de ne pas laisser de trace, celle d’être aussi oubliable que le commun des mortels. Tout comme Henry avec sa Bible que Charlie trouve ridicule, il aspire pourtant à l’immortalité. Cela le rend méfiant, cela le plonge dans la solitude et cela le rend parfois amère. Parce qu’après tout, il aurait aimé être Billy. À force d’être déconnecté de la réalité, il va croire jusqu’au bout qu’il est intouchable. Que la mort ne pourra le rattraper tant qu’il n’aura pas rempli sa mission. Il ne verra donc pas Garrett et son arme pointé sur lui lorsqu’il périra à Zuma, après des jours d’introspection. 

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Je me suis donc beaucoup inspiré de ma propre sensibilité pour écrire Charlie. De mon rapport toujours ambigu entre fiction et réalité. J’y ai rajouté un peu de David , pour qui j’ai écris le rôle et de son rapport à la vie du haut de ses trente ans, de son amour pour les lettres, de sa démarche et de son caractère. Enfin tout du moins de mon idéalisation de David, vous l’avez compris. Et j’ai saupoudré le tout de ceux qui influencent la plume de Charlie tout au long de la série, de Walt Whitman à Jack Kerouac en passant par Arthur Rimbaud et les chansons de Dylan, bien entendu.

La fiction, qu’elle soit littéraire, musicale ou cinématographique a le don de vous ramener en arrière tout en vous poussant en avant, de sorte qu'on ressent à la fois de la nostalgie et de l'espoir. C’est ça Charlie, et c’est pourquoi c’est mon personnage favori, celui dont je me sens le plus proche. 

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Anecdotes : "La Paix du Monde Sauvage fut tourné en trois temps. D'abord, une longue journée de vadrouille en équipe réduite sur les bords de Loire, à la recherche des lieux que j'avais à l'esprit. C'était très instinctif et l'équipe a su me faire suffisamment confiance pour me suivre partout et m'aider à concrétiser les images que j'avais dans la tête. Tout comme les dunes vendéennes ou la maison de mon père, les bords de Loire font parties de mon enfance et je pense, qu'insconciement, je voulais faire passer mes souvenirs à la postérité. Et puis même si ce n'est pas l'Amérique, la région offre de très beaux paysages qu'il aurait été dommage de ne pas utiliser. Ce petit road trip reste l'un de mes meilleurs moments de tournage et David aura été très patient et compréhensif, jouant lui aussi sur l'instinct pour offrir à la caméra beaucoup de matière. 

Durant la semaine qui a suivi, nous sommes partis plusieurs fois à la recherche d'un coucher de soleil parfait mais il était trop tard ou trop nuageux. Finalement, le dernier essai fut le bon et on a pu savourer ce moment dans un champ à ciel ouvert, paisiblement, sans le rush et l'urgence des débuts. J'avais tenu de toute façon à garder "La Paix du Monde Sauvage" pour la fin en espérant que nos esprits seraient un peu plus détendus et le planning moins chargé, afin de concentrer tous nos efforts sur ce nouveau défi. Et si on a autant aimé l'expérience BILLY, c'est qu'accomplir des défis est une sensation merveilleuse, que je recommande à tout le monde. 

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Enfin, le dernier temps fut celui de l'enregistrement des voix-off de Charlie. Enfermés dans la pièce qui servait de bureau à McSween et au Gouverneur Wallace, David a enregistré sa voix et en bon perfectionniste qu'il est, a tenu à faire ça bien. De toute façon, je n'ai rien à redire sur la performance de David dans le rôle de Charlie. Je crois que beaucoup d'entre vous placent l'écrivain comme leur personnage favori et ce n'est pas pour rien. J'ai écris le rôle pour lui, il l'a tenu du début à la fin. C'est également mon personnage favori et cet épisode est aussi celui dont je suis le plus fier. Et puis malgré l'affrontement réguliers de nos deux caractères à la con tout au long du tournage, David était l'un de mes amis les plus proches durant cet été et je n'aurais pas imaginé ça sans lui. Merci l'ami !

Musique : À l'origine, j'avais en tête de laisser Alexis Marchal, notre compositeur habituel, se charger d'ambiancer l'épisode. Mais par faute de temps, j'ai choisi Yo La Tengo, l'un de mes groupes favoris. Ce qu'on entend ici sont des morceaux enregistrés pour la bande-originale du film "Old Joy", qui raconte le retour à la nature de deux citadins. Un film très beau et des mélodies très belles qui collaient parfaitement à nos images. 

La semaine prochaine : Pêche au poisson-alligator et chasse à la mouette. 

22/06/2013

RIEN À VOIR #3

"Rien à voir" est de retour les amis ! Le podcast de mordus de séries capables de parler de tout, tout le temps et sans s’arrêter… ou presque - prend de la hauteur ce mois-ci pour faire le point sur la saison qui vient de s'achever.

Je suis en compagnie de Nicolas Robert et de Dominique Montay, les potes du Daily Mars, et de Whisperintherain, qui prennent la parole pour évoquer ce qui les a marqués, côté networks comme côté câble. 

Au programme de ce troisième épisode :

- Rien à redire/ Rien à sauver : La bande parle de la saison 6 de Mad Men, mais également de la sensation Rectify avant de s'intéresser au lancement de The Goodwin Games, nouvelle comédie produite par les créateurs de How I Met Your Mother.

- Le débat : Que doit-on retenir de la saison télé 2012/2013 ? Des networks au cable en passant par Netflix, on revisite une année difficile pour les comédies mais enthousiasmante quand même !

- Les coups de coeur du moment : Hannibal (USA), Hatufim (Israël), Family Tree (USA) et The Neighbors (USA)

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Pour vous faciliter la navigation, voici un petit sommaire chapitré.

De 0 à 2'15 : Intro (pleine de maillots de bain)

De 2'16 à 38'18 : Rien à redire / Rien à sauver

2'17 à 15'38 : Mad Men (saison 6 /avec des spoilers) 
15'39 à 26'48 : Rectify
26'48 à 38'18 : The Goodwin Games

De 38'18 à 1'20'22 : Le débat  

De 38'18 à 58'55 :  Le bilan 2012/2013 côté networks
De 58'55 à 1'10'00 : le bilan côté câble
1'10'00 à  1'20'22 : un coup d'oeil sur les upfronts

De 1'20'23 à 1'38' : les coups de coeur

De 1'20'23 à 1'22'22 : Hannibal
De 1'22'22 à 1'25'56 : Hatufim
De 1'25'56  à 1'31'12 : Family Tree
De 1'31'13 à 1'33'50 : The Neignbors

De 1'33'51 à 1'34'45: Conclusion 

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Comme d'habitude, vos retours et vos avis sont les bienvenus.

Bonne écoute !

20/06/2013

Adieu James Gandolfini

Je me suis levé tôt ce matin, plus tôt que d'habitude. Le ciel était bien sombre, bien nuageux, bien dégueulasse pour un mois de juin. J'ai allumé mon ordinateur et j'ai appris la mort de James Gandolfini. Il m'a fallu plusieurs secondes pour réaliser ça et toute la journée pour l'accepter. J'ai eu beaucoup de mal à me concentrer au boulot, et j'ai passé de longs moments à lire de beaux hommages et des belles retrospéctives de la carrière du monsieur. David Chase avait réussi à garder le mystère entier pendant longtemps mais voilà, aujourd'hui on le sait, Tony Soprano est mort. 

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James Gandolfini, je ne le connais pas depuis longtemps. Je savais qui il était depuis que j'ai commencé à m'intéresser aux séries mais j'ai attendu 2011 pour enfin visionner les Sopranos. Et le type peu souriant et affable des photos promos n'avait rien à voir avec le type que je pouvais enfin voir bouger sur mon écran. Toutes mes appréhensions concernant l'oeuvre de David Chase ont disparus très vite grâce à l'interprêtation de son acteur principal. Grâce à sa manière de sourire très pure et enfantine. Grâce à la sincérité qu'il dégageait et rendait Tony, même dans ses pires moments, extrêmement attachant. Dès qu'il foutait une claque dans le dos de quelqu'un, on pouvait la sentir en nous. Dès qu'il lançait un regard noir, il nous arrivait directement. Et dès que ses yeux se plissaient dans un sourire, il incarnait la simplicité et l'enfance. Un grand type plein d'amour. Rarement j'avais vu un acteur aussi à l'aise dans un rôle et aussi touchant dans sa performance. On sentait qu'il ne trichait pas, on sentait qu'il était vrai. Et comme l'explique Matt Zoller dans la superbe éloge funèbre dont je vous ai mis le lien plus haut, il était Tony Soprano et la raison que ce personnage transcendait l'écran et s'inflitrait autant dans notre inconscient. Il était un ami. 

Je découvre aujourd'hui sans aucune surprise à quel point il était respecté par ses collègues et ses amis. À quel point cet impression de voir un type généreux et honnête était fondée. À quel point sa disparition à l'âge de 51 ans dans une chambre d'hôtel italienne à la fin de ce printemps pourri et de cet été qui ne veut pas commencer est tragique et me hante plus que je ne l'aurais imaginé. Car je connais Gandolfini depuis peu et on pourrait même dire que je ne le connais pas. Mais son regard, son sourire et sa manière de crever l'écran m'est très familière et je ne peux me l'ôter de l'esprit en ce jour bien triste. 

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Il y a deux semaines, j'ai enchaîné le visionnage de deux films, par hasard. Dans le premier, Gandolfini y jouait un mafieux épuisé et alcoolique. Dans le second, il y jouait un père de famille bourru et conservateur mais dôté d'un coeur énorme et atteint d'un cancer incurable. Dans Killing Them Softly et dans Not Fade Away, il m'a beaucoup ému et je me faisais une joie de le retrouver un jour à l'écran. Je vais devoir me contenter désormais de me refaire une intégrale des Sopranos. Qui est l'une des plus belles oeuvre qu'un des plus grands comédiens de la télévision peut laisser derrière lui. 

Adieu James Gandolfini. On ne se connaissait pas mais tu m'as apporté beaucoup d'émotions et tu as sublimé chacun de tes personnages avec un coeur gros comme ça. Tu étais géant. Tu vas nous manquer mais il sera impossible de t'oublier. 

18/06/2013

Mad Men 6x12

6x12 The Quality Of Mercy

Bob Benson est Don Draper. C'est très décevant pour ceux qui attendaient l'avènement d'une force extraterrestre ou le retour du bébé de Pete et Peggy en mode Benjamin Button mais Matthew Weiner n'a pas cherché ici à nous surprendre. Plutôt à poursuivre son thème de prédilection : l'histoire se répète. Et c'est Pete qui est confronté à ce sentiment de déjà-vu et en profite pour réaffirmer son pouvoir. Comme le fait très justement remarquer Alan Sepinwall dans sa review, on nous montre dans le même épisode l'évolution de Pete, pathétique et mesquin lors de la première réunion ou face à sa mère, plus sage et digne lorsqu'il quitte le bureau de Bob en décidant de ne pas le malmener davantage. Toujours maladroit et seul, mais différent. Il a appris de sa propre histoire et alors qu'on aurait pu s'attendre à le voir chuter peu à peu cette saison, il en arrive à la fin avec une petite victoire. 

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Tout l'inverse de Don. Ce dernier se fait définitivement renier par les deux femmes de sa vie et est en train de perdre la seule qui a encore de l'affection pour lui. L'ancienne protégée le traîte (justement) de monstre après qu'il ait sabordé sa première grosse publicité pour la nouvelle agence et mis en péril sa relation naissante avec Ted. Sa fille affirme qu'il n'a jamais rien fait pour elle alors qu'elle se retrouve en compagnie d'hommes de son âge qui se comporte tout aussi égoistement que son père et qu'elle est prête à quitter le cocon familial pour la première fois, en s'allumant la cigarette qui lui fait quitter l'enfance (ouais, je kiffe les symboles, même quand il nous font penser que Benjamin Button, c'est Don). La manière dont la jeune femme prononce cette réplique est très troublante tellement on croirait entendre sa mère... Quand à Megan, elle est devenue une ombre qui est toujours là pour Don mais qui est incapable de l'atteindre, que ce soit à travers un écran de télévision ou dans leur appartement à l'ambiance pesante.

Comme Pete, Don est toujours maladroit et seul mais il est lui en pente descendante et ne semble pas vouloir apprendre de ses erreurs. Il ne réalise pas ou refuse de voir l'image qu'il renvoie et je vois mal comment il peut finir la saison sur une bonne note. Est-il jaloux de Ted car il regrette l'époque où il pouvait travailler en harmonie avec Peggy, parce qu'il regrette l'époque où il faisait le même traitement de faveur avec une jeune Megan ? On ne sait pas s'il boit pour oublier, on ne sait pas si c'est l'alcool et l'amertume qui le rend aussi malsain envers lui-même et son entourage. Et on ne sait pas comment il peut se racheter désormais. De manière assez manichéene, on nous a beaucoup montré une opposition digne du Bien et du Mal entre Ted et Don. Au vu de cet épisode, toute notre affection et sympathie ne peut aller qu'à ce pauvre Ted qui, s'il n'est pas un saint, est à des années lumières de l'état d'égoïsme atteint par Don ces derniers temps. À cause de lui et de ce rendez-vous très embarrassant à regarder, les deux sont perdants. Et c'est Peggy qui doit en payer, une nouvelle fois, les frais...

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Sinon, j'ai eu très très peur en voyant Ken se faire tirer dessus aussi brutalement et jusqu'à ce qu'on le voit réapparaitre avec sa gueule de borgne (presque aussi drôle que son numéro de claquettes), je me suis dit : "merde, après Lane, voilà que Weiner s'amuse à tuer tous les personnages qui ont un semblant d'humanité dans sa série". J'ai également réalisé cette semaine que Joan m'avait manquée et j'espère sincérement que le season finale lui accordera le temps qu'elle mérite. Je me demande aussi où est rendu Stan. Et j'aime beaucoup le nouveau logo de l'agence. Quand à Glen, je serais heureux si on ne le revois jamais. 

Mais par contre, je serais bien triste quand le dernier épisode de la saison sera diffusé dans une semaine. Peggy, je te souhaites d'avoir ta revanche et ton heure de gloire. En tout cas, le résumé du prochain épisode est très clair : "Don has a problem". C'est tout et c'est peu surprenant...

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16/06/2013

BILLY - S02E18

S02E18 Madame Jones


BILLY - S02E18 Madame Jones par billylaserie

Résumé : Alors que Billy est en fuite et que Garrett se replonge dans l'alcool, tous deux se remémorent le souvenir d'Alice Jones. On retourne alors dans son ranch de l'Arkansas, en 1875, à l'époque où la veuve recueille le chasseur de bisons blessé dans sa demeure, ce qui n'enchante guère le jeune orphelin... 

Commentaires : Vous ne trouverez pas Alice Jones sur la page Wikipédia du Kid. Ce dernier a eu plusieurs familles d’accueils mais n’a jamais passé un séjour de plusieurs années dans une ferme de l’Arkansas en compagnie d’une veuve devenue sa tutrice. J’ai imaginé ce personnage afin de donner de nouvelles couleurs au récit d’apprentissage de Billy. Il a beau raconter depuis le début de la série à qui veut bien l’entendre un tas de versions différentes de sa jeunesse, le jeune homme se vante peu de son éducation douillette auprès de Madame Jones. Pourtant, c’est grâce à elle qu’il a pu développer une sensibilité et une curiosité qui le démarque de la plupart des bandits dont il croise la route.

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Elle aura été pour lui une mère de substitution et surtout, son premier vrai rapport au féminin. Je ne vais pas me lancer dans des considérations œdipiennes, mais il est certain qu’Alice Jones reste pour Billy son premier contact avec la féminité et un modèle qui le suivra par la suite, notamment dans sa relation avec Sarah, un autre exemple de femme qui s’affirme dans une société d’hommes. Et comme vous avez pu déjà l'entrevoir, Madame Jones le hantera longtemps après sa mort. Chaque héros a besoin d’une mère et même si c’est pour ensuite s’en détacher, il reviendra toujours dans ses bras, d’une manière ou d’une autre. Alors que la fin approche, c'était donc naturel de revenir aux origines et je trouvais qu'un prequel s'imposait à un moment ou un autre. Alors qu’il vient de s’échapper de sa cellule, Billy se remémore donc ces journées d’adolescence, de longues journées d’été où il recevait l’éducation d’Alice et était témoin des premiers signes de maladie de sa bienfaitrice.

Alice, c’est également le dénominateur commun entre Billy et Pat Garrett. Elle recueillera le premier pour diverses raisons : frustration de ne pas avoir eu d’enfant, son désir d’éducation, solitude. Et le second sera une présence masculine bienvenue suite à la mort de son mari, un homme qui peut de nouveau lui offrir sa féminité. Pour simplifier, Billy et Pat sont les deux hommes de sa vie et Alice est la femme de leur vie. Ils sont le trio d’origine du récit et, de manière plus large, on peut également compter Sal dans le tableau car c’est Alice qui l’a entretenu durant plusieurs années et fait de lui, malgré elle, le futur compagnon de route de Billy.

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Dans le roman qu'il écrit depuis le début de la série, Charlie donnera très vite à Madame Jones une place importante. Elle est entourée de mystère, elle est la Mère sans être la Créatrice, elle est un personnage de fiction qui adoucit le mythe formé autour de Billy. Et comme on le découvre ici, c’est une femme définie par sa profonde mélancolie, toujours rattrapée par la mort (celle de ses proches et sa propre mortalité), par ses idéaux et par ses frustrations, ce qui influencera beaucoup le caractère de Billy ainsi que les thèmes et le ton de la série.

Et l'épisode se termine auprès d'un autre modèle pour Billy, de son père de substitution. C'est bien la ferme et la tombe de Richard Brewer que notre héros visite à la fin. Je ne sais pas si c'est clair et j'ai peur que vous pensiez qu'il s'agisse de la tombe d'Alice mais non, c'est bien celle de Richard et on a un apercu de Billy entre ses parents, pourchassé par son ombre. Ouais, on dirait pas comme ça, mais j'aime bien le symbolisme. 

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Anecdotes : C'est Alice qui interprête Alice. Alice Fournier, une comédienne pro que j'avais rencontré dans le monde du théâtre et qui dirige un collectif sur Angers. On a déjà pu l'apercevoir en début de saison alors qu'elle hantait Billy et elle nous a rejoint vers la fin du tournage dans notre ferme pour enchaîner le tournage de ses apparitions. Même si j'étais intimidé à l'idée de mettre en scène quelqu'un de bien plus expérimenté que moi, je peux remercier Alice pour sa patience et le temps qu'elle a accordée au projet. Et pour ce qu'elle a apporté au rôle : sa douceur, son regard triste et sa beauté. 

Nous avons tourné cet épisode lors du weekend précédant l'ultime semaine de tournage au bord de l'Océan. Un weekend de transition, où l'équipe était réduite et où on sentait déjà que l'on approchait sérieusement de la fin. Il faisait très chaud et c'était la première fois que certains d'entre nous quittions la ferme depuis le début. Mais cet endroit est familier : il s'agit du domaine où habite mon père et sa belle famille, à Durtal. J'y ai passé pas mal de moments de mon enfance et j'entretiens une relation étrange avec cette vieille maison, ce grand jardin et les souvenirs que j'en garde. C'était la première fois que j'amenais des amis ici et que je partagais aussi concrétement cette part de ma vie alors l'ambiance était particulière. J'ai choisi d'aller là-bas car il aurait été dommage de se priver d'un tel décor et que déjà, en écrivant l'épisode, je me disais qu'il s'agissait du seul endroit où il pouvait prendre forme. Nous n'avons quasiment dû retoucher à rien dans le ranch d'Alice Jones, tout y est déjà, des vieux livres au vieux piano en passant par les peaux de bisons et les lampes à huile. 

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C'est excitant de tourner dans un nouveau décor aussi riche et de transformer un endroit que l'on connaît bien en endroit de fiction. De le réinventer. Et se réinventer car il a fallu se rajeunir, trouver de nouveaux costumes et de nouvelles coupes de cheveux. Comme d'habitude, tout le monde a pris un malin plaisir à malmener François pour lui donner l'allure d'un adolescent élévé dans une maison bourgeoise. Ce fut plus compliqué pour Jean-Baptiste et moi car nous avions encore des scènes du présent à tourner pour la suite et il n'était pas question de se raser ou de se couper les cheveux pour les flashbacks. Mais quelques astuces et un peu d'imagination de votre part suffisent, je pense. 

L'anecdote la plus marquante est probablement le tournage de la scène où Garrett entraîne Alice dans sa danse sous les yeux de Billy. Car François était mort de rire du début à la fin à chacune des prises. On va probablement vous montrer un bétisier de la saison une fois qu'elle sera terminée. Sur la scène avec Sal, un chat ne cessait de venir se rouler dans le foin et j'ai failli le transpercer de ma fourche dans la feu de l'action. Bref, c'était une drôle d'expérience de tournage et j'en profite pour remercier mon père, ma belle-mère et le reste de la famille pour nous avoir permis de faire ça au mieux et de passer un weekend dans l'Arkansas de 1875. 

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Musique : L'épisode s'ouvre sur "Lovesick Blues" d'Hank Williams car dans ma tête, c'est le thème de Pat Garrett, le morceau qui le lie avec le souvenir d'Alice et avec la boisson. On l'avait déjà entendu dans l'épisode "Solstice d'été" alors qu'il venait d'apprendre la mort de son amante et je trouvais ça approprié de le ressortir au moment où elle revient le hanter.

Et pour Billy, c'est Chopin. Son quinzième Prélude, "Gouttes de Pluies", la composition qui m'a amené vers la musique classique, le romantisme. J'ai demandé à Alice de nous en jouer une version belle et fragile au piano puis c'est Quentin, le beau-frère de Marc Jamin (le shérif Brady) qui en a enregistré sa propre version. Ces notes sont tristes, sombres, bouleversantes, je les voulais dans la série et je voulais qu'elle trotte dans la tête de Billy alors qu'il repense à tout ça. Je voulais qu'elles fassent un lien entre passé et futur et annoncent un ciel pluvieux. Orageux. 

La semaine prochaine : Promenons nous dans les bois avec Charlie... 

13/06/2013

Nurse Jackie [Saison 5]

J'ai toujours suivi Nurse Jackie avec un mélange d'agaçement et d'attachement. D'agaçement car elle accumulait les mauvaises caractéristiques d'une série de Showtime : un personnage principal avec un gimmick répété à l'envie (quand c'est pas de tuer des gens, d'être accro au sexe, de vendre de l'herbe ou d'avoir le cancer, c'est d'être accro au médicaments) et souffrait d'un problème de ton et de format rendant le tout sans équilibre. D'attachement parce que malgré tout, un cast impeccable avait su rendre les personnages suffisamment familiers pour avoir envie de les retrouver chaque année, même quand on finissait par les détester à l'occasion. Et puis la quatrième saison était bien mieux ficelé et intéressante que  prévue alors j'ai attaqué celle-ci en penchant plus du côté de l'attachement que de l'agaçement. 

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Même si j'ai des doutes concernant le cliffangher final (mais j'y reviendrais), je ne suis globablement pas déçu. Les efforts de l'an dernier se poursuivent ici sous la houlette de nouveaux showrunners qui parviennent à garder le cap et à nous raconter des histoires cohérentes sur la longueur. Sans se reposer sur des effets de style moches ou des comportements excentriques à foison, on nous montre les états d'âmes de chacun dans un mélange de drama et d'humour mieux dosé que jamais. Même si on peut déplorer le départ de ma chère O'Hara, de nouveaux personnages viennent raffraîchir l'ensemble et on s'attache très rapidement à cette garce de Carrie ou ce bourru de Prentiss. S'il est toujours amusant de voir Cooper tâcher de grandir un peu ou de voir Akalitis se rapprocher de son personnel, c'est Zooey qui continue de voler la vedette à tout le monde. Merritt Wever aura su briller à de nombreuses reprises lors de cette saison télévisuelle et la voir dans le lit de Prentiss était la cerise sur le gâteau. 

Mais n'oublions pas de parler de Jackie, c'est tout de même elle la star de la série. Et ce qui rend cette saison si solide et raffraîchissante, c'est de voir notre héroïne explorer un nouvel horizon : la sobriété. Débarrassée de cette béquille épuisée jusqu'à l'os par les scénaristes auparavant, on peut enfin voir Edie Falco dans un autre registre et suivre l'infirmière affronter des problèmes différents mais tout aussi touchants : l'éducation de ses enfants (malgré le jeu limité de l'actrice qui incarne Grace, c'était souvent réussi) et surtout, la reconstruction de ses capacités à aimer, à faire confiance à l'autre. 

Et pour ça, c'est Adam Ferrerra, un acteur excellent que j'avais jamais vu avant, qui s'y colle. C'est bien simple : Frank est le personnage le plus génial de la série et il aura fallu attendre cinq ans pour le rencontrer. Il est écrit avec simplicité, incarné avec beaucoup de naturel et est l'homme parfait pour Jackie. La voir réaliser ça était très excitant et même si j'ai eu peur en voyant Bobby Cannavale débarquer de nouveau, on a fini par arriver à une situation où Jackie peut souffler, sourire, vivre au présent. 

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C'est donc le moment qu'elle choisit pour retomber dans ses vieux démons. Juste comme ça. Et je ne sais pas quoi penser de ce retournement de situation. Est-ce un nouveau coup signé Showtime que cet éternel retour vers le status-quo ? Est-ce un moyen de conclure la série alors que le renouvellement n'était pas encore assuré ? Est-ce qu'il sera intéressant de voir Jackie détruire tout le bonheur qu'elle a accumulée et la voir faire souffrir son entourage ? Je n'ai jamais autant aimé Jackie que souriante et optimiste. Mais peut-être que le bonheur sur le long terme n'est pas un bon sujet à développer pour une série ? Je n'en sais rien mais je sais que j'attends de voir la suite, plus que jamais. Pas parce que la série est devenue géniale. Juste parce qu'elle n'a jamais été mieux et que je l'aime bien finalement. 

11/06/2013

Mad Men 6x11

6x11 Favors

Jon Hamm n'a jamais été un aussi grand acteur que lors de cette scène dans l'ascenseur. Il est rare de voir Don aussi désemparé et vulnérable. Et même s'il n'a aucune excuses, Jon Hamm parvient à nous le rendre touchant. Don aura réalisé pas mal de conneries durant six ans mais jamais quelque chose d'aussi terrible. Et tout comme nous, il ne sait pas comment réagir, il ne sait pas ce qu'il va se passer ensuite. Bien sûr, il arrive à raisonner Sally, qui même si elle grandit, est encore trop jeune pour saisir les ramifications de ce qu'elle a vue. Mais ce qu'elle a vue est claire pour elle : la trahison de son père. Un père qu'elle a toujours idéalisé et qui vient de la traumatiser à vie. Tout comme lui le fut. Il n'y a rien de plus terrible que d'hériter ainsi des maux de ses parents. La relation entre Don et sa fille a toujours été à l'origine de beaucoup de scènes fortes dans Mad Men, mais celle-ci et plus précisément, Don désemparé dans l'ascenseur, reste la plus forte à ce jour. 

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La chute de Don continue et le moment où Arnold, son fils, Megan et Sally sont réunis autour de lui alors qu'il est ivre de culpabilité ressemble presque à un vaudeville tellement c'est énorme. Mais plutôt que d'avoir le chirurgien cocu ou Megan découvrir la vérité, la pire tragédie est d'avoir perdu la confiance de sa fille. Car c'est du long terme, pas juste un nouveau divorce ou une querelle de voisinage. Don a l'habitude de créer du malheur dans son entourage, mais jamais sa fille n'en avait été la victime aussi directe. C'est d'autant plus triste quand on repense au monologue qu'il a tenu au sujet de ses enfants à Megan, dans "The Crash". Encore une fois, l'épisode se termine sur une porte qui se ferme. Je ne sais pas ce que ça signifie, je ne sais pas si ça signifie quelque chose. Je sais juste qu'à mesure que Don est pris au piège et de plus en plus inexcusable, Jon Hamm est de plus en plus touchant. 

Et j'ai l'impression qu'à force d'établir un parralèle entre Don et Ted, on nous demande de comparer et de choisir notre camp. Alors forcément, c'est Ted qui remporte le match cette semaine, aussi bien d'un point de vue professionnel que personnel. À l'agence ou à la maison, il grandit, apprend de ses erreurs, fait des efforts. Il a beau être clairement toujours amoureux de Peggy, il ne succombe pas à la tentation. Il a beau être obsédé par son travail, il parvient à garder la tête froide et à faire correctement son boulot tout en tâchant de rentrer plus tôt à la maison. Ce n'est peut-être qu'une phase. On sait que Don peut lui aussi agir comme ça à l'occasion. Mais pour ce qui est de septembre 1968, c'est Ted qui l'emporte. Voyons combien de temps cette compétition dure et quelle en sera le prix et la récompense pour l'ultime vainqueur...

Pendant ce temps, le mystère autour de Bob Benson nous est révélé. Bien que je sois encore convaincu qu'il soit un serial-killer ou un extraterrestre, on nous dévoile qu'il a des sentiments pour Pete. Ou en tout cas, et c'est ce qu'on apprend lors d'une tirade qui donne la chair de poule, qu'il n'exclut pas le fait qu'en satisfaisant tous les besoins de quelqu'un, on peut obtenir son amour. C'est beau et très troublant venant de sa part, et cette scène met foutrement mal à l'aise. Je crois que Bob n'aurait pas pu trouver pire que Pete Campbell pour se livrer comme ça. Un Pete Campbell toujours aussi vulnérable, qui ressasse le passé avec Peggy, perd l'amour de sa mère (dans un scénario inversé de ce qui se passe chez les Draper) et se retrouve plus seul que jamais. J'ai l'impression de dire ça à chaque fois et c'est toujours plus triste à chaque fois. Courage Pete, il y au moins quelqu'un qui t'aimes en ce bas monde ! 

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Tout cela est très pesant et je remercie mademoiselle Olson pour ces quelques moments de légeretés en compagnie de la souris qui ont ravivés mon ship Peggy/Stan. Jonesy, le portier, est lui aussi un personnage amusant et fil rouge d'une saison pleines de portes ouvertes et fermées. 

Et comme toujours dans Mad Men, je me retrouve à deux épisodes de la fin de saison sans aucune idée d'où on veut m'amener. Je suis comme Don dans l'ascenseur, sauf que je n'ai pas encore eu l'occasion de ruiner la vie de mes enfants...

22:59 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)