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21/04/2014

Mad Men 7x02

7x02 A Day's Work

Qu'est ce qu'on recherche avant tout ? À quoi nous sert le temps qui nous est imparti entre notre premier et notre dernier souffle ? La plupart de l'humanité aspire tout simplement à survivre. Si on ne connaît pas la misère de façon trop prononcée, on veut en plus de ça la cerise sur le gâteau : être aimé. Pas forcément pour ce que l'on est, pas forcément par ceux que l'on aime, juste être aimé, quoi qu'il arrive. De la reconnaissance, car c'est bien beau de survivre, encore faut-il exister. La Saint Valentin est la journée dans l'année où il est plus facile qu'une autre de recevoir des marques d'affection, aussi superficielles et forcées soient-elles. Mais ce 14 février 1969 n'est pas tendre pour les personnages de Mad Men. 

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Pauvre Peggy, qui en est réduit à montrer sa facette la moins agréable à cause d'un malentendu qui la laisse sans aucun signe d'affection. Non seulement elle passe pour une gamine capricieuse face à sa secrétaire, mais elle est incapable de faire marche arrière, refusant d'accepter l'indifférence d'un Ted trop occupé à faire la gueule de l'autre côté du pays. Peggy a beau avoir fait ses preuves professionnellement et avoir tenu tête à quasiment tout le monde, il faut bien admettre qu'elle aspire comme tout le monde à un peu d'amour et ne semble pas en recevoir beaucoup. C'est sûrement un peu de sa faute (elle n'a pas toujours été tendre socialement parlant) mais c'est aussi de la faute de Don, de Ted, de Lou, de tous ces hommes qui se sont servi de son besoin de reconnaissance comme d'une arme. Certes, ça a endurci Peggy, mais pas suffisamment pour l'empêcher de se retrouver dans ce genre de situation pathétique et bien triste (et pour être complètement honnête, franchement drôle à l'occasion). 

Du côté de Joan, c'est la reconnaissance professionnelle qui est désiré ces temps-ci. Et même si elle semble enfin venir, elle n'est sûrement pas gratuite. Le geste de Jim Cutler ne m'a pas l'air désintéressé en tout cas, surtout depuis qu'il semble avoir en tête de prendre le pouvoir de l'agence new-yorkaise avec tout le flegme qu'on lui connait. D'abord en refilant un client obtenu par Pete à Bob Benson ("Not great, Bob!"), puis en refusant d'écouter l'avis de Roger. Je vois en effet dans cette promotion un doigt d'honneur à Roger où notre pauvre Joan est de nouveau un objet malgré elle dans une lutte purement masculine. Mais peut-être que interprétante trop et qu'il s'agit tout simplement d'un concours de circonstances, comme c'est souvent le cas dans la série (et dans la vie). Dans tous les cas, je vois cette petite victoire (et celle de Dawn, qui le méritait tout autant) non pas comme un geste d'amour pure, mais comme une énième manipulation. Car quand il faut utiliser la reconnaissance sentimentale ou sociale pour obtenir ce que l'on veut, c'est souvent les hommes qui l'emportent dans l'univers de Mad Men (et dans la vie ?). 

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Sauf pour Pete Campbell, qui perd de nouveau à son propre jeu. Et se retrouve encore une fois dans la position du jeune chiot qui rapporte un bâton mais à qui on n'offre aucune récompense. Un scénario qu'il endure depuis des années (et qu'il mérite bien souvent) mais qu'il semble ne plus pouvoir supporter. Sous le soleil californien, il réalise peut-être qu'il n'a pas besoin de continuer à faire des pirouettes pour obtenir une tape sur l'épaule, que ça ne vaut peut-être pas le coup. Qu'il n'existe pas et qu'il n'a donc rien à gagner ou à perdre dans ce petit jeu. Mais comme d'habitude, Pete est trop englué dans son ego pour écouter les autres, que ce soit un Ted terriblement résigné ou sa nouvelle petite amie, bien plus lucide que lui sur l'attitude à adopter face à l'échec. 

Et puis il y a Don et je finis par lui car c'est son intrigue qui m'a le plus marqué. Ou plutôt l'intrigue de Sally. C'est en tout cas souvent en s'intéressant à la relation entre ces deux-là que les scénaristes réussissent leurs scènes les plus touchantes. Ici, le cheminement vers la scène en question est très simple : on a d'abord un Don toujours complètement isolé. Il n'est pas en train de se les geler dehors comme la semaine dernière mais c'est tout comme et il a du mal à faire semblant plus de cinq minutes quand il reçoit la visite de Dawn ou tente de retrouver du travail. C'est quand sa fille vient lui rendre une visite surprise qu'il se montre le plus vulnérable et le plus sincère. Peut-être qu'il réalise que c'est la seule personne qui compte vraiment dans sa vie, la seule qui a vraiment besoin de sa reconnaissance et vice-et-versa. Et c'est ce vice-et-versa qui est important ici, qui est très émouvant quand Sally sort de ce petit road-trip improvisé en disant à son père qu'elle l'aime. 

Au départ, je me disais que la réaction de Don (et d'un Jon Hamm qui mérite toujours autant un Emmy) était lié au fait qu'il avait oublié de souhaiter une joyeuse Saint Valentin à Megan. Mais c'est surtout lié au fait qu'il réalise que sa rédemption, c'est Sally. Je pourrais écrire des paragraphes entiers sur l'évolution de celle-ci, sur le fait que je vois en elle mille choses que j'ai pu voir dans les autres femmes qui ont croisés la route de Don (qu'il s'agisse de Betty ou de Peggy) et que c'est le personnage clé de la série. Mais j'ai assez analysé à tort et à travers cette modeste heure de télévision, je vais plutôt attendre de voir comment les choses évolue : voir si Don trouvera vraiment le salut dans l'amour de sa fille, voir s'il peut vraiment réaliser à quel point c'est la seule relation sincère et désintéressé qu'il peut encore entretenir à ce stade de sa vie. 

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Comme le dit Sally, on est de multiples personnes. Ce qui rend encore plus difficile la tâche de nous aimer pour ce que l'on est vraiment ou ce que l'on veut être. Comme le prouve ce très bel épisode, Mad Men raconte ce sacerdoce perpétuel avec toujours autant de justesse et d'humanité. 

23:02 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)

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