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28/05/2014

Mad Men 7x07

7x07 Waterloo

Une review retardée car on avait prévu avec l'amie Blackie de pErDUSA de l'écrire à deux mains. La logistique a voulu que ça ne fonctionne pas alors me voilà en solo. Je vous invite tout de même à aller lire ses impressions souvent très justes. 

"Waterloo" est pour moi un épisode parfait de Mad Men. La série m'a rarement déçu et je n'ai pas senti de baisse de qualité ces dernières années. Mais ça faisait longtemps qu'on ne m'avait pas servi un épisode entier où chaque scène était nécessaire et belle et marquante. L'an dernier, avec "Favors", on y était presque. La semaine dernière, on y était presque. Là, juste avant que la série ne parte en pause, c'est la bonne. Et j'y retrouve deux moments que je prévoyais depuis le début de la série mais que je ne croyais jamais voir un jour arriver (comme les personnages eux-même peut-être) : les premiers pas sur la Lune et la mort de Bert Cooper. 

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Le premier élément était prévisible, d'abord parce qu'il était historique, ensuite parce que, si je dis pas de bêtises, Matthew Weiner l'avait annoncé. Le second événement est plus inattendu (même si on me l'a copieusement spoilé sur les putains de réseaux sociaux) et les deux sont parfaitement liés. Il n'est pas né dans une ferme, il n'est pas mort en haut d'un gratte-ciel. Mais il était une sorte d'astronaute. En tout cas, l'homme le plus perché de l'agence (si l'on exclut ce pauvre Ginsberg). Un personnage toujours là où on ne l'attend pas, un vieux sage passionné d'Asie, qui pouvait être moderne un jour, réac un autre jour et qui apportait un peu de fantaisie à l'agence qu'il avait fondé. En le voyant observer l’atterrissage d'Armstrong les yeux plein d'étoiles, je l'ai imaginé tout gamin, avec la tête de Bobby Draper, en train de rêver d'un futur où l'homme atteindra l'espace. Et c'est serein qu'il a dû s'éteindre. Plus serein que tout ceux qu'il laisse derrière lui. 
 
Ce numéro musicale final est un hommage parfait au personnage et à son interprète. Il conclut cette première moitié de saison sur une note aussi bouleversante que légère où toute la détresse de la mort qui va nous rattraper et de l'argent qui ne fera pas le bonheur vient assombrir le tableau plutôt léger sur lequel aboutissait l'intrigue de l'agence. 

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Car oui, en plus de ce décès, il s'en passe des choses chez Sterling Cooper & Associates. La musique d'ambiance était particulièrement efficace et m'a replongé d'emblée dans l'ambiance du lancement de l'agence ou de la fusion l'an dernier. À chaque moment, on nous rappelait qu'il s'agissait d'un épisode important avec des moments importants, sans pour autant nous l'enfoncer à coups de marteau. On virevolte dans les couloirs dès que les principaux partenaires se réunissent dès le début et jusqu'à ce qu'ils votent à la fin (avec toujours Harry Crane comme punching ball en toile de fond). Et on se retrouve donc avec une agence de nouveau remodelée (pour la énième fois sans trop que je m'en lasse personnellement, même si ça devenait gentiment le bordel récemment). Là, c'est juste très excitant et l'aboutissement logique d'une saison qui commençait dans la déprime totale et se termine sur une note plus légère.
 
Depuis combien de temps on avait pas vu les protagonistes sourirent en même temps et pour les mêmes raisons dans la même pièce ? Bien sûr, c'était plus noble et pur de les relier avec les yeux fixés sur la Lune que de les voir s'extasier devant un paquet d'argent (même si le retournement de veste de Cutler est parfait et le sourire de Joan mérité). Cette joie forcément temporaire ne résoudra en rien les blessures de chacun, en particulier pour ce pauvre Ted qui cache moins bien sa misère que Lane Pryce (qui a tremblé pendant la scène de l'avion ?). Ce qui rend d'autant plus fort le message final envoyé par le vieux sage décédé à l'ancien débutant devenant grand. Car oui, il reste sept épisodes. Pour une rechute sur le thème de "l'argent ne fait pas le bonheur" ? C'est l'un des thèmes favoris de la série et elle a toujours su trouver une nouvelle manière de nous le raconter, de manière particulièrement fougueuse ici. 

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Car je philosophe mais n'oublions pas que l'épisode était très drôle. On a évoqué Crane et Cutler mais l'ami Campbell est particulièrement en forme, passant l'épisode à cirer les pompes de Don, puis à faire une tête outré face aux autres partenaires pour ensuite sautiller comme un gamin quand on lui agite des dollars (encore plus délicieux que des oranges californiennes). Et je ne parle même pas de la secrétaire de Don, qui devient rapidement ma favorite, juste derrière la Miss Blakenship. 
 
J'ai ri donc, mais j'ai aussi pleuré. Et ça a commencé quand Peggy se retrouve à devoir réconforter son jeune voisin. Et lui fait des promesses qu'elle aurait pu faire à son propre bébé quand elle a dû l'abandonner. Et doit lui mentir pour mieux le laisser partir. C'était bien plus subtil que je ne l'expose ici et ça m'a ému. Mais pas autant que la grande scène de l'épisode, celle de la présentation Burger Chef. Un tour de force et un bel hommage en forme de "la boucle est bouclée" à la relation entre Don et Peggy. Quand elle nous parle de la famille, de la télévision et de la quête humaine de réconfort afin de nous vendre des hamburgers, la réalisation et le talent des acteurs défoncent tout sur son passage et c'était du niveau de "The Wheel". Un vrai passage de flambeau, satisfaisant pour tout le monde. 
 
À l'image de ce final. Qui était très rempli et dont j'ai oublié d'évoquer la moitié des événements. Dont la véritable rupture entre Don et Megan, lors d'un coup de fil finement écrit, tout en subtilité. Dont une Sally qui n'a jamais autant ressemblé à sa mère que lorsqu'elle fume sa clope en regardant les étoiles. Dont le regard final de Jon Hamm qui va me hanter jusqu'à l'an prochain. Putain AMC... 

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Qui reviendra le plus vite à la réalité malgré tout son argent ? Parce que maintenant qu'on a marché sur la Lune, il faut redescendre sur terre. Après cet épisode, me voilà toujours sur un petit nuage...  

20:43 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (1)

25/05/2014

DylanesqueTV S06E12

COLD OPEN / Voyez ça comme l'avant dernier épisode de la saison 6 de DylanesqueTV. Mais même si les avant-derniers épisodes des saisons en treize épisodes sont souvent les plus passionnants, ne vous faîtes pas de grandes attentes. Sachez juste que le printemps est toujours aussi excitant. Comme mon planning de visionnage commence pourtant à se vider peu à peu, je suis à la recherche d'une intégrale qui pourrait m'occuper au moins durant l'été. Je n'arrive toujours pas à poursuivre Battlestar Galactica, je reprends timidement The Americans et j'ai lâché Hannibal (d'autant plus qu'on m'a spoilé sauvagement le season finale). Alors si vous avez une idée, n'hésitez pas. En attendant, je me jette sur les podcasts de Maron, je poursuis le tournage de ZIM et je compte même regarder des films. Oui, des films. C'est n'importe quoi...

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LE TOP 3

1) Louie S04E05-S04E06 Elevator (2 et 3) / J'ai longuement hésité à me lancer dans un message d'amour passionné pour ce début de saison, surtout après avoir vu ces deux épisodes particulièrement beaux et marquants. Mais comme Louie est en plein milieu d'une saga, je vais attendre la fin de la saga pour réagir, avec un peu de recul et un peu de sang-froid. Alors quand il en aura fini avec "Elevator", je vous en dirais tout le bien que j'en pense et je réglerais mes comptes avec ceux qui n'aiment pas voir Louie basculer dans "la romance". Oui, j'ai vu ça. Oui, je comprends pas. En tout cas, dès que Mad Men est fini, je pense que c'est Louie qui va squatter le blog un bon moment. 

2) Mad Men S07E06 The Strategy / "Tout le monde était présent dans "The Strategy". Toute la famille. Et c'était très beau."  C'est comme ça que je finissais ma review. Et en oubliant de redire que AMC pue du cul à avoir coupé la saison en deux. 

3) Fargo S01E06 Buridan's Ass / D'abord, quelques mots sur la série adapté du film des Frères Coen que je n'ai toujours pas vu : c'est formidable. Au vu du casting et de l'aspect "les séries ont besoin de s'inspirer des films", je m'attendais à quelque chose de vachement plus prétentieux. Et dès le pilote, l'atmosphère m'a saisie, je me suis réjoui de voir sur l'écran des gens comme Martin Freeman, Oliver Platt, Colin Hanks, Bob Odenkirk, Adam Goldberg ou même Glenn Howerton (!) et j'ai pris mon pied sans discontinuer depuis. La série parvient l'exploit d'être contemplative sans se regarder le nombril ou se foutre de notre gueule, d'être ultra-stylisé sans que ça prenne le pas sur l'histoire qu'elle nous raconte (ouais Hannibal, désolé) et elle lance un tas d'histoires dans l'histoire sans qu'aucune ne soit en trop. Il y a là-dedans les bonnes choses des Frères Coen, une tension et de la précision digne de Breaking Bad et une bande-son qui m'obsède et me laisse rêveur pendant chaque générique de fin. Et puis une révélation : Allison Tolman, que je n'avais jamais vu avant et qui est attachante immédiatement. L'actrice vole la vedette à tout le monde à chacune de ses apparitions et j'espère que ce foutu cliffangher ne présage rien de mauvais pour elle. 

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Car oui, "Buridan's Ass", c'était l'apocalypse. Presque au sens littéral et biblique du terme. Avec des poissons qui tombent du ciel et les éléments qui se déchaînent alors qu'un bain de sang s'opère entre les divers protagonistes du récit. De la violence stylisée sans qu'elle ne soit gratuite ou m'as-tu vu (ouais Tarantino, désolé), des scènes d'action très marquantes (la fusillade dans la neige, digne des épisodes de Band of Brothers dans les Ardennes ou bien la chute de Glenn Howerton, qui m'a vraiment bluffé dans ce registre). Et un point commun au destin de chacun : la fatalité. Car à chaque fois qu'une horreur va tomber sur un personnage, on la prédit plusieurs minutes avant. Soit parce qu'on nous explique cruellement ce qu'il va arriver. Soit parce que Fargo nous a appris que tout le monde sera puni. Et comme il reste quatre épisodes avant que le bouton reset ne soit enclenché (est-ce que cette valise sera le liant de chaque saison ?), je m'attends au pire et je me réjouis à chaque instant. 

LE FLOP

Maron S02E03 Therapy / Le paradoxe de ma vie actuellement, c'est que je suis obsédé plus que jamais par les podcasts de Marc Maron mais que je trouve sa série vraiment moyenne. J'avais déjà eu l'occasion d'évoquer ça l'an dernier mais la première saison était moins le foutoir que celle-ci. Le jeu de Maron semble avoir régressé, les thèmes abordés le sont avec le moins de subtilité possible et la comparaison avec Louie (même si je ne devrais pas la faire) le dessert complètement. Il ne peut pas à la télévision être aussi spontané et touchant que lors de ses podcasts ou de ses spectacles. On sent trop que ça lui demande un effort différent et que le recul est finalement le pire ennemi de Maron. Je vais continuer à regarder car j'aime trop le personnage (auquel je m'identifie beaucoup et de manière malsaine) pour l'abandonner. À défaut d'être une bonne série, c'est un bonus vaguement divertissant à son "travail" habituel, mais on n'y retrouve pas vraiment l'essence du mec, juste une reconstitution. 

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ET AUSSI

Nurse Jackie S06E07 Rat On A Cheeto / Bon, je ne sais pas trop quoi penser de cette première moitié de saison. Mais je sais que Jackie n'a plus de vrai intérêt à mes yeux. On est sur Showtime, la série est renouvelée à l'infini et on se doute bien que l'infirmière va remonter la pente et rechuter à l'infini. Mais forcément, je me lasse. La voir remonter la pente m'a agréablement passionné l'an dernier. Là, ça nous offre des épisodes aussi inégaux que Jackie peut être stable. Edie Falco fait le job, avoir Julie White et Adam Ferrara à ses côtés est un plus, mais j'ai l'impression de revoir sans arrêt la même chose. Il y a quelques nuances mais pas suffisamment pour me faire oublier à quel point la gamine qui joue Grace m'agace, à quel point je ne supporte plus les stratagèmes de Jackie pour cacher son énième rechute et à quel point tout cela est devenu hautement prévisible. La routine est préférable au n'importe quoi (oui, la série a fait bien pire que ça) mais pour encore combien de temps avant que l'ennui soit omniprésent ? Heureusement, il reste pour l'instant une belle intrigue pour Zoey, un Coop en pleine maturation avant son départ annoncé et une Carrie pas si détestable qu'auparavant. Sans ça, il se pourrait bien que je ne tienne plus très longtemps.  

The Good Wife S05E22 A Weird Year / Une année étrange en effet, mais on est d'accord, la meilleure de la série. Elle n'était pas parfaite cette cinquième saison (des épisodes médiocres et un découpage trop inégal) mais elle a tenté des choses et quand elle réussissait, elle réussissait dans les grandes lignes, souvent avec le but d'éclater sans arrêt le status quo. C'est aussi la mission de ce season finale, qui n'a rien de très surprenant ou d'aussi solide que l'éclatement du cabinet en début de saison ou le choc de la mort de Will. La plupart des rebondissements manquent de subtilité, certains personnages sont devenus de vraies caricatures (Michael J. Fox, c'est vraiment pas ta saison) et des décisions laissent sceptiques (Alicia en procureur, c'est juste histoire de nous laisser sur un cliffangher moyen ?). Mais on ne peut pas reprocher à l'épisode de ne pas être extrêmement divertissant et bien foutu, aussi bien dans sa structure que sa réalisation, toujours impeccable. Comme d'habitude, Diane vole la vedette à tout le monde et Cary a enfin le droit d'avoir un peu de temps d'antenne (même si moins je vois son couple avec Kalinda, mieux je me porte). Je me suis donc bien amusé, je n'ai pas soupiré tant que ça (à part quand Peter était trop con pour être crédible ou quand Kalinda faisait autre chose que son travail) et Alicia... Et bien Alicia a changé et c'était un plaisir de la voir évoluer cette saison qui n'a pas été tendre avec elle et qui était probablement l'apogée de la série. Maintenant, on va sûrement redescendre. Espérons juste que ce soit en douceur.

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Sachez aussi que Veep et Silicon Valley sont toujours un combo aussi drôle qui accompagnent parfaitement mes lundis soirs quand j'ai du mal à digérer Game of Thrones ou que je rêve encore de Mad Men. Et que j'ai repris Orphan Black et que, même si je n'arrive pas à m'exciter autant que devant la première saison (que j'avais binge-watché à l'époque), ça reste un divertissement très bien foutu, en particulier quand il s'intéresse à Allison et à sa comédie musicale !

Ah et j'ai commencé à regarder Mom (j'en suis au dixième épisode) et même si je prévois un bilan quand j'aurais terminé, je peux déjà vous dire que c'est plus sympathique que je ne l'imaginais. Même si c'est parfois très nul. Vous voyez le genre ?   

LA RÉPLIQUE

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LA VIDEO

Du coup, c'est le moment parfait pour remettre la discussion entre Marc Maron et Louis C.K. qui commence à dater mais ne manque pas de m'émouvoir à chaque écoute. 

19/05/2014

Mad Men 7x06

7x06 The Strategy

Quel bel épisode... Je me dis que la série pourrait presque se terminer sur ce plan final et j'en serais satisfait. Une drôle de famille, réunie autour d'un bon vieux plat américain dans un fast-food. On peut y voir une sorte d'hommage aux Sopranos de la part de Weiner ou tout simplement la conclusion parfaite à un épisode qui se recentre sur les relations entre des personnages en dérive depuis le début de saison. Et qui, tout comme l'exprime Don avec une belle vulnérabilité, sont toujours à la recherche d'un accomplissement et de quelqu'un pour les aimer. C'est ce qui les relie, ça et un instantané de l'Amérique à la fin des années soixante. Oui, cette image est parfaite et très touchante. Paisible comme la fin d'une époque. 

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Mais avant que nos trois camarades en arrivent là, il faut les rendre suffisamment inconfortables pour qu'ils y trouvent du réconfort. Et pour la première fois depuis longtemps, on a le droit à un "Pete Campbell est un misérable et pathétique looser show", qui permet de voir à quel point le soleil de la Californie ne l'a pas changé. Oui, New York Pete est de retour et tout le monde en fais les frais : Peggy qui se prend toute sa condescendance en pleine tronche (et celle de Ted par la même occasion), sa nouvelle petite amie qu'il a du mal à voir comme autre chose qu'un trophée qu'on exhibe (et qui finira par le quitter) et Trudy, qui se rappelle aussitôt pourquoi elle a demandé le divorce (tiens, c'est la première fois que l'on voit Alison Brie post-Community et ça fait plaisir). Malgré tout, et parce qu'on a l'habitude désormais, on ne peut s'empêcher de suivre en souriant et avec un minimum d'attachement les mésaventures de Pete. Car à ce rythme là, son bronzage va vite disparaître et son sourire flamboyant du début de saison ne sera plus qu'un lointain souvenir. Même dans la scène finale, celle du répit, il trouvera le moyen de se ridiculiser. Et c'est comme ça que j'aime cette vieille enflure de Pete Campbell, merci de l'avoir remis sur le devant de la scène avant qu'il ne soit trop tard. 

De son côté, Don reçoit une visite de Megan et ça se passe plus sereinement que ses récentes visites à Los Angeles. Mais clairement, la magie a disparu. Ce n'est pas nouveau (je croyais même qu'ils avaient rompu déjà plusieurs fois) mais c'est de plus en plus triste à mesure que chacun d'entre eux nie l'évidence et refuse de s'avouer la vérité : il n'y a plus de véritable amour. Et la rupture est inévitable comme nous le rappelle la une que Don retrouve par hasard, avec le meurtre de Kennedy en une, publié à l'époque où son mariage avec Betty s'écroulait. Il faudrait que Joan vienne leur donner le courage nécessaire pour réaliser qu'il vaut mieux mourir seul que de faire le moindre compromis à ce sujet. Mais ce n'est pas très réaliste. Et c'est beaucoup plus simple d'élaborer une stratégie, ou plutôt une suite de stratégies, pour ne pas être seul et avoir de la reconnaissance, même si elle est condescendante ou hypocrite. Le calcul est bien plus naturelle que la pureté des sentiments. 

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C'est pourquoi la conversation entre Don et Peggy et la petite danse qui s'ensuit est si poignante. Dans un remake de "The Suitcase" (le meilleur épisode de la série ?), les deux collègues oublient toute notion de hiérarchie, toute condescendance et tout calcul. En travaillant main dans la main sur la stratégie de la campagne Burger Chef, les voilà qui se surprennent dans un vrai moment de sincérité. Où Don se confie plus ouvertement à Peggy qu'il ne l'a jamais fait avec Megan. Où Peggy obtient la reconnaissance de son ancien mentor plus authentiquement que jamais et nous confie son désir d'enfant (tragique quand on se souvient de son passé à ce sujet). Et où, sur un pied d'égalité, nos deux âmes torturés se mettent à danser. Au son du "On My Way" de Frank Sinatra, le hit de l'été 1969, dont on avait oublié, à force de l'entendre, le potentiel émotionnel. 

Si seulement Joan pouvait trouver un homme avec qui danser. Si seulement Bob Benson pouvait arrêter de fabriquer son sourire pour se protéger d'une société qui n'est pas prête à l'accepter. Si seulement l'agence pouvait arrêter deux secondes ses guerres internes pour travailler main dans la main et obtenir Buick sans s’entre-tuer. Mais ce n'est pas réaliste.

Et malgré tout, ça fait du bien d'avoir vu un peu d'amour et de fragilité au milieu de tout ce réel écrasant. Ici, personne n'était sous LSD ou sous la drogue magique de "The Crash". Un peu d'alcool certes, mais surtout, beaucoup de lucidité. Et un dialogue aussi simple et épuré que peut l'être une punchline de Don Draper. Ou de Peggy Olson.

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Tout le monde était présent dans "The Strategy". Toute la famille. Et c'était très beau.   

22:51 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)

14/05/2014

Team Logan #3

J'ai entendu votre appel. Voilà un nouveau TEAM LOGAN.

Où l'on apprend que faire du stop à 6h du matin est le moment parfait pour faire un bilan amer de Community. Où l'on apprend que Gibet est une mauvaise personne et que j'ai Will Smith en moi.  

00:02 : Les upfronts

2:21 : Community, le deuil ?

16:38 : Lettre ouverte à Dan Harmon (feat. Fauve)

17:33 : Parenthèse méta

18:23 : La meilleure série ?

19:28 : Mad Men

20:20 : Country Dylanesque

22:22 : Parenthèse amour (feat. Godard)

24:06 : The Fresh Prince of Bel-Air

24:18 : De jolies chansons de Neil Young

12/05/2014

Mad Men 7x05

7x05 The Runaways

C'était étrange...

Et l'étrange a sa place dans Mad Men. Vous connaissez sans doute la tradition de l'épisode "bizarre" annuel, instauré avec "Red in The Face" et qui s'est poursuivi avec un pied coupé par une tondeuse, un huis-clos inoubliable, un trip au LSD sur fond de Beach Boys ou un trip collectif l'an dernier. Des épisodes où la structure est modifiée, où des choses mystiques se déroulent sous nos yeux et toujours, à mon sens, des épisodes réussis. Avec "The Runaways", on retrouve ce sentiment grâce à un téton coupé, un threesome tristounet, des intrigues qui partent dans tous les sens, le retour d'un personnage d'une autre époque et un découpage des intrigues un peu aléatoires. Et pour être franc, ça ne m'a pas enthousiasmé.

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Il y a des choses qui fonctionnent sur le papier mais ne me sont pas parvenus, me laissant la plupart du temps assez confus. Et d'autres qui ne devraient pas marcher et ont su me captiver. Mais il y a ce sentiment général de quelque chose trop foutraque pour avoir sa place au beau milieu d'une ultime saison raccourcie. Il y a un sentiment de potentiel pas toujours bien exploité. Je ne peux pas lire dans l'esprit de Weiner et savoir si c'est intentionnel, s'il me demande d'être patient ou s'il se fout de ma gueule. Peut-être que je suis passé à côté de quelque chose. Le fait est que c'est un épisode de Mad Men qui ne m'a pas entièrement convaincu. Et ça, c'était pas arrivé depuis... disons depuis longtemps. 

Commençons par ce qui m'a le plus captivé. Et qui était pourtant le plus franchement bizarre car il s'agissait d'une intrigue autour de l'état de santé mental de Michael Ginsberg. Depuis que l'ordinateur règne au centre de l'agence, rien ne va plus pour lui qui n'était déjà pas franchement le plus paisible du groupe. Si c'est clairement la partie la plus WTF de l'épisode (la scène du téton restera gravé dans mon esprit aussi longtemps que dans celui de Peggy je pense), c'est pourtant celle à laquelle j'étais le plus sensible : d'abord grâce à Ben Feldman, que je serais heureux de retrouver sur mon écran dès la saison prochaine (dans une comédie romantique sur NBC certes, mais c'est toujours ça). Ensuite grâce à une vraie tristesse qui se dégage de cette chute dans la folie. Il y a de la poésie dans les égarements de Ginsberg, il y en a toujours eu, un mélange de drôlerie et de poésie (un peu comme avec son homonyme poète). Et quand il quitte l'agence (et la série ?) sur le brancard pour aller droit vers l'asile, j'étais profondément ému. Je suis sorti de la confusion des scènes précédentes (celle dans l'appartement de Peggy était bien barré elle aussi) pour revenir à la réalité de la situation et comprendre que l'on vient de perdre ce pauvre Ginsberg. Pas fait pour la réalité justement, pas plus que ne l'était Lane, à qui j'ai pensé immédiatement. Alors même si j'aurais aimé voir l'évolution de Ginsberg être développé plus en finesse et plus longuement (car ça tombait tout de même comme un cheveu sur la soupe), ça restait la partie la plus sincèrement tordue et la plus étrangement belle de l'épisode. Adieu Michael "Van Gogh" Ginsberg ? Si c'est le cas, adieu à un personnage secondaire que j'ai toujours beaucoup apprécié et que j'aurais même aimé voir être autre chose qu'un ressort comique depuis la saison dernière. Le revoilà en tout cas redevenu tragique. 

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Les manigances autour de Phillip Morris m'ont également captivés et on peut remercier Harry Crane (oui, ça arrive parfois) pour nous avoir offert un retournement de situation alors qu'on ne s'y attendait vraiment pas (même si on sait que Cutler est le roi de la manipulation et que Lou est la pire personne au monde). Mais tout cela arrive en fin d'épisode et il faut d'abord subir un long séjour en Californie qui n'apporte pas grand chose aux personnages. J'étais d'abord heureux de revoir Stephanie, l'une des dernières héritières de l'époque Dick Whitman. J'étais ensuite surpris de voir que, malgré les événements récents, Megan acceptait toujours Don dans sa vie et allait (par jalousie) jusqu'à lui proposer un threesome. Car elle sait ce qu'il aime. Et elle préfère lui servir son amie sur un lit que de le laisser partir avec sa jolie "nièce". Je dis ça mais honnêtement, je commence à avoir du mal à saisir les motivations de Megan et l'intérêt de la garder dans le coin alors que la rupture avait donné lieu à de très belles scènes. Je comprends que Weiner ne voit pas la vie comme une ligne droite et je n'ai pas envie que le parcours des personnages soit trop linéaires mais lors d'une ultime saison, ce genre d'aller-retour ou de surplace est plus frustrant que d'habitude.

Et puis il y a Betty dans des vignettes un peu décousues qui ont surtout servis à nous montrer qu'elle est de plus en plus malheureuse auprès d'Henry et qu'elle est toujours une mère affreuse ("i will break your arm", wow). Ce qui était bien mieux développé lors du séjour à la ferme avec Bobby. Peut-être qu'elle va suivre l'exemple de son amie Francine et reprendre sa vie en main comme une grande. Peut-être qu'elle est en pleine prise de conscience sur sa condition. Ce qui m'a surtout intéressé ici, c'est la rebellion de Sally (même si là aussi, on a connu plus subtil) et sa discussion avec son frangin. 

En fin d'épisode, après avoir passé le début de saison à voir Don tout perdre puis remonter la pente en apprenant peu à peu l'humilité, on retourne à une sorte de status-quo où il fout en l'air les conseils de Freddie pour jouer au malin avec ses supérieurs et retrouver une sorte de swag un peu ridicule en sifflant un taxi l'air sûr de lui. Ou alors c'est l'inverse et on a là un homme très vulnérable qui essaye de se donner une contenance et de survivre comme il peut. Un requin qui est obligé de nager. Je ne sais plus trop et ça, c'est pas important. Par contre, ce qui m'embête, c'est que ça n'a pas franchement excité. Qu'il ne reste que deux épisodes cette année. Que j'ai perdu Ginsberg. Que Pete, Joan et même Ted me manquent. Et que j'adore cette belle série sur le temps qui passe mais le temps passe. 

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Quelqu'un a trouvé des significations plus intéressantes à ce qu'il a vu ici ? Quelqu'un a mieux cerné que moi ce qui concernait Megan ou trouvé plus d'intérêt à revoir une Betty malheureuse ? Je vous écoute car il se peut que je sois complètement à côté de la plaque ou que j'attache trop d'importances à des détails. J'ai tendance à faire ça avec Mad Men, surtout avec les épisodes étranges. Matthew, tu peux m'en vouloir mais tu n'aurais pas dû m'habituer à m'en servir des plus envoûtants, des plus solides. Je ne te demande ni un bordel organisé ni un joyeux ou un joli bordel. Juste un bordel qui me rende dingue ou qui me laisse sur un nuage. Celui-ci m'a laissé trop souvent indifférent. 

Sinon, la barbe de Stan reste la chose la plus géniale de la série. 

22:50 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)

11/05/2014

ZIM S01E04

ZIM S01E04 - Illuminations

 

Distribution : François Hervouët (ZIM), Margot Chevalier (LOUISE), Anne-Lise Bondu (MAMAN), Victor Charpentier (JULES), Adrien Morel (SERGE), Antoine Philias (PABLO) et Louis Cartron (JEAN). 

Le concept : J'aime beaucoup Noël et j'avais déjà fait une tentative d'épisode de Noël à l'époque de 103FM (je vous mets le lien mais ne vous sentez surtout pas obligé de cliquer). Il était temps de remettre ça avec ZIM et d'en profiter pour introduire le personnage de sa mère et l'univers de son enfance. J'ai écrit ça à Noël 2012 et je me suis inspiré de plusieurs Noëls différents : celui où les grands-parents vont pas bien, celui où on recroise dans son village de vieux amis perdus de vue, celui où ton coeur est brisé et que tu marches en écoutant John Lennon chanter sur l'indifférence et tout ces moments où ta mère essaye d'établir une connexion avec toi. Avec la nouvelle caméra de ZIM, j'ai aussi pu avoir un substitut de voix-off/interviews face caméra (cf. l'épisode 1) et avoir une sorte de narration assez brute. Bref, je voulais raconter encore une fois ma vie. 

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Le making-of : La seule chose qu'on a pu tourner pendant la période des fêtes, c'était en décembre 2012 justement, avec l'aide d'Aurélien, au marché de Noël d'Angers où je connaissais Arnaud, un vendeur de vin chaud. J'ai donc pu enfiler un costume ridicule et on a pu profiter des décorations de la ville pour avoir de jolies plan de coupes (merci Aurélien !). Ensuite, il a fallu attendre mai 2014 pour filmer la suite et même si parfois, c'est ultra-grillé qu'on est au beau milieu du printemps (merci les oiseaux et les arbres !), on avait pas trop le choix à cause du planning de l'équipe. 

L'équipe était vraiment cool. J'ai l'impression de dire ça à chaque fois mais je pense que François a jamais aussi bien joué que dans cet épisode. Je suis toujours très heureux de son alchimie avec "Margot", alias Louise et je pense que sa relation avec sa mère fonctionne grâce à une Anne-Lise qui est aussi à l'aise dans le rôle que l'est Marc dans le rôle du père. Anne-Lise, c'est une amie d'Adrien (Serge) qui fait pas mal de théâtre à Angers et que j'étais ravi d'accueillir parmi nous même s'il a fallu pour ça attendre (longtemps) qu'elle soit dispo. Ravi aussi d'avoir Victor devant la caméra, le fidèle et génial Victor, qui tient souvent la perche ou filme de chouettes making-of et qui est le meilleur pote de François dans la vraie vie et qui joue ici l'ancien meilleur pote de Zim dans ZIM. Et ceux qui avaient suivi BILLY reconnaîtront Louis, l'un des Frères Coe, dans le rôle d'un cousin pas méchant mais très pragmatique. Je l'ai appelé à la dernière minute et il a filé nous rejoindre sans se poser de questions, c'était cool de sa part. Et cool de pouvoir faire semblant d'être à Noël au début du mois de mai.

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C'était modeste et rapide mais "Illuminations" reste l'un de mes meilleurs souvenirs de tournage. Que ce soit cette scène avec Louise tourner de nuit dans une petite rue sombre, ce sapin qu'on ressort du carton pour le décorer, ce terrain de jeu qui devient notre terrain de jeu alors que le soleil se couche (on a dû attendre des heures que les enfants rentrent chez eux) et tout ces moments où François m'a gentiment bluffé tellement il maîtrise son personnage de mieux en mieux. On a pu s'amuser avec la caméra, s'amuser avec les personnages, s'amuser ensemble et c'est toujours très réconfortant d'avoir de chouettes amis qui vous aident à raconter votre vie. 

Le résultat : Je suis content. Comme d'habitude, c'était pas gagné, la gestation était plus longue que prévue, le tournage plus chaotique que prévu mais le résultat me convient car, comme d'habitude, je pense que tout le monde a fait de son mieux avec le temps qui lui était imparti. Bien sûr, ceux qui détestent vont détester, ceux qui croient que je me branle la nouille et ne raconte rien de nouveau ni rien de beau vont être confortés (du coup, regardez pas l'épisode, c'est une perte de temps) et ceux qui trouvent ça trop long et trop bancal vont pas changer d'avis. Mais tant pis, on poursuit l'aventure et je trouve qu'elle gagne en qualité avec le temps. Pas forcément en qualité visuelle ou technique mais carrément en qualité émotionnelle et en sincérité. J'ai adoré faire le montage de cet épisode (merci Gibet de m'avoir accompagné lors de cette unique session marathon) et ça m'a redonné foi en plein de choses. Pas forcément en Noël, en la famille ou en l'amour, mais en mes amis et en ce projet et tous ceux qui suivront, carrément. ARMATEUR vaincra !

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Bande-son : Si vous avez déjà écouté mon émission de radio au mois de décembre, vous connaissez mon amour pour la musique de Noël. On retrouve ici les jolies ritournelles de Sufjan Stevens, la mélancolie de Frank Sinatra et la candeur de Brenda Lee et puis le fameux thème de Charlie Brown que les fans d'Arrested Development ou de Wes Anderson reconnaîtront. Et puis il y a donc "Nobody Loves You When You're Down And Out" standard du blues repris par un John Lennon grandiloquent à souhait mais qui m'évoque toujours l'hiver et la solitude. 

La prochaine fois : En guise de Nouvel An, Zim joue avec sa caméra ! 

Bonus : François est toujours pathétique dans François Pathétique 3 ! Et pour ceux qui aiment vraiment Noël, je vous invite à voir ou revoir KDO.

 

17:32 Publié dans ZIM | Lien permanent | Commentaires (0)

09/05/2014

R.I.P. Enlisted

Les upfronts actuels ne me passionnent guère et je n'avais pas d'attentes particulières si ce n'est concernant le renouvellement de Parenthood (allez NBC, décides-toi !) et celui d'Enlisted. Je ne suis pas naïf : je me doutais bien que la petite comédie de FOX diffusé depuis janvier et disparu de l'antenne après une diffusion chaotique n'allait sûrement pas être renouvelé. Et j'avais raison, hélas.

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Alors je profite tout de même de cette annulation pour partager quelques souvenirs d'une série tuée dans l’œuf. Voilà ce dont je me souviendrais en repensant à Enlisted :

- Un ensemble immédiatement attachant. Et pourtant, si on prend le trio principal, Geoff Stults, je l'associais uniquement à 7th Heaven, Chris Lowell ne m'évoquait rien car je n'ai jamais vu une minute de Veronica Mars et Parker Young, je l'avais juste aperçu dans les trois premiers épisodes de Suburgatory (je ne suis jamais allé plus loin). C'est plutôt sur le nom de Kevin Biegel, solide bras droit de Bill Lawrence (Scrubs, Cougar Town) que je me fiais au moment où j'ai lancé le pilote. Et ce fut une excellente décision car, dès les premières minutes, la camaraderie à l'écran est saisissante, que ce soit entre les trois frangins ou avec le reste du casting. Angelique Cabral s'en sort très bien avec un rôle un peu trop cliché au départ et Keith David excelle dans le registre comique. Alors, on s'attache très vite à cette bande de loosers et la série parle plus d'amitié et de fraternité que de l'armée (même si c'est lié). Et on y décèle un potentiel comme on a pu en déceler dans pas mal de pilotes d'ensemble comedy, à tort (Go On) ou à raison (Community ou Scrubs justement). Un potentiel qui se confirme d'épisodes en épisodes où les membres du groupe gagnent en personnalité et où le trio principal est un trio gagnant. 

- Un hommage à Toy Story 3 parfait. Parfait dans le sens où j'avais rarement vu un mélange de rires et de mélancolie aussi bien dosé sur une comédie de network depuis... l'époque où Community ou Cougar Town étaient encore en grande forme. Dans ce second épisode, Parker Young crève l'écran et nous sert cette scène mémorable qui devrait être une raison suffisante pour visionner l'intégralité du show, même pour les retardataires. "Randy Get Your Gun" méritera en tout cas de figurer dans mon classement annuel des meilleurs épisodes de comédie ! "That lamp doesn’t have a family!" 

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- Une pause bienvenue lors de mes sessions de montages. Car à l'époque où était diffusé la série, entre janvier et mars, j'enchaînais des après-midis/soirées/nuits intensives de montage (pour ZIM). Et pendant la conversion de mes fichiers, il fallait bien que je m'occupe. Enfermé dans une toute petite pièce sombre, Enlisted a vraiment su me réchauffer le cœur, que ce soit avec le final de "Homecoming" ou la réunion de générations de "Vets". Ouais, on peut la décrire comme ça la série : chaleureuse.

- Un générique moche. Et quelques redondances. Mais pas de quoi s'offusquer. Pas de quoi applaudir la décision de FOX. Non franchement, me voilà orphelin d'une série dont je n'attendais rien mais qui a su très rapidement me faire ressentir un tas de choses et, surtout, beaucoup d'amour. 

Sanjay Shah, l'un des producteurs de la série, m'a confirmé sur Twitter (en mode Pierre Langlais) que les quatre derniers épisodes tournés seront diffusés par la chaîne. On ne sait pas quand ni comment mais j'attends avec impatience cette dernière session de retrouvailles avec cette joyeuse équipe !

17:23 Publié dans Enlisted | Lien permanent | Commentaires (0)

06/05/2014

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7x04 The Monolith

Il aura beau nous reprocher plus tard d'analyser de trop près sa série, Matthew Weiner nous donne plus que jamais les moyens de le faire avec un épisode plein de symboles plus ou moins subtils, plein de références pop-culture et de clins d’œil au passé de Mad Men. "The Monolith" a une approche très directe des personnages et parvient à la fois à être contemplatif sans trop prendre la pose. Il est souvent prévisible mais toujours juste et même si l'on sait ce qu'il risque d'arriver, il est difficile de prédire à quoi ressemblera la scène suivante. Bref, c'est pour moi une belle réussite, à nouveau. 

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Ces symboles pas très subtils, les scénaristes les abordent avec auto-dérision : "It's not symbolic, it's quite literal" rétorque Don à Harry Crane au sujet de l'invasion de l'espace créatif de l'agence par un ordinateur. Avec cette énorme machine IBM, la technologie vient secouer une agence déjà bien bordélique et s'impose comme un nouveau signe du temps qui passe, un temps qui passe encore plus vite qu'auparavant et où tout est rapidement obsolète. À l'image d'un Don qui, à cause de l'humiliant contrat signé la dernière fois, se retrouve comme un meuble qu'on mettrait dans un coin pour faire de la place à quelque chose de plus confortable ou efficace. Et c'est pas Ginsberg toujours aussi drôle qui nous dira le contraire, ce n'est pas un Bert Cooper toujours aussi franc, ni un Lou qui réalise clairement qu'il pourrait bien retourner prendre la poussière s'il ne rabaisse pas son rival au plus vite. C'est Peggy qui hérité du "boulet", ce qui entraîne une situation typique de Mad Men où mes sentiments pour les personnages sont si complexes que je ressens un tas d'émotions à la fois : la joie de voir Peggy remporter à nouveau une petite victoire et l'embarras de voir Don se sentir aussi rabaissé. 

Et après tout ces symboles évidents, vient la chose la plus prévisible qui pouvait arriver : Don se remet à boire et à s'auto-détruire (on notera que le groupe de It's Always Sunny n'a rien inventé en mettant du vin dans des canettes de soda !). Face à Peggy, il se replie sur lui-même et s'enferme dans le bureau d'un fantôme. Face à l'homme qui représente la technologie et qu'il n'est pas parvenu à acheter, il se rebelle en pointant du doigt le Mal. Et face à l'alcoolique qu'il avait renvoyé en douceur il y a plusieurs années et qui est devenu un collègue bien plus raisonné aujourd'hui, il agit comme un gamin capricieux. Pourtant, c'est Freddy qui aura la sagesse d'esprit d'offrir à Don un moyen de trouver la rédemption, autour d'un café, un matin de gueule de bois : remontes tes manches et travailles. Soit tu te replonges dans la vie pour de vrai, soit tu te jettes dans la mort pour de bon. On arrive à la moitié de cette ultime saison et il faut faire un choix, Don.

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Même si c'est excitant de voir ce dernier se remettre à taper à la machine à écrire, il ne faut pas trop se leurrer. Des renaissances comme celles-ci, Don en a connu à plusieurs reprises, que ce soit en créant une nouvelle agence, en trouvant une nouvelle femme ou en étant brillant, l'espace d'un instant, face à un client important. "On A Carousel" des Hollies est d'ailleurs bien là pour enfoncer le clou en nous rappelant son moment de grâce dans "The Wheel", le final de la première saison. En nous rappelant que Mad Men n'est pas une ligne droite, n'est pas un cercle. C'est une montagne russe. Et oui, aussi évident que ça puisse paraître, c'est la vie. Des deux propositions de Freddy, il n'est pas sûr que Don en choisisse une pour de bon. Ce qui est sûr, c'est qu'il a encore moins d'alliés et surtout, moins de temps que d'habitude. 

Et moi, j'ai pas trop le temps non plus alors, plus rapidement, je saluerais également l'intrigue de Roger, assez surprenante, où l'homme vieillissant se prend toutes les conséquences de ses actes dans la gueule lors d'un séjour enrichissant dans la communauté hippie où a fui sa fille. J'ai également apprécié de voir Joan offrir ses bons conseils à Peggy et d'avoir un Pete fidèle à lui-même, voyant dans la presque mort de son beau-père une opportunité de briller professionnellement et impressionner ses collègues. Bien tenté Pete, c'est beau de te voir encore y croire. 

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Plus dure sera la (les) chute(s). 

00:00 Publié dans Mad Men | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2014

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COLD OPEN / Mai et je comptes bien faire ce qu'il me plaît et ce qui me plaît plus que tout en ce moment, c'est de faire des vidéos avec les copains. Ce printemps est plein de projets et pour ceux qui aimeraient suivre ça de près, voilà un résumé assez complet de nos activités du moment. Le prochain ZIM devrait d'ailleurs être dispo la semaine prochaine. Et ceux qui se fichent pas mal de notre fougue d'amateurs passionnés et qui viennent là pour que je leur parle de "vraies séries", pas de souci, allons-y. 

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LE TOP 3

1) Mad Men S07E03 Field Trip / Trois voyages pour le prix d'un, trois voyages vraiment triste, dont personne ne ressort vraiment gagnant, à part nous parce qu'on aime bien se retrouver dans cet état devant Mad Men. Il y a d'abord un séjour en Californie qui se conclue par un très probable et inévitable divorce entre Don et Megan. Je pense que l'on reverra Jessica Paré mais je pense que se séparer de Don ne peut que lui être bénéfique (sauf si elle croise la famille Manson ou s'isole trop sur les montagnes d'Hollywood). L'influence de Draper est quelque chose dont pas mal de personnages ont pu se séparer sans trop de soucis et c'est assez flagrant quand il revient dans l'agence qu'il a crée et qu'une série de retrouvailles embarrassantes s'enchaînent, d'un Lou qui se passerait bien de redevenir un figurant à une Peggy qui n'a toujours pas digérer les coups bas de son ancien mentor (et qui pourrait lui en vouloir ?). L'attente de Don et l'humiliation qu'il subit est parfaitement retranscrite et aboutit sur une réunion au sommet entre les partenaires (dont les manigances sont toujours aussi excitantes) et un Don qui accepte un contrat affreux. Pourquoi ? Car il a réalisé qu'il ne pourrait pas avoir mieux ? Car il n'a plus rien à perdre ? C'est le bordel à l'agence et j'ai hâte de voir si le retour de Don va empirer les choses. En tout cas, je lui souhaite bon courage dans l'ancien bureau de Lane, en espérant que ce ne soit pas un mauvais signe. Et si Jared Harris revenait rendre une visite en mode fantôme ?

Ah et il y a le troisième voyage, qui est celui d'une Betty qui réalise qu'elle ne pourra jamais être une bonne mère aux yeux de ses enfants ingrats. Pauvre Bobby (le même que l'an dernier et tant mieux, c'est mon préféré). Heureux en tout cas de retrouver une January Jones en forme et une famille Draper toujours aussi complexe. Bon, j'ai résumé grossièrement à défaut d'analyser l'épisode pendant vingt paragraphes mais vous l'avez compris : c'était triste et excitant à la fois et malgré une structure parfois un peu maladroite, c'était un bon moyen de replacer Don à l'agence tout en revisitant l'histoire de la série via un tas de clins d'oeils jamais nostalgiques. Bobby Draper a résumé ça bien mieux que moi avec son "I wish i was yesterday". Et j'ai envie de maudire AMC quand je pense qu'il s'agit déjà de la moitié de cette moitié de saison.   

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2) Veep S03E04 Clovis / La Silicon Valley est à la mode en ce moment, et pas seulement à cause de la nouvelle série du même nom (qui est vraiment sympa et que j'évoquerais rapidement plus bas). Dans Parks & Recreation, on a pu voir Ben et Andy se balader récemment dans un pastiche de Google et dans Veep, voilà que Selina et son équipe partent soudoyer le patron de "Clovis" alors que démarre la campagne électorale de la Vice-Présidente. Cette intrigue fil rouge fonctionne à merveille depuis le début d'une saison excellente et la satire de l'entreprise moderne et friendly est très drôle. De Gary à Kent en passant par cet abruti de Jonah, chacun a trouvé sa place et est parfaitement utilisé dans cet épisode où l'on ne s'ennuie jamais et où chaque scène est l'occasion d'enchaîner les répliques assassines et les quiproquos digne d'un Larry David sous stéroïdes (ou d'un Ricky Gervais plongé dans l'univers d'Aaron Sorkin). Ceux qui ne supportent pas ce genre d'humour auront raison de fuir, les autres vont adorer "Clovis" et se réjouir devant un début de saison très solide.  

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3) New Girl S03E22 Dance / C'était pas l'épisode de New Girl le plus folichon de la saison mais la saison a mis la barre très haute récemment avec une rupture très forte et, honnêtement, il n'y a plus beaucoup de concurrence sur les networks en terme de comédie cette semaine. Alors pour cet avant-dernier épisode, on se détend et on prend le temps de savourer une soirée dansante où chacun a son petit moment de gloire et où Cece a le droit à un temps d'antenne qui n'est ni lié à Schmidt ni à son jeune australien (même si sa relation avec les deux sont évoqués). Les conséquences de la séparation de Nick et Jess sont joliment abordés en filigrane, Winston continue d'être l'arme secrète de la saison et Schmidt est toujours plus agréable quand il est un minimum vulnérable. Quand à Coach, il est grand temps qu'il rejoigne pour de bon le casting principal, tant il s'est imposé sans souci comme un membre à part entière du groupe et le collègue idéal pour Jess. L'ensemble s'amuse en tout cas beaucoup dans "Dance", et nous aussi du coup. On a connu la série plus ambitieuse et moins prévisible mais c'est déjà pas mal de s'amuser, non ? 

LE FLOP

The Good Wife S05E19 Tying The Knot / C'est y aller un peu fort que de qualifier cet épisode de flop. Mais ce serait se voiler la face que de voir en lui quelque chose à la hauteur de la saison. L'intrigue "Cluedo Vs. Criminal Minds" du jour était terriblement décevante et une preuve supplémentaire que, malgré le talent de Dylan Baker, on a largement fait le tour du personnage de Colin Sweeney. C'est toujours la même chose avec lui : il manipule Alicia, qui doit lui faire confiance l'espace d'un moment puis se retrouve dans une situation de merde par la faute de son client. Mêlé ça à Finn Polmar et à un bureau du procureur où la corruption est de retour, c'était malin. Mais bien trop maladroit et alambiqué pour maintenir mon intérêt tout au long de l'épisode. Qui n'avait pas besoin en plus d'avoir une sous-intrigue à peine résolue consacré à Zach (même si la présence d'Owen est toujours sympathique). On sent que les scénaristes avaient besoin de tenir bon avant de frapper fort pour la fin de saison et, ne pouvant avoir Michael J. Fox chaque semaine, ils ont dû nous pondre un épisode un peu "bouche-trou". Je n'ai pas adoré non plus la réalisation très tape à l'oeil de Josh Charles et j'étais très déçu qu'on me vende du Cary en début d'épisode pour le reléguer aux oubliettes pendant le reste de l'épisode.

Bon, pour résumer, Polmar je suis pour, Sweeney je suis moins pour et Alicia a mieux à faire. Il est dur de tenir une qualité aussi constante sur une saison de network aussi longue et cette cinquième saison de The Good Wife a réussi le pari comme peu d'autres avant elle. Alors je vais arrêter de pinailler et attendre bien sagement dimanche prochain. Et puis, pour être totalement honnête, le vrai flop était l'épisode de Game Of Thrones qui, excepté ce qui concernait les Lannister ou Brienne, était lui un vrai ratage. Mais j'ai décidé de ne pas parler de la série cette année parce que, franchement, tout le monde en a marre de parler de la série cette année, non ? Alors même si c'était un peu de la mauvaise pub, j'ai préféré faire de la pub pour The Good Wife. Et Eli approuverait car de la pub, ça reste de la pub. Vivement dimanche prochain. 

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ET AUSSI

J'en parlais plus haut, Silicon Valley, c'est prometteur. Maladroit parfois car elle a déjà beaucoup de personnages à gérer, inégal parfois car le mélange des tonalités est pas encore tout à fait calibré à mon goût. Mais excitante comme peuvent l'être des comédies d'ensemble avec un fil rouge fort et touchante à l'occasion grâce à des moments très humains. Concernant le casting, c'est tragique d'avoir récemment perdu dans l'indifférence complète Christopher Evan Welch (également très bon dans Rubicon) dont la performance est grandiose ici (contrairement à un T.J. Miller auquel je suis assez allergique). Content également de revoir Martin Starr (Freaks & Geeks, Party Down) qui est pour l'instant cruellement sous-exploité et content de voir Kumail Nanjiani pouvoir s'éclater en dehors d'apparitions remarqués dans quelques podcasts et surtout, dans Portlandia. 

Portlandia qui, justement, termine sa quatrième saison ce soir, une saison globalement réussie et truffé de moments mémorables. Fred Armisen et Carrie Brownstein se reposent parfois un peu trop sur les mêmes procédés comiques mais le rythme est tellement rapide et le show tellement coloré et vivant qu'on a pas vraiment le temps de s'en plaindre. Surtout avec la présence de Jeff Goldblum, Steve Buscemi ou Maya Rudolph. Un épisode à retenir ? "Pull-Out King" reste mon favori car j'ai toujours un gros faible pour Fred et Carrie jouant le sexe inverse et pour Goldblum improvisant avec flegme. 

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Ce soir, c'est également la fin de Review With Forrest McNeil, dont je vous avait conseillé le visionnage et qui a su garder sa drôlerie tout au long de la saison, sans épuiser son concept (enfin, le concept australien dont la série s'inspire). La descente aux enfers de Forrest McNeil est un délice à suivre pour ceux qui apprécient l'humour "cringe-worthy", en particulier quand il part dans l'espace avec son beau-père ou se retrouve au beau milieu d'une orgie. 

Pour finir, je peux aussi évoquer le retour de Nurse Jackie, très routinier. On est sur Showtime, c'est la sixième saison, je ne devrais pas être surpris. Mais la saison précédente m'avait réconcilié avec la série, qui avait su prendre des risques, installer une nouvelle dynamique pour son personnage principal et exploiter correctement le reste du casting. Là, pour l'instant, on retombe dans un status quo assez relou, où Jackie doit encore mentir à ses proches et ruine peu à peu chacune de ses relations, que ce soit avec un Frank pourtant toujours aussi sympathique ou sa gamine toujours aussi insupportable. L'addition de Julie White ne remplace pas pour l'instant l'absence d'O'Hara et Edie Falco semble s'ennuyer autant que nous dans ces trois premiers épisodes. Je vais suivre ça tout de même d'un oeil discret, au moins pour Merritt Wever et parce qu'il n'y a plus grand chose à la télé. 

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D'ailleurs, il va falloir que je reprenne The Americans, que je commence Fargo (j'ai pas vu le film, c'est grave ?) et que je me replonge avec joie dans Orphan Black. En attendant impatiemment les retours de Louie, Orange Is The New Black et Rectify. 

LA RÉPLIQUE

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LA VIDEO

À lundi prochain donc...