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30/09/2014

Boardwalk Empire S05E04

Cuanto

Après une légère déception la semaine dernière, voilà l'épisode le plus convaincant de la saison. Celui où, je trouve, la structure est solide et où l'émotion est pour de vrai au rendez-vous.

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Même la partie à Chicago fonctionnait. La dernière fois que l'on a rendu visite à Al Capone, c'était trop rapide pour vraiment avoir le temps de dresser un portrait du personnage. En le confrontant à son vieux pote Luciano, on peut vraiment prendre mesure de l'évolution (ou plutôt de la non-évolution) du personnage. Toujours le même gamin surexcité et avide de violence qu'au départ, avec juste beaucoup trop de pouvoir entre les mains. En face de lui, Charlie apparaît comme un homme d'affaires rigoureux et plein de sagesse et comme il sera visiblement l'ennemi numéro 1 de cette dernière ligne droite, cette mise en perspective fait sens. Elle prend même un aspect profondément triste quand, par exemple, Al ne semble plus se rappeler de qui est Jimmy Darmody. Le temps balaye le temps et c'est l'oubli qui attend tout le monde. Merci du rappel Boardwalk Empire...

Rajouté au mix dans une scène tendue, Van Alden, ou plutôt Mueller, ne m'a pas autant agacé que d'habitude. Il m'a même fait sourire et l'espace d'un instant, j'aurais regretté de voir le personnage disparaître aussi bêtement. Par contre, même si c'est le seul moyen de mettre un terme à l'intrigue Van Alden, j'aimerais vraiment que la découverte de sa véritable identité ne traîne pas trop en longueur. Maintenant qu'on a fait plus ou moins le tour de Capone et de son équipe, la seule personne qui m'intéresse vraiment à Chicago, c'est Eli.

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Et c'est à travers les flash-backs qu'on pourra le suivre, en compagnie de son grand frère qui le mène dans ses premiers larcins. Je ne voudrais pas rabâcher mais ouais, pour moi, ces escapades dans le passé ont toujours la même saveur. Au delà du récit d'apprentissage assez prévisible d'un apprenti-mafieux (qui découvre ici la corruption et les limites de la Loi), c'est l'innocence malmené d'un gamin au tournant d'un Siècle auquel je suis sensible. En offrant autant d'empathie au Shérif d'Atlantic City, les scénaristes nous surprennent et nous offrent une scène de repas qui fait pleurer de joie et de tristesse, à l'image du jeune Nucky, qui semble avoir compris face à cette famille heureuse que nous allons tous mourir et que la vie n'a aucun sens, même quand elle est belle. Tout se termine avec une proposition qui scelle le destin du gamin et c'est encore plus triste de le voir troquer sa résignation par de l'ambition. La partie 1884 prend la moitié de l'épisode et pour autant d'émotions et de justesse, c'est tout à fait justifié.

En 1931, Nucky se révèle tout aussi intéressant à suivre. Comme prévu, ses retrouvailles avec Margaret sont au service des deux personnages : l'alchimie entre Buscemi et McDonald est bien réelle et leurs dialogues ne sont jamais trop longs, toujours plein de subtilités. Ce mélange de franchise légère et de non-dits tendus permet de revisiter leur histoire et l'histoire de la série de manière plutôt organique. Et ce quasi-bonheur retrouvé contraste bien avec l'enfer que vit Sally lors de ses derniers moments, tout là-bas à Cuba. Rosanna Arquette était parfaite dans un personnage toujours intriguant et cela sonne un tournant tragique pour le business de notre anti-héros. Au moment où il retrouve ce qui devrait compter le plus pour lui, il perd ce qui compte le plus pour lui. La montée en puissance Luciano et la volonté de Capone de collaborer avec Atlantic City met en place une guerre qui, même si on aime moins l'aspect mafieux de la série, aura au moins le mérite d'être excitante à regarder. Assurément, des têtes vont tomber et ce calme avant la tempête, cette ballade entre amoureux, était belle à regarder. "We’ve had all the fights we’re going to have". Ah Nucky, si seulement la vie était aussi douce..

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Pas la peine de préciser que la réalisation est au top, que la bande-son est impeccable (surtout le morceau du générique, qui nous laisse dans une ambiance cubaine joliment ironique) et que je ne louperais pas une miette des quatre derniers épisodes restants. Seulement quatre putain.  

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