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23/11/2014

Souvenirs d'ER #14

Le 19 septembre dernier, ER a eu vingt ans. C'était en tout cas la date anniversaire de la diffusion du pilote sur NBC, en 1994. Pour fêter ça, retour avec ce "magazine" sur l'histoire de la série ou plutôt, mon histoire avec la série.

WAITING ROOM / Comme personne ne veut m'entendre à la réception, je continue de m'impatienter dans la salle d'attente de l'hôpital. Sam fait des allers-retours pour inscrire les blessés aux admissions et je n'arrive pas à attirer son attention. Alors pour passer le temps, je réveille un camarade endormi ici depuis encore plus longtemps et qui a pu tout observer depuis quinze ans : Sullivan Le Corvic. 

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ER, ça a commencé comment pour toi ? Le 19 septembre 1994 ? Lors de la première diffusion française ? Ou avec les rediffusions ? 

Sullivan : Difficile de me remémorer exactement la date de ma première admission dans leurs services. En 1994 j’étais jeune, très jeune. Me passionner aux séries se réduisait alors à X-Files qui, malgré mes sept petites années d’existence, m’impressionnait tout en me foutant une trouille inimaginable. J’ai raté les cinq premières saisons d’E.R, et ai donc commencé sporadiquement avec la saison 6. J’y jetais un œil le dimanche soir sans vraiment m’y attacher. Puis, petit à petit, ça devenait un certain rituel. Je délaissais mes parties de Zelda sur Nintendo pour rejoindre le County Hospital. Et ça ne s’est pas arrêté. Je n’ai pas forcément été très assidu (l’offre sérielle qui s’offrait à moi étant de plus en plus conséquente !) mais j’ai dévoré les 15 saisons, avec plus ou moins de facilité(s)

D'après toi, c'est quoi l'âge d'or de la série et le début de son déclin ? 

Sullivan : Je n’aime pas parler d’âge d’or et de déclin, surtout pour une série. Quand je vois sa structure, quand je prends du recul par rapport à ce qui a été fait, et ce qui aurait pu être fait, je suis forcément déçu. Déçu de certaines intrigues, déçu d’une sortie de personnage, déçu de certains partis pris. Mais avec une série d’une aussi grande longévité télévisuelle, aux côtés de laquelle j’ai parcouru toutes les émotions, je reste émerveillé par l’ensemble, toutes ces saisons qui forment une cohésion dramatique puissante. Alors oui y’a eu des hauts et des bas, sur 15 années il y a eu des épisodes mémorables (Love’s Labor Lost / On The Beach / All In The Family / Ambush) et des épisodes qui auraient pu être mieux réfléchis (Freefall / The Honeymoon Is Over), mais au final je sais que je me suis pris une grosse claque.

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Mais, mais, mais… si déclin il y a eu, je pense que le magique triptyque final de la saison 8 avec The Letter, On The Beach et Lockdown est à la fois la fin d’une époque et la transition vers une deuxième qui en étant sacrément intense m’a peut-être un petit peu moins touché.

On t'amène au County Hospital : quel médecin pour te soigner et quel médecin pour faire une partie de basket sur le parking des ambulances ?

Sullivan : Docteur Mark Greene, pour les deux surement. C’est instinctif, même pas la peine d’y réfléchir. Si je pouvais avoir un médecin, un seul – en dehors de l’atroce mais parfait Gregory House – je n’hésiterais pas une seconde à parcourir l’Atlantique – à la nage s’il le faut ! (Mais jamais en hélicoptère, JA-MAIS !) – à rejoindre la ville des White Sow et à kidnapper Dr Greene (de son vivant).

C’est le personnage qui m’a traumatisé, qui m’a fait pleurer devant l’écran et qui m’a fait l’adorer. C’est pour moi le personnage le plus humain, celui qui comprend ses erreurs, qui se relève avec une superbe humilité et qui fait un travail remarquable. Sa relation avec le Dr Corday participe à sa présence essentielle dans la série. Un pilier qui tombe de la plus belle des manières et qui offre à Urgences l’un de ses plus beaux moments. Donc oui, rien que pour ça, rien que pour ce personnage, j'enchaînerais opération et partie de basket.

Un comité d'experts fait appel à toi pour dresser une liste des 100 meilleurs épisodes de télévision. Tu es en charge de sélectionner un seul épisode d'ER. Lequel et pourquoi ?

Sullivan : Plus de 300 épisodes, 15 saisons, et un choix se réduisant à un seul épisode ? Faut que je parle à ce comité d’experts, immédiatement ! 

Je ne vais pas jouer l’originalité, mais je vais être dans ma logique. Avec le Dr Greene qui m’a impressionné du début à la fin, le sort qui lui est réservé dans le 8x21 On The Beach donne à l’épisode une dimension toute particulière. Un couteau en plein cœur. Une émotion intense qui prend aux tripes. À l’époque, les spoilers m’étaient totalement étrangers, et l’absence de réels réseaux sociaux m’empêchait de connaitre la suite de l’intrigue. Dévorer une série, semaine après semaine, sans se soucier d’avoir une information compromettante, était une aubaine et me faisait apprécier chaque moment, chaque scène et chaque mort. L’inattendu frappait à chaque fois, et c’était une sacrée sensation.

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On The Beach et la sortie du personnage de Mark Greene ont été, pour moi, le meilleur d’Urgences. La fin d’un personnage, et peut-être aussi d’une façon de faire. Et en même temps une étape vers une nouvelle ambiance, une nouvelle atmosphère au sein du County Hospital. Et là c’est surement le très grand fan de M. Greene qui parle, en totale subjectivité. Mais avec sa mort, la série a eu un tout autre visage.

Quel acteur d'ER aimerais-tu revoir à la télévision et quel genre de rôle lui conviendrait le mieux ?

Sullivan : Paul McCrane m’a fait halluciner. Son charisme, sa gueule, son personnage m’ont toujours ébahi. C’était vraiment fort. Et le (re)voir dans un épisode d’X-Files, en Leonard Betts, m’a encore plus bluffé. Il a ce talent, cette voix, cette façon de jouer pour être un bon méchant, un personnage qu’on craint et qu’on n’osera jamais défier. Je le vois donc bien revenir sur nos écrans dans Peaky Blinders ou The Knick, deux périodes qui pourraient donner corps à un personnage à la hauteur de ses performances.

D'après toi, il se passe quoi au Cook County en septembre 2014, vingt ans après le pilote ?

Sullivan : Du renouveau. Beaucoup de changements. Beaucoup de départs. Et énormément d’histoires. Les moyens se sont perfectionnés, de nouvelles maladies font surface, l’assurance maladie amène de nouveaux patients, des crises financières, politiques, administratives. Même après 20 ans, même si structurellement la métamorphose a eu lieu, dans le fond le County Hospital reste inchangé. C’est toujours un concentré de personnalités, de tensions, d’amitiés, de coups de gueule, d’amour et d’opérations. Et peut-être qu’en 2014, c’est aussi le retour d’anciens médecins, partis trop tôt, qui ont le désir de renouer avec le passé, avec ce qui faisait et fait la force du County Hospital.

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ADMISSIONS / En parlant de rétrospective, on arrive quasiment à la fin de celle-ci. Avant qu'il ne soit trop tard, je vais donc profiter de cette édition pour faire un dernier tour d'horizon des personnages dont je n'avais pas eu l'occasion d'évoquer plus en longueur jusqu'ici. Soit parce qu'ils sont restés trop périphériques, soit parce qu'ils ne m'ont jamais convaincus, soit parce que je n'ai pas trouvé le bon moment pour leur rendre hommage. 

Et on commence par quelqu'un qui a fait pas mal de chemin entre sa première apparition et sa dernière. Au départ, il ne s'agissait qu'un énième étudiant en médecine, destiné à être un faire-valoir du duo Abby/Neela. Si on m'avait demandé de parier sur la longévité d'Archibald Morris ou de son collègue Nick Cooper (Glenn Howerton), ce dernier aurait sûrement été mon premier choix. Surtout quand Romano, quelques minutes avant de courir à sa perte, renvoie le rouquin après l'avoir surpris un joint à la main sur le parking des ambulances. Coriace, Morris restera donc jusqu'à la fin et qui aurait cru qu'il deviendrait un aussi bon élément ? Comic relief assez pitoyable pendant au moins trois bonnes saisons (à peine plus supportable que son pote Pratt), le personnage de Scott Grimes va gagner en intérêt à mesure que les scénaristes décident de le prendre un peu au sérieux. Après avoir gagné un peu en sympathie aux côtés de l'attachante Hope (jouée par l'attachante Busy Phillips), c'est véritablement lors de la quatorzième saison (et quasiment c'est son seul point fort) qu'il deviendra un vrai atout pour les urgences. On s'est bien marré quand Carter lui a demandé de donner le ton après son départ. Il a fini par lui donner raison et, suite à la mort de Greg et au départ d'Abby, il deviendra le pilier du service, celui sur lequel on peut compter aussi bien pour le rire que le sérieux. Pas un hasard que, dans l'ultime épisode, il se retrouve à la place occupé par Mark Greene dans le pilote. 

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Mais souvenez-vous, Carter avait déjà jouer les mentors avec un autre jeune étudiant, fraîchement débarqué au Cook County, tout propre sur lui et tout naïf, qui avait failli lui aussi dégobiller lors d'une garde trop intense. Hélas, Michael Gallant n'a pas connu le destin que je lui prédisais. Tout semblait indiquer lors de la huitième saison qu'il était pourtant le nouveau Carter, le nouveau Lucy, celui par lequel on redécouvre l'hôpital sous des yeux nouveaux et dont on va suivre l'apprentissage pendant longtemps. Son héroïsme aux côtés de Kerry lors d'une terrible tempête, sa participation au remake de "Breakfast Club" et son côté vraiment attachant, tout ça semblait augurer d'un beau destin. Mais devinez qui vient tout ruiner ? Oui, l'éternel boulet, seigneur Pratt. Dès qu'il débarque, il va malmener Michael, prendre beaucoup de place et le reléguer peu à peu à l'arrière plan. On ne retrouvera notre jeune protégé que dans des intrigues secondaires et une romance avec Neela pas franchement excitante. Avant qu'il ne rejoigne tragiquement le rang des personnages tués sur l'autel du cliffangher, Gallant aura tout de même le temps de nous offrir un très bel épisode le suivant en Irak, le réussi "Here And There". Un beau gâchis tout de même. 

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Dans la catégorie "personnages prometteurs mais que les scénaristes ne sont pas parvenus à exploiter corretement", on retrouve également Anna Del Amico. Sauf que là, c'est de la faute d'une Maria Bello qui a préféré quitter Chicago pour aller rejoindre les Coyote Girls et une carrière au cinéma. J'ai déjà pu dire tout le bien que je pensais de sa relation avec Carter : un jeune médecin très riche, un peu naïf et gentiment arrogant face à une pédiatre fauchée, débrouillarde et franche du collier. Au-délà d'un will they won't they plutôt sympa, cette dynamique offrait à Carte une chance de gagner un peu en épaisseur et nous apportait, auprès de Doug Ross, une autre personne capable d’interagir avec les gamins des urgences. On voyait aussi apparaître, en filigrane, la naissance d'une belle amitié entre elle, Carol et Elizabeth. Tout ça ne se concrétisera pas : Anna partira rejoindre son ex-toxico de mari à Philadelphie sans qu'on en entende plus jamais parler. 

Contrairement à Jeannie Boulet, qui a eu le droit à une dernière visite aux urgences, bien après son départ. Elle aussi, j'ai déjà pu l'évoquer à plusieurs reprises. Introduite comme love interest de Peter lors de la première saison, elle rejoint le casting principal en tant qu'assistante médicale l'année suivante. Ce qui rendra le personnage inoubliable et vecteur d'émotions fortes, c'est l'intrigue longue durée entourant son HIV. Les scénaristes sauront nous narrer son parcours avec une belle justesse et sans lâcher l'affaire, de sa lente acceptation de la maladie, aux discriminations qui s'en suivent à l'hôpital (et d'où naît au final une belle amitié avec Kerry) jusqu'à l'aggravation de sa santé. Parallèlement à ce fil rouge, elle aura aussi un bel arc au chevet du jeune Scott Anspaugh et un départ discret mais touchant au début d'une sixième saison très chargée. En y repensant, Jeannie est véritablement un personnage un peu sous-estimé, que Gloria Reuben aura su rendre sensible pendant quasiment tout son séjour au Cook County. 

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On ne peut pas en dire autant de Shane West qui, avec son personnage de rockeur émo et rebelle, n'a jamais réussi à marquer autre chose que les gamines de douze ans. Ray Barnett m'avait pourtant l'air sympathique quand il débarque au début de la onzième saison. C'est certes déjà une caricature mais, après tout, un peu de sang neuf dynamique et rentre-dedans ne peut pas faire de mal à une série qui atteint cet âge avancée. Le problème, c'est qu'on le retrouve très vite dissimulé dans la masse de jeunes internes qui envahissent le County et il se révélera bien trop fade pour surnager, restant toujours dans l'ombre d'Abby et Neela, qu'on suivait déjà depuis plus longtemps. Alors il restera pour toujours le rockeur au coeur d'or et l'amoureux transi d'une Neela qui lui brisera son petit coeur... et ses deux jambes. Oui, c'est ça le souvenir de Ray que je garderais : ce season finale ridicule. Ces quelques retours dans l'ultime saison continueront de faire de lui un faire-valoir de Neela qui avait de toute façon perdue une bonne partie de mon affection. 

Et ça, c'est en partie de la faute à Tony Gates. L'autre amoureux transi qui est déjà bien relou avec la pauvre Neela quand il joue les ambulanciers dans la douzième saison. La nouvelle tombera cruellement l'année suivante : John Stamos, l'oncle Jesse de "La Fête à la Maison", rejoindra le casting principal. N'ayant plus grand chose à raconter cette saison-là, les scénaristes vont alors lui offrir beaucoup de temps d'antenne en recyclant pour lui de vieilles intrigues de Doug Ross et en lui collant une énième histoire de famille difficile que même Sam n'aurait pas envié. Tony est partout : il tient le rôle du médecin rebelle, de l'amant faisant succomber tout à tour Neela et Sam et du père qui apprendra à communiquer avec sa gamine en pleine crise d'adolescence. On y ajoute un père alcoolique et un humour assez navrant, on obtient un George Clooney du pauvre qui squattera le temps d'antenne de ses camarades pendant trop longtemps. Jusqu'à remonter un tout petit peu dans mon estime dans l’ultime saison mais seulement car il nous y fait le cadeau d'être un peu plus effacé... 

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Autre duo de choc : le difficile à supporter Dave Malucci et la porte de prison Cleo Finch, tout deux introduits lors de la sixième saison. Le premier est un Greg Pratt avant l'heure, qui sera heureusement beaucoup moins agaçant car squattant moins l'écran que son digne successeur. Mais tout comme lui, il a tout les atouts d'un boulet : il ne veut rien entendre aux conseils des autres, il accumule les conneries et se montre inlassablement je-m'en-foutiste, sans qu'on en sache suffisamment sur sa vie privée pour véritablement le comprendre. Cela dit, je n'ai jamais vraiment détesté Malucci, et ce, pour deux raisons : il est apparu dans la série en même temps que je la découvrais et il a eu le droit à quelques jolis moments de rédemption. Son départ eu le mérite d'être concis et marquant. On ne peut pas en dire autant de Cleo, qui n'aura jamais eu l'occasion de nous faire un sourire ou d'être autre chose qu'un love interest pour Peter. Elle ne manque pas de personnalité mais celle-ci se résume à être professionnelle, froide et distante. Je ne lui reproche pas ça, juste aux scénaristes de ne pas avoir su exploiter ses traits de caractère intéressant pour en faire un personnage intéressant. 

L'autre addition à la sixième saison (oui, il y en a eu beaucoup), c'est Jing-Mei Chen. Qu'on avait connu auparavant, lors de la première saison, sous le petit nom de Deb, la rivale bonne élève du jeune Carter. Après l'avoir fait revenir, les scénaristes réalisent très vite qu'ils n'ont pas grand chose à lui offrir. La voilà donc coincé pour toujours dans le rôle de celle qui voit son temps d'antenne sacrifié à cause d'un casting trop conséquent. Elle ne récupère que les miettes (une grossesse surprise, un flirt avec ce boulet de Dave et une romance avec ce boulet de Greg) et sert bien trop souvent à être un second rôle dans les intrigues médicales. La neuvième saison avait presque commencé à lui offrir un peu plus de matière mais quand débarque tout les petits nouveaux l'année suivante, elle est de nouveau aux abonnés absents, se contentant d'être jalouse de Neela et au chevet de son père mourant. Même plus là pour son vieux pote Carter, une amitié qui aurait mérité mieux. Son départ coïncide avec un bel épisode au sujet de l'euthanasie, mais est aussi significatif d'un personnage résonnant comme une série d'occasions manquées. 

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Si on se souvient pas forcément de la sixième saison grâce à ces personnages, elle aura carrément marqué par le départ tragique de Lucy Knight. J'avais profité de ma dissection de la cinquième saison pour vous présenter un personnage qui avait clairement le rôle d'une Carter nouvelle génération et avait mis du temps à convaincre. Kellie Martin avait un peu de mal à assumer un rôle aussi conséquent, les scénaristes avaient trop forcé sa présence d'entrée de jeu pour ensuite l'abandonner presque complètement. À part pour un Lucy-centric sympa l'opposant à Romano ("The Domino Heart"), elle n'avait plus grand chose à faire depuis que son duo avec Carter était devenu inexistant et que d'autres recrues avaient pris sa place (un épisode plus tard, Abby débarquait). C'est donc sa mort qui fera d'elle un personnage culte et sera l'objet du meilleur épisode de la série. On en reparle plus longuement la semaine prochaine. 

Je termine avec les deux dernières additions au casting principal (on s'intéressera aux personnages secondaires la prochaine fois) : Simon Brenner, le Tony Gates du pauvre et Catherine Banfield, l'ultime chef des urgences. Quand on rencontre le premier, il est en pleine orgie et semble avoir confondu le Cook County avec le Seattle Grace Hospital. Nouveau love-interest de Neela (la liste est tellement longue), l'australien se montre particulièrement exaspérant et n'attire aucune sorte d'empathie de la part d'un téléspectateur qui a perdu la foi. Quand il est nommé régulier, on craint le pire mais heureusement, l'ultime saison fait du bon boulot, même avec le pire. Très vite et pas forcément de la manière la plus subtile, Brenner gagne en épaisseur et gagne un capital sympathie inattendu, en particulier lorsqu'il se retrouve lui aussi dans un arc digne de Doug Ross. Je garderais de lui un bon souvenir, alors que c'était franchement pas gagné et on peut aussi remercier David Lyons, un interprète qui m'a convaincu sur la longueur. De son côté, Banfield a la lourde tâche de devoir nous intéresser alors que, durant la dernière saison, on a d'autres chats à fouetter. Surtout qu'un nouveau chef du service avec un lourd passé, on s'en est déjà coltiné un paquet. Même si Angela Bassett fait forcément le job, on a du mal à voir autre chose en elle qu'un gimmick servant à offrir à Greene, Weaver et Romano un ultime caméo dans "Heal Thyself". Mais en étant de mieux en mieux mêlé aux intrigues globales et grâce à un joli duo avec Morris, elle mérite tout à fait sa place et ne nous fait pas autant perdre notre temps que prévu. 

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SALLE DE RÉANIMATION / Comme j'ai décidé de garder le meilleur pour la fin, la quinzième et dernière saison sera mon avant-dernier choix. Je ne sais pas si c'est très logique mais c'est comme ça. À l'époque, il était vraiment temps qu'ER se termine : je venais de débarquer à la fac et mon amour de jeunesse n'avait plus la même saveur à cause d'une succession de saisons pas terribles (je ne reviendrais pas là-dessus) et d'un rythme de vie bien différent, plus éloigné du confort familial et de mes posters de John Carter et compagnie. Heureusement, les scénaristes (un mélange d'anciens et de nouveaux, réunis en équipe de choc) ont décidés d'achever leur oeuvre avec un minimum de dignité et sauveront ainsi sa mémoire, nous laissant sur une note vraiment positive. 

Après un season finale aussi médiocre que "The Chicago Way", on débute celle-ci avec un grand ménage : Pratt est éliminé de manière plus émouvante que prévu et Abby fait son dernier baroud d'honneur dans un épisode encore plus émouvant que prévu. "The Book of Abby" nous rappelle que, lorsque le personnage en vaut la peine, ER sait vraiment gérer les départs. Quand Haleh montre à notre chère miss Lockhart le "hall of fame" de l'hôpital où l'on retrouve les noms de tous nos médecins favoris, on découvre aussi que la série a vraiment l'intention de célébrer sa mémoire avec toute l'émotion nécessaire. Parallèlement, l'arrivée de Catherine Banfield, la nouvelle patronne du service ainsi que d'une poignée de nouvelles têtes un peu fades, ça m'avait un peu inquiété, craignant qu'ils ne nous fassent perdre du temps alors qu'il n'y en avait plus à perdre. Mais non : ils sont plutôt bien intégrés au reste et permettent, sans forcément trop nous marquer, de faire basculer le service vers une énième nouvelle génération. 

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Avant d'entrer dans le vif du sujet qui nous intéresse (le fan-service), on peut d'ailleurs s'arrêter un peu sur les intrigues plus classiques de cette saison, celles qui concernent les personnages qui ne sont pas occupés à dire au revoir, mais qui sont tout simplement en train de bosser. Car il aurait été facile de sacrifier un Morris, une Sam ou un Brenner pour laisser la place au défilé des anciens et de la nostalgie. Au lieu de ça, ils sont plutôt bien servi, en particulier notre cher rouquin qui, après avoir remonté grandement dans notre estime l'année précédente, profite de l'absence de Pratt et Abby pour devenir le véritable pilier du service. Sans pour autant perdre son aspect comic-relief, il devient plus mature, notamment grâce à sa relation avec Claudia, une romance tranquille et mignonne comme tout. Bien plus passionnante que celle qui unit Tony et Sam, leur flirt ayant quand même le mérite de réunir deux personnages devenus sans intérêt et divisant ainsi leur temps d'antenne. Quand à Neela, elle poursuit son bonhomme de chemin en chirurgie sans trop faire de vagues, sa relation avec Brenner n'est qu'accessoire, ses retrouvailles avec Ray qu'un moyen de lui offrir une porte de sortie. Il y a bien longtemps qu'elle ne m'attire aucune sympathie mais elle est bien moins antipathique que précédemment. Autour d'eux, les petits nouveaux ont des parcours un peu inégaux, certains disparaissent sans explication, d'autres restent dans le coin sans vraiment faire une impression. Ce n'est pas grave, ce n'est pas l'important.

Car on est là avant tout pour l'aspect nostalgique et on est carrément servi : les clins d'oeils à l'histoire de la série pleuvent et les retours d'anciens médecins sont inespéré : le retour plutôt bien pensé de Mark Greene, la réintégration dans la série de John Carter, un peu forcé mais tout à fait bienvenue, les apparitions improbables de Doug, Carol, Benton, Corday et j'en passe. Il faudra parfois passer par des épisodes tirés par les cheveux (le rêve de Neela qui la place devant Lizzie), des arcs pas très inventifs (les problèmes de santé de Carter) mais à chaque fois, c'est un vrai bonheur. La série va encore plus loin avec "A Long Strange Trip", un épisode un peu spécial (écrit par Joe Sachs et réalisé par Mimi Leder, deux vétérans) consacré au passé de l'hôpital, avec la présence de ce bon vieux Dr Morgenstern. Plutôt que de boucler la boucle, les scénaristes insistent sur le passage de relais, sur l'histoire qui se répète et cette micro-société où l'on va et vient : "What We Do" est une sorte de resucée de l'épisode "Ambush" et le final enchaîne les clins d'oeils au pilote, de la scène inaugural au retour de Rachel Greene, en passant par une ouverture mignonne à la romance Corday/Benton. De belles récompenses donc et une continuité respectée comme rarement à la télévision. 

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Cette dernière saison, c'est avant tout du fan service intelligent et justifié, parce qu'après trois saisons bien médiocres, on l'avait franchement mérité. Elle réussit l'exploit de réunir tout ce qui a pu faire la force de la série, de rendre hommage à sa longue galerie de personnages et à son personne principal, l'hôpital du Cook County. C'est lui qui est à l'honneur du dernier plan, un traveling arrière sur les urgentistes qui s'activent sur le parking des ambulances, au son de l'inoubliable générique original. Comme pour nous dire que, même si l'on ne pourra plus y passer du temps, le service des urgences sera toujours là, peu importe qui y travaille, il faudra toujours lutter contre la mort alors, avec ou sans nous, la vie continue.  

Rendez-vous dans deux semaines (avant Noël en tout cas) pour conclure cette rétrospective avec un hommage aux personnages secondaires et patients marquants, ainsi qu'un focus sur ma saison favorite. Et peut-être quelques surprises. 

20:11 Publié dans Urgences | Lien permanent | Commentaires (1)

21/11/2014

Parenthood S06E09

Lean In

Elle est vraiment pas formidable cette dernière saison...

Et pourtant, j'étais confiant au début. Les problèmes de Zeek avaient permis d'emblée de réunir les Braverman de manière assez organique et des intrigues pas forcément grandioses bénéficiaient de bons scripts et d'acteurs qui vendaient ça bien. Même l'improbable école de Kristina, même l'insupportable famille d'Hank. "The Waiting Room" était, par exemple, un épisode vraiment pas mal. Mais peu à peu, une routine s'est installée, certains personnages ont retrouvés des faiblesses que je croyais pourtant loin derrière eux et je n'ai aujourd'hui plus trop l'impression de regarder la fin d'une série. J'en suis venu à regarder la petite famille de loin, avec le sentiment de connaître déjà la fin et de m'ennuyer. Comment j'en suis arrivé là ? 

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Rien n'est abominable mais presque tout est plein de maladresses. À commencer, comme prévu, par la Chambers Academy, une idée qui n'est ancrée dans aucune sorte de réalité, dans la droite lignée de la campagne municipale menée par Kristina l'an dernier. Même une fois qu'on parvient à avaler que celle-ci est capable de gérer toute seule une école (où est M. Knight ?) et qu'Adam peut en être le cuisinier tout en bossant au Luncheonette, il est difficile de ne pas être fatigué par leur comportement dans cet épisode. Leur fils harcèle clairement la pauvre Dylan et il faudra attendre que ses parents menacent de la changer d'établissement pour que Kristina et Adam obligent Max à présenter des excuses. L'Asperger de celui-ci n'est pas une excuse pour l'indulgence du couple qui ne font que créer une succession de précédents sans prendre en compte les autres élèves qu'ils sont sensés protéger tout pareil. C'est mauvais pour Max, mauvais pour Dylan et ça rend assez antithétique deux personnages qui n'avaient pas besoin d'apparaître encore plus moralisateurs que d'habitude. J'ai vraiment grincé des dents quand Adam se met à faire des reproches aux parents de Dylan et quand Kristina se montre incapable de s'excuser correctement auprès de la jeune fille. Si leur comportement était pointé du doigt, ce serait intéressant bien sûr. Mais tout semble leur donner raison et c'est presque comme si les scénaristes attendaient de nous qu'on les applaudisse en les voyant défendre ainsi leur fils. Sauf qu'il n'y a pas que lui dans l'univers et pour ouvrir une école de "freaks" (je ne fais que reprendre l'expression de Dylan), il faut être un peu plus attentif aux autres, à mon humble avis. Cela n'empêche pas Max Burkholder de livrer une belle partition et Ally Loannides d'être une chouette recrue (et un sosie assez troublant du Jordan de My So-Called Life). 

L'autre intrigue problématique, c'est la gamine de Hank. Alors qu'elle était plutôt sympathique la dernière fois, la voilà qui revient transformée en adolescente hystérique, accumulant tous les poncifs du genre : la désobéissance, l'ingratitude exacerbée, le petit ami, la soirée arrosée qui se termine mal et la porte de la chambre qui claque tout le temps. C'est d'autant plus énervant qu'on a le droit d'assister à son petit spectacle à chaque épisode et que Hank mérite vraiment mieux que ça. C'est un personnage que j'adore - je sais qu'il ne fait pas l'unanimité - car je trouve Ray Romano vraiment très juste et que je m'identifie à lui terriblement. Je comprends que le retour de son ex-femme (qui elle a heureusement mis un peu d'eau dans son vin) et de sa fille permettent de le voir tâcher d'apprendre à mieux communiquer. Mais ça prend un temps d'antenne incroyable, c'est répétitif et je préfère largement voir Hank appréhender ses symptômes en compagnie de Sarah ou bien de Max (leur scène des cent pas dans le septième épisode était superbe). Ici, Ruby est (presque) moins caricaturale que d'habitude, Sandy est assez agréable et les retrouvailles avec Mark étaient émouvantes et un bon moyen de solidifier au détour d'une jolie scène la relation Hank/Sarah. Mais putain ce que fut long d'en arriver là, long et bien chiant.

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En parlant d'intrigues répétitives et écrite à la truelle... oui, vous l'avez deviné, le divorce cent fois repoussé de Joel et Julia. Souvenez-vous, j'avais beaucoup aimé la tournure dramatique et réaliste qu'avait pris cette séparation l'an dernier. Depuis le début de saison, les choses se sont gâtés pour une raison toute simple : les scénaristes sont incapables de trouver un équilibre dans l'affrontement entre deux personnages qui, on le sait parfaitement, finiront bien par se réconcilier. C'est lâche de nous amener jusque là pour revenir en arrière et maladroit de ne jamais avoir su justifier le comportement complètement lunatique de ces deux-là. On va reprocher à Julia de malmener ce pauvre Joel aux yeux de cocker avant de reprocher à Joel de se montrer bien trop insistant et égoïste dans sa reconquête. Et puis on va foutre tout ça en l'air pour les faire s'embrasser à quelques épisodes de la fin. On peut être certain que ce qui risque d'arriver à Zeek va ressouder le petit couple avec de bonnes grosses ficelles. J'attendais un traitement plus en profondeur de cette intrigue et j'aimerais bien savoir où sont passés Sydney et Victor pendant que leurs parents jouent les adolescents. Oui, c'est aussi le souci de cette saison (mais on nous avait prévenu) : les acteurs jouent aux chaises musicales pour limiter le budget. Récemment, on a même eu un record avec seulement sept personnages sur quinze à l'écran. L'occasion de mieux les développer ? Pas forcément hélas.     

Il n'y a, bien sûr, pas que du négatif. Les acteurs semblent encore y croire suffisamment pour rendre le tout agréable à regarder. Chaque épisode contient au moins une scène tire-larmes réussie. Et certains personnages s'en sortent plutôt pas mal : la grossesse d'Amber n'a rien enlevé à sa force et qu'elle soit face à sa mère, à son frangin, à ses oncles ou en train de jouer les nounous, Mae Whitman gère sans problèmes. Mais elle a de la concurrence car, peu à peu, Drew devient la force tranquille de la famille : toujours pertinent, toujours intelligent, il est peut-être le plus mature des Braverman et ça fait du bien de l'avoir dans le coin, surtout auprès de sa tête de mule de grand-père. Et je dois avouer que, même si Parenthood n'a jamais su parler d'économie avec un semblant de réalisme et continuité, les soucis financiers de Crosby permettent d'entrevoir une face plus sombre du personnage et affine sa relation avec Jasmine qui était un peu en retrait depuis le mariage. J'aime voir Joy Bryant jouer autre chose que la femme autoritaire qui ramène son enfant de mari à la raison et ce fut le cas dans au moins un épisode, c'est toujours ça de pris. Quand à Max, avant que la situation ne dégénère (mais c'est la faute des parents), on a eu le droit à un apprentissage de l'amour très touchant. Voilà pour le quatuor gagnant, que Camille pourrait rejoindre si elle n'avait pas été autant dans l'ombre de son mari depuis l'opération (où Bonnie Bedelia avait enfin eu l'espace de livrer une belle performance). 

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Et on en arrive donc à la fin toute tracée qui se profile à l'horizon (en janvier donc, car NBC a cru bon de couper une saison raccourcie en petits bouts). Un finale avec la mort qui se mêle à la vie (l'accouchement d'Amber pile au moment où Zeek rend l'âme, ce serait fort), où la famille se retrouve plus unie que jamais (Julia et Joel réconciliés ! Crosby qui relativise et retrouve sa bonne humeur !). Bien sûr, j'espère me tromper et que, même si tout cela arrive, Katims et compagnie sauront trouver une meilleur manière de l'exposer. En attendant, je vais tâcher de retrouver mon indulgence, de me souvenir que j'aime beaucoup les Braverman et, si tout va bien, je serait prêt à être ému pour de vrai pour la dernière ligne droite. 

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14/11/2014

Rien à Voir S03E01

Bon, je dois vous avouer un truc : je regarde pas beaucoup de séries ces jours-ci. 

À part pour quelques incontournables (The Good Wife, Parenthood), quelques retours intriguants (The Comeback, The Newsroom), quelques bonnes surprises (Mom, The Affair) et quelques séances de rattrapages (Manhattan, Cheers), je passe moins de temps que d'habitude devant mon écran. 

Mais le weekend dernier, à l'occasion d'un séjour parisien, j'ai quand même pu retrouver Nicolas Robert, Lordofnoyze et Alix Kerrest du Daily Mars pour causer de la rentrée US et des comédies romantiques. Oui, "Rien à Voir" renaît de ses cendres et devrait être écoutable toutes les deux semaines, avec ou sans moi. Bonne écoute...

08/11/2014

Souvenirs d'ER #13

Le 19 septembre dernier, ER a eu vingt ans. C'était en tout cas la date anniversaire de la diffusion du pilote sur NBC, en 1994. Pour fêter ça, retour avec ce "magazine" sur l'histoire de la série ou plutôt, mon histoire avec la série.

WAITING ROOM / Dans la salle d'attente du County, je croise une étudiante en médecine débordée, qui doit s'occuper de classer de vieux dossiers. Une tâche ingrate pour celle que le reste du service surnommé l’Étagère. Je m'approche et lui propose de prendre une pause pour discuter un peu...

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ER, ça a commencé comment pour toi ? Le 19 septembre 1994 ? Lors de la première diffusion française ? Ou avec les rediffusions ? 
 
Ça a commencé avec la première diffusion française du dimanche soir, mais à partir de la saison 3 uniquement. Je me rappelle très précisément avoir d'entrée de jeu adoré le personnage de Susan Lewis... pour la voir partir quelques semaines plus tard (avec sa dernière réplique à la fois pleine de tendresse et de cruauté pour Mark...) Puis ça a "re-commencé" avec les dvd et la possibilité de voir la série dans son intégralité en vo, et de découvrir à quel point certains personnages étaient écrits différemment. J'avais eu tellement de mal, par exemple, avec la Abby surchargée de malheurs et presque geignarde de la vf, pour réaliser que le texte original et la voix de Maura Tierney en faisaient en réalité un personnage caustique mais combatif, drôle et plein de tendresse, devenu alors un de mes préférés.
 
Malgré tout, quand je repense à Urgences, ce sont ces dimanches soirs doublés qui me rendent nostalgique, notamment parce que la série passait l'été, que je l'associais aux vacances... et que je la regardais dans des conditions particulières (sous un auvent, chez les grands-parents d'un ami, les seuls du camp équipés d'une télé, avec la grand-mère dingue de ménage qui venait *toujours* nettoyer l'écran d'un coup de chiffon au moment où la tension était à son comble.) Puis quelques années plus tard j'ai fait de ce moment de vacances le sujet de mon mémoire de fin d'études universitaires, en comparant ses techniques de vulgarisation scientifique à celles de House M.D. et de Grey's Anatomy. Mon directeur de recherche était un grand journaliste scientifique qui n'avait jamais vu aucune des 3 séries. Je lui ai passé les 3 premiers épisodes de chaque pour les besoins du mémoire et une semaine plus tard, il me demandait "de toute urgence" la suite d'E.R ; )
 
D'après toi, c'est quoi l'âge d'or de la série et le début de son déclin ? 
 
Je place l'âge d'or du pilote (parfait) à l'avant-dernier épisode de la saison 8, On the Beach, qui bouclait une boucle en quelque sorte, non sans douleur, mais avec tout de même une sensation d'apaisement. Le "déclin" ou plutôt la transition vers un autre style se fait progressif après cela, et je mets le final de la saison 8 en point de démarrage car il initie ce qui sera systématique par la suite : le cliffhanger façon feuilleton. J'ai un très bon souvenir du final de la saison 1, rien de spectaculaire en soi, mais une vraie impression de conclusion, qui bouclait sur les thèmes abordés et restait un très beau moment de télé. Ou sur le dernier épisode bouleversant de la saison 6, où Carter finissait par craquer dans les bras de Benton, et partait en désintox. Il y avait du climax mais pas forcément besoin d'un suspens de folie pour ramener le spectateur l'année suivante, on savait que l'attachement aux personnages et la qualité de la série suffisait, on lui faisait confiance pour revenir tout seul. Fin de saison 8, on a une épidémie et quarantaine, et à partir de là, de mémoire, les seasons finales donnent lieu à une disparition d'enfant, une voiture avec 2 médecins du staff poussée dans la rivière, une explosion d'ambulance, une fusillade... Un épisode comme "All in the family", en milieu de saison 6, était un choc extraordinaire (et bouleversant), surtout à une époque où internet n'était pas assez démocratisé pour nous spoiler avant la diffusion. Mais un membre du staff mort tous les deux ans, ça devient presque attendu...

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On a aussi glissé d'une réalisation en plans séquences géniaux, une réalisation qui utilisait le décor avant tout, les longs couloirs, les salles de réa, nerveuse, intelligente qui nous rappelait qu'on parlait de médecine, que le premier héros, c'était le Cook County, à une réalisation qui jouait beaucoup de champs / contre-champs (la saison 14 étant la pire). De même qu'on est passé à des intrigues plus d'ordre du soap médical façon Grey's Anatomy... Ce n'était pas forcément mauvais dans l'absolu, c'était juste une autre série, qui n'avait peut-être plus tant à dire sur la médecine. Mais la seconde moitié offre tout de même d'excellents épisodes (Body and Soul), intrigues (tout le passage de Neela et Abby en interne dans les différents services, absolument génial) acteurs (Linda Cardellini) et personnages (Morris, si si, Morris se révèle finalement un très bon personnage), juste, avec moins de constance (Romano et l'hélicoptère, sérieusement ?)
 
On t'amène au County Hospital : quel médecin pour te soigner et quel médecin pour faire une partie de basket sur le parking des ambulances ?
 
Pour me soigner, intuitivement, sans réfléchir, c'est Kerry Weaver qui me vient à l'esprit. J'imagine que ça ne serait pas le choix numéro un du public, mais derrière le côté revêche du personnage, la série a toujours su finement montrer une femme contrainte de prendre toutes les décisions difficiles là où d'autres se défilaient (Mark Greene c'est toi que je regarde), qui faisait les sacrifices nécessaires à la survie du Cook County, et qui donnait consciemment un ennemi commun à son équipe. Mais surtout, c'est un médecin que l'administration éloigne de la médecine et qui ressent clairement un manque, il apparaît souvent que c'est là sa passion première : soigner les gens, leur ôter leur douleur. Et si Kerry n'est pas un ange avec ses collègues, je la trouve géniale avec les patients, à l'écoute... je revois cet épisode où elle aide une jeune fille gay que ses parents veulent "reprogrammer" ou avec cette femme âgée et sa fille atteinte du syndrome de Down... Oui en tant que patiente, c'est Kerry que je veux. Pour le basket, Doug Ross, juste parce que je suis nulle au basket, et quitte à ne voir que le dos de mon adversaire autant que ce soit celui de George Clooney.

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Un comité d'experts fait appel à toi pour dresser une liste des 100 meilleurs épisodes de télévision. Tu es en charge de sélectionner un seul épisode d'ER. Lequel et pourquoi ?
 
Roh, vieux (pardon je me permets) je pourrais presque dresser une liste de 100, c'est quoi cette question sadique ? Entre All in the Family, A simple twist of fate, Body and Soul, Fathers and Sons, The good fight, et cet incroyable épisode filmé en direct... Ok je vais prendre "Middle of Nowhere", en saison 5, quand Benton se rend dans une "clinique" du Mississipi pendant ses congés. Ce n'est pas un épisode "explosif" ou surprenant en soi, et on pourrait me dire que ce n'est pas non plus le plus représentatif d'E.R., mais la série est souvent sortie de ses schémas pour explorer d'autres décors, d'autres narrations. Et entre le Congo et le Darfur, je n'ai aimé aucun de ces épisodes autant que celui-ci, où on ne quitte pas l'Amérique, où l'on réalise à quel point au sein même de ce pays, on vit différemment, et que la médecine ne se décline pas universellement de la même façon. Et y voir confronté Benton, entre tous les personnages, donnait un caractère très particulier à l'histoire. Le chirurgien de génie qui découvre une clinique où il n'a même pas d'insuline à donner au vieux diabétique, qui se traîne dans ce trou paumé par besoin d'argent et qui y renoue avec sa vocation première. Cette petite parenthèse dans un sud aride autant que chaleureux, cet épisode sépia entre deux épisodes blanc hôpital montrait bien tout ce qu'Urgences pouvait raconter sur la médecine et surtout sur le genre humain au delà des murs du Cook County.
 
Quel acteur d'ER aimerais-tu revoir à la télévision et quel genre de rôle lui conviendrait le mieux ?
 
Sherry Stringfield me manque ! On me souffle dans l'oreillette (ok, je suis sur imdb) qu'elle serait maintenant dans Under the Dome mais tant qu'à faire j'aimerais mieux la voir dans une bonne série. Enfin de manière générale les acteurs d'E.R. s'en sortent pas mal non ? Alex Kingston plus british que jamais dans Doctor Who, George Clooney encore plus "beau" de l'autre côté de la caméra...  Après j'adorerais revoir Linda Cardellini dans une série qui ferait suite à "Freaks and Geeks", où elle serait côté parent avec un ado d'aujourd'hui. Sinon vous pouvez me mettre tout le cast féminin derrière les barreaux d'Orange is the New Black.

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D'après toi, il se passe quoi au Cook County en septembre 2014, vingt ans après le pilote ?
 
Les portes sont condamnées, et taguées d'un grand "Do not open dead inside" à la peinture noire tandis que ce cher Romano, secrètement maintenu en vie depuis son "accident d'hélicoptère", est aux petits soins d'une Elizabeth Corday devenue zombie. Ou alors je confonds avec autre chose...
 
***
 
ADMISSIONS / Je ne sais pas comment on pourrait maintenir en vie quelqu'un qui s'est fait écraser par un hélicoptère qui lui avait déjà coupé le bras (oui, j'aime à penser qu'il s'agit du même hélico). Mais je sais que j'en voudrais toujours méchamment aux scénaristes pour avoir ainsi mis fin à la vie d'un personnage que j'aimerais beaucoup, Robert Romano.
 
Bien avant que Gregory House lui vole la vedette, Romano était propriétaire de la marque déposée : "médecin acariâtre que l'on adore détester". D'abord introduit comme un personnage récurrent tournant autour de la fraîchement débarquée Elizabeth Corday, il ne mit pas longtemps à intégrer la distribution principale et semer la zizanie dans tout l'hôpital. On y reviendra mais c'est d'ailleurs intéressant de voir à quel point Robert et Lizzie seront liés du début (la quatrième saison) à la fin (la dixième saison ou presque). Au départ, Rocket (ou "la Flèche" en VF) est l'archétype du chirurgien bling-bling qui est plus intéressé par les nouvelles technologies que par ses patients ou collègues. Revenu d'un voyage en Europe, il débarque avec pour intention de moderniser le bloc opératoire du County, quitte à malmener Peter Benton et à jouer les gros lourdingues auprès d'Elizabeth. Suite au départ de CCH Pounder (Dr. Hicks) et tandis que William H. Macy (Morgenstern) et John Aylward (Anspaugh) s'effacent peu à peu, c'est Paul McCrane qui hérite du rôle du grand patron, la bienveillance en moins. À aucun moment il ne désire s'afficher comme mentor, désirant seulement qu'on ne le dérange pas trop dans ses plans et affichant une froideur jamais vu avant. En clair, voilà que la série se retrouve avec un bon vieux méchant, aussi caricatural que jouissif. 

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Et c'est presque rafraîchissant d'avoir un parfait connard venir bousculer les habitudes de nos personnages. D'abord parce que je suis sûr que ce genre de types existent véritablement dans les couloirs des hôpitaux. Ensuite parce qu'à chaque fois qu'il sera confronté à un membre du cast, il y aura des étincelles. Qu'il s'agisse de Benton, Corday ou Weaver, ses principaux antagonistes ou bien de Mark (à qui il ne fera presque jamais de pitié), à ce pauvre Carter qui sera pour toujours à ses yeux un parfait débutant, à ce boulet de Pratt qu'il sait remettre à sa place ou bien, vers la fin, à une Sam Taggart qui n'hésite pas à le remettre à sa place. À chaque fois, c'est un festival de répliques cinglantes qui peuvent, au choix, servir de comic relief ou d'une source de tensions supplémentaires. Le voir débarquer en salle de réa ou aux admissions, c'est savoir que quelqu'un va s'en prendre plein la gueule, aussi bien un réceptionniste qu'un patient. On aime ou on aime pas mais, l'avantage, c'est que pendant longtemps les scénaristes sauront utiliser le personnage avec parcimonie et pile au bon moment. 

Jusqu'au fameux accident d'hélico, il fut d'ailleurs très rare de suivre Romano dans sa propre intrigue, il était bien plus souvent le poil à gratter qui venait bousculer celles des autres. Parmi ses interventions les plus marquantes, on se souvient de son éternel flirt avec Lizzie, un amour vache savoureux qui prendra une tournure dramatique intéressante au moment où Robert sera le plus vulnérable. Mais aussi de la manière dont il mettre sans arrêt des bâtons dans les roues de Peter avant de se montrer beaucoup plus bienveillant quand celui-ci sera sur la sortie. Et de sa chasse aux sorcières ignoble précédent le coming-out forcé de Kerry, à qui il n'aura décidément pas fait de cadeau. Mais ce qu'on retient aussi et avant tout, c'est justement les moments d'humanité de Romano : c'est le véritable avantage (même si très forcé) de toute cette histoire de bras coupé qui va le rendre plus humain (et plus présent à l'écran, comme le prouve l'unique Romano-centric "Finders Keepers"). Et des moments très volatiles comme celui où il demande à Reese Benton, via language des signes, de prendre soin de son père. Et bien sûr, dans l'épisode le plus mémorable de la série, on retiendra son acharnement à vouloir sauver Lucy, seule âme du County pour qui il avait développé de l'affection. 

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Le Romano barbu portant une prothèse qu'on a pu savourer en début de dixième saison était presque mon favori. Avoir Paul McCrane aux urgences était un beau cadeau qui promettait, je l'espérais, un travail plus en profondeur autour du personnage. Et puis il y a eu le retour de l'hélico et un "Freefall" pitoyable sur lequel j'ai dit suffisamment de mal la dernière fois. Romano eu le droit à une sortie digne d'un grand méchant hollywoodien mais pas du tout à la hauteur du personnage qu'il était devenu avec le temps et du travail remarquable de Paul MCrane (qui restera quand même une présence fidèle derrière la caméra et reviendra, pas rancunier, faire un caméo lors de l'ultime saison). 

Je terminerais mon hommage avec un top 3 de ses meilleurs répliques, et avec l'espoir de revoir Paul McCrane devant la caméra de nouveau (pourquoi pas dans The Good Wife, dans le rôle du pire ennemi de David Lee ?). 

3) If I wanted a nurse's opinion... well, I don't know what I'd do because quite frankly it's never happened. [S09E19 Things Change]

2) "Did anyone bother to verify that there really are medical schools in Croatia? [au sujet de Luka, S09E11 A Little Help From My Friends]

1) "You are a screw-up, Pratt and just to make myself clear, I didn't like you before I knew that." [S10E04 Shifts Happen]

Et n'oublions pas que dans "Finders Keepers" justement, il avait trouvé le sous-titre parfait pour la série : "ER : Everyone Replaceable" !

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SALLE DE RÉANIMATION / Aujourd'hui, je continue mon exploration de la période la moins excitante de la série en décortiquant... la douzième saison. En débutant cette rétrospective, j'avais déclaré que la onzième saison était inégale mais que le pire était à venir. Le pire, on l'a déjà évoqué via les saisons 13 et 14. Entre les deux, il y a celle-ci qui est... hautement oubliable. À quelques exceptions près. 

Suite à l'ère Mark Greene, la période Carter n'était pas aussi bonne que prévue, la faute à un casting trop grand, à un virement vers le soap plus prononcé et à une écrite assez aléatoire des personnages. Après une tentative manqué en début de dixième saison de repartir de zéro (putain d'hélico), on se disait que cette fois, avec le départ de Noah Wyle, c'était la bonne. Encore raté. Car c'est avec l'un des épisodes les plus médiocres de la série que s'ouvre cette nouvelle ère. "Canyon City" réunit trois tares symptomatiques des faiblesses de l'équipe de scénaristes sous David Zabel : il est hors-sujet (on passe la majorité du temps à suivre Luka et Sam dans un road-trip à la recherche d'Alex qui est chiant au possible), il offre une sortie inexistante à un personnage historique (oui, c'est la dernière apparition de Susan et on ne le saura que bien plus tard) et n'a rien d'original à offrir aux autres, qui sont contraints d'être d'accueillir les patients en mode automatique et réchauffés. Et la suite ne fera pas beaucoup mieux. 

Sans Carter, on se dit qu'on va pouvoir compter sur le trio de tête Susan/Luka/Abby pour jouer les tauliers et sur le trio Neela/Sam/Ray pour redevenir intéressants (on a bien sûr abandonné tout espoir concernant Pratt). D'emblée, Susan est éjectée sans cérémonie (la faute à Sherry Stringfield paraît-il), Luka est coincé dans sa relation soporifique et en fin de vie avec Sam et Abby... et bien Abby est redevenue brune et reste toujours la seule personne sur qui compter. Quand à Neela, son passage en chirurgie est très décevant surtout qu'il sera carrément obscurcie par un triangle amoureux sans trop d'intérêt avec Ray (qui, malgré un deuxième épisode qui lui en offrait la possibilité, ne sera décidément jamais digne d'intérêt). Bon, on va laisser Sam avec son gamin et renvoyer Luka dans les pattes d'Abby pour bien réchauffer la soupe et éloigner ces deux-là de la pratique médicale (une romance qui est une moins mauvaise idée qu'on aurait pu le croire, j'y reviendrais). Et pendant que le croate n'en finit plus de baigner dans l'amour, on introduira un nouveau taulier incarné par John Leguizamo à qui on donne le droit de cabotiner un maximum avec un personnage qui trahit le manque d'inspiration ambiant : un Romano du pauvre psychotique et incapable de s'intégrer au reste du cast mais n'hésitant pas à monopoliser le temps d'antenne pas seulement à l'hôpital mais aussi dans des intrigues foireuses d'adultère. Youpi. 

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Sans aucune inspiration, la série enchaîne alors les idées recyclés qui sont comme un condensé médiocre du passé : des chimpanzés aux urgences ! un crash d'avion sur Chicago ! un mariage surprise ! une grossesse non désirée ! un séjour africain ! une fusillade/prise d'otages dans les couloirs de l'hôpital ! Clairement, la série n'a plus rien à raconter... sauf quand elle se sort les doigts du cul et nous offre un épisode du calibre de "Body & Soul" où Abby retrouve un vieux mentor (James Wood) atteint d'une maladie dégénérescente incurable la forçant à revivre leur relation élève/mentor et médecin/patient. C'est beau à pleurer : la construction, la réalisation, les interprétations (mentionnons aussi Ally Walker) et la bande-son. On retrouve ER à son meilleur (avant d'enchaîner juste après avec l'un de ses pires épisodes, un "Quintessence of Dust" aussi nul que son titre). 

Heureusement, il reste quelques qualités rédemptrices à cette saison (ce qu'on ne peut pas vraiment dire de celles qui suivront). Le couple formé par Abby et Luka se révèle plus rafraîchissant que prévu et se met très vite à devenir très attachant (et c'est un Carby qui vous parle). L'alchimie entre Tierney et Visnjic fait plaisir à voir et même si cette grossesse rend Abby plus vulnérable, elle est traitée avec cohérence et du respect pour les deux personnages devenus vétérans. C'est presque naturel de les voir réuni et même si on a parfois l'impression de voir une version réchauffée du couple Doug/Carol, cette romance est un fil rouge plutôt constant dans une saison incapable de le rester très longtemps. À l'opposé exacte de leur première aventure lors de la septième saison, ces retrouvailles sont même une belle source de légèreté et d'humour. Bien sûr, il faudra qu'un tireur vienne provoquer l'accouchement prématuré d'Abby pour que le drama complètement forcé reprenne le dessus à la dernière minute. 

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La douzième saison réserve aussi une belle intrigue à Kerry. Après une longue période éloignée de l'action principale, on la suit dans sa décision d'être opérée de la hanche et de quitter pour toujours la béquille qui la définissait tellement. C'est un peu traité comme une intrigue secondaire mais ça permet au moins à Laura Innes de prouver aux petits nouveaux qu'elle a encore tout à fait sa place. Et puis j'ai beau pester contre l'arc africain, il a au moins permis de revoir Noah Wyle et j'en avais bien besoin. Quand au season finale, il est aussi nul que divertissant. Et je me suis tellement emmerdé devant cette saison que j'en garde presque un souvenir réjouissant (avec un montage final sur Snow Patrol qu'on croirait écrit par Shonda Rhimes, la concurrente officielle d'ER à cette période). Quand aux patients, on retiendra quand même cette femme turque martyrisée par son frère dans "Lost In America" et la patiente amnésique traitée par Luka dans "Wake Up" (250ème épisode sans étincelles). 

Allez, juste pour le fun, laissez moi énumérez encore quelques défauts bien lourdingues : l'atroce personnage d'infirmière colérique incarné par Kristen Johnson ; les intrigues familiales de Pratt dont le demi-frère est un ancien de Smallville ; les péripéties de Morris, comic-relief de service ; les histoires d'un Shane West qui semble de plus en plus issu d'un spin-off sur la CW ; le nouvel interprète vraiment mauvais d'Alex Taggart ; les débuts de John Stamos dans la peau de ce gros naze de Tony Gates ; le cancer de Dubenko qui le force à apparaître aux urgences via un ordinateur ; et, je le redis, les chimpanzés. 

En fait, pour résumer, le problème de cette saison est limpide : alors qu'elle doit propulser la série dans une nouvelle période, elle ne fait que recycler le passé avec beaucoup de maladresse. Espérant concurrencer Grey's Anatomy et House, elle apparaît comme un vestige. Quand elle essayera carrément de changer son ADN la saison suivante, elle fera encore pire. Il faudra attendre l'ultime saison pour qu'elle retrouve un peu de dignité. 

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C'est d'ailleurs de ça dont on parlera la prochaine fois. Ainsi que d'une triplée de personnages qui n'ont rien en commun mais qu'il fallait bien évoquer. Et puis je devrais recevoir un invité de luxe. Le tout dans deux semaines, si tout va bien...

00:09 Publié dans Urgences | Lien permanent | Commentaires (1)