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09/08/2014

Souvenirs d'ER #4

Le 19 septembre prochain, ER aura vingt ans. Ce sera en tout cas la date anniversaire de la diffusion, en 1994, du pilote de la série sur NBC. Pour fêter ça, retour avec ce "magazine" sur l'histoire de la série ou plutôt, mon histoire avec la série.

WAITING ROOM / Dans la salle d'attente de ce quatrième "numéro", je me demande s'il existe vraiment un ancien membre du cast d'ER qui a su briller par la suite (sans compter George Clooney hein). Tout le monde a plus ou moins retrouvé du travail mais qui a vraiment su retrouver un vrai bon rôle dans une vraie bonne série ? Enquêtons, rapidement...

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Les grands perdants : C'est hélas trois membres du casting d'original qu'on retrouve dans cette triste catégorie : à part pour un très bon second rôle dans le Zodiac de David Fincher, Anthony Edwards n'a jamais eu ce qu'il méritait et s'est retrouvé l'an dernier à chasser des nazis dans l'embarrassante Zero Hour. On a aperçu Eriq LaSalle dans des rôles mineurs de séries mineures (A Gifted Man, How To Make It in America, voyez le genre) et il joue les réalisateurs une fois par un. Et puis il y aSherry Stringfield, qui se retrouve dans Under The Dome et ça me fait beaucoup de peine. Si l'absence de Michele Michael et de Eriq Palladino sur mes écrans ne m'attristent pas autant, je suis un peu déçu de voir Parminder Nagra jouer dans The Blacklist mais comme je n'ai jamais vu la série de James Spader, ce serait juste médisant.

Ceux qui s'en sortent gentiment : Aussi médiocre soit-elle, Falling Skies est toujours à l'antenne et permet à Noah Wyle de gagner sa vie honnêtement. Il porte le truc sur ses épaules et son combat contre les aliens est devenu pour moi un guilty pleasure estival incontournable (où l'a rejoint le temps d'une saison une Gloria Reuben qui n'a jamais vraiment concrétisé sa carrière de choriste). De son côté, Laura Innes n'a pas eu de chance avec ses deux dernières séries : The Event et Awake furent rapidement annulés et on ne peut blâmer personne pour ça. Heureusement, elle s'en sort mieux derrière la caméra même si elle s'y fait rare depuis l'annulation de Brothers & Sisters. Même syndrome pour Paul McCrane, devenu rare devant l'écran mais très actif en réalisateur "freelance". À cause d'un vilain cancer qui l'a écarté du pilote de Parenthood, Maura Tierney a manqué une belle opportunité. Ses rôles de guest-star dans Rescue Me ou The Office n'avaient rien de mémorable mais dans The Good Wife, elle était excellent. J'ai bon espoir la concernant avec l'arrivée prochaine de The Affair. Goran Visnjic est actuellement à l'affiche d'Extant avec Halle Berry, un an après l'annulation de Red Widow. Je ne sais pas ce que valent ces deux séries mais au moins, il a du taf. Même chose pour Alex Kingston qui est récurrente à domicile dansDr Who et de l'autre côté de l'Atlantique dans Arrow. Après un passage inquiétant dans Two & A Half Men, Ming-Na a retrouvé sa dignité dans l'univers Stargate et bosse maintenant pour les agents de Marvel. On a vu Scott Grimes (qui est doubleur pour American Dad et Family Guy)dans un rôle d'urgentiste à Chicago où il soignait William H. Macy.Quand à Mekhi Phifer, il enchaîne depuis l'arrêt d'ER des rôles récurrents dans des séries dont je me fous, qu'il s'agisse de Torchwood, de Lie To Me ou de House Of Lies.

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Les grands gagnants : Deux infirmières se retrouvent au sommet du classement : Linda Cardellini qui, tout en continuant de faire pas mal de doublages, obtient des rôles de guest-star classe dans Mad Men, New Girl et se promène tranquillement dans le paysage du cinéma indépendant. Celle qui s'en sort le mieux sans hésitation, c'est quand même Julianna Margulies, devenue Alicia Florrick dans la très bonne The Good Wife. Ca tombe bien, on va pas mal parler d'elle cette semaine...   

ADMISSIONS / Oui, vous l'aviez compris, c'est Carol Hathaway qui est à l'affiche. L'histoire est connue : l'infirmière n'aurait jamais dû survivre à l'épisode pilote où elle tentait de se suicider. En voyant le talent de Margulies, les scénaristes lui offrir une nouvelle chance et elle s'imposera comme le personnage féminin le mieux dessiné de la série jusqu'à son départ à l'issue de la sixième saison.

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Au départ, c'est donc un personnage sombre, en pleine dépression qui doit pourtant rapidement reprendre le travail. Et ce sera significatif du parcours de l'infirmière : une vie personnelle dure marqué par une série de tragédie et déconfitures (un mariage raté en Saison 1, sa relation chaotique avec l'ambulancier joué par Ron Eldard dans la Saison 2, ses problèmes financiers la poussant presque à vivre à la rue en Saison 3, le départ forcé de l'homme de sa vie en Saison 5 et une grossesse douloureuse et solitaire en Saison 6) que Carol affrontera toujours avec détermination et qui ne l'empêcheront jamais d'être celle qui travaille le plus et pour un salaire bien plus misérable que ses "éminents" collègues. Appréciée de tous malgré son caractère bien trempée, Carol est une meneuse et le reste du personnel a confiance en elle, parfois bien plus qu'en Kerry Weaver ou des gens hauts placés. Avec ses origines grecques et sa maison en ruines au pied du métro aérien, Carol a un côté prolo qui lui permet d'être souvent celle qui appréhende au mieux le monde de prolo qui visite quotidiennement le Cook County. Elle ira même jusqu'à ouvrir tant bien que mal une consultation gratuite pour les jeunes femmes dans le besoin.

Sentimentalement, il est difficile de ne pas évoquer sa romance avec Doug Ross. C'est difficile de les supporter se tourner autour au départ, surtout quand on sait qu'une première tentative a poussé l'infirmière à la tentative de suicide. Mais peu à peu, le personnage de Clooney évolue et c'est avec l'aide de Carol que se fera sa rédemption. Leurs retrouvailles durant la Saison 3 se font donc de manière organique et leur couple sera par la suite plutôt solide et attachant, tant l'alchimie entre les deux acteurs était bien réelle. Et tout comme son comparse, Carol était, ne l'oublions pas, un personnage ne manquant pas d'humour et qui, malgré tous ses soucis, apportait une légèreté bienvenue à pas mal de situations. Ces deux-là ensemble formait même à l'occasion un véritable duo comique.

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La romance va durer jusqu'au départ de Doug qui va laisser Carol seule pour affronter la vie à Chicago et une grossesse surprise. Si elle peut compter sur Mark (avec qui elle partage une belle amitié), elle se retrouve étrangement isolé, comme si elle était un vestige des premières saisons et que, sans Doug Ross, les scénaristes ne savaient plus quoi en faire. Malgré une tentative perdue d'avance de la faire succomber aux yeux de cocker de Luka Kovac, Carol reste digne lors de cette sixième saison qui sera sa dernière. Et "Such Sweet Sorrow", son ultime épisode, est l'un de mes favoris de la série : Margulies y est particulièrement émouvante et tout ce qui faisait de Carol un pilier des urgences est rappelé à notre bon souvenir. Même sa "romance" avec Luka aboutit sur une jolie scène et ses retrouvailles avec Doug sur une belle surprise. On reverra Carol lors de la quinzième et dernière saison, toujours en compagnie de son mari, toujours dévoué à la médecine, comme prévu.

C'est en tout cas un plaisir de voir Margulies faire de nouveaux miracles à Chicago dans The Good Wife. Et pour conclure, je le répète : si Abby était celle que j'affectionnais le plus à l'époque car j'avais débuté la série sur le tard, il n'y a pas photo, c'est Carol Hathaway qui reste la meilleure infirmière et le meilleur personnage féminin a avoir arpenté les couloirs du Cook County.

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SALLE DE RÉANIMATION / C'est dans une salle de réa (la 2, c'était ma favorite) que j'examinerais à chaque fois une saison au hasard (pas dans l'ordre, sinon je m'ennuierais). Et le tirage au sort a désigné... la première saison. Celle dont on va célébrer les vingt ans en septembre, justement.

Et là, je dois vous avouer que ça doit faire au moins cinq ou six ans que je n'ai pas revu ces épisodes, mise à part le pilote. Mais faîtes moi confiance, je connaissais tout ça par cœur à l'époque et j'ai plutôt une bonne mémoire. Je me souviens par exemple que certaines choses ont bien vieilli et d'autres beaucoup moins : la réalisation à la steadycam incroyablement rythmé et suivant les acteurs comme dans un ballet, ça a bien vieilli et depuis, la télévision en raffole (Sorkin sera celui qui l'utilisera de la manière dont je préfère, "le walk and talk"). Les coupes de cheveux, styles vestimentaires et références culturelles, ça a moins bien vieilli. Tout cela est logique et on ne peut pas reprocher à ER d'avoir voulu être de son temps, c'est même ce qui fait parfois la force de certains cas médicaux qui eux, sont toujours d'actualité (et si on prend une intrigue introduite en Saison 7 comme l'homosexualité de Weaver et le regard de ses collègues, je ne pense pas que ça ait évolué tant que ça depuis 2000).

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Clairement, ce qui m'avait le plus marqué en découvrant cette première saison lors de sa sortie DVD en 2004 (la première fois que je me payais un coffret DVD !), c'est à quel point la série se focalisait principalement sur le travail des médecins. Ce qui est logique pour une série hospitalière mais pas si évident lorsque que, comme moi, on a découvert la série lors de la sixième saison, où l'équilibre vie professionnel/vie privée n'était plus le même. On quitte peu le Cook County au départ, ce qui nous plonge dans une ambiance presque claustrophobe, renforcé par un pilote qui se passe dans l'espace d'une seule journée ou des épisodes qui se passent lors d'une garde de nuit ou pendant un huis-clos causé par le blizzard. C'est un moyen efficace pour comprendre ce que peut ressentir quelqu'un comme John Carter qui débarque dans cet univers et s'y retrouve complètement absorbé ou pour ressentir la fatigue d'un Mark Greene finissant sa garde au petit matin ou un Peter Benton sous tension car son épuisement pourrait être fatal pour les patients du bloc opératoire. Le réalisme est de mise, le jargon médical nous est balancé d'emblée sans nous prendre par la main et tout se déroule à une vitesse folle.

Un autre élément assez spécifique à ces débuts, c'est que l'humour est vachement présent. Il est en tout cas beaucoup utilisé pour relâcher la tension et on se retrouve avec pas mal de moments de légèreté aux urgences, que ce soit grâce à des personnages secondaires ou à une équipe qui n'hésite pas à balancer "Twist And Shout" des Beatles au milieu de la réception pour se détendre. Ainsi, les liens entre les membres du personnel sont bien plus forts qu'ils ne le seront par la suite, bien moins forcés. À partir de la troisième saison, l'ambiance va s'assombrir et les personnages s'éparpiller. Et si l'humour reviendra à l'occasion (souvent grâce à ce bon vieux Jerry), il sera plus acerbe ou sarcastique. Et quand les dernières saisons voudront nous offrir de la rigolade, ça fera rarement mouche et apparaîtra plutôt comme un effort pour concurrencer Grey's Anatomy sur le terrain de l'humour potache, engendrant plusieurs générations d'internes bien idiots. Là, en première saison, c'est convaincant même quand l'humour est vieillot, car c'est bien dosé et cohérent avec l'équipe en place.

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Une équipe qui a tout de même ses soucis personnels et la série sait déjà bien les dépeindre, sans avoir besoin de recourir à un hélicoptère ou une épidémie pour faire monter la tension. Non, il s'agit d'un divorce, d'une mère malade, d'une sœur irresponsable ou d'un mariage sans amour, des intrigues réalistes qui nous sont racontés en tombant rarement dans le soap (même si la romance de Susan avec son psychiatre devenu fou ou celle de Doug avec une mère célibataire m'avaient gentiment ennuyé). Tout le monde a déjà trouvé les bases de son personnage et fait de l'excellent boulot, même si Noah Wyle est encore un peu jeune et son Carter un peu caricatural. Des guest-star de luxe viennent développer l'univers de l'hôpital dont on visite à l'époque plusieurs étages et plusieurs services : Michael Ironside, CCH Pounder, Rosemary Clooney (bouleversante en patiente victime d'Alzheimer).

Et puis il ne faut pas oublier qu'à l'époque, toute l'équipe de scénaristes et de réalisateurs était une vraie dream team. Sous la supervision des producteurs Steven Spielberg et Michael Chrichton, on assiste aux exploits de ceux qui seront incontournables derrière les caméras de télévision par la suite : Mimi Leder, Elodie Keene, Charles Haid, Mark Tinker, Christopher Chulack et même un certain Quentin Tarantino venu s'amuser avec la formule durant l'épisode "Motherhood". Même chose pour les scénaristes et toute une équipe technique de maquillage, sons, lumières et photographie qui seront justement récompensés aux Emmy Awards. Car oui, il ne faudra pas attendre longtemps que cette formule choc et inédite sur un network paye aussi bien aux yeux des critiques que du public. C'est le début d'un phénomène.

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Et même si je vous disais que tout à l'écran n'a pas si bien vieilli, on tient quand même la saison la plus cinématographique et avant-gardiste visuellement. L'hôpital est filmé dans tous les sens et on sent que la créativité est au rendez-vous. Derrière la caméra mais aussi derrière le script car ER tente déjà des choses avec les huis-clos dont je vous parlais plus haut et surtout, l'inoubliable "Love's Labor Lost". Je l'évoquais la semaine dernière en dressant le portrait de Mark Greene et je ne saurais mieux en parler que l'équipe du AV Club qui lui rendait hommage récemment. On retiendra aussi un "Blizzard" passionnant, un "Chicago Heat" torride, une nuit blanche à Chicago ("Sleepless in Chicago") à l'ambiance nocturne envoutante et un "Motherhood" expérimental qui utilise à merveille un classique des Beatles. Vous voyez, je me souviens presque de tout. Et j'ai la forte envie de tout recommencer depuis le début.

Sélection S1 / "Pilot", "Blizzard", "Love's Labor Lost"

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PARKING DES AMBULANCES / Comme tous ceux qui sont parti du County (vivant), je termine ma course sur ce fameux parking où résonne les ambulances et tous les souvenirs de parties de basket entre collègues et d'adieux émouvants. Car ce que j'aimerais vous proposer avec cette rubrique, ce sont des anecdotes personnelles sur ma relation avec ER au fil du temps. 

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Le collège, c'est la période scolaire que j'ai le plus mal vécu. Et c'est à la même période que ma passion pour ER était la plus prononcée. Tout comme Friends ou les Beatles, la série était devenu un échappatoire (oui, j'aurais aussi pu me plonger dans la lecture de Platon et Shakespeare mais ça n'était pas diffusé sur France 2 à 18h hélas). Il arrivait même que la série m'accompagne dans les couloirs du collège, que ce soit grâce à mes petits classeurs remplis d'articles (que je dissimulais autant que possible pour ne pas me faire taper) ou parce que j'avais décidé d'imaginer que mon parcours scolaire était un peu comme celui de Carter au Cook County. Une habitude que j'ai conservé par la suite au lycée et à la fac : arriver dans un lieu d'études ou de travail en me disant que je suis en plein parcours d'apprentissage avec une nouvelle galerie de personnages et en imaginant à quoi ressemblerait le générique de la série de NBC avec la gueule de tout le monde. Un autre moyen de ne pas vivre dans le présent et d'enrichir névrose et mégalomanie certes mais aussi une extension à ma passion/obsession compulsionnelle).  

Et au collège donc, quand il fallu parler orientation, j'ai eu une période de doutes. Jusque là, je voulais devenir dessinateur de BD ou romancier ou scénariste. Raconter des histoires quoi. Et là, je me suis dit que j'allais tenter médecine. Que si je voulais aller jusqu'au bout de ma passion, autant en faire mon métier (je n'avais pas forcément compris que ma passion, c'était l'écriture et la télévision, pas soigner des gens). En regardant ma moyenne en maths, la conseillère m'a gentiment déconseillé de m'acharner, tout comme ma mère qui voyait bien qu'il ne s'agissait que d'un caprice. L'ambition ne m'a pas quitté pendant deux semaines et je portais fièrement ma blouse dans le labo scientifique en rêvant d'intégrer les urgences (ne sachant pas non plus que celles du Maine-et-Loire n'avaient rien à voir avec celles d'un hôpital public de Chicago). J'ai raccroché la blouse et ce rêve éphémère. Quand ensuite, Six Feet Under devient ma série préféré, je n'ai pas eu envie de devenir croquemort. L'expérience m'avait fait grandir un peu, j'imagine...

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La prochaine fois, on s'arrêtera sur le cas d'un chirurgien qui aime bien faire des prises de karaté dans le vide au milieu des couloirs de l'hôpital. Et on étudiera une saison où tout le monde veut coucher avec Neela... 

12:02 Publié dans Urgences | Lien permanent | Commentaires (0)

02/08/2014

Souvenirs d'ER #3

Le 19 septembre prochain, ER aura vingt ans. Ce sera en tout cas la date anniversaire de la diffusion, en 1994, du pilote de la série sur NBC. Pour fêter ça, retour avec ce "magazine" sur l'histoire de la série ou plutôt, mon histoire avec la série.

WAITING ROOM / Dans la salle d'attente de ce troisième "numéro", mon esprit s'évade et je me dis que, si la série était toujours à l'antenne, elle attaquerait à la rentrée sa 21ème saison. Je me demande quelle gueule aurait le Cook County. Si un spin-off avec The Good Wife serait une bonne idée. Je me demande si Carter serait toujours dans les parages ou si Rachel Greene serait devenue depuis longtemps celle qui donne le ton. Je m'étais déjà posé toutes ses questions en tentant brièvement d'écrire une fanfiction sous forme de Saison 20. J'avais jamais terminé mais n'hésitez pas à aller lire ça et à me donner envie de reprendre ou à proposer un nouvel épisode.   

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ADMISSIONS / Je ne peux plus laisser traîner ça. Cette semaine, je m'intéresse à celui que la plupart des fans considère comme le véritable pilier et l'âme de la série : le docteur Mark Greene. Si Carter était celui par qui on découvrait l'hôpital, Mark était celui qui nous inspirait confiance dès le départ et s'imposait comme la personne à suivre dans les couloirs des urgences. Il suffit de regarder le pilote pour découvrir tout ce qui fait le charme du personnage qui collera toute sa vie à la peau d'Anthony Edwards : humble mais ambitieux, dévoué avec ses patients mais sachant faire preuve de recul si nécessaire, sévère mais juste avec ses amis, père divorcé mais excellent père, c'est un type quasi-parfait. Très rapidement, le reste de la saison réussira à le rendre de plus en plus complexe et fragile, jusqu'à l'apothéose émotionnel "Love's Labor Lost", l'un des plus bouleversants épisodes de la série.

Et pendant les sept saisons qui suivront, Mark gagnera en épaisseur dramatique en étant confronté à de nombreuses épreuves, sans jamais perdre sa place d'élément central et attachant. Il y aura le départ de Susan, qui le conduit à une crise de la quarantaine en Saison 3. Une terrible agression (j'en parlais la dernière fois) qui entraîne chez lui des troubles du comportement et une relation bien triste avec une réceptionniste (Saison 4). Une tentative de réconciliation familiale qui arrivera sur le tard, au moment où son père perdra son combat contre le cancer (Saison 6). Et une tumeur qui viendra le toucher lui et scellera son destin, malgré ses efforts pour le repousser et un ultime effort pour renouer des liens avec sa fille (Saison 8). Je crois avoir résumé les principales intrigues personnelles du médecin (sans compter sa belle romance avec Elizabeth Corday), qui était tout aussi passionnant dans les couloirs de l'hôpital qu'à l'extérieur.

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Et quand je pense à Mark Greene, je pense à ses patients et à la légende de Superman qui l'entoure, que Carter confie à Abby lors de la veillée funèbre de leur mentor. Ce sont les patients de Mark dont je me souviens le plus, de la jeune mère qui périt en donnant naissance à son fils ("Love Labo'rs Lost", encore lui) à Loretta Sweet, la prostituée qu'il prend sous son aile sans oublier cette petite fille qui aura la chance d'être sa dernière consultation ("Orion in the Sky", le dernier jour aux urgences de Mark et l'un de mes épisodes favori de la série, on en reparle plus bas). C'est un pontif mais c'est vrai : Mark Greene est le médecin qu'on aurait tous aimé avoir.

Et en tant que bon catalyseur, c'était aussi un excellent ami, faisant le lien entre Doug Ross (malgré des adieux doux-amer), Susan, Carol, Kerry (après une longue rivalité) et étant le guide de Carter, Lucy et de tant d'autres étudiants et internes qui ont défilés au Cook County. Les épisodes les plus représentatifs de l'ère Green, j'en ai déjà cité plus haut et je rajouterais "A Shift in the Night" (Saison 2), "Fathers & Sons" (Saison 4), "Point of Origin" (Saison 5), "The Fastest Year" (Saison 6), "Piece of Minds" (Saison 7) et bien sûr, les adieux à Hawaï de "On The Beach" (Saison 8). Et ce "Somewhere Over The Rainbow" qui nous rappellera pour toujours l'un des personnages les plus attachants et complexes de la télévision. Charismatique tout en simplicité grâce à un Anthony Edwards qui, je le répète, mérite vraiment de retrouver du travail un jour au l'autre (et je ne parle pas de chasser des nazis).

Mais au final, ce qui me rappellera toujours Mark Greene, ce n'est pas une chanson ou un moment tragique de l'histoire de la série. C'est cette scène culte, qui donne le ton de la série et apparaît dès la fin du pilote (puis dans le générique) : celle où Mark vient réconforter Carter, traumatisé suite à une intervention musclé en salle de réanimation. On voit d'abord sa silhouette dans une flaque d'eau puis il s'agenouille auprès de lui (Carter refera la même chose des années plus tard) et lui offre ses conseils :

"Don't ever say you're sorry. See, there's two kinds of doctors... there's the kind that gets rid of their feelings, and the kind that keeps them. If you're gonna keep your feelings, you're gonna get sick from time to time, that's just how it works. Keep your head down. People come in here and they're sick and dying and bleeding and they need our help. Helping them is more important than how we feel. But it's still a pain in the ass. Sometimes, I just want to quit and do somethin' else. Yeah. Why don't you take a few more minutes ?"

L'évangile selon Saint Greene, où tout est résumé : la sagesse, la sincérité, l'humanité et la compassion. Qui seront aussi ses plus grandes faiblesses mais heureusement, Mark n'est pas parfait et c'est pour ça qu'on se souvient encore de lui.

***

SALLE DE RÉANIMATION / C'est dans une salle de réa (la 2, c'était ma favorite) que j'examinerais à chaque fois une saison au hasard (pas dans l'ordre, sinon je m'ennuierais). Et le tirage au sort a désigné... la huitième saison.  

Alias la première saison que j'ai pu suivre lors de sa première diffusion le dimanche soir sur France 2. Enfin presque puisque, comme j'étais encore jeune, mes parents me l'enregistraient pour que je le visionne le lendemain. Et prenait encore soin de me mettre en garde si une scène leur semblait un peu trop sanguinolente. Je ne sais pas si c'est dû à ça, mais la huitième saison fait toujours partie de mes saisons favorites de la série. Avec la sixième, qui était la première que j'ai pu voir du début à la fin. Le point commun entre ces deux saisons ? Beaucoup d'arrivées et de départs. Beaucoup d'activité au County et malgré le désordre, des épisodes qui sont parmi les plus marquants.

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Une page se tourne avec la huitième saison qui voit le départ de deux membres du casting original : Anthony Edwards et Eriq LaSalle. Les adieux du premier, je l'ai déjà évoqué plus haut et on peut dire qu'ils étaient à la hauteur. Au départ, j'avais peur que le retour de sa tumeur entraîne des choses redondantes avec la saison précédente mais les scénaristes ont encore des choses à nous dire sur la maladie (encore heureux pour une série médicale) et on sait très rapidement que cette seconde lutte ne sera pas longue. Le plus émouvant, c'est de voir Mark se résigner et décider de mourir dignement. Son départ des urgences est un grand moment dans l'histoire de la série, qui permet de truffer les épisodes de moments résonnants sur le passé et le futur d'ER ("Orion in the Sky" et "The Letter", en particulier). Et puis il y a l'épisode à Hawaï, presque gâché par le changement de casting de Rachel Greene mais pas suffisamment pour ne pas qu'on pleure à chaudes larmes quand notre médecin favori pousse son dernier soupir, apaisé. En larmes et presque avec un sourire d'apaisement nous aussi.

Le départ de Peter sera moins réussi : je n'ai jamais vraiment aimé les intrigues judiciaires liés à la garde d'enfant et j'aime encore moins le personnage de Cleo Finch, antipathique à souhait. Alors en liant les deux à forte dose lors de la première moitié de saison, la série m'ennuie. Eriq LaSalle tire quand même son épingle du jeu et on a le droit à de belles scènes avec son gamin. Quand on apprend à ce dernier, atteint de surdité, que sa mère vient de mourir dans un accident de voiture (c'était quand même bien dark ER) ou bien quand Romano montre un peu d'humanité en lui faisant signe de prendre soin de son paternel. Heureusement, l'ultime épisode de Benton est une réussite. "I'll Be Home For Christmas" parvient à boucler sur une belle note son parcours dans la série, à remettre le bloc opératoire sur le devant de la scène une dernière fois et à lui offrir un adieu chaleureux avec son éternel padawan Carter.

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Autour de ces deux moments pivots, la saison offre de belles partitions à la plupart des personnages : Carter qui montre dès l'intense épisode "The Longer You Stay" qu'il est capable d'assurer le suivi de son maître. Abby qui lutte contre ses vieux démons et joue au chat et à la souris entre John et Luka, sans jamais devenir femme-objet de désir ou être défini par ça en tout cas. De son côté, Kerry affirme son homosexualité au côté de Sandy, nouvelle conquête qui lui apprend à assumer sa sexualité et à affronter le regard de ses collègues, Romano en particulier. Sans oublier l'arrivée de Michael Gallant, marchant dans les pas de John Carter ou celui de Gregory Pratt, pas encore entièrement un boulet.

J'en oublierais presque d'évoquer le retour de Susan Lewis, cinq ans après son départ. On ne peut pas dire que les scénaristes lui donnent beaucoup de matière au départ (une romance embarrassante avec Carter et un sentiment d'être de trop dans un cast déjà bien fourni) mais elle se rattrape par la suite en soutenant son vieil ami Mark, en partant à New York pour un crossover sympa avec Third Watch et surtout lors de l'épisode concept "Secrets & Lies", un hommage au Breakfast Club qui n'a pas convaincu tout le monde mais qui, moi, m'a ravi. Les grands perdants seront en vérité Luka et sa romance soporifique avec Julie Delpy, Jing-Mei Chen à qui on offre très peu et Dave Malucci qui part par la petite porte dès le début de la saison (malgré une dernière réplique coup de poing).

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Agitée, débordante d'intrigues et de personnages, étant parfois excessif dans sa volonté d'en faire toujours plus (l'épidémie final, presque de trop), la huitième saison d'ER annonce déjà les défauts de celles qui vont suivre. Mais elle le fait de manière souvent passionnante et enchaîne les épisodes qui sont dans mon panthéon personnel. Rien ne sera plus comme avant.

Sélection S8 / "The Longer You Stay", "I'll Be Home For Christmas", "Secret & Lies", "Orion in the Sky", "The Letter", "On The Beach"... La liste est longue !

***

PARKING DES AMBULANCES / Comme tous ceux qui sont parti du County (vivant), je termine ma course sur ce fameux parking où résonne les ambulances et tous les souvenirs de parties de basket entre collègues et d'adieux émouvants. Car ce que j'aimerais vous proposer avec cette rubrique, ce sont des anecdotes personnelles sur ma relation avec ER au fil du temps. 

Je vous l'expliquais en parlant de la huitième saison : ma mère et mon beau-père ne me laissaient pas regarder ER lors de sa première diffusion sur France 2 car j'avais de l'école le lundi matin. Il aura fallu attendre la onzième saison pour que j'ai ce privilège et après, la chaîne condamnera la série à sa deuxième partie de soirée. Mais avant, quand je devais dormir, ils enregistraient pour moi. Ca ne m'empêchait pas d'écouter les premières minutes en collant mon oreille à la porte de ma chambre. Je reconnaissais les voix, tremblait quand résonnait le générique, c'est presque pathologique et ça m'empêchait de fermer l'oeil car je m'imaginais ensuite un tas de choses sur le sort des personnages. Je me souviens en particulier de la diffusion de "Chaos Theory", le season premiere mouvementé de la Saison 9. L'accident qui frappe Romano, je l'ai entendu sans voir de quoi il s'agissait et c'était vraiment stressant. Même chose pour "Kisangani", qui me semblait bien dépaysant à l'oreille. C'est peut-être à cause de cet exercice que j'ai toujours su apprécier la VF d'ER (même si bien sûr, j'ai privilégié la VF dès l'acquisition des DVD, j'y reviendrais).  

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Le lundi soir, je sortais du bus scolaire en courant pour aller découvrir tout ça. Même quand j'avais pu squatter Internet au CDI pour en savoir plus sur les intrigues à venir, j'étais très excité et ne perdait pas une miette de ce qui se passait à l'écran. Ma mère et mon beau-père, qui regardaient la série depuis ses débuts sur France 2, étaient de moins en moins passionnés au fur et à mesure des années alors que moi, le virus m'avait pris définitivement. Les enregistrements, je les conservais par la suite en prenant soin de fabriquer des jaquettes en collant des articles des Télé Poche archivés (cf : la semaine dernière). Certaines avaient vraiment de la gueule (celle où j'avais compilé "Kisangani" et "The Lost", le doublon africain) et je dois encore en avoir quelques-unes même si l'arrivée des DVD m'a fait négliger ma collection faite-maison. Si je chope un appareil photo la prochaine fois que je rend visite à ma mère, je vous montrerais ça. Et si je trouve un magnétoscope qui fonctionne, j'irais me replonger dans l'habillage du France 2 de l'époque, le message du partenaire qui annonce la série avant que la musique du Previously résonne. De modestes Madeleine de Proust.  

***

La prochaine fois, ce sera au tour d'une infirmière devenue aujourd'hui avocate de passer sous mon scalpel. Et j'examinerais également une saison où tout le monde est très jeune.  

Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas !

10:39 Publié dans Urgences | Lien permanent | Commentaires (1)

26/07/2014

Souvenirs d'ER #2

Le 19 septembre prochain, ER aura vingt ans. Ce sera en tout cas la date anniversaire de la diffusion, en 1994, du pilote de la série sur NBC. Pour fêter ça, retour avec ce "magazine" sur l'histoire de la série ou plutôt, mon histoire avec la série.

WAITING ROOM / Dans la salle d'attente de ce deuxième "numéro", je trouve quelques magazines posés sur la table. Pas de Paris Match ou de Ici Paris mais un exemple de Générations Séries, une revue de référence sur le sujet, qui s'est éteinte il y a déjà dix ans. C'est le numéro 20, il date de 1997 et on retrouve le casting des premières saisons en couverture, annonçant un dossier complet lié à la diffusion sur France 2 qui devient déjà un petit phénomène. Heureux d'avoir un jour commandé cet ancien numéro qui doit aujourd'hui être bien épuisé. C'est un collector où l'on évoque aussi Chicago Hope, concurrente direct d'ER à l'époque, et X-Files, l'autre phénomène. Mais on m'appelle aux admissions et on reparlera plus tard de la manière dont la presse française a alimenté ma passion pour le Cook County.  

ADMISSIONS / Et cette fois, j'ai rendez-vous Abby Lockhart. Oui, après avoir évoqué mon personnage masculin favori la semaine dernière, c'est au tour de mon personnage féminin favori. C'est peut-être un sacrilège pour ceux qui offriraient cette place de choix à Carol Hathaway, Susan Lewis ou Elizabeth Corday mais navré, ma préférée, c'est Abby.

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Même si rien n'égalera le cast des débuts, j'ai toujours eu de l'affection pour la "troisième génération". Celle qui débarque durant la sixième saison, Luka Kovac et Abby Lockhart en tête (oui parce que Cleo Finch et Dave Malucci, pas tant que ça). Non seulement il s'agit d'une saison que j'adore tout particulièrement mais ces deux-là ont su vraiment s'imposer sur la longueur et avec des personnages complexes. Les scénaristes ont voulu trop rapidement faire porter sur leur épaules un bon paquet d'intrigues en Saison 7 ou Saison 9 mais ils ont fini par trouver un bel équilibre.

En vérité, c'est Maura Tierney qui a fait le boulot. Même dans les intrigues maladroites dont je vous parlais, que ce soit l'éternel démon de la boisson (qui est bouleversant à suivre en Saison 8, beaucoup moins en Saison 14) ou ses problèmes familiaux (même chose en Saison 7, beaucoup moins en Saison 9). Quand le showrunner David Zabel tire sur la corde et fait subir tous les malheurs du monde à Abby, Tierney relève le défi et sublime sa partition. Tour à tour désabusé et lumineuse, toujours au service des patients et avec une belle ambition qui feront renaître le perso quand elle quittera sa tenue d'infirmière pour devenir étudiante en médecine. Si les romances n'étaient pas son fort (il aura fallu attendre leur mariage pour que je finisse par adhérer à son couple avec Luka et mes espoirs pour sa relation avec Carter furent bien anéantis par la Saison 9), on pouvait compter sur elle pour l'amitié : son duo avec John, avec Susan, avec Neela ou même Kerry, les scénaristes savaient créer des amitiés solides autour d'elle (pas toujours sur la longueur mais c'est déjà ça).

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Suite au départ de Mark Green, les prétendants au titre de taulier et figure de proue de la série étaient tout naturellement Carter et un peu moins naturellement Kovac. C'est finalement Abby Lockhart qui menait la barque à partir de la neuvième saison et jusqu'à son départ discret mais émouvant au début de l'ultime saison (où elle m'aura bien manqué). Les scénaristes auront tout raconté à son sujet, et même tout et n'importe quoi (certains ne supportaient justement pas le Lockhart Show) mais Tierney, ses multiples coupes de cheveux, son regard espiègle et assassin et sa capacité à nous faire larmoyer sans efforts, ont su me passionner pendant très longtemps. C'était mon amoureuse quand j'étais plus jeune et, après avoir suivi le parcours d'apprentissage de Carter, c'est le sien qui m'aura marqué le plus l'esprit. Elle n'est pas la Carol Hathaway 2.0. qu'on a bien voulu nous vendre lors de son arrivée tout comme Kovac ne sera pas bien longtemps un Doug Ross du pauvre. Elle a dépasser ça très rapidement et j'ai hâte de retrouver un jour un rôle à la hauteur pour Maura Tierney.

Une scène favorite, pour finir, concernant Abby : celle où elle vient d'avoir son diplôme, à l'issue de la dixième saison. Il pleut, Carter passe la féliciter et elle saute de joie complètement trempée. Une belle victoire après avoir autant galéré. Des épisodes mémorables pour savourer Abby ? "The Visit" (Saison 7) où Sally Field joue pour la première fois le rôle de sa mère bipolaire ; "Beyond Repair" (Saison 8) où elle est proche de la rechute vers l'alcoolisme après avoir porté secours à une voisine battue par son mari (à voir aussi pour les fans de Christina Hendricks). "Skin" (Saison 11) où elle se fait kidnapper par des membres d'un gang nécessitant des soins en urgences. "Body & Soul" (Saison 12) qui retrace sa relation avec James Wood, qui joue son mentor dans un épisode concept qui est la meilleur de la saison et de très loin. Et puis "The Book of Abby" (Saison 15) qui marque son départ.

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SALLE DE RÉANIMATION / C'est dans une salle de réa (la 2, c'était ma favorite) que j'examinerais à chaque fois une saison au hasard (pas dans l'ordre, sinon je m'ennuierais). Et le tirage au sort a désigné pour débuter... la troisième saison.  

Cela vous ramène en 1996 si vous êtes américains, en 1997 si vous êtes français et en 2005 pour moi, car j'ai dû attendre la sortie en DVD du coffret pour enfin voir une troisième saison que j'avais loupé lors des rediffusions de France 2. Bien sûr, je connaissais déjà par cœur ce qui se déroulait dans ces vingt-deux épisodes, je n'avais juste jamais pu les voir de mes propres yeux. C'est bizarrement foutu mais oui, c'est l'une des saisons d'ER que j'ai vu en dernier.

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Il m'arrive de considérer les trois premières saisons comme un premier cycle, une sorte de trilogie avant que la série ne passe à sa deuxième période (Saison 4 à 6 ou 8, en gros, mais on en reparlera de ma classification). Avant que Carter ne quitte la chirurgie et que débarque de nouveaux personnages clés, avant aussi que se renouvelle beaucoup l'équipe de scénaristes et réalisateurs. En tant que dernier volet de la "trilogie", la troisième saison est marqué par une vraie noirceur et une ambiance très hivernale. Comme si la neige à Chicago avait à peine fondu entre 1996 et 1997, afin de coller au mieux à l'ambiance du Cook County. Regardez plutôt : Carol est sans-abri, Doug a une vie plus erratique que jamais, Peter voit l'un de ses étudiants faire une tentative de suicide à cause de la pression, Carter se fait briser le cœur et reconsidère ses trois années d'apprentissage en chirurgie, Jeannie Boulet apprend qu'elle est séropositive, Mark a du mal à se remettre du départ de Susan et finit par se faire violemment agressé dans les toilettes des urgences. Wow. Même si la série sait toujours contrebalancer ça avec quelques moments de légeretés (notamment grâce à une Weaver qui agit bien souvent comme comic relief à l'époque), c'est pas la joie.

Parmi les storylines qui m'ont marqués, il y a l'évolution de Carter qui s'éloigne peu à peu du mentorat de Benton pour passer sous l'aile de Mark Green et de la médecine d'urgence. C'est un arc qui avait débuté dès l'inoubliable "Garde de Nuit" de la Saison 2, qui reprend de plus belle sous le feu d'artifice du 4 juillet dans le season premiere et qui s'achève dans un season finale où Carter doit faire un choix décisif. Carter est également au cœur de la chute de Denis Gant, son camarade interne qui s'enlise dans le travail et la pression et finit par se jeter sous les rails du métro. Le moment où Benton et Carter découvrent l'identité du suicidaire qu'ils sont en train de réanimer à la fin du traumatisant "Night Shift" est un cliffangher qui reste en tête et va pas mal chambouler les habitudes de Benton justement. Le personnage traverse une vraie remise en question, enclenché aussi par le secret de Jeannie Boulet, son ancienne amante, aujourd'hui séropositive.

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C'est bien durant la troisième saison que Jeannie Boulet se montrera un personnage à part entière au parcours très émouvant. Les scénaristes d'ER on su traiter son arc sur la longueur, sans prendre de raccourcis et en explorant toutes les facettes de la séropositivité : de l'évolution de la madie aux différents traitements en passant, surtout, par le regard des autres. Elle se trouvera une alliée en Weaver qui gagne ainsi en humanité et s'impose elle aussi. Bref, les deux petites nouvelles de la deuxième saison forment un beau duo cette année-là. Et le combat de Jeannie se poursuivra par la suite, même s'il n'atteindra pas de moments aussi justes et sensibles que dans la Saison 3.

L'étape importante, c'est aussi le départ de Sherry Stringfield, qui inaugure là une véritable tradition pour le casting de la série. À l'époque, c'était pas rien de dire au revoir à un personnage du casting d'origine et les scénaristes lui offrent une belle conclusion (surtout si on la compare à celle qu'ils lui offriront lors de son deuxième au revoir, en Saison 12). "Union Station" est un épisode romantique d'ER qui se concentre principalement sur les amours manqués de Mark et Susan, des Jim et Pam avant-gardistes. Ces adieux à la gare marquent surtout la fin d'une belle amitié et le début d'une longue traversée du désert pour Mark. Il peine à faire confiance à Doug, son meilleur ami, qui accumule les dérives (et qui, pour le coup, devient de plus en plus redondant). Il peine à retrouver une relation amoureuse un peu digne et ne fait qu'enchaîner les histoires sans lendemain, traverse une mini crise de la quarantaine et finit... finit par se faire exploser la gueule contre un évier dans une scène qui vous prend par surprise, à la fin de "Random Acts". Ca deviendra un procédé récurrent dans ER mais à l'époque, personne ne s'y attendait. Un événement qui va entraîner une nouvelle quête d'identité dans la saison suivante (on y reviendra) et offrira à Anthony Edwards de beaux moments d'émotion et un moyen de rendre de plus en plus complexe son personnage.

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La saison est donc bien solide et bien sombre, avec aussi un lot intéressants de patients et cas sociaux. Mais pas exemptes de défauts, bien entendu. Parmi eux, j'avoue ne toujours pas avoir saisi l'intérêt de Maggie Doyle, le personnage de Jorja Fox, qui bossera aux urgences jusqu'à la cinquième saison mais qui, dès sa première apparition, ne possède pas une personnalité très engageante et n'évoluera jamais. La fusion avec les urgences de Southside permettra par contre d'avoir un Dr Anspaugh qui fera partie des figures récurrentes presque rassurantes sur le long terme. Pas très convaincu non plus par "l'épisode événement" avec un Ewan McGregor pré-Star Wars qui joue les prolos braqueurs d'épicerie et où Carol se retrouve prise au piège. C'est bien tendu comme il faut, c'est émouvant à la fin mais c'est quelque chose qu'on a vu mille fois au cinéma et à la télévision, ne valant que pour la prestation de Juliana Margulies. Je resterais aussi assez indifférent à la relation entre Carter et la pédiatre Abbey Keaton et pas toujours vraiment impliqué dans les errances de Doug Ross. Jusqu'à ce que sa réconciliation avec Carol et les belles heures de leur romance finissent par m'avoir...

Sélection S3 / "Union Station", "Night Shift", "Random Acts"

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PARKING DES AMBULANCES / Comme tous ceux qui sont parti du County (vivant), je termine ma course sur ce fameux parking où résonne les ambulances et tous les souvenirs de parties de basket entre collègues et d'adieux émouvants. Car ce que j'aimerais vous proposer avec cette rubrique, ce sont des anecdotes personnelles sur ma relation avec ER au fil du temps. 

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Revenons donc à ce que j'évoquais en introduction : le rôle des médias dans ma passion pour ER. Il y avait donc des magazines spécialisés de qualité, comme Génération Séries et ses dossiers complets, comme Episode qui avait consacré quelques pages excitantes à la Saison 9 (la période séparant la huitième saison de la neuvième était celle où j'étais le plus excité au sujet d'ER). Mais aussi les programmes télé ! Oui, sans Internet, c'était le moyen le plus simple d'en savoir plus sur la série, ses coulisses et le nom de ses épisodes, que j'ai rapidement mémorisé et que je connais encore par coeur. Ma grand-mère conservait les archives de ses Télé Poche, et j'ai un classeur contenant toutes les coupures presses concernant de près ou de loin le Cook County. Parfois simplement des résumés d'épisodes ou bien de courtes interviews avec Anthony Edwards qui explique son départ, vous voyez le genre. Je les découpais et les collait au dessus de mon bureau, sur le mur de ma chambre d'enfant.

Un pote qui lui, avait Internet, a pu m'imprimer un guide des épisodes complet trouvé sur le site de référence en France, le toujours vaguement actif Urgenceslasérie.com. Il avait même réussi à copier le site sur un CD-Rom, me permettant d'y naviguer hors connexion sur mon vieil ordinateur portable. Le site contenant des résumés qui allaient rester pendant longtemps ma seule manière de connaître les premières saisons, que France 2 n'avait pas encore rediffusé pour moi. Et d'avoir quelques spoilers sur la suite. Une galerie de photos me permettait aussi d'assouvir ma passion pour Maura Tierney et quelques extraits de la bande originale rythmaient mes après-midi d'ennui pré-adolescents. En bravant l'interdit au CDI du collège, j'ai ensuite trouver la poule aux oeufs d'or avec ER Headquarters, le site de référence américain aujourd'hui disparu, qui m'a permit de perfectionner la langue de Shakespeare et d'avoir encore plus d'infos sur mes médecins favoris.

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Ailleurs sur Internet, je me délectais aussi des reviews de Joma sur EDUSA qui tapait gentiment sur Gregory Pratt et les yeux de cocker de Kovac. Je ne manquais pas les annonces de la page officielle de la série sur le site de NBC et commençais à rejoindre des forums pour tailler le bout de gras avec d'autres fans : plutôt Luby ou Carby, ce genre de débats. Jusqu'à ce que j'obtienne enfin Internet chez moi, vers l'âge de 17 ans et que je lance mon propre forum, bientôt rejoint par une équipe bien motivé. Il est encore en ligne et, comme je l'expliquais la dernière fois, assez complet je pense, même si très naïf. Vous pouvez y trouver, par exemple, un guide détaillé du parcours d'Abby dans la série.

Aujourd'hui, les médias et Internet devraient reparler d'ER pour son anniversaire, après l'avoir lâchement abandonné à l'époque où France 2 faisait n'importe quoi avec la diffusion de la série et où les médecins qui passionnaient les foules étaient Gregory House et Meredith Grey. La fin d'une époque.

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La prochaine fois, je pense dresser le portrait d'un célèbre docteur à lunettes et évoquer une saison dont il ne ressortira pas vivant. Vous me suivez ? Et si vous souhaitez participer à cette nouvelle lubie (que j'aimerais déclarer hebdomadaire mais ce serait sûrement vous mentir au vu de mon emploi du temps), n'hésitez pas. 

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19/07/2014

Souvenirs d'ER #1

WAITING ROOM / Le 19 septembre prochain, ER aura vingt ans. Ce sera en tout cas la date anniversaire de la diffusion, en 1994, du pilote de la série sur NBC. Ne vous inquiétez pas, j'ai un tas de collègues qui ont prévu des rétrospectives bien documentées, de vrais dossiers de journalistes avec des infos que même Wikipédia a pas. Moi, pour célébrer ça, je vais faire comme d'habitude : de la bouillie très personnelle, pleine de fautes d'orthographes et de conjugaisons, un hommage qui en fait trop et en même temps pas assez. Une mini saga de l'été qui débute sur le tard et n'est même pas sur de durer. Tout ce que je sais, c'est que des souvenirs liés à ER, j'en ai un paquet. Il y a en a déjà pas mal que j'ai pu vous raconter, surtout lors de la diffusion du series finale. Vous le savez, ER est (avec Friends qui aura le même age) la fondation de mon amour pour la télévision. Alors bon anniversaire, vieille branche.  

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ADMISSIONS / Jerry, qui est de garde ce soir ? C'est la rubrique où je parle d'un médecin du County et je penses que l'idéal, c'est de commencer par mon favori. Aujourd'hui occupé à cultiver sa barbe et chasser les aliens sur TNT, Noah Wyle était un gosse quand il apparaît dans le pilote pour incarner John Carter. Même si on nous invite d'emblée à passer par lui et son regard naïf pour découvrir les urgences, je pense pas que le public se doutait à l'époque qu'il deviendrait un personnage clé, limite fil rouge, de la série, du début jusqu'à la fin (avec une pause au milieu). Et je viens déjà de citer deux raisons pour lesquelles Carter est mon chouchou : il est la mémoire de la série et son fil rouge. Si l'on regarde n'importe quel épisode des onze premières saisons, on pourra toujours retrouver notre Carter à différentes étapes de son apprentissage et de sa vie personnelle. C'est lui qui fait le lien entre les autres membres du cast et ceux qui ne furent pas aussi fidèles au poste que lui. Au départ, c'était le job de Mark Greene, mais sur le long terme, ce dernier l'avait prédit, c'est tout de même John qui a donné le ton. 

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Bien sûr, je suis peu objectif concernant mon héros. Faut dire que j'ai grandi avec lui et que j'avais pas un esprit critique fortement aiguisé (toujours pas d'ailleurs) entre huit et dix-huit ans, quand il était mon modèle absolu. J'ai par exemple beaucoup apprécié son intrigue d'addiction aux anti-douleurs et le traumatisme lié à la mort de Lucy, sa jeune élève. Beaucoup aimé aussi sa relation avec Abby, particulièrement leur amitié et même leur couple (qui sera pourtant bien ruiné par une neuvième saison pas tendre pour eux). Une même saison qui se termine par "Kisangani", le premier séjour africain de Carter, où il se révèle de nouveau même si, rien ne sera plus comme avant.

Oui, c'est à partir de là que John commence à avoir le regard ailleurs et que Kem nous tape gentiment sur le système. Mais ce sera un plaisir de le revoir au moment où la série tirait sa révérence, un plaisir de le revoir jouer au basket sur le parking des ambulances, prendre sous son aile Rachel Green et reprendre possession des lieux où il a grandi. Au final, malgré quelques passages à vide (la période Kem donc qui aura quand mêle livré un "Midnight" bouleversant ou bien sa relation "amoureuse" avec Susan Lewis, pour ne citer que deux exemples), Carter reste le personnage emblématique de la série. Et il fait également partie de mon duo favori des premières saisons : celui qu'il forme avec son mentor, Peter Benton. La mémoire, la passation de savoir, le temps qui passe.

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Trois thèmes qui font qu'ER est encore pour moi une référence et dont, au vu de sa longévité au sein du cast, Carter était le garant. 

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SALLE DE RÉANIMATION / C'est dans une salle de réa (la 2, c'était ma favorite) que j'examinerais à chaque fois une saison au hasard (pas dans l'ordre, sinon je m'ennuierais). Et le tirage au sort a désigné pour débuter... la onzième saison. Mon dieu. 

Oui, je dis mon dieu parce que c'est pas l'idéal pour débuter vu que c'est loin d'être une saison idéal (mais pas la pire non plus). On évoquait Carter juste avant et, comme c'est sa dernière au sein du casting principal, je m'attendais à l'époque à un traitement beaucoup plus réussi de mon héros et du chemin qui allait le mener loin de Chicago. Au lieu de ça, malgré des débuts prometteurs, la saison s'éparpille rapidement autour d'un Carter qui ne donne plus trop le ton et semble déjà ailleurs (Noah Wyle était plus forcément trop à fond dedans visiblement) et le résultat est très inégal. 

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Avoir un Carter dépressif suite à la perte de Kem et de leur bébé mort-né, c'était cool (oui, c'est cruel, mais j'aime beaucoup le Carter dépressif). Le voir jouer les vieux beaux avec la nouvelle assistante sociale interprété mollement par Mädchen Amick, ça l'était moins. Ce qui m'a le plus attristé finalement, c'est de le voir aussi peu interagir avec sa vieille pote Abby, son vieux rival Luka et sa vieille patronne Weaver (pour ne citer qu'eux) et être quasiment isolé dans des intrigues pas toujours passionnantes pour une bonne partie de la saison. Il n'y a que lors du retour de Monsieur Rubadoux (patient historique de Carter dont il avait négligé la femme à l'époque de la deuxième saison) que la nostalgie s'active enfin. Tout ça pour être gâché par une bluette parisienne complètement raté et un final décevant, s'achevant sur une note d'humour malvenue où Carter se la joue Mark Green avec un Morris complètement bourré (bon, le cas Morris s'améliorera par la suite, on en reparlera). 

Le reste est pas forcément mieux. Beaucoup trop d'attention est porté au couple soporifique Luka/Sam et au gamin insupportable de celle-ci (dont l'acteur vient de changer de visage et qui va encore nous pourrir la vie un bon moment, volant la vedette au départ de Carter et, la saison suivante, à celui de Susan). Pratt est toujours un bon vieux boulet et je crois même qu'il passe à la vitesse supérieure cette année là. Le départ d'Elizabeth est lui aussi tristement décevant même si Alex Kingston parvient à nous tirer quelques larmes tandis que celui de Jing-Meï m'avait laissé assez indifférent.

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Tandis que Neela commence la saison à jouer les caissières d'épicerie, elle signe sa dernière bonne saison avant que ses intrigues amoureuses prennent complètement le pas sur la chirurgie (ah, la douzième saison...). Ses retrouvailles avec Michael Gallant permettront en tout cas à Parminder Nagra d'offrir son meilleur. Et d'ailleurs, voilà que débarque Ray, un nouveau personnage fade à mourir qui est probablement celui qui m'aura laissé le moins d'impression de toute l'histoire de la série. Shane West, je suis navré, mais "médecin rockeur et arrogant amoureux de Neela qui finira par se faire amputer", c'est un peu maigre pour justifier ta présence au County. 

Ceux qui s'en sortent le mieux ? Abby, bien entendu, qui illumine une bonne partie de la saison avec sa nouvelle coupe de cheveux, sa soif de réussite et son humour. Débarrassé de pas mal de soucis et de vieux démons (même si on a peur quand elle se fait kidnapper dans "Skin"), elle se concentre sur sa carrière et la partie hospitalière de la série tourne principalement autour d'elle et d'une Maura Tierney impeccable. Les maigres romances (Jake Scanlon, ça vous dit quelque chose ?) ne viennent pas parasiter le reste et la Abby étudiante en médecine est, je crois, ma Abby préféré. Et puis il y a Kerry Weaver qui, même si elle bien trop effacée, nous offre l'un des plus bels épisodes de la saison : celui où elle retrouve enfin sa mère biologique et doit affronter le regard de celle-ci sur son homosexualité. 

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ER parvient encore à réussir des choses en changeant sa formule, que ce soit avec ce Kerry-centric ou avec un "Time of Death" offrant une putain de performance à Ray Liotta. Ou en nous offrant un voyage en Irak en compagnie de Gallant. Moins convaincu par l'épisode concept avec Cynthia Nixon en mère de famille paralysée, qui n'est jamais vraiment exploité à fond. 

Sélection S11 / "Just As I Am", "Time Of Death", "Here And There". 

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PARKING DES AMBULANCES / Comme tous ceux qui sont parti du County (vivant), je termine ma course sur ce fameux parking où résonne les ambulances et tous les souvenirs de parties de basket entre collègues et d'adieux émouvants. Car ce que j'aimerais vous proposer avec cette rubrique, ce sont des anecdotes personnelles sur ma relation avec ER au fil du temps. 

Et comme c'est le premier "numéro", commençons par le premier souvenir. D'abord celui de ma mère qui m'interdit de regarder l'écran quand est diffusé Urgences sur France 2, le dimanche soir. Il faudra attendre que je sois un peu plus vieux (quasiment neuf ans si je me souviens bien) et que la même chaîne se mette à rediffuser des épisodes en début de soirée pour que j'y jette enfin un œil, sans que l’hémoglobine ne me le fasse trop tourner (l’œil). Le premier épisode que je me souviens clairement avoir regardé en comprenant ce qu'il se passait à l'écran, c'était "Choosing Joï", le treizième épisode de la cinquième saison, celui qui mettait en place le départ imminent de Doug Ross. Et c'est justement à partir du double épisode mouvementé où Clooney tire sa révérence que je suis devenu accro. À suivre... 

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Pour une biographie complète de Carter et des discussions tout à fait indulgentes sur la série entière, je vous invite à aller visiter le forum que j'avais imaginé à l'époque et qui était bien actif. Bon, c'est parfois honteux car j'était très jeune et obsessionnel mais c'est attendrissant quelque part. Et de bonnes archives finalement. À vous de lui redonner vie si l'envie y est toujours. 

Et si vous souhaitez participer à cette nouvelle lubie (que j'aimerais déclarer hebdomadaire mais ce serait sûrement vous mentir au vu de mon emploi du temps), n'hésitez pas. 

La prochaine fois, on parlera de mon personnage féminin favori et d'une saison très sombre où il neige beaucoup. 

12:13 Publié dans Urgences | Lien permanent | Commentaires (1)

19/10/2013

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C'est pas la première fois que je vous raconte ça mais je vais vous le raconter de nouveau. À l'époque où j'étais le modérateur d'un forum confectionné par mes soins à l'honneur d'ER, je m'étais amuser à imaginer des saisons alternatives pour faire mieux que la team David Zabel. Mes versions à moi des saisons 10 à 12 sont encore en ligne et j'en suis toujours assez fier. Du coup, quand j'ai voulu m'amuser à imaginer la vingtième saison d'ER sous la forme d'une mini-chronique à l'intérieur de mon article dominical, je savais que je n'égalerais jamais ma créativité de l'époque (il faut dire que je n'ai plus la même fougue concernant la série, ni la même disponibilité). Quelques maigres idées, un énième retour de Susan Lewis à peine assumé et un cross-over avec The Good Wife, mais rien d'excitant au final. 

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Il aura fallu attendre l'intervention de Nicolas Robert, autre fan absolu d'ER pour relancer mon enthousiasme. Le chroniqueur du Daily Mars et partenaire de podcast sur Rien à Voir m'a proposé un épisode très complet et vraiment intéressant, un huis-clos se déroulant presque exclusivement dans la salle d'attente des urgences, et avec une galerie de guest-star venus de ses autres séries favorites, de Once & Again à Southland en passant par Ed. 

Puisque c'est dans la continuité de ce que j'avais lancé dans les épisodes précédents, je vous propose un petit previously pour ceux qui ont manqués ça. Et je vous promets que cette saison, on va l'écrire à deux mains et y revenir à l'occasion, dès que l'envie sera là. Fans d'ER, réjouissez-vous et faîtes preuve d'imagination pour découvrir cet exercice de fanfiction pur et dur. 

Previously : Plusieurs mois après la mort de Tony Gates, le County General panse ses plaies. Sam donne sa démission et Susan Lewis revient de nouveau à Chicago à la demande de Carter qui, de son côté, vise la direction de l'hôpital [S20E01]. Aux urgences, Morris, Brenner et Rachel Greenne accueille les nouveaux internes [S20E02] : Jim Bartlet (Dylan O'Brien), Will Taylor (Michael B.Jordan) et Claire Chase (Mae Whitman). En chirurgie, Andrew Wade fait la connaissance de sa nouvelle collègue Charlotte McCarthy (Lizzy Caplan) et du nouveau chef du service, l'excentrique David Zimmerman (Bob Odenkirk). Un accident de métro entraîne le coma puis le décès de Claudia, la femme de Morris, qui se retrouve également mêlé à un procès impliquant le cabinet Lockhart & Gardner [S20E03]. 

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S20E04 Waiting Room  

Il pleut sur Chicago. Tina (Evan Rachel Wood, Once & Again) et Carly (Inbar Lavi, Underemployed) rejoignent précipitamment un bar. Tina manque de tomber du tabouret de bar en voulant s’installer au comptoir : Carly se moque d’elle, la jeune femme serait, selon elle, maladroite au dernier degré. En regardant la télé au dessus du comptoir, les deux jeunes femmes voient leur tête dans un reportage sur la marche pur les droits homosexuels qui a eu lieu l’après-midi même à Chicago. Elles exultent avant d’être prises à parti par les Carver, Jack (Mike Starr) et sa fille Ellie (Lacey Chabert, La Vie à Cinq). Alors que Carly manque d’en venir aux mains avec le père et sa fille qui tiennent des propos homophobes, Tina tente de les séparer mais renverse un verre sur Jack. Elle s’excuse… avant que sa petite amie ne fasse un malaise.

GENERIQUE

John Carter (Noah Wyle)

Rachel Greene (Hallee Hirsh)

Archibald Morris (Scott Grimes)

Simon Brenner (David Lyons)

Andrew Wade (Julian Morris)

Charlotte McCarthy (Lizzy Caplan)

David Zimmerman (Bob Odenkirk)

Et Susan Lewis (Sherry Stringfield)

Guest-star : Will Taylor (Michael B. Jordan),  Jim Bartlet (Dylan O’Brien) , Claire Chase (Mae Whitman), Tina Gasner (Evan Rachel Wood), Carly (Inbar Lavi), Jack (Mike Starr), Ellie (Lacey Chalbert), Maddy (Elaine Stritch), Connie Gasner (Emily Bergl)

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Toutes les deux vont aux Urgences. Brenner s’occupe de Carly en salle d’examen et décide de lui faire subir des examens plus poussés. Il demande à Tina de rester en salle d’attente. Visiblement inquiète, Tina refuse mais Carly lui dit que tout va bien se passer : elle lui demande de lui prendre une boisson pour quand elle reviendra. En salle d’attente, la jeune femme discute avec Maddy (Elaine Stritch, 30 Rock), qui a amené son petit-fils qui est tombé de son lit, sous le regard d’Ozzy, un gothique dont un des piercings s’infecte. Dans sa poche, il y a une bague dans un écrin : cela fait plusieurs jours qu’elle veut demander sa main à Carly mais elle n’y arrive pas. Maddy lui dit qu’elle saura quand c’est le bon moment. La jeune femme sourit mais semble très préoccupée.

C’est à cet instant que les Carver débarquent dans la salle d’attente : Jack s’est ouvert le crâne en chutant dans le bar, il a trop bu. C’est Morris qui se charge de son cas. Ellie reste en salle d’attente et se retrouve juste en face de Tina. La fille de Carver s’en prend encore à la jeune femme, en disant qu’elle ne veut pas rester dans la même pièce qu’avec cette salope. Tout ça, c’est sa faute. Mon père était énervé toute la soirée : c’est sa faute ! ». Brenner débarque en salle d’attente avec Andrew. Carly a fait un nouveau malaise : elle est en chirurgie. L’étage étant en travaux, on lui demande de rester aux Urgences. Maddy essaie de tranquilliser Tina, pendant que Morris apprend à Ellie qu’une inquiétante anomalie cardiaque a été repérée chez son père.  Pendant que Maddy et son petit fils sont pris en charge par Rachel (Will s’occupe d’Ozzy), les deux femmes restent dans la salle d’attente, sans dire un mot. 

Connie (Emily Bergl, Southand), la cousine d’Ellie, rejoint celle-ci aux Urgences. Elle reconnaît aussitôt Tina. Toutes les trois étaient au même lycée quand elles étaient gamines. D’autres patients rejoignent la salle d’attente : des étudiantes qui ont trop bu, un papy désorienté, un basketteur blessé. A la télé, on revoit le reportage sur la manif pour les droits homosexuels, Ellie demande à Tina si elle est fière de ce qu’elle est. Tina ne voit pas pourquoi elle aurait honte, sèchement.  Ellie lui posait la question sans véritable animosité mais Tina ne l’a pas compris. Une nouvelle dispute éclate.

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Les nouveaux patients sont pris en charge rapidement. D’autres arrivent. Les deux jeunes femmes attendent des nouvelles de la personne qu’elles ont accompagnées.  Tina dit à Ellie qu’elle se souvient : Elles faisaient les mêmes études, participaient aux mêmes activités… jusqu’à ce que la mère d’Ellie ne meure. La jeune femme confirme : elle a passé ces 10 dernières années à élever ses frères et sœurs. Ellie s’en prend à Morris lorsqu’il vient lui dire qu’il attend toujours des nouvelles et qu’il se perd dans un verbiage médical incompréhensible. De son côté, Zimmerman vient voir Tina : il faut que les médecins obtiennent l’autorisation d’opérer Carly en urgence.

Au milieu du brouhaha, avec son portable, Tina parvient à joindre les parents de la patiente, en Californie.  Ces derniers donnent leur accord pour l’intervention. On l’autorise ensuite à voir Carly en chirurgie. Une fois dans sa chambre, en voulant s’approcher de Carly, elle se prend dans les fils autour du lit de celle qu’elle aime. Carly sourit, lui dit qu’elle va aller mieux et qu’elle ne peut pas la laisser toute seule : elle se ferait mal beaucoup trop vite.  Tina rit, les larmes aux yeux. Carly lui demande si elle a pensé à son soda. Tina n’y prête pas attention : elle sert tout contre elle l’écrin avec sa bague mais n’arrive pas à lui faire sa demande. Elle se reprend et lui dit qu’elle va aller le chercher. Elle part précipitamment.

En sortant de la chambre de sa petite amie, Carly tombe sur Andrew et fond en larmes. Il la raccompagne en salle d’attente. Là-bas, elle lui explique que c’est dans cet hôpital que son père, Sam Gasner, est mort il y a presque 20 ans (c’est le patient principal de Into That Good Night, l’épisode 5). Une demi heure passe, Tina retrouve Maddy, qui repart avec son petit fils qui a un beau plâtre au bras.  Ellie traverse à ce moment-là la salle d’attente avec Connie, elle est blanche comme un linge. Tina demande à Connie ce qui se passe, elle explique qu’il a succombé à une attaque. On l’emmène voir l’administration, pour s’occuper de tout ce qui est paperasserie.

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Deux heures passent. Tina tombe de sommeil sur sa chaise. Chuny vient la chercher : l’opération vient de se terminer. Elle peut monter voir Carly en salle de réveil. Au moment de rejoindre sa chambre, Chuny et elle sont stoppées net par Andrew. Carly s’enfonce. Tina refuse de redescendre en salle d’attente. L’infirmière reste avec elle. Tina va appeler sa mère, pour lui dire qu’elle est au Cook County. Elle lui dit que son père lui manque. Trente minutes plus tard, Zimmermann vient voir Tina : il y a eu des complications et Carly n’a pas survécu.

Tina redescend aux urgences, où elle croise Ozzy et le basketteur avant de s’arrêter devant la machine à boissons. Elle commande un soda, qui reste bloqué. Tina craque : elle lâche une pluie de coups dans la machine, avant que Brenner ne s’occupe d’elle. Un peu plus tard, il la raccompagne jusque vers la sortie, lui demande si elle veut qu’il reste. Elle dit que non, il faut qu’elle rentre. Pour appeler les parents de Carly. Elle reste seule devant l’entrée. Il pleut toujours sur Chicago.

Peu de temps après, Ellie la rejoint, épuisée. Une ambulance arrive, un nouveau patient est pris en charge par Rachel et Will. Alors que le brancard rentre dans l’hôpital, Ellie et Carly s’observent. Sans dire un mot. Avant de partir, chacune de leur côté.

À suivre...

15:50 Publié dans Urgences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urgences

13/10/2013

DylanesqueTV S06E05

COLD OPEN / Deux centenaires cette semaine : celui de IASIP et celui de Modern Family. La série du câble à petit budget qui se réinvente depuis presque dix ans et la comédie familiale d'ABC qui emporte les récompenses sans se mouiller. Parks & Rec va également fêter son 100ème épisode cette année et ne se repose pas vraiment sur ses lauriers, même quand la routine semble s'installer. Mais la vraie surprise de la semaine, c'est Sean Saves The World. Une drôle de semaine donc et un bilan assez court car si vous saviez tout ce que j'ai à faire en ce moment...  

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LE TOP 3

1) IASIP S05E06 The Gang Saves The Day / 100 épisodes et quasiment pas un de trop. C'est peut-être un jugement un peu radical et je reconnais que la série nous a livré d'occasionnels foirages (celui avec la Liberty Bell, celui sur le tournage du film d'horreur) mais franchement, mon amour pour IASIP et la drôlerie de ses personnages n'ont jamais déclinés, c'est même plutôt l'effet inverse. Pour récompenser les fans, ce centième épisode est le cadeau idéal : tout en étant original, il agit comme un best-of consacrant chaque personnage. Tout en exploitant l'aspect caricatural de chacun, il parvient à surprendre. Pas une minute n'est perdue pour tirer parti de ce concept couillon mais franchement bien exploité. Que ce soit le délire psychopathe de Dennis, le film d'action homo-érotique de Mac, le mariage de Dee à Josh Groban (Dee qui meurt dans quasiment tous les fantasmes de ses amis !) ou Frank qui rêve juste de manger des hot-dog, c'était parfait et drôle du début à la fin. Mais pas que drôle. Car, tout comme l'épisode, je garde le meilleur pour la fin : Charlie et sa romance avec la Serveuse sous la forme d'un dessin animé de Pixar. Mignon et étrangement émouvant. Un bel hommage à mes cinq abrutis favoris et l'un des meilleurs épisodes de la série. Encore une fois, c'est radical mais quand on est fan (et être toujours aussi fan au bout de neuf saisons, c'est pas courant), on est pas raisonnable. D'ailleurs, je serais presque prêt à faire une liste de mes 100 moments favoris de la série. Si seulement j'avais le temps... 

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2) The Good Wife S05E02 The Bit Bucket / Toujours aussi bien.  

3) Masters Of Sex S01E02 Race To Space / Toujours aussi bien. 

(vous m'excuserez mais j'ai une semaine chargée et pas l'énergie nécessaire pour aller chercher de nouveaux superlatifs concernant ces deux-là. Je vais plutôt aller cracher sur Kurt Sutter)

LE FLOP

Sons Of Anarchy S06E05 The Mad King / Alors déjà Kurt, vas falloir se calmer sur la durée des épisodes. Je suis certain que j'apprécierais mieux tes délires avec du 40 minutes plutôt que de devoir supporter des scènes répétitives pendant plus d'une heure chaque semaine. Les montages musicaux et les rebondissements de situations over-ze-top sont ta marque de fabrique, je n'ai pas besoin d'un gimmick de plus. Surtout que, maintenant que la série a une date d'expiration, j'ai décidé de regarder les Sons jusqu'à la fin alors j'aimerais bien que mon visionnage se passe dans de bonnes conditions. Je ne te demande pas de tuer Clay ou de cesser les intrigues nazes autour de Gemma et Tara, je sais que tu en es incapable. Mais le coup du crayon ou du viol en prison, je m'en passerais volontiers. "The Mad King" était long, bordélique et vraiment difficile à digérer. J'en suis sorti fatigué et sans véritable intérêt pour aucune des intrigues. Même la revanche des irlandais ne m'intéresse pas tellement c'est fastidieux. Honnêtement, le seul personnage pour lequel j'arrive encore à avoir un peu de patience, c'est Nero. C'était gentil de nous débarrasser de Toric et d'Otto la semaine dernière mais il y a encore des efforts à faire pour que cette saison devienne vraiment regardable. 

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LE PILOTE

Sean Saves The World / Sean Hayes ne fait pas partie de mes héros comiques. Je n'ai pas dépassé le pilote de Better Of Ted et pas encore vu Andy Richter Controls The Universe (j'y viendrais, Drum, patience). Alors pourquoi donner sa chance à Sean Saves The World ? Pour les mêmes raisons qui m'ont poussés à regarder 2 Broke Girls à une époque et qui font que la forme du The Michael J.Fox Show est un peu décevante : j'attends le retour d'une bonne vieille sitcom sur mon écran. Pas un mockumentaire, pas un faux mockumentaire, pas un truc sexiste ou raciste à la Two And A Half Men ou Dads : non, je veux une bonne vieille sitcom entre quatre murs avec un vrai public et des acteurs qui s'éclatent comme au théâtre. Quelque chose de populaire et de pas trop con. Quelque chose de la trempe d'un Frasier, d'un NewsRadio ou même d'un Lucky Louie. Et franchement, ce pilote est, à ce sens, encourageant. Sean Hayes a l'énergie et l'expérience nécessaire pour porter le projet, les personnages secondaires sont encore caricaturaux mais loin d'être détestables, le pitch est simple et permet pas mal de choses si un équilibre est trouvé entre comédie familiale et comédie de bureau et l'ambiance est chaleureuse. Pas de quoi crier au génie ou à un renouveau de la sitcom donc, mais l'espoir de trouver ici un rendez-vous léger et bien ficelé. Et il existe peu de plaisirs télévisuelles aussi gratifiants qu'un épisode de sitcom traditionnelle bien écrit. Un plaisir qui devient rare, suffisamment pour que j'ai envie d'y croire. Cela dit, j'y croyais avec 2 Broke Girls alors mon jugement n'est pas à prendre au pied de la lettre... (Bonne nouvelle : je viens de voir le second épisode et la magie opère toujours, voir plus-bas...)

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ET AUSSI

Brooklyn 99 S01E04 M.E. Time / J'ai abandonné Trophy Wife, je commence à avoir de sérieux doutes au sujet du Michael J. Fox Show, je suis probablement bien trop naïf face au pilote de Sean Saves The World mais je commence sérieusement à avoir confiance en Brooklyn 99. Au bout de quatre épisodes, la série est encore jeune mais continue d'être prometteuse en accomplissant peu à peu ce que doit accomplir une comédie au bout de quatre épisodes : donner des nuances à ses personnages, exploiter les talents de son cast, varier les plaisirs, expérimenter avec ses possibilités et construire des bases solides. "M.E. Time" se charge de ça avec fraîcheur et, à mon goût, beaucoup de drôlerie. Tout le monde semble prendre du plaisir (à part peut-être une Rosa toujours aussi relou) et la présence de Mary Elizabeth Ellis (alias "La Serveuse" dans IASIP) est un bon point. Il est trop tôt pour crier victoire mais trop tôt aussi pour détecter de mauvaises habitudes. Il suffit juste d'y croire. 

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Eastbound & Down S04E02 Chapter 23 / Le schéma classique d'une saison d'Eastbound & Down est respectée. Kenny est prêt à retrouver la gloire, il fait appel à son éternel sidekick, sacrifie les bonnes choses de la vie pour aller toucher les étoiles et c'est foutrement drôle. Surtout qu'ici, on sent que Kenny a mûri et qu'il n'est pas non plus prêt à sacrifier sa vie de famille et l'amour d'April pour n'importe quelle connerie. Ce 23ème chapitre est truffée de scènes d'anthologies, de l'aperçu de la vie de famille de ce pauvre Stevie à ce duel devant les caméras, en passant par une séance de coaching à l'ancienne. Si Alicia Florrick n'était pas autant en forme et que Lizzy Caplan n'était pas mon amoureuse, Kenny Powers se retrouverait sans problème dans mon top 3. 

Hello Ladies S01E02 The Limo / Certains auront toujours du mal à s'attacher à un looser vivant à Hollywood hautement détestable, d'autres y verront surtout la valeur comique. Moi j'ai choisi la deuxième option car Stephen Merchant me fait marrer et que sa colocataire est un personnage tout aussi intéressant à suivre, comme le prouve ce second épisode qui ne raconte rien de nouveau mais continue d'être étrangement divertissant à mon goût. 

HIMYM S09E04 The Broken Code / Un épisode moyen car il se concentre sur des choses qui me fatiguent depuis longtemps (le Bro Code, les sentiments de Ted pour Robin) et des gags relous (Patrice, la webcam, déjà usé la semaine dernière par The Good Wife et il y a longtemps par ER avec Robot Dubenko). Espérons que cela signe la fin des tentatives de Ted pour reconquérir son ex-petite amie et que Marshall sera bientôt de retour pour de vrai. Cela étant dit, l'intrigue concernant Lily et Robin était sympa. Bon, comme tout personnage de sitcom, Lily est mal placée pour reprocher à son amie de ne pas avoir d'autres amies mais c'est en tout cas l'occasion, alors que c'est l'ultime saison, de faire le point sur ce qui les unit (tout comme ça avait été fait avec Lily et Ted la dernière fois). Un épisode moyen quand même car, j'ai oublié de le préciser, il n'est pas drôle, du tout. 

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Homeland S03E02 Uh... Ooo... Aw... / Derrière ce titre idiot se cache un épisode pas très intéressant. Sauf si l'on a toujours beaucoup d'empathie pour Carrie et que Dana Brody est notre personnage favori. Ce n'est pas mon cas. J'admire toujours Claire Danes pour un tas de raisons mais je ne supporte plus de voir son personnage être torturé de la sorte. Je n'arrive plus à y trouver un intérêt et à voir ce que sa condition peut apporter à la série, si ce n'est une querelle avec Saul qui n'a pas autant de répercussions sur moi que prévu. Il faut croire que la deuxième moitié de deuxième saison a vraiment fait un carnage sur mon attachement aux personnages. Et que la longue reconstruction lancée par les scénaristes peine à me tenir éveillé, malgré des acteurs qui y croient toujours et font de leur mieux. D'ailleurs, pour en revenir à Dana, Morgan Saylor est loin d'être mauvaise. C'est juste que sa crise existentielle, aussi légitime soit-elle, est écrite avec les pieds et finit par devenir soporifique. Comme je l'expliquais la semaine dernière, je ne suis pas contre garder un oeil sur la famille Brody, je ne suis pas contre un recentrage sur la CIA, je ne suis pas contre un reboot, mais j'aimerais que la série fasse un choix sur ce qu'elle veut nous raconter plutôt que de raconter un peu tout et n'importe quoi. Et que la principale victime en soit cette pauvre Carrie... 

New Girl S03E04 The Captain / Un épisode qui nous parle de sexe et qui en parle bien. Avec décontraction, humour et sensualité. Pas facile de réussir ce mélange et pourtant, New Girl y parvient. Nick et Jess en ressortent grandis, Schmidt en ressort plus appréciable que la dernière fois et Winston... Winston continue d'être en roue libre en compagnie de son chat et c'est valable pour une très bonne apparition de Riki Lindhome. Comme dans beaucoup de comédies qui reposent sur le talent de leur cast, les épisodes proches du huis-clos misant surtout sur les performances de chacun sont des réussites. "The Captain" le prouve et continue de prouver à quel point la série est une valeur sûre. Et que le couple Nick/Jess a encore de belles heures devant lui. 

Parks & Recreation S06E04 Doppelgangers / La fusion Pawnee/Eagleton continue d'être synonyme de changement et introduit ici une galerie de nouveaux personnages qui permettent de rafraîchir l'ensemble. Eagleton Ron était forcément mon favori mais s'il ne doit en rester qu'un la semaine prochaine, il se pourrait bien que Craig détienne le plus de potentiel. Ou on peut tout à fait se contenter du retour de... Larry ! L'épisode reste malgré tout un peu brouillon car il veut nous raconter beaucoup de choses et préparer les bases du prochain départ de Rashida Jones et Rob Lowe. Les choses sont donc un peu forcés du côté de Ben et Chris et un peu prévisible du côté d'Ann et Leslie, tant cette dernière est égale à elle-même (ce n'est pas forcément un mal mais ce n'est plus très surprenant). J'apprécie en tout cas les efforts des scénaristes pour continuer de chambouler un peu Pawnee sans dénaturer la série. 

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Sean Saves The World S01E02 Busted / C'était sympathique. Je ne veux pas trop rabâcher par rapport à ce que je disais sur le pilote mais voilà une sitcom à l'ancienne, qui s'assume et essaye juste d'installer des personnages attachants et du comique de situation bien ficelé. Certes, on se croirait sur NBC en 1996 mais est-ce un mal pour un grand nostalgique comme moi ? Il y a même Joe Keenan (responsable des meilleurs scripts de Frasier) au générique et James Burrows, vétéran du genre, derrière la caméra. Des gens qui ont clairement le sens du rythme et qui peuvent compter sur un casting solide pour porter des histoires toutes simples et abouties. Des histoires qui ne nous tordent pas de rire mais qui divertissent, sans artifices. Bon, je ne suis toujours pas convaincu par le personnage du patron qui est déjà relou avec sa catchphrase, mais je n'ai pas vraiment de mal à dire de Sean Saves The World. Elle a pour l'instant toute ma sympathie. 

The Michael J. Fox Show S01E04 Hobbies / Je ne peux pas en dire autant du Michael J. Fox Show. Là aussi, c'est solide dans le genre comédie familiale avec un cast attachant. Mais c'est la forme qui fait tâche. J'ai déjà gueulé assez souvent devant Modern Family mais je ne vais pas me priver de le refaire : à qui s'adressent les personnages quand ils regardent la caméra ? Pas à une équipe documentaire. Pas à leur fille qui semble avoir abandonné son projet vidéo. C'est débile. Ce sont les scénaristes qui sont de grosses feignasses et qui ont besoin de ce procédé usé jusqu'à la corde pour insérer quelques répliques redondantes et une morale bien mièvre à la fin qui relie toutes leurs intrigues comme par magie. Malgré toute la sympathie que je peux avoir pour ces gens-là, je ne supporterais pas ça longtemps. C'est vraiment dommage car, sous la forme d'une sitcom plus théâtrale, je suis certain qu'on aurait pu me raconter les mêmes histoires de manière plus efficace, plus franche. Peut-être que Michael J. Fox ne peut pas, médicalement, travailler dans les conditions d'un multi-cam en public mais moi, je ne peux pas cautionner sa série dans ces conditions débiles, voilà tout. 

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The Mindy Project S02E04 Magic Morgan / La seule raison pour laquelle cet épisode n'est pas le flop de la semaine, c'est Glenn Howerton (It's Always Sunny in Philadelphia). Parce que mon Dieu, le reste était d'une médiocrité difficile à encaisser : aucun sens du rythme, aucun sens de ce que l'épisode veut vraiment raconter (maintenant que Casey, le fil rouge depuis un moment, est parti, c'est redevenu un immense bordel), des différences de tons mal orchestrée (c'est con, la scène au dessus du ravin aurait pu être mignonne sans ça) et des personnages toujours aussi peu cohérents. Bon, on ne voit pas beaucoup Glenn mais je n'ai rien à lui reprocher si ce n'est qu'à cause de lui, je vais regarder au moins le prochain épisode. Et ça, je peux pas le reprocher au type d'Happy Endings, encore moins inspiré que la dernière fois. 

LA VIDEO

Afin d'aider le gouvernement américain à sortir de son shutdown et à apprendre quelques leçons d'économie afin de voter son budget (et pour fêter le 100ème épisode d'IASIP), je propose les meilleurs réflexions du gang sur l'argent. 

06/10/2013

DylanesqueTV S06E04

COLD OPEN / Les séries, c'est comme la vie (je vous mets au défi de débuter une introduction avec quelque chose de plus convenu). Tous les jours, il y a en a qui voient le jour, d'autres qui disparaissent. Des rencontres qui marquent plus que d'autres. Et c'est un cycle interminable qui a débuté avant vous et se poursuivra après vous. Breaking Bad m'a accompagné pendant cinq années et a disparu de ma vie dimanche dernier. Pourtant, dès le lendemain, je la trompais déjà avec d'autres favorites, qu'il s'agisse de Masters Of Sex (je n'en parle pas ici mais le second épisode est tout aussi excitant que le pilote) ou de The Good Wife (j'en parle ici et le season premiere est une merveille). Bien sûr, la série de Vince Gilligan m'a hanté toute la semaine et continuera de me hanter pendant encore longtemps. Mais les séries c'est comme la vie et la vie continue. 

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LE TOP 3

1) Breaking Bad S05E16 Felina / Trop parfait. Pas assez dur avec Walt. Trop fan-service. Pas assez vraisemblable. Le monde se déchire autour de "Felina" et moi je reste sur ma position. "Ozymandias" et "Granite State" restent les deux épisodes les plus forts de la série. Mais "Felina" est un épilogue hautement satisfaisant et parfois, ça fait du bien d'être satisfait. J'invite ceux qui sont d'accord avec moi à lire ma longue rétrospective et j'invite les autres à venir me contredire. 

2) The Good Wife S05E01 Everything Is Ending / Magistral. Et je pèse mes mots. Poursuivant son quasi sans fautes qui dure depuis janvier dernier, The Good Wife revient en grandes pompes. Pas une minute à jeter dans ce season premiere qui donne l'impression de durer à peine vingt minutes tellement c'est enlevé et excitant. L'ambiance de renaissance, appuyée par une bande-son enivrante et ce nouveau départ pour Alicia et Cary, les guest-star qui continuent leur incroyable défilé (bienvenue à Melissa George et Jeffrey Tambor), un David Lee en forme et surtout, une histoire de couloir de la mort sans temps morts (haha) et vraiment poignante. Même si ça sent toujours un peu l'ennui du côté de Zach et Grace, rien ne vient gâcher le plaisir. Même Kalinda a la classe de rester en retrait et c'est comme ça que je la préfère. The Good Wife brille par son énergie et prouve sans plus tarder qu'elle est la série de network sur laquelle on va de nouveau pouvoir compter. Une renaissance et surtout, un âge d'or qui ne semble pas vouloir s'arrêter. L'arc Argos/Florrick est en tout cas prometteur... 

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3) Eastbound & Down S04E01 Chapter 22 / "The only drug I get off on is my wife and kids, and I get f*cked up on that every single night..." Les trois premières saisons formaient un tout tellement géniale que j'étais un peu inquiet à l'idée de cette renaissance ultime pour Kenny Powers. Que pouvait-on bien nous raconter de neuf sur le personnage ? Ce 22ème chapitre m'a donc largement rassuré et ce fut un immense plaisir de retrouver Danny McBride crever de nouveau l'écran. Suivre un Kenny à la vie rangée est une idée qui fonctionne, apporte un peu de nuance au propos et continue de faire de cette série un savant mélange d'hilarité et d'émotion. Tout comme Sudeikis dans la troisième saison, Ken Marino est tout à fait à l'aise dans ce registre et j'ai hâte de retrouver Stevie. Ce qui m'a fait le plus rire ? Le favoritisme de Kenny pour sa fille et son monologue de démission. La réalisation et la bande-son sont toujours impeccables et il y a donc des chances de retrouver à plusieurs reprises cette comédie sous-estimée en bonne place de ce classement.  

LE FLOP

Trophy Wife S01E02 Cold File / J'ai regardé la scène d'ouverture où seul le décolleté de Malin Ackerman m'a tenu éveillé (désolé). Et puis le générique est arrivé. Et... Non. Je dois déjà me taper celui de The Mindy Project depuis que j'ai décidé de poursuivre ma relation amour-haine avec Mlle Kaling et je ne pourrais pas en encaisser davantage. Les affiches promos des nouvelles comédies de la saison rivalisent de laideur et le générique de Trophy Wife, c'est un montage de photos laides pour bien nous expliquer qui est qui dans la série. Pour bien nous expliquer que l'agent de Bradley Whitford est un incapable et veut juste humilier son client. Voilà donc où s'arrête mon visionnage de la série : au générique. 

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LE PILOTE

Hello Ladies S01E01 / J'aime bien Stephen Merchant. On lui doit quand même The Office, Extras et le Ricky Gervais Show (je préfère ne pas compter Life's Too Short). Il m'a toujours apparu sympathique et sa discrétion comparée aux excès parfois bien relous de son collègue Gervais (j'ai enfin décidé de ne plus le suivre sur Twitter et je crains le retour de David Brent) m'a fait préserver mon estime pour son travail. Le problème, tout comme Gervais, c'est que son travail, il n'a pas trop évolué depuis que je le connais. L'humour embarrassant ("cringe-worthy" comme on dit) est sa marque de fabrique et il a un véritable savoir-faire mais à force d'explorer ce courant depuis dix ans sans vraiment l'amener autre part, on se lasse un peu. Gervais a essayé d'aller voir ailleurs avec Derek et, ironiquement, c'était le truc le plus embarrassant que j'ai pu voir depuis longtemps. Alors avec Hello Ladies, série dérivée de son spectacle en solo et diffusé sur HBO, Stephen joue la sécurité, le confortable, le terrain qu'il connaît bien : un personnage central bourré de défauts qui se lance dans une quête d'admiration et d'attention en entraînant dans sa course un tas de situations embarrassantes autour de lui (ça ne vous rappelle personne ?).

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Le postulat de départ est donc hautement éculé : un looser qui cherche l'amour. En une demi-heure, on pense à tout les antécédents de Merchant mais aussi (et c'est moins glorieux) à Entourage ou Frank Dubosc. Si on enlève le budget HBO avec sa réalisation léchée, sa bande-son classe et son casting pas trop mal (Kevin Weisman par exemple et le type de M. Sunshine qui est  largement plus supportable que d'habitude, voir touchant), si on enlève tout ça, on se retrouve avec une sitcom très traditionnelle et sur laquelle Chuck Lorre n'aurait pas craché. Alors qu'est ce qui fait la différence et m'encouragera à revenir la semaine prochaine ? Et bien j'ai ri tout simplement. Et Stephen Merchant mérite d'être sous les projecteurs grâce à sa sympathie et son allure si particulière. Même si je peux déjà prédire que Stuart finira avec sa colocataire d'ici la fin de la saison, le divertissement est assez solide pour que j'ai envie de voir ça. Sans crier au génie. Sans applaudir. Juste pour faire un bout de route avec l'ami Merchant sans supporter l'ami Gervais, devenu presque infréquentable... Et franchement, j'ai une excellente tolérance au "cringe-worthy" et pas beaucoup l'occasion de rire cette saison...

 

ET AUSSI

Brooklyn 99 S01E03 The Slump / La sauce prend. Franchement, je n'ai pas grand chose à redire sur cet épisode qui tient bien la route, garde un rythme constant, m'a fait sourire à de multiples reprises et utilise pour la première fois le cast de la série de la bonne manière. Même Gina et Rosa, les deux boulets des épisodes précédents, sont hautement supportables et laissent entrevoir un potentiel de rédemption. Même si la formule et certaines situations sont encore très proche de ce qu'on a pu voir dans les anciennes séries de Michael Schur et Dan Goor, il y a largement moyen avec le temps (à l'image de Parks & Rec) de voir Brooklyn 99 trouver sa propre personnalité. Au vu de cet épisode, elle a les clés en main et prend la tête cette semaine des nouvelles comédies de la saison en terme de qualité. 

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Childrens Hospital S05E10 Blaken / Pour prouver la drôlerie de la série, il suffit chaque semaine de résumer ce qu'il s'y passe : Owen présente une émission de télé produite par Sy et part en direct à la rescousse de Blake, devenu un esclave sexuel sous cocaïne, Chef a le mal du pays (“I’m so homesick I could eat a house!”) et Glenn a construit un hélicoptère téléguidé qui pète. Et l'hélicoptère qui pète devient une série télévisée à succès. Et la saison se termine. Et c'était du grand n'importe quoi et ceux qui ne regardent pas encore Childrens Hospital se privent vraiment de quelque chose. Et pas seulement d'un hélicoptère qui pète...

HIMYM S09E03 Last Time In New York / Sympathique épisode où le concept de cette ultime saison tient toujours la route, où on sourit en coin (on ne rit plus depuis longtemps ici) et où Barney et Robin sont ceux qui s'en sortent le mieux. Bien sûr, il y a de quoi s'agacer devant un Ted devenu une caricature de lui-même ou face à des running gags qui testent notre patience (n'est-ce pas Linus ?). Mais dans le genre gentille comédie chaleureuse et qui se regarde toujours d'un oeil bienveillant, il n'y a pas de quoi cracher dans la soupe. 

Homeland S03E01 Tin Man Is Down / C'est avec deux fois moins d'excitation que l'an dernier que j'attaque la troisième saison d'Homeland. On le sait tous : la deuxième avait très bien débuté avant de partir en vrille à la mi-saison et de se conclure en mode 24. La reprise s'en sort bien, malgré quelques maladresses et une tendance un peu inquiétante à passer beaucoup de temps avec Dana Brody. L'absence de Damian Lewis permet de mettre en avant Saul (et c'est Patinkin qui fait toujours le meilleur boulot ici) et Claire Danes a l'occasion de jouer autre chose que l'amoureuse éplorée (même si je ne vois vraiment pas comment elle peut continuer à bosser pour la CIA). On se concentre donc avec cet épisode sur une agence qui se reconstruit et tue les méchants, tout en gérant plutôt habilement les égarements de l'an passé. Mon conseil : être aussi confiant que prudent. Me voilà en tout cas de nouveau intrigué. 

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IASIP S09E05 Mac Day / Souvent dans l'ombre de ses petits camarades, Mac méritait bien son épisode. Avec "Mac Day", on découvre l'origine du personnage, de son homosexualité refoulée et de son amour pour le karaté et la sécurité. Seann William Scott est parfait dans le rôle de son homologue campagnard et c'est toujours aussi bon de voir le manque de loyauté et de concentration du gang, surtout quand ils se mettent à fumer de l'herbe (probablement pour la première fois !). Comme d'habitude, on se demande pourquoi ces types-là se côtoient et en même temps, on sait que personne d'autre ne pourrait les supporter. En tout cas, la leçon est retenue : ne pas faire de moto sans casque. En espérant assister prochainement au Dennis Day ou au Charlie Day. 

New Girl S03E03 Double Date / J'avais lu quelques critiques réservées concernant cet épisode et c'est pourtant celui qui m'a fait le plus rire de la saison (pour l'instant). Les goûts sont dans les couleurs. Si la semaine n'était pas aussi chargée, il aurait même pu figurer dans mon top 3 tant le rythme est effrénée, les one-liners hilarants sont distribués à la pelle et tant la résolution du triangle amoureux un peu lourdingue avait le mérite d'être à la fois émouvant et drôle (sans donner raison à Schmidt, heureusement). Toujours dans son petit monde, Winston continue de briller (à mon sens) grâce à Lamorne Morris en totale roue libre. Il ne faudrait pas toujours rester dans le même registre sous peine d'être lourd mais pour l'instant, ça fonctionne. Et si Nick et Jesse peuvent continuer à être aussi adorables tout en étant autant eux-mêmes, le pari est gagné. D'ailleurs, j'ai réalisé un truc. Nick Miller = Charlie Kelly : "I'm not convinced I know how to read, I've just memorized a lot of words." (et Schmidt n'est pas si loin d'une fusion entre Mac et Dennis). 

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Parks & Recreation S06E03 The Pawnee-Eagleton Tip Off Classic / Après un season premiere solide, Parks & Rec enchaîne d'emblée avec un nouvel arc narratif qui n'est pas sans rappeler dans la forme la fusion entre les branches de Scranton et Stamford dans The Office. Sauf que là, il s'agit de la fusion entre Pawnee et Eagleton et que la toujours bienvenue Kristen Bell est de la partie (mini-réunion Party Down !). La rivalité entre les deux villes a toujours été un running-gag efficace et je ne suis jamais contre un bon vieux arc feuilletonnant pour changer un peu la formule. Cela dit, avec les intrigues électorales des deux dernières saisons, je n'ai pas une énorme confiance en la série pour réussir ce genre d'exercice. Elle l'a fait par le passé avec le Harvest Festival alors je ne vais pas pleurer avant d'avoir mal mais espérons que ça ne s'éternise pas. Tant que c'est l'occasion de bousculer un peu la routine et de découvrir de nouveaux personnages hauts en couleur, ça devrait aller. Cet arc est également l'occasion de préparer, avec plus ou moins de finesse, la future sortie de Chris et Ann. Et il est grand temps car franchement, Rashida Jones peine de plus en plus à justifier la présence de son personnage. Comme d'habitude, c'est à Ron que l'on doit les vraies sourires de l'épisode et j'ai hâte de voir à quoi va ressembler sa relation avec les rescapés d'Eagleton...  

SNL S39E01 Tina Fey-Arcade Fire / Cette 39ème saison, c'est forcément la promesse d'un nouveau départ. C'était pas facile de se séparer en même temps de Fred Armisen, Bill Hader, Andy Samberg, Jason Sudeikis et bientôt de Seth Meyers, mais c'est comme ça et il est temps de passer à autre chose. Sauf que SNL, c'est une formule qui change peu et quand on invite Tina Fey pour débuter la saison, c'est aussi par sécurité. Alors rien de fondamentalement neuf ou de transcendant dans cet épisode, même si ça fait plaisir de voir que la sauce prend encore à l'occasion. Tandis que Kenan Thompson est un vétéran qui n'a plus grand chose à offrir, Bobby Moynihan et Taran Killam sont les nouvelles valeurs sûres sur lesquelles je vais pouvoir compter (le Drunk Uncle est toujours le bienvenu). Cecily Strong a fait du boulot honnête pour son premier Weekend Update et les nouvelles recrues, encore un peu anonymes, me semblent avoir plus de personnalité que ceux de l'an dernier. Noël Wells a déjà eu l'occasion de briller avec son imitation parfaite de Lena Dunham et l'énergie de tout le monde était la bienvenue pour cette reprise. Arcade Fire et les caméos d'Aaron Paul n'ont rien gâché à mon plaisir, bien au contraire. Donc voilà, malgré une Tina Fey qui n'apporte pas grand chose, un cold open bien trop long et l'inégalité de l'ensemble, pas de quoi être trop inquiets à l'aube de cette 39ème saison. Et pas de quoi s'attendre à un renouveau non plus. 

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Sons Of Anarchy S06E04 Wolfsangel / Moi non plus, je n'ai rien vu venir. Encore un bain de sang de la part de Kurt Sutter. Qui suicide son personnage (dont on avait clairement fait le tour de toute façon) et celui le plus absurde qu'il avait créée à ce jour. Même si ça va permettre à Donal Logue de trouver un rôle à sa hauteur, j'ai vraiment l'impression d'avoir bien perdu mon temps à suivre la folie vengeresse de Lee Toric (et je peux faire une croix sur une mini-réunion Terriers désormais). De l'auto-destruction inattendue et qui me laisse perplexe mais pour la première fois depuis le début de la saison, un épisode où on ne s'ennuie pas. Car les pertes s'enchaînent. Celle de Tig est déjouée avec malice pour mieux s'acharner sur les (plus si) nouvelles recrues. Et jamais je n'aurais vu autant d'exécution en règle de néo-nazies que cette semaine. Au moins, Unser s'en sort. Mais le danger vient de partout, tout le monde est dans la merde et Clay en ressort gagnant. Le monde à l'envers et enfin un peu de surprise sans avoir à attendre la moitié de saison. La violence gratuite est au rendez-vous certes, mais aussi débile et testostéroné qu'il soit, le divertissement est de retour. 

The Michael J. Fox Show S01E03 Art / Bien que les deux premiers épisodes m'ont plutôt séduits, je réalise avec celui-ci que j'ai deux problèmes majeurs avec la série : 1) les confidences face caméra. Elles étaient justifiés lors du pilote grâce au projet scolaire d'Eve, mais elles n'ont désormais plus aucun sens, si ce n'est capitaliser sur la formule de Modern Family. De la paresse scénaristique qui m'agace au plus haut point. 2) Même chose pour la manière dont chaque épisode se termine sur une petite leçon. Je n'ai rien contre les bons sentiments, surtout dans une comédie familiale, mais les voix-off qui réunissent toutes les intrigues de l'épisode dans une conclusion mielleuse, j'en ai assez. Alors voilà : j'aime toujours l'énergie de Michael J.Fox et d'un cast qui s'en donne à coeur joie, je souris toujours à l'occasion mais si ces deux procédés insupportables n'évoluent pas, ma patience aura des limites que même Wendell Pierce ne pourra arranger...  

The Mindy Project S02E03 Music Festival / Je ne sais pas si c'est à cause de mes problèmes avec la série, du changement de casting permanent ou du fait que Mindy ne sait toujours pas trop ce qu'elle veut nous raconter, mais les tentatives émotionnelles que tente "Music Festival" n'ont aucune emprise sur moi. Tout ce que je vois dans la rupture entre Mindy et Casey, c'est le contrat d'Anders Holm qui s'achève et un nouveau retour au départ pour la vie sentimentale de notre héroïne. Tout ce que je vois dans la présence de The National, c'est l'envie de s'amuser à tourner dans un festival et d'avoir un joli montage final avec un groupe que j'aime beaucoup. Tout ce que je vois dans la présence du type d'Happy Endings, c'est une addition au casting dont j'ai encore du mal à saisir tous les prénoms au bout de 27 épisodes (le britannique qui a grossi ? la réceptionniste coincée ? la vieille excentrique ? la black sassy ? ils manquent tellement d'identité que j'ai honnêtement oublié leurs prénoms...). Malgré tout, j'aimais bien Casey et j'ai hâte de revoir Anders Holm dans Workaholics. Malgré tout j'aime toujours Danny quand les scénaristes ne sont pas occupés à préparer une future romance avec Mandy. Malgré tout, je continue de regarder la série car c'est un joyeux bordel à la médiocrité réconfortante et qui sait me faire sourire à quelques occasions. 

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LA RÉPLIQUE

"What is this, West Side Story?" - Alicia Florrick [The Good Wife, 5x01]
 

LA VIDEO

Et en guise de dernier hommage à Breaking Bad, je vous présente (pour ceux qui ne l'ont pas vus) le meilleur montage Youtube consacrée à la série. C'est juste très beau. 

ER (Saison 20)

Où j'imagine à quoi aurait pu ressembler la 20ème saison d'ER, qui aurait été diffusée sur NBC lors de cette saison 2013-2014. C'est de la fanfiction facile et ce sera le fil rouge du dimanche, car un dimanche sans ER, c'est pas un dimanche. 

20x03 I Fought The Law / Un spin-off avec The Good Wife ! Depuis l'accident dans le métro (cf. 20x01), Claudia est dans le coma et cela affecte sérieusement Morris, qui décide pourtant de reprendre le travail. Mais il est à l'origine d'une grave erreur médicale qui pourrait bien entacher la réputation du Cook County. Le docteur Anspaugh fait alors appel à la firme d'avocats Lockhart & Gardner pour les protéger et les défendre lors du procès. Tandis qu'une certaine Kalinda vient suivre le quotidien des médecins et ne laisse pas le docteur Brenner indifférent, Cary prépare Morris à son combat juridique. On découvre finalement que le jeune avocat n'est pas désintéressé et veut en mettre plein la vue au patient de Morris dans l'espoir qu'il devienne client de sa nouvelle firme, Agos/Lockhart. Déçu par cette manipulation, Morris n'a pourtant pas d'autre choix que de se laisser faire, sous peine de renvoi. Dans une courte scène, Carter croise Alicia Florrick dans la salle de repos des urgences. Une scène sans dialogues où on a l'impression que les deux personnages se sont connus dans une autre vie... À la fin de l'épisode, avec le soutien de Brenner, Morris accepte de débrancher Claudia et de la regarder mourir. Plus tard, Cary vient s'excuser mais le médecin est inconsolable...

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(à suivre : un épisode écrit par Nicolas Robert et un nouveau cross-over avec Chicago Fire !)

22/09/2013

DylanesqueTV S06E02

COLD OPEN / Difficile pour moi de considérer cette semaine comme la vraie rentrée des chaînes tant les choses croustillantes ne débarquent que la semaine prochaine (Parenthood, Parks & Rec, The Good Wife par exemple). Mais quelques pilotes ont retenus mon attention (mais ne croyez pas pour autant que je me suis infligé Dads) et le câble poursuit son bel été indien. Moi, j'ai repris le travail et malgré tout, je trouve le temps pour visionner tout ça et même plus. Par contre, hors de question de regarder en avance la reprise d'Homeland ou le pilote de Masters Of Sex. Je n'ouvre jamais mes cadeaux avant Noël ! 

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LE TOP 3

1) Breaking Bad S05E14 Ozymandias / Comme vous tous (et tous ces idiots qui spoilent à mort sur les réseaux sociaux), j'ai rarement autant tremblé devant mon écran. Et rarement vu un bébé jouer aussi bien que la petite Holly. Il faudrait lui faire rencontrer Gracie Taylor... Bref, j'ai déjà tout dit sur ce chef d'oeuvre qui a hanté mes nuits toute la semaine. 

2) Philadelphia S09E03 The Gang Tries Desperately To Win An Award / Quand le gang se lance dans le méta, ça donne toujours quelque chose de remarquable. Après avoir passé un épisode l'an dernier à faire une mise en abyme du manque de l’essoufflement de leurs intrigues (S08E02), la fine équipe s'interroge aujourd'hui sur l'absence de reconnaissance de la part des Emmy Awards. En vingt minutes, tout le monde en prend pour son grade, des sitcoms traditionnelles au "will they won't they" en passant par les dramas plus sombres et le tout sous la forme d'une métaphore filée qui nous amène dans l'industrie des bars à Philadelphie. C'est très fort et ça nous rappelle que c'est une honte que la série soit toujours autant sous-estimée au bout de neuf ans. Mais que c'est aussi pour cet aspect culte et si unique que l'on adore cette bande de sauvages qui ne peut s'empêcher de littéralement cracher sur tout le monde et gueuler plus fort que les autres. Pour achever de faire de cet épisode un classique, Charlie nous pond deux nouvelles chansons, dont un joli hommage à Randy Newman. Emmy ou pas, Sunny reste toujours la comédie la plus drôle. 

3) Childrens Hospital S05E09 Wine Tasting / Avec Childrens Hospital, c'est toujours drôle de commencer par résumer les intrigues : pour que Glenn prenne un jour de congé, il propose à Owen de lui greffer son visage pendant une journée. Pendant ce temps, le Chef et Val savourent la dégustation de vins organisé par Sy et un critique d'hôpital vient évaluer le travail du personnel. Pas besoin d'avoir vu "Volte-Face", le film parodié ici, pour se poiler. Rien ici n'atteint les sommets d'absurdité qu'on a pu voir cette saison, mais il y a tout de même un échange de visages et des médecins qui pratiquent une opération à coeur ouvert totalement bourrés. Et l'annonceur à la voix de Michael Cera est de retour : “Attention staff: I don’t have a drinking problem. I drink, I fall down. Scratch that, I’m an alcoholic. That is all.” Tiens, mon top 3 est le même que la semaine dernière. La qualité semble constante pour ces trois-là et je ne vais pas m'en plaindre !

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LE FLOP

The Newsroom S02E09 Election Night, Part.2 / Je voulais profiter de ce season finale médiocre pour dire tout le mal que j'avais pensé de cette deuxième saison. Vous dire également que j'en ai pensé du bien à l'occasion, surtout de ce merveilleux épisode qu'était "Red Team III". Vous dire que je n'avais jamais haï un personnage autant que Will Harper et que je m'étais vraiment réconcilié avec Don, Sloane et Mackenzie. Que Sorkin était encore capable de génie. Qu'il pouvait écrire des dialogues aussi beaux que cette demande de mariage mais qu'il était incapable d'écrire des personnages et que, par conséquent, on se foutait de cette demande en mariage. Que faire porter le blâme de Genoa à Jerry Dantana pour ensuite inventer une excuse bidon pour ne pas renvoyer l'équipe d'ACN et que tout le monde célèbre l'amour au son d'un montage musicale affreux était un affreux moyen de conclure une saison qui se voulait ambitieuse scénaristiquement. Que Marcia Gay Harden était une guest de luxe sur laquelle on pouvait compter pour remonter le niveau d'une scène bâclée. Que l'intrigue en Ouganda était honteuse. Je voulais vous dire tout ça mais je pense que j'ai déjà tout dit et que ma mauvaise foi aurait pollué mon bilan. Non, mieux vaut aller lire celui de Nicolas Robert, qui a bien plus d'esprit d'analyse et de recul que moi. Putain, le pire c'est que je serais là l'an prochain car malgré tout et à défaut d'être un chef d'oeuvre qui va éduquer l'Amérique, The Newsroom reste un joyeux bordel ultra-divertissant. Si je veux être éduquer et rire car quelque chose est drôle plutôt que ridicule malgré lui, je me contenterais du Daily Show, merci bien. 

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LE PILOTE

Brooklyn 99 S01E01 / C'est la comédie que j'attendais le plus. Michael Schur (The Office, Parks & Rec) en guise de showrunner, Andy Samberg dans son premier rôle important à la télévision et un Andre Braugher qui mérite d'être constamment sur mon écran (même si je ne me suis pas infligé tout Last Resort, faut pas déconner). Avec cette comédie dans le monde de la police (ce qui n'est pas un postulat de base qu'on retrouve si souvent), il y a moyen d'avoir quelque chose de solide sur NBC, et alors que Parks & Rec et Community vieillissent, il faut bien penser à la relève. Ce pilote est efficace, voir même classique, dans la manière dont il nous présente des personnages assez caricaturaux, mais ça, c'est le passage obligé dans 90% des pilotes de comédies. Et je ne lui tiendrais pas rigueur quelques blagues faciles qui semblent surtout là pour attirer le chaland. Non, ce que je retiens, c'est qu'il y a du rythme, une ambiance bonne enfant sympathique, des acteurs que j'aime beaucoup (Braugher peut décidément tout jouer) et un showrunner qui a toute ma confiance. Alors même si ces vingt minutes ne sont pas à tomber par terre (le seul vrai fou rire, je le dois à Fred Armisen) et que je risque de détester très rapidement l'enquêtrice qui ne sourit jamais et la secrétaire névrosée, je serais clairement de retour la semaine prochaine pour voir comment ce potentiel va se déployer au fil des épisodes. Rappelons nous du pilote de The Office, de celui de Parks & Rec, et disons nous que les pilotes, c'est pas le fort de Michael Schur, c'est tout. Mais que Brooklyn 99, si elle n'est pas annulée trop rapidement par NBC, pourrait très vite devenir attachante. La rentrée des comédies est tellement médiocre que j'ai décidé d'y croire. 

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ET AUSSI

New Girl S03E01 All In / Si Sunny est bien la série qui me fait le plus rire, ma comédie favorite sur un network est actuellement New Girl, vous le savez. Si on m'avait dit ça à ses débuts, je me serais bien marré. Là voilà déjà qui débute sa troisième saison avec un épisode pas renversant mais truffé de bons moments. C'est Wilson qui me décrochera le premier fou rire avec son puzzle même s'il se retrouvera par la suite enfermé dans un gimmick trop over-the-top à mon goût (et toujours autant indépendant du reste). En tout cas, Lamorne Morris n'a plus à prouver son potentiel comique, il faut juste bien exploiter son potentiel (au bout de 50 épisodes, il serait temps). Ce qui nous réjouit ici sont les aventures mexicaine de Jesse et Nick, alias mon amoureuse et mon alter-ego. C'était mignon comme tout, même si j'aurais aimé que Deschanel se retrouve avec autre chose à jouer que l'amante éplorée. M'enfin mignon oui. Quand à Schmidt, il était too much lui aussi, mais c'est un peu dans sa nature. Et c'est le season premiere, on ne peut pas reprocher aux scénaristes d'avoir voulu gonfler à bloc tout le monde. Voyons comment ça s'affine et restons enthousiasme devant autant de bonne humeur et d'énergie !

Sons Of Anarchy S06E02 One One Six / Le mépris de la semaine dernière a laissé place à l'ennui. Si les acteurs continuent de livrer une bonne partition, la série est bien connu pour ses longs démarrages de saisons. Et comme je crois ne jamais eu avoir aussi peu d'intérêt pour les personnages, c'est encore pire. Tout ce qui concerne Donal Logue est insupportable et quand je vois comment ils sont en train de gâcher un acteur que j'affectionne, je m'inquiète de voir CCH Pounder rejoindre l'équipe. Pour Samaire Armstrong, plus besoin de s'inquiéter en tout cas. Encore un beau coup de pute de la part des Sons, et un moyen un peu bâtard de rebondir sur cette horrible fusillade dans l'école. Putain Juice, montes sur ta moto et tires-toi, pourquoi subir tout ça ? Rejoins Bobby, lui au moins il s'éclate à Vegas avec le cast de Shameless. Non franchement, c'était encore trop long et mal foutu. Je vais rester dans le coin jusqu'à la moitié de saison cela dit car j'avais été agréablement surpris l'an dernier. Donc en fait, quand j'incite Juice à se casser, c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Kurt Sutter m'a rendu sadomasochiste, bordel...

The League S05E03 Chalupa VS. The Cutlet / Snoop Dog (Lion ?), des pets, de l'alcool à fumer et un vétéran qui a perdu sa virilité... Cette cinquième saison ne fait pas dans la dentelle et c'est tant mieux. Même si Nick Kroll n'a pas intérêt à être absent trop longtemps et que Adam Brody a intérêt à revenir à l'occasion, je m'amuse toujours autant et même Taco me semble plus supportable !

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SÉANCE DE RATTRAPAGE

Hannibal (Saison 1) / La presse est unanime et vous savez à quel point ça me refroidit. Alors c'est au compte-goutte que j'ai découvert Hannibal. Le pilote, visionné au printemps dernier, m'avait peu convaincu. Les épisodes suivants m'ont lentement charmés. Il faut noter tout d'abord que je n'ai jamais lu les romans de Thomas Harris et que je n'ai jamais vu les films (la VHS du "Silence des Agneaux" me terrifiait quand j'étais gosse). Mais je me suis laissé entraîner par la série de NBC (j'ai toujours du mal à croire que c'est diffusé sur un network) notamment grâce au délice visuel que procure Hannibal. C'est beau, y a pas à chier. Probablement la réalisation la plus soignée que j'ai pu voir sur mon écran (sans compter Breaking Bad bien entendu). Le casting est lui aussi classieux, la bande-son est irréprochable, l'atmosphère est prenante. J'avais pourtant du mal à m'intéresser aux personnages, à pénétrer dans cet univers froid et chirurgical, à m'émouvoir pour ce pauvre Will Graham et ses insomnies. Il aura fallu attendre "Sorbet" pour que la magie opère et depuis, c'est avec intérêt que je rattrape mon retard. Hannibal n'est pas une série parfaite mais elle a suffisamment l'allure d'une série parfaite pour que l'on en parle avec autant d'enthousiasme. Elle est en tout cas unique en son genre et mérite toute mon attention et son renouvellement. Je vous en reparle quand j'aurais terminé la saison.  

My So-Called Life S01E01 Pilot / Comme j'aime mélanger les plaisirs, je découvre Hannibal tout en revisitant les aventures d'Angela Chase. Pour ceux qui cherchent à revivre leur adolescence et à pleurer devant des Madeleine de Proust en réalisant qu'ils ont perdus à jamais leur innocence, il y a deux séries à voir : Freaks & Geeks et My So-Called Life (Angela 15 ans, en VF). Si je connais la première par coeur, je n'avais vu que des extraits de la seconde et quelques épisodes dans le désordre. Il était donc temps, en cette période de rentrée scolaire, de revisiter cette série que ABC a annulée trop vite. On y suit les émois d'Angela, interprété par une Claire Danes dont on tombe directement amoureux tellement elle est belle et talentueuse. Pour l'instant, je n'ai revu que le pilote où tout est à fleur de peau et incroyablement juste. Si l'image a vieilli, le sujet n'a pas pris une ride et de toute façon, l'ambiance nineties ne fait qu'ajouter à la nostalgie qu'on ressent. Et déjà les larmes viennent quand Angela rentre chez elle au son de REM après une virée nocturne où Jordan lui a souri. Mon plan est de revoir la série au rythme d'un épisode tous les dimanches et de vous parler à chaque fois de la scène qui m'a le plus marqué. Ainsi, nous pourrons louer ensemble le talent de Claire Danes même si la troisième saison d'Homeland est ratée et nous pourrons retomber dans l'adolescence et pleurer. Deal ? 

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LA RÉPLIQUE 

"My name is ASAC Schrader, and you can go fuck yourself."
- Hank [Breaking Bad S05E14] -
 

LA VIDEO

Pour célébrer les 20 ans du Late Night Show, Louis CK, l'un des tout premiers scénaristes de l'équipe, est venu tailler le bout de gras avec Conan cette semaine (la semaine prochaine, ce sera au tour de Bob Odenkirk !). Et au milieu de tout ces souvenirs de vieux potes, Louis a le temps de placer quelques mots drôles et émouvants sur la société. Je vous laisse regarder et attendre encore plus impatiemment qu'avant la prochaine saison de Louie... 

 

ER (Saison 20)

Où j'imagine à quoi aurait pu ressembler la 20ème saison d'ER, qui aurait été diffusée sur NBC lors de cette saison 2013-2014. C'est de la fanfiction facile et ce sera le fil rouge du dimanche, car un dimanche sans ER, c'est pas un dimanche. 

20x02 You Set The Thone / Un épisode centré sur l'apprentissage des nouveaux internes, placés sous l'égide de Rachel Greene, qui est elle-même supervisée par Susan Lewis. Ils sont trois : Jim (Dylan O'Brien), Claire (Mae Whitman) et Will (Michael B. Jordan) et doivent chacun gérer un patient différent. Pendant ce temps, le docteur Zimmerman (Bob Odenkirk), nouveau chef de la chirurgie, en fait baver à Andrew et Charlotte, l'occasion pour eux de se rapprocher. À la fin de l'épisode, Jim se retrouve à jouer au basket sur le parking des ambulances en compagnie de Carter, qui lui raconte l'époque où il était lui-même interne et lui conseille de tenir bon... 

***

C'est tout pour aujourd'hui. Je ne vais pas regarder les Emmy Awards car je dois me lever tôt demain mais il se peut que je commente le palmarès si je décide que ça m'intéresse. Il se peut que je m'en foute autant que le final de Dexter. Ouais, tout ce qui m'intéresse, c'est Breaking Bad. 

Sinon, vous vous rendez compte que l'été vient de se terminer officiellement ? Et ça me rend vraiment triste. Bon dimanche...

15/09/2013

DylanesqueTV S06E01

COLD OPEN / C'est avec joie que je vous présente cette nouvelle formule ! Héritière du SundaySunday, elle va me permettre de pouvoir toujours garder le blog en activité malgré un emploi du temps de plus en plus chargé. Si tout va bien, je vous proposerais un nouvel épisode tous les dimanches afin de faire le bilan de la semaine et d'évoquer un tas de choses de manière bordélique et fun. Il faut dire que lorsqu'on attaque sa sixième saison, ça ne fait pas de mal de bousculer un peu les choses. Cela ne signe pas l'arrêt d'autres  formes d'articles mais c'est clairement une nouvelle ère qui s'ouvre sur ces pages. Je vais expérimenter, modifier les rubriques de semaines en semaines, écouter vos retours et espérer garder le rythme. En attendant, bonne lecture et merci pour votre fidélité !

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LE TOP 3

(Cette rubrique me permettra tout simplement d'évoquer les trois meilleurs épisodes visionnés durant la semaine, dramas et comédies confondus, network et câble confondus. À voir si c'est pertinent sur la longueur).

1) Breaking Bad S05E13 To'hajiilee / J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de cet épisode lors de ma review. Et je vais continuer à reviewer la série indépendamment lors de ces trois derniers épisodes et elle va continuer à squatter le haut de ce classement jusqu'à son final. Cœurs fragiles s'abstenir...

2) It's Always Sunny In Philadelphia S09E02 Gun Fever Too: Still Hot / Il n'y a rien de plus drôle que de voir le gang s'exciter autour d'un sujet aussi grave et sérieux que le port d'armes. Lors des premières saisons, c'était souvent la formule du show et on pouvait même la comparer à South Park. Au bout de neuf saisons, alors que ça pourrait être redondant, c'est encore plus génial car on sait pertinemment que ces personnes sont les pires personnes du monde et que toute leur excitation va forcément se transformer en désastre dont ils seront les derniers à payer les conséquences. Cet épisode excelle dans le timing comique et dans l'utilisation de la bêtise du gang et se sert très bien de la continuité puisque Dave Foley est de retour dans le rôle du proviseur outré tout comme le dealer qui vendait du crack à Dee et Dennis lors de la deuxième saison refait une apparition. De la mémoire, de la bêtise et du bruit, c'est la recette d'un bon Sunny old school.  

3) Childrens Hospital S05E08 Spoiler Alert: Owen Gets A Perm / Toujours un sans faute pour Childrens Hospital, le programme court et absurde d'Adult Swim, qui redouble d'inventivité avec sa cinquième saison. Le déménagement d'Amérique Latine en Asie n'a fait que renforcer l'absurdité du propos et les guest-star défilent toujours pour s'en donner à coeur joie dans des histoires toujours profondément débiles et à l'écriture très précise. Honnêtement, il n'y a plus grand chose qui tombe à plat tellement chaque idée, aussi surréaliste soit-elle, finit désormais par retomber sur ses pieds. Ici, on a le Chef et Cat qui s'allient pour envoyer Owen pour de faux dans le corps d'un enfant afin de lui faire regretter d'afficher une nouvelle coupe de cheveux. Pendant ce temps, Glenn déprime car il découvre que la souris cachée dans sa kippa et qui l'aidait à être un bon chirurgien vient de trouver la mort. Oui, voilà le pitch de ces dix minutes sans temps morts qui enchaînent gags sur gags. Il faut souvent revoir ça plusieurs fois pour ne rien louper et surtout, pour ceux qui ne connaissaient pas, il faut le voir, tout simplement !

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LE FLOP

Sons Of Anarchy S06E01 Straw / C'était vraiment trop long. "Straw" est un épisode interminable, qui ne cesse d'empiler les dialogues à rallonge et les nouvelles intrigues douteuses tout en tâchant de nous réintroduire tous les enjeux de la série sans aucune fluidité. Pas facile en même temps d'être fluide avec un tel bordel d'alliances et de trahisons que, personnellement, je n'arrive plus à suivre depuis longtemps. On a le droit à un Gemma Show ultra-caricatural, à une Tara en prison qui fait un peu pitié quand on a vu OITNB, on a un Clay qui est toujours vivant malgré tout et un Samcro plus dans la merde que jamais (comme chaque année finalement). La cinquième saison n'était pas mauvaise mais là, j'avoue que ce season premiere lourdingue n'a pas relancé mon enthousiasme. La présence de Jimmy Smiths, de Donal Logue et de Kim Dickens sont mes seules motivations, malgré les horreurs que Kurt Sutter leur fait faire à l'écran. Entre cette fusillade sortie de nulle part et un montage finale d'un mauvais goût jamais égalé jusqu'à présent, il y a de quoi s'inquiéter. Espérons que la fin de la série annoncée pour la septième saison permette aux choses de ne pas trop s'éparpiller et à Sutter de se concentrer sur autre chose que de la violence gratuite et du cul...

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LE PILOTE

Trophy Wife S01E01 / Au départ, mon projet était de visionner les 3 nouvelles comédies d'ABC, livrés en avance sur les sites de téléchargement. Mais Trophy Wife aura suffi à me rappeler que les comédies de ABC, c'est pas mon truc. Pourtant, le cast était réjouissant : Malin Akerman me faisait rire dans Childrens Hospital, Bradley Whitford est toujours l'un de mes héros malgré ses choix de carrière douteux et Marcia Gay Harden fut la meilleure chose à voir dans The Newsroom cette année. Sauf que cette histoire de troisième femme qui doit s'intégrer dans la vie de son homme et de ses deux ex-femmes ne m'a pas fait décrocher un sourire. Chaque gag était lourdingue ou mal exécuté, les caricatures sont bien relous et les enfants sont atroces. En particulier ce petit chinois qui est un Manny 2.0. et une preuve de la paresse des scénaristes alors qu'on est qu'au stade du pilote bordel ! Ok, il ne faut justement pas juger une comédie sur son pilote. Alors si Trophy Wife révèle son potentiel au bout de dix épisodes, faîtes moi signe. Sinon, qu'on annule ça vite et qu'on donne un meilleur agent à M. Whitford, par pitié... 

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ET AUSSI

The Mindy Project S02E01 All My Problems Solved Forever... / Malgré ma frustration complète face à la première saison, j'ai décidé de donner une nouvelle chance à Mindy Kaling. Elle ne serait pas la première à améliorer le tir lors de son deuxième essai alors c'est avec l'esprit ouvert et une vraie générosité que j'ai visionner ce season premiere (qui a leaké en avance lui aussi). Le titre laissait présager un énième reboot, mais un reboot salvateur et annonciateur d'une série plus solide. C'est en vérité une publicité mensongère car rien n'a changé. C'est toujours écrit n'importe comment, c'est toujours bourré de situations vus et revus. Il y a toujours ce will they/won't they dont je me contrefous entre Mindy et Danny, des personnages secondaires sans aucun intérêt (l'anglais a pris du bide ? WTF ?) et un James Franco qui se demande ce qu'il est venu foutre dans cette galère (ça donnera du grain à moudre pour son prochain MTV Roast !). Si on aime bien la série, on continuera de l'aimer. Si elle nous agace, elle continuera de nous agacer. Je jetterais un oeil à l'épisode avec Glenn Howerton et puis j'arrêterais les frais parce que j'ai pas que ça à faire... 

The Newsroom S02E08 Election Night, part.1 / Après avoir signé le meilleur épisode de la série, Sorkin nous propose un double épisode finale consacrée à la dernière élection présidentielle et retombe dans ses travers. Les efforts sont toujours encourageants (Don continue à briller, Sloane est très drôle et on se consacre toujours plus au journalisme qu'aux histoires de cœurs) mais l'ensemble est inégale. Combien de temps allons nous devoir supporter l'ignoble jeu de culpabilité entre Will et Mac ? Combien de temps le triangle amoureux dégueu entre Jim, Maggie et Hallie va-t-il venir parasiter la série ? Pourquoi ne pas renvoyer ces deux idiots ainsi que Neal histoire de nous foutre la paix ? Pourquoi Jerry Dantana est-il devenu Satan ? Et pourquoi Sam Waterston, malgré tout son cabotinage, n'arrive pas à me faire avaler que le monde envie le système électoral américain ? C'est toujours un gros bordel, mais un bordel bien plus supportable qu'en début de saison. Continues comme ça Aaron et on va peut-être se quitter en des termes relativement joviales. 

Web Therapy S03E08 Husband Hunting / Cette troisième saison est toujours aussi drôle. Et pas forcément à cause des guest-star de luxe à la Steve Carrell ou Megan Mullaley. Non, il suffit de regarder la tronche de Lisa Kudrow et sa facilité à jouer la pire enflure de l'univers pour se poiler. Quand elle se retrouve face à Matt Leblanc, le plaisir est multiplié par la nostalgie et quand Mae Whitman s'inscruste, je regarde ça avec des yeux d'amoureux. La spontanéité du jeu et la méchanceté ambiante est un régal en tout cas. 

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SÉANCE DE RATTRAPAGE

Gilmore Girls S05E16 So... Good Talk / J'avais déserté Stars Hollow pendant un long moment. Non pas que cette cinquième saison soit moins bien que les autres, c'est plutôt que j'avais pas la tête à ça. Il faut être sacrément en manque de sucreries et de réconfort pour regarder Gilmore Girls et en plus, ça se marie mal à une intégrale de The Wire (que j'ai terminé by the way). Mais l'automne frappant à la porte et la pression du travail se faisant sentir, j'ai eu besoin d'une bouffée d'air frais. Alors me revoilà plongé dans les aventures de Lorelaï alors qu'elle en veut à sa mère pour avoir ruiner sa relation avec Luke et les aventures de Rory dont la relation avec Logan vient de commencer. Je ne voue pas encore la profonde haine pour le personnage de Logan que la plupart des internautes semblent relayer. Il n'est pas aussi boulet que Dean, pas aussi relou que Jesse, pour l'instant il me va (même si les couples Paris/Doyle et Lane/Zach me passionnent bien plus). L'éternel guerre mené par Lorelaï et Emily sent un peu le réchauffé mais reste divertissante tellement la série regorge encore de répliques qui sonnent merveilleusement bien dans la bouche de Lauren Graham et Kelly Bishop. Alors même si je ne suis plus aussi enthousiaste qu'aux débuts, la lassitude ne m'est pas encore tombé dessus et je compte revisiter Stars Hollow tous les dimanches à l'heure du thé. Le rendez-vous est pris (même si j'ai peur à force de vous écouter que je vais vite déchanter à l'approche de la sixième saison...). 

The League (Saison 4) / Il y a un tas de trucs qui m'agacent dans The League : Taco, le générique, la paresse des scénaristes qui n'arrivent jamais vraiment à boucler toutes les intrigues lancés dans un épisode et me laisse toujours insatisfait... Et en même temps, je prends toujours un malin plaisir à regarder ça d'un œil distrait. C'est le cousin pauvre d'It's Always Sunny. Moins drôle et beaucoup plus inégal mais fun quand même. Cette quatrième saison contient même des moments bien poilants, que ce soit grâce à ce taré de Raphie ou à ce pauvre Andre. Et la tête de Nick Kroll me fait toujours marrer, je n'y peux rien. Alors je rattrape ça gentiment et j'enchaînerais sûrement avec la cinquième saison, qui vient tout juste de commencer sur FFX.  

That '70s Show (Saison 1) / Maintenant que Frasier a quitté ma vie (et me manque), il est temps de passer à une nouvelle intégrale sitcom. Drum m'avait conseillé Just Shoot Me et 3rd Rock From The Sun, la mode est au Mary Taylor Moore Show... et moi je replonge dans That '70s Show ! Je crois que c'est venu suite à un revisionnage intensif de Friends durant l'été. Je m'ennuyais chez ma mère, D8 proposait la deuxième saison en VM et je n'ai pas résisté. Je me suis alors souvenu de ces après-midis sitcoms sur France 2 alors que je rentrais du collège et des bons moments passés devant le quotidien d'Eric Foreman et compagnie. Me voilà donc à voir si ce n'était qu'un bon souvenir ou si la série vaut vraiment le coup avec le recul. J'en suis au cinquième épisode et même si c'est souvent maladroit, mal foutu et bourré de blagues faciles, la nostalgie fonctionne suffisamment pour que je poursuive encore un peu l'aventure. Tout est réhabilité à un moment ou à un autre, voyons si je peux réhabiliter ça, malgré la présence d'Ashton Kutcher. N'empêche, Laura Prepon et Mila Kunis ont bien grandis depuis 1998...  

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LA RÉPLIQUE 

“I'm having such a good time with you right now. Hey, are you on Google Plus?” (Chef essayant de sympathier avec Cat, Childrens Hospital S05E08)

LA VIDEO

C'est pas du très haut niveau mais c'est très divertissant : l'humour de Jimmy Fallon en quelques mots. Après Game Of Thrones au printemps dernier, il s'en prend ici à Breaking Bad. Avec quelques caméos sympas dont je vous laisse la surprise. C'est trop long mais la fin est drôle...

ER (Saison 20)

Où j'imagine à quoi aurait pu ressembler la 20ème saison d'ER, qui aurait été diffusée sur NBC lors de cette saison 2013-2014. C'est de la fanfiction facile et ce sera le fil rouge du dimanche, car un dimanche sans ER, c'est pas un dimanche. 

20x01 Chicago Forever / Nous retrouvons l'hôpital plusieurs mois après la mort de Tony Gates. Trop déprimé pour continuer le travail, Sam donne sa démission au docteur Carter et quitte Chicago. Mais le travail continue et de nouveaux patients débarquent aux urgences suite à un accident dans le métro. Tandis que Morris et Brenner sont envoyés sur le terrain pour secourir les blessés, c'est l'occasion pour Rachel Greene de former les nouveaux internes. En chirurgie, Andrew (Julian Morris) fait la rencontre de Charlotte (Lizzie Kaplan), sa nouvelle collègue, lors d'une opération à haut risques. C'est avec horreur que Morris découvre que Claudia, sa femme, fait partie des victimes de l'accident de métro. Dans le chaos général, Susan Lewis fait son énième retour au Cook County. Fraîchement divorcée de Chuck et au chômage, Carter accepte de lui redonner un poste afin de remplacer Gates. 

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***

C'est tout pour le moment. De nouvelles rubriques verront le jour à chaque fois, selon mon humeur. Tout sera permis ici selon mon emploi du temps. Et pour ceux qui se demandent quand ZIM, ma nouvelle série, sera disponible, je vous conseille d'être patient. Elle le sera bientôt mais pas ce mois-ci. 

Sinon, je vous conseille le nouvel album de Laura Veirs et je vous souhaite une bonne rentrée !

03/09/2013

TOP 50 / Musicalement Votre (5/5)

Avant d'être un passionné de séries, je suis avant tout un passionné de musique. C'était le sujet de mon premier blog (aujourd'hui inactif) et le sujet de mon emploi, puisque je bosse pour une radio. Si on me propose d'aller sur le tournage d'un épisode de Breaking Bad ou en studio avec Neil Young, le dilemme sera tellement difficile que je risque de m'évanouir. Alors vous pensez bien que, lorsqu'une série insère un morceau à sa narration (et je ne parle pas seulement de musique de fonds), je savoure ça comme il se doit. En excluant les épisodes comédies musicales, je vous propose ici mon top 50 des moments musicaux qui m'ont le plus marqués sur le petit écran. Comme tout top 50 qui se respecte, c'est ultra-subjectif et pas du tout exhaustif. L'ordre n'indique pas un classement qualitatif, juste un déroulement aléatoire, au fil de mes souvenirs. Voilà donc la dernière partie... avec des guest-stars de luxe et toujours encore plus d'ER, de SFU et des Sopranos...

41) Nobody But Me (The Humain Beinz) - The Office [S07E01 Nepotism]

J'ai failli inclure la scène du mariage de Jim et Pam où leurs collègues débarquent sur fond de Chris Brown. Parce que c'était drôle, émouvant et surprenant. Mais Chris Brown ne mérite pas de figurer dans un classement alors tant pis. À la place, voilà un bon vieux lip-dub qui ouvrait la septième saison avec énergie et en utilisant un vieux classique oublié des sixties. C'est idiot et basé sur les traits les plus caricaturaux des employés de Dunder Mifflin, ce qui annonce plus ou moins la couleur des saisons à venir. Mais en même temps, c'est hautement divertissant et mémorable. 

42) My Rifle, My Pony And Me (Dean Martin) - The Sopranos [S04E05 Pie-O-My]

C'est avec les animaux que Tony Soprano se montrait le plus humain. Que ce soit les canards du pilote ou Pie-O-My, la jument qui sera à l'origine de la scène la plus violente de la quatrième saison. Du coup, c'est particulièrement émouvant de voir Tony au chevet de l'animal mourant, alors que Dean Martin reprend l'air de "Rio Grande" (que j'ai réutilisé lui aussi dans un épisode de BILLY). Parce que Tony, c'est un cow-boy solitaire, pas du tout fait pour son époque et dont les instincts primaires le rapprochent forcément du monde animal. Un beau moment d'accalmie où rarement la série de David Chase m'avait autant pris aux tripes (c'est vraiment nul d'avoir perdu Gandolfini...). 

43) Don't Think Twice, It's Alright (Bob Dylan) - Mad Men [S01E13 The Wheel]

Il aura fallu attendre la fin de la liste pour que j'arrive à placer du Dylan. Faut dire que je croise rarement ce dernier à la télévision, à part dans le générique de Parenthood, dans l'ultime saison des Sopranos ou dans Deadwood (mais c'était pour illustrer le générique de fin seulement). Je ne doute pas qu'il est utilisé dans d'autres séries que je ne regarde pas (Cold Case lui a consacré un épisode il paraît) mais j'ai quand même un souvenir marquant en lien avec "Don't Think Twice, It's Alright". Dans Mad Men d'abord, alors que Don rentre chez lui à la fin de la première saison et suite à son meilleur speech autour du carrousel. Même si c'est anachronique (Dylan n'enregistrera le morceau que trois ans plus tard), c'est tellement émouvant que je ne m'en suis même pas offusqué.  

44) Don't Think Twice, It's Alright (Bob Dylan) - Friday Night Lights [S04E06 Stay]

Et c'est la même ritournelle qui sera utilisée pour dire au revoir à Matt Saracen lorsqu'il quitte Dillon suite à l'enterrement de son père. "Stay" fait suite à "The Son", l'épisode le plus bouleversant de FNL et bien qu'il soit moins chargé émotionnellement, il fut tout de même dur de voir partir mon personnage favori. Alors Dylan vient apaiser la douleur avec sa chanson de rupture douce-amère et les grands espaces américains entraînent Saracen vers de nouveaux horizons... 

45) Bookends (Simon & Garfunkel) - ER [S06E19 The Fastest Year]

"Le Temps Passe Plus Vite que Nos Rêves". C'était la traduction française du titre de cet épisode et pour une fois, je trouve ça encore plus évocateur que l'original. Surtout quand on se souvient de cette scène finale où Mark regarde avec son père mourant des diapositives de son enfance. Il aura fallu toute une saison pour que le père et son fils renouent de vrais liens et le moment est vraiment attendrissant. Ce qu'on ne sait pas encore, même si on s'en doute, c'est que c'est le dernier moment que Mark passera avec son père. "Bookends" est une coda parfaite à cette relation qui sera l'un des ressorts émotionnelles de ma saison favorite. 

46) Go To The Mardi Gras (Professor Longhair) - Treme [S01E08 All On A Mardi Gras Day]

Encore une histoire de famille qui va connaître un tournant tragique mais ne le sait pas encore. Ecouter l'hymne du Professor Longhair à fond avant de partir savourer Mardi Gras, c'est une tradition chez les Bernette. Et on s'enthousiasme en même temps qu'eux, ravi de voir la famille partager un moment aussi pur et excité d'aller se balader dans les rues de la Nouvelle-Orléans pour un épisode d'anthologie (que j'avais regardé un soir d'orage et de canicule, rendant l'expérience encore plus mémorable). Sauf que dès l'épisode suivant, Creighton va disparaître, ce qui rendra ce moment tragique avec le recul. Surtout quand la mère et sa fille retenteront de créer la magie, en vain, la saison suivante... 

47) John The Revelator (Curtis Singer & The Forest Rangers) - Sons Of Anarchy [S01E13 The Revelator]

Et j'accueille Nicolas Robert du DailyMars qui nous parle du maître des montages musicaux intempestifs, ce bon vieux Kurt Sutter...

"Je ne suis pas accro à Sons of Anarchy. Ca ne me parle pas, c'est comme ça. Cette affirmation est d'autant plus regrettable que la mobylette de ma motivation a calé juste avant ce qui est, paraît-il, la meilleure période : la saison 2. Aussi partiel et partial puisse être cet avis (qui n'est pas définitif : un jour, j'y reviendrai, je pense), je dois dire que le titre qui illustre la scène finale de la saison 1 est aussi beau que fort. Sutter (qui a écrit et réalisé l'épisode) filme bien son affaire, pendant l'enterrement de la femme d'Opie. Et il a le bon goût de choisir un titre superbe -signé par un étonnant gars de l'Idaho. Personnellement, j'ai la conviction que le père Kurt a écrit cette scène en pensant à cette chanson. Pour le coup, c'est impeccable." 

48) Calling All Angels (Train) - Third Watch [S05E08 Fury]

Je me souviens de l'époque où j'attachais autant d'importance à ER qu'à Third Watch et que je ne manquais aucun épisode des deux séries lors de leur diffusion tardive sur France 2. Il faudrait un jour que j'écrive un article en hommage à Third Watch. En attendant, mon ami Whisper nous propose un souvenir musical...

"Un morceau rock porteur d'espoir qui illustre le montage final de cet épisode riche en coups durs et sert de moteur à plusieurs des personnages principaux pour repartir de l'avant face à l'adversité : les premières notes retentissent alors que Carlos vient juste d'apprendre qu'il n'est pas compatible avec sa fille pour une greffe de moëlle osseuse. Doc canalise sa rage pour reprendre l'entraînement physique après s'être fait remettre les pendules à l'heure par Kim suite à la spirale infernale dans laquelle l'a plongé le décès d'Alex. Enfin, Maritza va déposer des lys sur la tombe de sa sœur, après avoir appréhendé l'assassin de cette dernière, décidant au dernier moment de lui laisser la vie sauve, estimant que souffrir en prison serait un châtiment pire que la mort. Nos héros sont tombés, ce morceau pêchu les motivera à se relever."

49) Elephant Gun (Beirut) - Capitu [S01E01]

On peut toujours compter sur Ladyteruki pour nous ouvrir l'esprit et nous permettre de traverser les frontières. J'ai conscience que mon blog a tendance à rester figé sur le sol américain et en lui demandant de participer à ce top 50, je savais qu'on aurait le droit à une belle découverte. Je lui laisse la parole et m'en vais de ce pas réécouter Beirut et partir à la recherche de Capitu...

"La mini-série brésilienne Capitu, adaptée du roman "Dom Casmurro" (un classique de la littérature brésilienne, la série a justement été commandée à une date anniversaire), s'intéresse à Bento, un vieillard qui écrit ses mémoires et raconte ainsi comment il a rencontré Capitu, une superbe jeune fille qui est devenue l'amour de sa vie. La série s'ouvre sur notre Bento qui raconte d'abord son amertume, sa douleur, d'avoir vécu bien des déceptions que je ne vais pas vous dévoiler ici ; la série Capitu présente tous ces souvenirs sur la scène d'un théâtre, sur laquelle Bento se glisse, comme un coryphée sinistre. Mais tout change dans le ton de l'épisode quand Bento se souvient de son émotion d'adolescent, de sa fascination pour Capitu, dont il ne sait pas encore, à l'époque, le mal qu'elle va lui causer. C'est précisément cette scène qui est magique. Laissant entièrement la place à la chanson de Beirut, le monologue de Bento ou les dialogues sont totalement absents de cette scène. Seul Bento, revenu sur la scène de ses souvenirs, revit sa fascination émue pour la jeune fille. Ca donne une séquence d'une folle énergie, magnifique, sublime. Pour moi, Capitu, c'est ça : une grâce incroyable et un talent sans pareil pour mettre en scène quelque chose d'abstrait dans le roman. De la même façon que Bento revit son amour adolescent pour la jeune fille dans cette scène, comme au premier jour je revis à chaque fois mon coup de coeur pour cette série dans cette séquence."

50) Breathe Me (Sia) - Six Feet Under [S05E12 Everyone's Waiting]

Ais-je besoin de me justifier ? De vous rappeler à quel point ce montage final m'aura fait pleurer toutes les larmes de mon corps ? De vous expliquer pourquoi je ne peux plus réécouter ce morceau sans revoir dans ma tête chacune de ses images ! Par pitié, si vous n'avez pas encore vu Six Feet Under, ne regardez pas la vidéo qui suit. Et allez réparer votre erreur. Je pense que c'est le choix idéal pour conclure cette liste et terminer l'été les larmes aux yeux...

27/08/2013

TOP 50 / Musicalement Votre (4/5)

Avant d'être un passionné de séries, je suis avant tout un passionné de musique. C'était le sujet de mon premier blog (aujourd'hui inactif) et le sujet de mon emploi, puisque je bosse pour une radio. Si on me propose d'aller sur le tournage d'un épisode de Breaking Bad ou en studio avec Neil Young, le dilemne sera tellement difficile que je risque de m'évanouir. Alors vous pensez bien que, lorsqu'une série insère un morceau à sa narration (et je ne parle pas seulement de musique de fonds), je savoure ça comme il se doit. En excluant les épisodes comédies musicales, je vous propose ici mon top 50 des moments musicaux qui m'ont le plus marqués sur le petit écran. Comme tout top 50 qui se respecte, c'est ultra-subjectif et pas du tout exhaustif. L'ordre n'indique pas un classement qualitatif, juste un déroulement aléatoire, au fil de mes souvenirs. À suivre tous les mardis ! 

31) Battleflag (Lo-Fidelity Allstars) - ER [S06E13 Be Still My Heart]

Il est temps de sortir l'artillerie lourde. Avec un moment culte qui fut ma première vraie expérience de cliffangher à la télévision : "Be Still My Heart". L'histoire est connue : le jour de la Saint Valentin, John Carter et Lucy Knight se font poignarder par Paul Sobriecki, un patient instable. Le reste du personnel s'échangeant des cartes de voeux en écoutant Lo-Fidelity Allstars pendant que les deux victimes baignent dans leur sang. Le contraste entre ce qui se passe dans les couloirs de l'hôpital et la tragédie qui s'opère sous nos yeux dans cette chambre sombre marquera tous les fans de la série, qui devront attendre "All In The Family", l'un des meilleurs épisodes d'ER, pour connaître le sort de John et Lucy...

 

32) Your Hand In Mine (Explosions In The Sky) - Friday Night Lights [Saison 1]

Le groupe texan Explosions In The Sky est indissociable de Friday Night Lights. Déjà responsables de la bande-originale du film qui a inspiré la série, leurs guitares au galop formant des envolées lyriques sont devenus un personnage à part entière de Dillon, que ce soit pour rendre un match encore plus épique ou pour apporter une touche supplémentaire de mélancolie au quotidien des joueurs. Même si on entendra moins le groupe par la suite, c'est dans la première saison qu'ils sont omniprésents, du pilote à la dernière victoire. J'ai choisi "Your Hand In Mine", leur plus belle composition à mon goût et qui fera toujours apparaître dans mon esprit l'image d'un stade dans la nuit, éclairé par des spots éblouissants tandis que l'on entend les grillons texans et que l'on partage une bière fraîche avec Tim Riggins... Texas forever !

33) Gymnopédie No.1 (Erik Satie) - Community [S02E19 Critical Film Studies]

Les mélodies d'Erik Satie sont tellement cinématographiques que je m'étonne de ne pas les entendre plus dans les séries. Franchement, il suffit d'un petit "Gymnopédie" ou de "3 Gnossiennes" pour engendrer de l'émotion bon marché et provoquer en moi une profonde mélancolie. Dan Harmon n'a pas hésité à l'utiliser dans son hommage au film "My Dinner With Andre", un épisode où une conversation avec Jeff nous permet d'explorer une nouvelle face d'Abed. Le morceau colle bien à l'ambiance introspective et permet de compléter l'hommage au film, faisant de ce "Critical Film Studies" quelque chose à part, avec un ton assez unique et des moments très émouvants.  

34) Sunday Morning (The Velvet Underground & Nico) - Orange Is The New Black [S01E05 The Chickening]

Comme tout le monde, j'ai adoré Orange Is The New Black, que j'ai dévoré en quelques jours au milieu de l'été. Je compte bien reparler des qualités de la série lors d'un prochain bilan ou d'un podcast, mais en attendant, voilà l'occasion d'évoquer une séquence musicale bien foutue : un dimanche matin en prison avec la fameuse ritournelle du Velvet Underground qui vient contraster avec le moral des détenues et d'une Chapman qui ne va pas tarder à devenir folle à cause d'une poule... Ce n'est pas le but de ce top 50, mais si je pouvais mentionner un générique, je parlerais de celui-ci et si je pouvais mentionner une scène où ce sont les acteurs qui chantent, je parlerais des dernières minutes de la saison, qui m'ont émus jusqu'aux larmes. Mais restons fidèles à mon thème et profitons de ce paisible dimanche matin... 

35) Moonlight Mile (The Rolling Stones) - The Sopranos [S06E12 Kaisha]

Avec ER et Six Feet Under, Les Sopranos est probablement la série qui m'a procuré le plus de moments musicaux inoubliables. Après la rechute de Chris sur fond de Fred Neil, l est temps d'en citer un deuxième, toujours dans la sixième saison, alors que l'hiver s'installe sur le New Jersey et que le clan Soprano s'apprête à fêter Noël. "Moonlight Mile" figure aisément dans le top 3 de mes chansons favorites des Stones alors ce fut un bonheur de voir le morceau si bien utilisée avec ce montage juxtaposant à la perfection le rythme, les accords et la mélancolie à la neige qui tombe, la violence des images et l'étrange chaleur des fêtes... 

36) Woodstock (Joni Mitchell) - Six Feet Under [S02E07 Back To The Garden]

Vous reprendriez bien un peu de Six Feet Under ? "Back To The Garden" marque la première apparition de Sarah, la soeur de Ruth, une hippie névrosée qui est l'antithèse de la mère de famille coincée. Leurs retrouvailles réveillent en Ruth des frustrations et peut-être l'impression d'avoir sacrifié sa jeunesse alors qu'elle aurait pu mener une vie bien différente sans Nathaniel Senior. Entendre "Woodstock" de Joni Mitchell la ramène à sa jeunesse et avec fragilité et tendresse, elle se met alors à fredonner... Un moment poignant portée par une Frances Conroy toujours aussi juste...

  

37) Take Care (Beach House) - New Girl [S01E15 Injured]

Ce n'est pas un hasard si le premier épisode de la série que j'ai trouvé vraiment réussi coïncide avec un montage final au son de Beach House, qui était alors mon obsession du moment. Lors d'une virée sur la plage, on y découvre les prémices de la relation Jess/Nick et on tombe enfin sous le charme du groupe d'amis, après des débuts assez inégaux. Au son de "Take Care", c'est un embryon qui se transforme en papillon et n'a pas cessé de me séduire depuis cette scène adorable... YouTube ne l'a pas en rayon mais il possède au moins la chanson, à réécouter. 

 

38) Come Sail Away (Styx) - Freaks & Geeks [S01E01 Pilot]

On a parlé de la fin de Freaks & Geeks avant le début alors revenons à la scène qui m'a fait tomber amoureux de la série. Une scène de bal de lycée comme on peut en voir des tas dans les teen show mais comme celui-ci n'est pas un teen show comme les autres, la scène est inoubliable. Il suffit d'avoir vécu de près ou de loin la même chose ou d'avoir été adolescent dans sa vie pour s'identifier à la maladresse de Sam, à ses grands yeux ébahis et à son sourire insouciant alors que "Come Sail Away", un bon gros morceau des 80's résonne dans nos cœurs. Lindsay qui quitte sa famille sur fond de Grateful Dead, c'était la fin de l’innocence. Là, ce sont les premiers émois et c'est tout aussi émouvant. 

39) Tomorrow Never Knows (The Beatles) - Mad Men [S05E08 Lady Lazarus]

Entendre les Beatles à la télévision et même au cinéma, c'est très rare. Les droits du catalogue sont tellement chers que rares sont ceux qui s'y risquent, même si ça ne doit pas être les envies qui manquent. On a pu entendre la soeur de Susan utiliser "Blackbird" comme berceuse dans ER ou le groupe de Ted faire une reprise de "Eight Days A Week" pour le mariage de Turk et Carla dans Scrubs. Mais, si je dis pas de conneries (et si on met de côté le générique de Corky), Mad Men est la première série à utiliser un morceau original. Et pas n'importe lequel : "Tomorrow Never Knows", morceau le plus expérimental de "Revolver", que Megan conseille à Don d'écouter à la fin de cet épisode. Don suit les conseils de sa femme, se sert un whisky et pose la galette sur le lecteur. La voix de Lennon résonne comme un moine tibétain en haut d'une montagne et les guitares saturés n'effleurent même pas Don, qui préfère éteindre le disque au bout d'une minute. Lui qui sifflotait "I Want To Hold You Hand" quelques épisodes plus tôt n'est pas encore prêt pour un programme plus aventureux... 

 

40) Crystal Blue Persuasion (Tommy James & The Shondells) - Breaking Bad [S05E08 Gliding Over All]

"Gliding Over All", c'est la fin d'un règne, la paisible retraite d'Heisenberg. Et pour ne pas perdre de temps (car c'était l'ascension qui nous intéressait et la chute qui sera au coeur des derniers épisodes, pas la gloire), cette période est expédiée à travers un montage visuellement époustouflant (normal avec Breaking Bad) et à l'ambiance détendue grâce au morceau "Crystal Blue Persuasion", au titre tellement approprié qu'il allait bien finir par être utilisé un jour ou l'autre. Cet exercice de montage est courant dans la série mais celui-ci reste mon favori tant il ressemble à une fausse conclusion, à un faux aboutissement. À la cool. Alors qu'on sait tous que la vraie conclusion ne se fera pas à la cool. Je pourrais regarder ça en boucle mais comme Youtube ne possède pas le montage, on va plutôt réécouter le morceau et tâcher de savourer les cinq épisodes qu'il nous reste... 

06/08/2013

TOP 50 / Musicalement Votre (1/5)

Avant d'être un passionné de séries, je suis avant tout un passionné de musique. C'était le sujet de mon premier blog (aujourd'hui inactif) et le sujet de mon emploi, puisque je bosse pour une radio. Si on me propose d'aller sur le tournage d'un épisode de Breaking Bad ou en studio avec Neil Young, le dilemne sera tellement difficile que je risque de m'évanouir. Alors vous pensez bien que, lorsqu'une série insère un morceau à sa narration (et je ne parle pas seulement de musique de fonds), je savoure ça comme il se doit. En excluant les épisodes comédies musicales, je vous propose ici mon top 50 des moments musicaux qui m'ont le plus marqués sur le petit écran. Comme tout top 50 qui se respecte, c'est ultra-subjectif et pas du tout exhaustif. L'ordre n'indique pas un classement qualitatif, juste un déroulement aléatoire, au fil de mes souvenirs. À suivre tous les mardis ! 

1) Willow Weep For Me (Willie Nelson) - ER [S09E22 Kisangani]

Déjà, "Kisangani" est un must pour moi. Le premier épisode africain proposée par la série m'a profondément marqué, me poussant même jusqu'à faire tous mes vaccins et partir deux semaines en humanitaires au Burkina Faso. Au milieu de cet épisode que je connais par coeur, il y a ce beau moment d'accalmie : à la nuit tombée, Carter sort de sa mousquetaire au son de "Willow Weep For Me", un standard du jazz qui accompagne les médecins du camp alors qu'ils dansent un slow sous la torpeur congolaise. Kovac lui adresse un clin d'oeil, Carter lui fait une révérence et là, des coups de feux retentissent. Très vite, la scène chaleureuse se transforme en enfer et un soldat grièvement blessé est amené sur la table d'opération, où Luka se charge de lui couper la jambe avec une vieille scie rouillée, qui grince en même temps que les instruments du morceau. C'est beau et violent et ça colle parfaitement à cette interprêtation du Tin Hat Trio avec la voix si particulière de Willie Nelson. ER était de toute façon très doué avec la musique et je risque de la mentionner de nouveau dans ce classement...

2) Who Are You? (The Who) - Louie [S02E05 Country Drive]

Je n'ai jamais été un grand fan des Who et encore moins d'une chanson aussi pompière que "Who Are You?" en particulier depuis qu'elle sert de générique à la première mouture de CSI. Il aura fallu quelqu'un comme Louis CK pour me réconcilier avec le morceau. Lui, il y tenait beaucoup. Il a même dépensé une bonne partie du budget alloué par FX pour cette seconde saison afin d'en obtenir les droits. Même si ça parait fou, ça valait le coup, rien que pour cette scène où, alors qu'il conduit ses filles sur une route de campagne pour rendre visite à une vieille tante, Louis entre en transe à l'écoute des Who, partant dans un long play-back agrémenté d'air guitar. Devant ses gamines à moitié terrifiées, à moitié blasées, Louis retombe en adolescence et se lâche complètement, comme on pourrait le faire en sautant sur son lit, une raquette de tennis en guise de guitare. Un père de famille qui s'éclate et s'octroie un moment de répit avant de revenir à la réalité. Le temps va être long jusqu'au printemps 2014 mais pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, il faut se jeter sur "Oh My God", le dernier spectacle en date de Louie !

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3) Tiny Dancer (Elton John) - The Office [S02E01 The Dundies]

J'ai beau ne rien connaître à la discographie d'Elton John (à part son morceau pour Le Roi Lion et son morceau pour Diana, comme tout le monde), j'ai beaucoup d'amour pour "Tiny Dancer". À moins d'être un fan hardcore de The Office, on ne se souvient pas forcément de ce court moment à la fin de "The Dundies", l'épisode où la version américaine trouvait enfin sa propre identité. Une courte scène où l'on voit Jim raccompagner une Pam ivre qui vient de l'embrasser dans la voiture d'Angela et rester un moment à sourire sur le parking de Chili's avec un sourire idiot sur le visage. Oh, je le connais bien ce sourire idiot. Et "Tiny Dancer" l'accompagne très bien et annonce le côté tendre et doux que The Office est bien décidé à explorer à partir de là... 

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4) Waiting (The Devlins) - Six Feet Under [S01E01 Pilot]

Bien sûr qu'il y a Sia et ce montage final parfait. Mais celui-là, tout le monde s'en souvient alors concernant SFU, je préfère évoquer d'autres moments. Pour commencer, le pilote et sa conclusion, où Nate s'arrête au milieu de son habituel jogging pour observer les autres. Leurs visages qui se tournent vers lui, la vie et la mort partout. Ce bus symbolique qui passe devant lui, transportant son père vers l'ailleurs. Les Devlins n'ont pas une discographie très marquante mais on se souviendra de ce morceau mélancolique qui me rappelera toujours à Peter Krause, à SFU et à toutes ces émotions. 

5) The Dolphins (Fred Neil) - Les Sopranos [S06E09 The Ride]

Tout comme ER et SFU, Les Sopranos excellent dans le genre séquence musicale qui te hantent pendant des années. La première qui me revient à l'esprit, c'est celle où l'on voit Christopher replonger dans la drogue et plâner au milieu des manèges qui tournent et clignotent dans la nuit. Plâner au son d'une chanson bouleversante de Fred Neil. Encore plus bouleversant quand on écoute les paroles et qu'on connaît le sort du personnage... "This old world may never change / The way it's been / And all the ways of war / Can't change it back again / I've been searchin' / For the dolphins in the sea". Ce vieux monde ne changera peut-être jamais. Une phrase qui capture l'essence de la série et des autres grandes séries existentielles qui peuplent cette liste. 

6) Prelude n°15 (Chopin) - In Treatment [S0206 Mia - Week 2]

Je dois ma découverte de Chopin à In Treatment. Bon, je connaissais son nom avant, mais pas vraiment sa musique. Moi, s'il y a pas une guitare quelque part, je suis pas très curieux. Qu'elle est belle cette scène finale où Paul (et un Gabriel Byrne toujours aussi touchant), suite à une session houleuse avec elle, réécoute un vieil enregistrement de sa patiente, Mia. Depuis, Chopin ne m'a pas quitté, en particulier ce morceau que j'ai même décidé d'intégrer à un épisode de BILLY. Il y avait peu de musique dans In Treatment, mais quand c'était le cas, on s'en souvient...

7) Devil Town (Bright Eyes) - Friday Night Lights [S01E22 State]

Quand on pense à la série, on se rappelle d'emblée des morceaux d'anthologies d'Explosions in the Sky. Il suffit de réécouter le sublime album "The Earth is Not A Cold Dead Place" pour se retrouver à Dillon ou dans la lumière éblouissante d'un stade, un soir de final. Mais le vrai moment de bravoure de ce season finale (qui reste pour moi le meilleur épisode de la série), c'est le retour à la maison des jeunes champions au son d'une reprise d'un morceau oublié de Daniel Johnston : "Devil Town", braillé par Connor Oberst, le meilleur des brayeurs contemporains. La liesse, la joie, le bonheur, les visages familiers, la conclusion parfaite à une saison parfaite de télévision. C'est pur et de la joie pure sur notre écran, c'est tellement rare qu'il faut la savourer. (La vidéo ci-dessous n'est pas l'extrait en question, introuvable, mais un montage de fan plutôt bien foutu). 

8) The Sound Of Silence (Simon & Garfunkel) - Arrested Development [Saison 4]

Tout comme la récurrence du thème du Noël de Charlie Brown était ce qui me faisait le plus rire dans l'épisode "Good Grief, le meilleur gag de la quatrième saison d'Arrested Development est la récurrence des premières secondes du classique de Simon & Garfunkel. Qui frappe ce pauvre Gob dès que sa vie redescend dans une inévitable spirale de misère et de foirages complets. On s'y attend et ça ne manque jamais de me faire hurler de rire. Ca en devient presque touchant quand c'est lié à son amour naissant avec Tony Wonders !

9) Cold Cold Ground (Tom Waits) - Homicide [S0504 Bad Medicine]

Bien avant The Wire, les drogues frappaient déjà les rues de Baltimore dans Homicide : Life On The Streets, un des plus mémorables dramas NBC des années 90. Et je me souviens de cette valse de Tom Waits qui vient accompagner un montage fataliste où les inspecteurs découvrent à la nuit tombée les victimes d'une épidémie dû à de la mauvaise came, distribuée par un rival de Luther Mahoney. C'est sombre et enlevé et cette accordéon triste colle parfaitement à l'ambiance poisseuse de l'épisode. Là aussi (désolé de poursuivre l'auto-promo), ça influencera BILLY et la scène finale de cet épisode

10) I Just Wasn't Made For These Times (The Beach Boys) - Mad Men [S05E06 Far Away Places]

Quand un épisode d'une série que j'adore se termine, j'ai souvent besoin de musique pour rester dans l'ambiance. Grâce à Spotify, j'ai pu créer des playlists qui me sont bien utiles mais pour Mad Men, c'est tout simple, il me suffit d'écouter Pet Sounds pour la millième fois. Un rituel qui fonctionnait avant et qui fonctionne encore plus après la diffusion de "Far Away Places" et cette scène où Roger essaye le LSD et se retrouve face à ses contradictions et au vide de sa vie et de son mariage. Rarement les paroles d'une chanson avaient autant collés au contexte d'une scène et autant résonner en moi...

"I keep looking for a place to fit where I can speak my mind,
I've been trying hard to find people that I won't leave behind,
They say I got brains, but they ain't doing me no good,
I wish they could

Each time things start to happen again I think
I got something good goin' for myself
But what goes wrong?

Sometimes I feel very sad
Can't find nothin' I can put my heart and soul into
I guess I just wasn't made for these times"

***

Et en attendant la suite de ce classement, je vous renvoie vers d'autres lectures estivales :

- Sur le Daily Mars, Sullivan revisite X-Files et c'est passionnant même si l'on n'a jamais vu la série. Si j'étais lui, je garderais tout ça au chaud pour publier un bouquin définitif. 

- Toujours sur le Daily Mars, l'équipe vous amène en voyage à travers plusieurs villes américaines à la recherches de lieux mémorables. 

- Encore et toujours sur le Daily Mars (non, ils ne me donnent pas d'argent), Dom et Nicolas retracent l'histoire de NBC et forcément, ça cause d'ER, de Friends, d'Homicide, etc...

- Sur pErDUSA, l'anthologie du Mary Tyler Moore Show par Jéjé est à ne pas manquer. Il a déjà couvert quatre saisons et nous permet d'en savoir plus sur l'héroïne de Tina Fey...

- Du côté du AV Club, on célèbre la semaine Breaking Bad et tout comme le retour de la série, c'est à ne pas manquer !

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En tout cas, me voilà de retour. On se voit dimanche pour parler de Frasier !