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29/08/2013

Broadchurch [Saison 1]

En regardant Broadchurch en août, j'ai eu l'impression de retrouver une bonne vieille "saga de l'été". Attention, on tient là quelque chose qui n'a rien à voir en terme de qualité et d'ambition avec les productions TF1 à la "Dolmen" ou "Tramontane". Mais avec seulement huit épisodes, une ambiance à la Cluedo dans un petit village en bord de mer et des rebondissements permanents, le plaisir est le même. 

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Au départ, il est départ de prendre notre duo d'inspecteurs au sérieux. Car il faut du temps pour s'habituer à l'accent de David Tennant (n'ayant jamais regardé Doctor Who, je l'ai seulement aperçu dans Single Father) et pour oublier qu'Olivia Colman jouait Sophie, la collègue un peu médiocre dont Mark tombe amoureux dans Peep Show. Mais les deux comédiens font un excellent boulot pour nous faciliter la tâche et rapidement, on y croit. Mais ce n'est pas le seul handicap de Broadchurch : les clichés à la pelle s'accumulent sans cesse. Qu'il s'agisse donc du duo d'inspecteurs aux méthodes différentes et aux échanges pimentés, de la petite ville remplie de mystères avec des habitants de plus en plus louches, les méchants journalistes qui fouinent... et un Alec Hardy en proie à un passé trouble et à des problèmes de santé qui le torturent. Ça fait beaucoup à encaisser et malgré un cast exemplaire et une réalisation belle à pleurer, on a parfois l'impression que ce bel emballage cache difficilement l'aspect assez conventionnelle de l'ensemble. 

Mais Broadchurch semble assumer cet aspect cliché et ne s'en embarrasse jamais, faisant sans cesse avancer l'enquête, passant d'un plan magnifique à un autre (le cadre du Dorset aidant) et offrant à ses comédiens de beaux moments mélodramatiques. Parce qu'on se rend compte que l'enquête autour de la mort d'un gamin n'est qu'un prétexte pour explorer une communauté qui se déchire et une galerie de personnages avec chacun leurs lot de secrets. On oublie donc les clichés, l'aspect larmoyant, la musique dramatique omniprésente et les cliffanghers incessants pour s'attacher aux habitants de Broadchurch (en particulier la famille en deuil et sa lente reconstruction) et au duo d'enquêteurs. À partir de là, Broadchurch devient rapidement addictif et franchement poignante, en particulier lors de la révélation finale. 

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Toujours au bord de l'overdose visuelle et de la caricature, voilà une série qui retombe quasiment toujours sur ses pattes grâce à son casting quatre étoiles et à cette incroyable confiance en elle qui l'empêche de déraper et la fait toujours avancer. Des "whodunit" aussi bien calibrés, on rêve encore d'avoir sur nos chaînes françaises et les américains (un remake est déjà lancé) risquerait bien de casser l'équilibre miraculeux trouvé par les britanniques et faire basculer cette histoire dans le mélodrame pur et dur. Drôle d'expérience en tout cas que de s'avaler en quelques jours ce divertissement de qualité qui m'aura en tout cas permis de redécouvrir Olivia Colman dans un autre registre et d'en prendre plein les yeux.