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27/12/2014

Best Of 2014 [2/5]

Suite du classement avec du HBO controversé et des comédies de la FOX ainsi qu'une surprise estivale. J'en profite pour vous inviter à écouter le dernier numéro du podcast Rien à Voir où avec le DailyMars et des invités, on refait aussi l'année télé.  

20) Girls [Saison 3]

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Diffusion : De janvier à mars sur HBO

Classement en 2013 : 18ème place

Pourquoi ? Une saison plus bordélique que jamais (putain Lena, appliques-toi !) mais où, comme d'habitude, les fulgurances sont très appréciés. Qu'il s'agisse d'un innocent road-trip ("Truth or Dare"), d'un huis-clos en forme de règlement de comptes et one-liners ("Beach House") ou d'une parenthèse sur la vieillesse et la mort ("Flo"), la série a encore des choses à nous laisser entrevoir et assez de malice pour nous faire rire avec ou malgré les personnages. C'est toujours Hannah et Adam qui s'en sortent le mieux et on regrette toujours autant les digressions mal gérés et les guest-star mal exploités (Gaby Hoffmann notamment). Mais ouais, les exemples cités plus haut suffisent à placer la quatrième saison dans le classement. Fais gaffe par contre Lena, car de saisons en saisons, ça dégringole. Tu as ma bienveillance, tu n'auras pas ma patience éternellement. 

Sélection : "Truth Or Dare", "Beach House", "Flo"

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19) True Detective [Saison 1]

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Diffusion : De janvier à mars sur HBO

Pourquoi ? Vous savez quoi ? J'aurais aimé réserver cette place pour "The Americans", "The Affair", "Getting On" ou même "Homeland". Seulement, je n'ai pas encore fini mon visionnage de celles-ci (ce sera ma mission d'ici le Nouvel An). Par contre, durant l'hiver dernier, je n'ai pas hésité à m'enfiler les sept épisodes de l'anthologie imaginé par Nic Pizzolatto. Et ça m'a fait grincer des dents à plusieurs reprises : la prétention avec laquelle ça nous était vendu, la nullité d'écriture pour les rôles féminins, la construction souvent laborieuse d'une intrigue un peu creuse que l'on décore avec du mystère fumeux et, tout comme avec Game of Thrones (et parce que je suis un enfoiré de snob), les réseaux sociaux qui ne peuvent s'empêcher de disséquer la moindre seconde et crier au génie sans aucun recul. Alors que fout-elle à la 17ème place de mon classement ? La réponse est simple : Matthew McConaughey. On avait pas aussi bien cabotiné sur mon petit écran depuis longtemps. Et comme 2014 est l'année où j'ai le plus plongé moi-même dans une sorte de nihilisme basique, ses monologues nietzschéen m'ont fortement marqués, c'est pas tous les jours qu'on nous tient ce genre de discours à la télé. Je mentionnerais aussi la réalisation, la bande-son et ce plan séquence purement démonstratif mais tout à fait jouissif qui clôt le quatrième épisode. Le reste, c'était un peu nul. 

Sélection : "The Long Bright Dark", "Who Goes There", "Form And Void"

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18ex aequo) New Girl [Saisons 3 et 4] / Brooklyn 99 [Saisons 1 et 2]

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Diffusion : De janvier à mai sur FOX

Classement en 2013 : 11ème place pour New Girl

Pourquoi ? La FOX était plutôt en forme niveau comédie cette année (alors que j'avais plus l'habitude d'être abonné à NBC pour ça), tellement que j'ai décidé de tricher à nouveau en vous proposant un ex-aequo. La première est descendue bien bas par rapport au classement de l'an dernier, n'ayant pas du tout réussi à capitaliser sur son excellente deuxième saison. J'ai d'ailleurs entendu des critiques très dures vis-à-vis du traitement de la relation Nick/Jesse mais je dois avouer que c'est pourtant les épisodes traitant de leur rupture qui m'ont le plus marqués en 2014. C'était inattendu, écrit avec audace et auto-dérision et, avec un Winston de plus en plus drôle, ça faisait partie des points forts de New Girl. Depuis, il y a eu une quatrième saison en demi-teinte, alternant les loners où l'on rit bêtement à gorge déployé ("Landline") et les épisodes très médiocres ("Micro" étant un triste exemple). Mais comme l'a prouvé le récent épisode de Noël, il y a encore suffisamment de coeur et un casting toujours aussi impliqué alors même si la fougue n'est déjà plus la même, je garde la série dans le classement. Quand à Brooklyn 99, elle a su tranquillement trouver son rythme de croisière et a même su enchaîner pendant une bonne période d'excellents épisodes en exploitant de mieux en mieux son casting. Là aussi, c'est devenu plus inégal à l'automne, mais la série est encore jeune, suffisamment pour espérer devenir une bonne remplaçante à Parks & Rec. Et Braugher est excellent, malgré un rôle qui pourrait vite devenir redondant, il est impeccable et justifie à lui seul cette 18ème place. Comment ? The Mindy Project ? Connais pas.      

Sélection : "Mars Landing", "Big News"/ "Unsolvable", "Charges And Spec"

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17) Manhattan [Saison 1]

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Diffusion : De juillet à octobre sur WGN America

Pourquoi ? Diffusée au milieu de l'été sur une chaîne dont personne n'avait entendu parler, ce drama historique fut une excellente surprise. Ça vous rappelle rien ? Oui, en 2008, on disait la même chose de Mad Men mais rassurez-vous, Manhattan n'est pas une vilaine copie du bébé de Matthew Weiner. On y retrouve un rythme assez similaire même si plus linéaire et classique et un récit où le contexte historique est surtout un prétexte pour observer les états d'âme d'une poignée d'humains. Et comme le contexte en question est la construction de la bombe atomique, la tension engendrée fait que l'on ne s'ennuie jamais et qu'il règne dans ce désert du Nouveau-Mexique un sentiment pré-apocalyptique permanent. Le tout est porté par une réalisation classieuse qui utilise très bien les maigres décor pour créer une atmosphère poussiéreuse et claustrophobe, ainsi que par un cast cinq étoiles (Olivia Williams tout particulièrement mais aussi Rachel Brosnahan, une belle découverte). Peu à peu, la série devient un ensemble show où chacun à son rôle à jouer et une personnalité qui se développe et un suspense ingénieux vient dynamiter la dernière poignée d'épisodes. Si on connaît la chute de la véritable Histoire, on se passionne pour les petites histoires de ces âmes égarés évoluant dans un univers où les enjeux finissent rapidement par les dépasser. Plutôt que de vous abrutir devant "Halt & Catch Fire", choisissez Manhattan comme period drama.  

Sélection : "Last Reasoning of Kings", "The Gun Model", "Perestrioka"

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16) Enlisted [Saison 1]

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Diffusion : De janvier à mars et en juin sur FOX

Pourquoi ? Juste après l'injuste annulation de la série, j'écrivais ça : "Dès les premières minutes, la camaraderie à l'écran est saisissante, que ce soit entre les trois frangins ou avec le reste du casting. Angelique Cabral s'en sort très bien avec un rôle un peu trop cliché au départ et Keith David excelle dans le registre comique. Alors, on s'attache très vite à cette bande de loosers et la série parle plus d'amitié et de fraternité que de l'armée (même si c'est lié). Et on y décèle un potentiel comme on a pu en déceler dans pas mal de pilotes d'ensemble comedy, à tort (Go On) ou à raison (Community ou Scrubs justement). Un potentiel qui se confirme d'épisodes en épisodes où les membres du groupe gagnent en personnalité et où le trio principal est un trio gagnant." La poignée d'épisodes diffusé en juin pour conclure Enlisted ont achevés de me convaincre qu'on tenait là quelque chose d'incroyablement attachant et chaleureux et que je vais continuer de pleurer à chaudes larmes pendant longtemps tellement elle avait encore plein d'énergie et de coeur à nous offrir... 

Sélection : "Randy Get Your Gun", "Vets", "Alive Day"

11/09/2014

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COLD OPEN / Angers, septembre 2014. Il y a du monde dans l'appartement, des amis entre deux logements et mon chat a bien envie de m'embêter. C'est donc terré sous la couette, un casque abîmé collé aux oreilles et en sueur parce que l'été indien est trop chaud que je reprends les bonnes habitudes : regarder des séries. Et probablement pour la dernière année (mais c'est pas sûr car je fais surtout ça pour le buzz), il faudra en parler sur ce blog. Pas de manière systématique comme j'ai pu le faire quand j'étais jeune et fougueux mais plutôt selon l'envie et quand ce sera plus fort que moi. Afin d'instaurer un minimum de régularité pour le minimum de fidèles qui me suivent encore, cette "rubrique" quasi-hebdomadaire est de retour et inaugure la septième saison de la télé selon Dylanesque.

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Où je parlerais à la troisième personne, où je bâclerais des analyses qui n'en sont jamais avec passion et fautes de syntaxes. Où j'aurais parfois un train d'avance mais souvent un train de retard. Au coeur de la nuit, avec le chat qui commence à me fatiguer, les amis qui roupillent dans le salon et la chaleur qui m'écrase, je relance la machine et vous souhaite une belle saison. Même si c'est peut-être la dernière sous cette forme là, ce sera pas forcément la dernière, sauf si on meurt tous. Dans ce cas-là, laissez-nous au moins voir la fin de Mad Men, putain...

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Boardwalk Empire S05E01 Golden Years For Boys And Girls / Et c'est à Atlantic City que j'ai repris du service. Enfin pas vraiment car la plupart des personnages sont expatriés dans ce season premiere, qui inaugure une (sûrement trop courte) dernière saison de 8 épisodes. Qui aurait cru que Boardwalk Empire serait la série dont j'attendais le plus le retour et dont je craignais la disparition ? Il y a un an, j'étais encore à voir la série d'HBO comme un truc pompeux et lourdingue, ne parvenant pas à dépasser le pilote malgré plusieurs efforts. Depuis, il y a eu un binge-watching hivernal inoubliable où la mélancolie superbement bien filmé m'a touché en plein cœur. Voilà donc la première fois que je regarde ça "en temps réel" et, même si c'est frustrant de ne pas pouvoir enchaîner sans attendre, ça ne m'a pas empêché de savourer.

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Et contrairement à beaucoup de critiques que j'ai pu lire, je m'abstiendrais de juger trop vite cette ultime poignée d'épisodes après avoir seulement vu celui-ci. En effet, le saut dans le temps qui nous amène en 1931 et les flashbacks nous montrant l'enfance de Nucky n'ont pas convaincu tout le monde : faire l'impasse sur toutes ces années, c'est aller trop vite là où on savait prendre notre temps et revenir dans le passé c'est perdre du temps là où la fin approche trop vite. Voyez un peu le dilemme. Moi, je trouve ça plutôt couillu. Ceux qui voulaient absolument voir le Valentine Day Massacre ou la mort d'Arnold Rosthein (qui nous manquera terriblement hélas) peuvent aller sur Wikipédia ou mater un film sur Capone. Placer les derniers moments de la série lors des derniers moments de la Prohibition et à une période crépusculaire où la crise économique et la fatigue de nos personnages est au plus fort, c'est pertinent je trouve. Si on jugera de leur intérêt sur le long terme, les flashbacks sont pour le moment convaincant et on peut remercier la directrice de casting qui a fait du bon boulot en dénichant ce gamin qui porte toute la misère du monde dans son visage de Buscemi pré-pubère. Nucky ne manque pas de complexité mais lui en rajouter une couche (ainsi qu'à Eli, au Commodore et, j'imagine, à Gillian prochainement) ne peut pas faire de mal alors qu'on s'apprête à lui dire au revoir. Ca permet de le recentrer de manière inventive et de passer un peu plus de temps à Atlantic City et dans des décors début de siècle magnifique (c'est artificiel mais ça compte tout de même). On est toujours à la limite de la psychologie de comptoir mais ça reste émouvant et suffisamment bien foutu pour que je ne m'ennuie pas (encore).

En 1931, ce qui se passe est bien moins limpide. C'est d'ailleurs le seul bémol de l'épisode à mon goût : son côté très décousu, où l'on saute de villes en villes pour retrouver des personnages que plus rien ne lie vraiment et seulement une poignée d'entre eux car on garde les autres pour la semaine prochaine (dommage pour Eli, Capone, Nelson et Gillian, mais c'est déjà bien le bordel, faudrait pas que ça devienne Game of Thrones). L'épisode s'ouvre à Cuba (magnifique effets spéciaux et photographie, tes yeux bavent devant ce qui reste la plus grosse production à la télé) avec un Nucky plus grisonnant et désabusé mais qui garde quand même espoir de voir la vente d'alcool redevenir légal et profite du soleil pour faire la seule chose qu'il sait faire : magouiller avec des producteurs de liqueur et des politiciens corrompus. C'est du classique mais ce qui change, c'est le climat : incertain, non familier et dangeureux, comme on le découvre avec une tentative d'assassinat bien flippante (merci au garde du corps qui débarque là comme un prétendant au trône du regretté Richard Harrow). Sally ne semble toujours pas digne de confiance et les mensonges de Meyer Lansky ne sont pas convaincant : Nucky semble donc au milieu de nouveaux complots et c'est comme ça qu'on l'aime.

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Pendant ce temps, Michael K. Williams nous offre sa plus belle tronche de malheureux avec un Chalky prisonnier (là aussi, la photographie dans les bois est sublime et tu frissonnes presque quand il doit enlever la boue de ses bottes) mais aussitôt reparti sur la route (à la recherche du Dr. Narcisse ?). À New York, le patron de Margaret nous ouvre une leçon sur la crise économique le temps d'un monologue surprenant et l'ex Mme Thompson semble toujours accroché à la mémoire d'A.R. (nous aussi). C'est donc à travers Lucky qu'on retrouve l'aspect mafia de la série et on est servi avec la mort de Masseria et l'arrivée à la table de Don Salvatore (je veux même pas imaginer les saloperies qu'ils se passent en se serrant la main entaillé comme ça). Tout cela est chouette mais un peu lointain, un peu sans rapport, un peu lisse. Mais tellement beau et enivrant que je suis ravi de retrouver la série pour cette dernière ligne droite où je lui offre de bon cœur toute mon ouverture d'esprit et toute ma mélancolie...

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Masters of Sex S02E09 Story Of My Life / Là aussi, j'entends des critiques que je ne comprends pas forcément : intrigues qui tournent en rond, structures malines qui cachent la misère et une Libby bien relou. Bon, pour Libby, je peux comprendre qu'on s'impatiente et que sa découverte de la communauté noire laisse perplexe. Mais cet épisode laisse présager qu'elle a un vrai rôle à jouer à la périphérie du duo Bill/Virginia et son amitié avec l'amante de son mari donne lieu à des scènes vraiment captivantes, sans que ce soit trop prévisible (même si on connait l'issue de ce mariage condamné). Alors non, franchement, Masters Of Sex continue d'être une réussite et a particulièrement brillé avec "Blackbird" où l'agonie de Lillian était bouleversante et surtout "Asterion", à la structure inventive et couillu, qui nous fait traverser le temps avec un beau sens de la narration. Michael Sheen ajoute peu à peu des nuances à un Bill Masters qui fait un pas en avant et deux pas en arrière aux contacts de ses proches et lorsqu'il est confronté à son passé et son actuel problème d'impotence. Et Lizzy Caplan continue d'incarner le meilleur personnage à la télévision, mon préféré en tout cas cet été.

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Les premiers pas de Virginia dans la psychologie permettent d'avoir une nouvelle approche du sujet phare de la série et de créer de nouveaux conflits autour de son duo principal. Betsy Brandt est particulièrement émouvante dans son intrigue, Christian Borle a livré un monologue pas très subtil mais joliment joué et, de manière générale (à l'exception d'un Austin devenu presque obsolète et d'une Sarah Silverman qui a disparue), les petites histoires des personnages secondaires ont tous leur place dans la grande histoire d'une série évoluant à son rythme et ne reposant sur aucuns lauriers. Elle n'a pas peur d'explorer toutes sortes de pistes et quand elle se perd en route, on peut lui faire confiance : elle saura retrouver son chemin. Moi je savoure la route et reste toujours intrigué par le couple Masters et leur univers.

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Manhattan, le pilote

Comme ça se bouscule pas encore au portillon (mais que ça va pas tarder), j'ai voulu profiter de l'été indien pour visionner deux dramas estivales. Le premier est diffusé sur WGN America (oui, moi aussi je connaissais pas) et a peu fait parler de lui mais quand on en parle, c'est souvent en bien alors pourquoi pas. Ca nous raconte le quotidien d'une base militaire où s'élabore la bombe atomique américaine, trois ans avant son lancement sur Hiroshima et Nagasaki. On a des scientifiques, des femmes de scientifiques, des militaires et des politiques. On connait le dénouement mais on s'intéresse aux méandres, à l'éthique et à un monde en mille morceaux. John Benjamin Hickey (le frangin dans The Big C et le magnat des Internet dans The Good Wife) est plutôt convaincant en chercheur déterminé face à un Ashley Zukerman en petit génie torturé par un secret d'état qui le dépasse. Le pilote est assez classique mais tout à fait efficace et lance suffisamment de pistes intéressantes pour que je regarde la suite. Si l'atmosphère claustrophobe est renforcée et que les personnages féminins ne restent pas de simples épouses coincés dans des intrigues de femmes au foyer désespéré, Manhattan deviendra un rendez-vous. Je vois en elle un bon petit drama bien foutu mais si elle veut me surprendre, je l'attends (avec l'ambiance désertique et l'affrontement idéologique, on peut avoir un Carnivale du pauvre peut-être).

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Halt & Catch Fire, le pilote

Halt & Catch Fire, c'est une autre paire de manches (si c'est vraiment la dernière année de mon blog, je tiens à en profiter pour placer ce genre d'expressions). La critique n'était certainement pas unanime et quand elle a débuté en juin sur AMC, on a reproché à la série son manque d'originalité, son emprunt maladroit et pompeux aux poncifs du "quality drama", des personnages unidimensionnels et une narration sans éclats, presque soporifique. Suffisamment de mauvais buzz pour que j'aille voir ailleurs. Et puis, à l'issue de la première saison, certains furent plus indulgents, d'autres carrément excités, alors il fallait bien que je juge par moi-même. Comme je n'avais pas de grandes attentes, il y a pas de vrai déception, juste un peu d'ennui devant un pilote qui "fait le job" (présenter la situation, les personnages, leurs enjeux) sans véritable finesse, sans véritable éclats et surtout, sans trop d'âme. Heureusement, j'ai trouvé suffisamment d'intérêt dans le sujet présenté (une équipe de "bras cassés" qui s'unit pour faire concurrence à IBM en pleine course informatique du début eighties) et j'ai suffisamment confiance en cast (notamment Lee Pace qui surjoue gentiment comme il faut) pour regarder au moins l'épisode suivant. Comment ? C'est le pire de la série ? Merde. 

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Amazon, troisième vague

Je suis pas le premier à le dire (je suis rarement le premier à dire les trucs) : Amazon, c'est le bordel. Leur troisième salve de pilote débarque alors qu'on a pas encore pu voir des saisons complètes de la deuxième (celle de Transparent arrive bientôt et celle de Mozart in the Jungle avant Noël et j'avais adoré les deux) et on s'enthousiasme devant des pilotes dont on ne verra peut-être jamais la suite. Rebuté par le très mauvais accueil réservé aux dramas (notamment Hand Of God qui a l'air bien naze), je me suis contenté de visionner ces deux "comédies" (il faudrait soit trouver un nouveau terme moins générique soit arrêté de foutre des étiquettes sans arrêt). Les deux m'ont plu, pour des raisons différentes et sans vraiment retrouver l'excitation de Transparent ou Mozart. C'était juste suffisamment original, surprenant et bien foutu pour convaincre mon cœur de sériphile qui a parfois l'impression qu'on lui sert toujours la même chose.

Mon préféré, c'est Red Oaks. C'est un vrai bonheur de retrouver David Gordon Green, un ancien d'Eastbound & Down, derrière la caméra et Craig Roberts, le héros du film "Submarine" que je vous recommande très fort. Il joue ici un gamin devenant assistant coach de tennis pour un country club de bourgeois et effectue ses premiers pas d'adultes dans un monde d'hypocrisie, de tromperies et de cynisme, tout en gardant sa légendaire tête de Droopy et un touchant vague à l'âme. Ca se passe en 1985, l'univers et les personnages s'installent de manière organique et coloré sans qu'on voit le temps passer, l'image est superbe à regarder et le casting impeccable car on y retrouve aussi Paul Reiser à contre-emploi, Richard Kind dans le rôle du père et un certain Oliver Cooper qui est un Jonah Hill 2.0. déjà très attachant. Tour à tour, la série vous fera penser au meilleur des bons récits de passages à l'âge adulte (de Rushmore à Superbad) et les effets de style toujours au service du propos sont une marque déjà imposé par Green quand il racontait les déboires de Kenny Powers. C'est léger, frais et j'avais exactement besoin de ça. J'espère sincèrement qu'il y aura une suite pour continuer à suivre David dans son apprentissage.

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Ambiance différente mais tout aussi légère pour The Cosmopolitans, qui suit les tribulations d'une bande d'expatriés à Paris. Whit Stillman pilote le projet (j'avoue qu'il m'était inconnu jusque là) où on retrouve ce bon vieux Adam Brody (qui ne vieillit pas d'ailleurs), une Chloé Sevigny toujours là quand la caution indé est authentique et un tas d'inconnus avec des accents et des gueules de mannequins. On regarde cette bande bourgeoise bohème discuter, draguer, déprimer comme si on regardait un nouveau Woody Allen co-écrit avec Lena Dunham ou du norm-core avec une photographie d'enfer. Le charme de notre capital, qui n'est jamais mis en avant de la manière dont les américains le font d'habitude, participe quand même à l'attrait du récit. Qui n'est pas d'ailleurs pas un récit mais plutôt de la "hang-out dramedy". Tout le monde est joli et gentiment torturé sans que ce soit jamais trop pris au sérieux. À la sortie du pilote, je ne suis pas certain de m'être attaché à quiconque (ou peut-être à Brody, par habitude) et je vois mal du coup ce que pourrait m'apporter une suite, à part de beaux comédien(ne)s, de belles images et quelques dialogues bien sentis. C'est peut-être suffisant après tout et je regarderais avec plaisir le spleen de ces jeunes gens si on m'en donne de nouveau l'occasion. 

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J'aurais voulu conclure avec quelques mots sur la fin de Falling Skies mais bon, Noah Wyle qui lit Épictète dans un vaisseau partant exploser la Lune, c'est une image qui me hante trop pour pouvoir en parler sérieusement. Vivement l'année prochaine pour que le délire se poursuivre et se conclut. J'aurais également aimé dire un truc sur le retour de Sons of Anarchy mais honnêtement, je n'ai pas encore eu le courage de m'infliger un season premiere où Kurt Sutter a, semble-t-il, perdu le numéro de son monteur. Ce sera pour la prochaine fois, qui sera chargé, car c'est bientôt la vraie rentrée. 

En attendant, souvenir des vacances : ci-dessous, mon voyage en Bulgarie, pour les curieux (la suite est pas loin si vous cherchez bien). 

P.S. : Le prochain numéro de ma rétro Urgences est repoussé à la semaine prochaine faute de temps. Pour ceux qui se posaient la question, il y aura 15 éditions. Et des guests, prochainement...