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01/05/2015

Mom [Saison 2]

Mom est la meilleure sitcom à la télévision actuellement. 

Bon, vous allez me dire, la concurrence n'est pas rude : on a des vieux mastodontes à la Big Bang Theory, des daubes comme Mike & Molly et des remakes nazes comme The Odd Couple (pauvre Matthew Perry, je n'ai pas dépassé le pilote). Quand aux comédies single camera, à part pour Veep et Louie sur le câble, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent sur les networks : il y a longtemps que j'ai abandonné Modern Family et des séries comme New Girl et même la sympatoche Brooklyn 99 commencent doucement à m'ennuyer. Parks & Rec et Cougar Town sont terminés et j'ai la flemme d'attaquer six saisons de The Middle. Alors oui, au bout de 44 épisodes et après l'avoir répété tant de fois, je le redis : amoureux de sitcoms, regardez Mom. Elle est dans un état de grâce où la qualité est constante et en attendant que ça redescende un jour, il faut en profiter. 

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Voilà cinq raisons très simples pour achever de vous convaincre :  

1) Mom est drôle !

Oui je sais, pas facile de vous convaincre de ça quand on sait que Chuck Lorre (Big Bang Theory, Two And A Half Men) est aux commandes. Son nom peut donc facilement évoquer sitcom usinière avec gags gras à la chaîne et sexisme puant au tournant. Mais Lorre n'est pas seul : chaque épisode de Mom est crédité d'une poignée de scénaristes venant d'horizons différents et où règne la parité. Alors bien sûr, on retrouve à l'occasion des blagues bien crasseuses et en dessous de la ceinture, mais au fil de la série et à mesure que l'on apprend à connaître les personnages, elles deviennent de moins en moins gratuites. Grâce au talent des comédiennes, on peut donc facilement rire à gorge déployé, en particulier quand les vacheries entre la mère et la fille rivalisent d'inventivité ! 

2) Mom est triste !

Et c'est aussi ça qui la rend aussi drôle. Aussi lourdingues qu'elles soient, les blagues sont bien souvent là pour désamorcer intelligemment une situation dramatique. Et il arrive souvent que les larmes succèdent à un bon fou rire. C'est ce délicat mélange que la série parvient si bien à faire sans jamais tomber dans le pathos et avoir besoin de forcer le trait. Pas en tout cas dans cette deuxième saison qui a quand même réussi à enchaîner la mort d'un personnage clé (Kevin Pollak qui était très bon dans le rôle d'Alvin, rendant son décès encore plus douloureux), à faire retomber Bonnie dans l'addiction (ce qui était aussi marrant que tragique) et à éloigner Christy de ses deux enfants. Les scénaristes n'ont peur d'aucunes thématiques (on y évoque aussi le cancer, la prison, la religion et la pauvreté) et vont en général jusqu'au bout de leur propos, même si ça veut dire que les rires enregistrés seront muets l'espace d'une scène émouvante. Et quoi de plus touchant qu'une sitcom qui, d'un seul coup, devient silencieux et change de tonalité sans avoir besoin de changer sa nature. C'est comme de voir une excellente scène dramatique au théâtre, on entendrait presque la respiration de son voisin et la catharsis n'en est que renforcée. Prenez par exemple la scène où Christy décide que, pour une fois, elle n'ira pas aider sa mère à se sortir du pétrin, quand celle-ci l'appelle depuis une cellule de dégrisement. On se marre parce que Bonnie est outrée et on est touché par la décision courageuse mais difficile de sa fille et la solitude dans laquelle se retrouve sa mère. Chaque épisode parvient avec malice à nous parler de tout de toutes les manières et avec une fluidité folle. Oui, n'oublions pas que Chuck Lorre a également bossé sur Roseanne.

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3) Allison Janney est géniale !

Et ça, si vous avez déjà vu un épisode de The West Wing ou de Masters Of Sex, vous n'en doutez pas (à moins d'avoir seulement vu un épisode de Mr. Sunshine...). Mais j'ai beau adorer C.J. Cregg, je crois qu'avec Bonnie Plunkett, l'actrice tient le rôle de sa carrière. Celui où elle peut en tout cas nous prouver l'étendu de son talent. Dans Mom, et en particulier dans une deuxième saison où son personnage gagne joliment en nuances, elle peut tout faire : humour physique (elle fait souvent deux têtes de plus que ses partenaires de jeu ce qui lui donne un avantage considérable pour ça), one-liners qui font toujours mouche, douce folie qui permet de rendre amusante les pires dérives du personnage et surtout, une capacité incroyable à jongler entre différentes tonalités. La descente aux enfers de Bonnie est le fil rouge de la deuxième moitié de saison, à partir du moment où Alvin disparaît jusqu'à l'énième chance que lui offre sa fille. Et durant la totalité de ces épisodes, Allison Janney est parfaite. 

4) Et le reste du cast aussi !

Mais Anna Faris est parfaite aussi ! Il aurait été facile de faire de Christy un personnage plus sérieux pour contrebalancer les excentricités de sa mère et de son entourage. C'est un procédé classique de sitcoms, le straight guy qui est plus là pour réagir que pour faire rire. Christy est, au contraire, une lead dynamique, touchante et dont les propres problèmes d'addiction rendent encore plus complexe la manière dont elle réagit aux excès de Bonnie. La peur de reproduire le schéma familial lui pèse de plus en plus, en particulier quand Violet emménage avec son fiancé (David Krumholtz, qui enchaîne les bons seconds rôles cette année) ou quand Roscoe veut vivre avec son père (un Badger de mieux en mieux utilisé). Autour de Janney et Faris, les scénaristes ont décidés d'étoffer les personnages féminins hauts en couleurs. On connaissait déjà Marjorie, la voix de la raison qui gagne elle aussi en nuances cette année. Et on retrouve Octavia Spencer qui forme cette saison un duo avec Jaime Pressly pour compléter le cercle d'amis proches indispensables. Un groupe de femmes alcooliques qui se soutiennent malgré tout leurs défauts (ajoutons aussi Caroline, la secrétaire de Roger Sterling, qui prend du galon). Et comme je le mentionnais plus haut, on a eu un très bon Kevin Pollak et des gamins pas trop insupportables (juste ce qu'il faut).  

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5) Mom se réinvente !

Mais Dylanesque, tu nous avais pas dit l'an dernier que toute la partie au restaurant et les personnages associés (Gabriel et Rudy) ne servaient à rien et étaient complètement dissociés du reste ? Et bien problème quasiment résolu ! Quand Christy décide de reprendre ses études de loi, elle abandonne derrière elle le restaurant et des gens qui ne servaient plus à rien. Gabriel a le droit à une conclusion plutôt inspiré tandis que Rudy... et bien Rudy réapparaît à l'occasion, juste la dose qu'il faut. Je ne comprends pas pourquoi French Stewart ou même Spencer Daniels (l'ancien petit ami de Violet) font toujours partie des crédits principaux alors que ce n'est pas encore le cas d'Octavia Spencer et Jaime Pressly mais c'est un mystère qui est la marque d'une série qui n'a pas peur de se réinventer. Exit donc le décor devenu inutile du restaurant et voilà aussi que la maison des Plunkett (alors que le foyer est quelque chose d'intouchable dans une sitcom traditionnel) ne cesse de changer dès le début de saison, pour mieux illustrer le misère et la vie dissolue de notre duo principal. Dès que la relation de Bonnie avec Alvin devient trop confortable, exit Alvin ! Cette deuxième saison est une succession de prises de risques qui n’entachent pas pour autant la fluidité du récit (les thématiques sont suffisamment solides pour résister au changement) et sans nuire à la continuité. 

Souhaitons donc à Mom de garder cet équilibre très rare dans une sitcom et si c'est le cas, de durer aussi longtemps que possible !

17:17 Publié dans Mom | Lien permanent | Commentaires (2)

25/01/2015

DylanesqueTV S07E05

Une putain de semaine pour les comédies. Franchement, c'était le grand chelem, le défilé, on dirait que les chaînes se sont passés le mot pour balancer au même moment le top du top. Bon, je m'excite, voyons voir ça dans les détails mais pas trop non plus car on est déjà dimanche soir et cet épisode de Broadchurch va pas se regarder tout seul. 

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It's Always Sunny In Philadelphia S10E02 The Gang Group Dates

Après un season premiere qui repoussait les limites de l'alcoolisme du gang, cet épisode explore plus en profondeur leur manque total de savoir-faire en tant qu'humain. C'était à prévoir à partir du moment où ils se mettent en tête d'organiser du speed-dating au Paddy's et que ces interactions sociales deviennent un prétexte pour être le plus ignoble possible, sans jamais s'en apercevoir. À force de se mettre la planète entière à dos, vivre en société devient mission impossible et, chaque année, le gang aggrave son cas. Ici, Dee passe en deux jours d'une relation stable à une mante religieuse qui gâche toute chance de bonheur amoureux. Dennis accède à un nouveau stade dans sa carrière de psychopathe sexuel à partir du moment où son ego est noté via une application et que, plus vulnérable que jamais, il explose de rage. "I will RAPE you all! I will RAPE you in your sleep!". Il suffit de changer une lettre et c'est le drame. Et puis on a le duo Mac/Charlie, coaché par Frank qui n'arrive pas à garder son "cock ring" en place, qui pourrait être attendrissant s'il n'était pas aussi creepy. Qui plaindre ? Le gang ? La serveuse ? La ville entière de Philadelphia ? Moi je me plains pas, je ris toujours autant, ça fait dix ans et je ris toujours autant putain. 

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Mom S02E11 Three Smiles And An Unpainted Ceiling

La dernière fois, je réclamais la promotion de Kevin Pollak au sein du casting principal. C'était bien parti et la première partie de cet épisode va vraiment dans ce sens : Alvin s'installe auprès de sa famille, s'engage auprès de Bonnie et le couple semble plus amoureux que jamais. C'était trop beau pour être vrai et cette putain d'artère a fini par lâcher. Oui, cette semaine, Mom a tué un personnage et elle l'a fait avec panache, en se reposant entièrement sur le talent de ses deux actrices principales. Allison Janney dont le choc se transforme rapidement en rage avant de redevenir de la tendresse. Anna Faris qui ne sait pas comment réagir et finit par éclater en sanglots dans les bras de sa mère. Aborder le thème de la mort, comme aborder celui de l'alcoolisme ou de la misère, n'est pas suffisant pour que les scénaristes fassent un break avec l'humour gras et les répliques bien senties. Une fois le choc passé, l'équilibre est rapidement trouvé entre une belle sensibilité et une légèreté qui est la bienvenue. Elle a des couilles cette série et ne semble pas avoir l'intention de se reposer sur un status-quo qu'il aurait pourtant été facile d'installer et d'exploiter à outrance. Si je regrette un peu de ne pas pouvoir assister à plus de stabilité en compagnie du très bon Pollak, j'applaudis cette prise de risques qui est forcément payante car elle aura forcément des conséquences. La scène la plus forte reste celle où on se rappelle la lutte quotidienne des deux femmes, bouleversés face à un verre qu'elles ne toucheront pas. Pour l'instant.

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Parks & Recreation S07E04 Leslie And Ron

D'abord, un petit mot sur "William Henry Harrison", un très bon épisode, qui sait utiliser les bizarreries de Pawnee et son historique pas comme les autres pour créer du gag et exploiter la galerie de personnages à la Simpsons sans trop tirer sur la corde. Si je commence déjà à en avoir un peu marre de l'éternel quête de soi d'April, je suis pas prêt de me lasser du duo formé par Ben et Terry et l'affrontement entre Ron et Leslie créait des enjeux proches des personnages (plus qu'une énième campagne électorale en tout cas). Et pourtant, je ne suis pas mécontent de voir leur différend se régler dès l'épisode suivant, l'un des meilleurs de la série, je vais pas avoir peur de le dire. Comme son titre l'indique, c'est un pur hommage à la relation central de la série, à ce ying/yang sur lequel les scénaristes ont toujours su se reposer pour retrouver un peu d'équilibre. On peut toujours compter sur ces deux là pour les moments les plus drôles ou les plus émouvants de la série alors quand on les enferme malgré eux dans un huis-clos sensé les réconcilier, c'est l'occasion parfaite pour nous offrir un best-of Ron/Leslie, sans avoir recours à un clip-show. On revisite l'histoire de la série avec de sympathiques clins d’œils, on comble les trous entre 2014 et 2017 avec malice et on se rappelle à quel point on a pu aimer Parks & Rec quand elle était au top. Cet épisode était au top. Il m'a fait rire et même pleurer parce que c'est pas tous les jours qu'on voit Nick Offerman pleurer. Michael Schur nous a pondu un script merveilleux où ses deux acteurs se sont éclatés comme des gamins, avec sûrement l'émotion de la fin de tournage approchant en prime. On ressent tout ça et on se retrouve devant des potes, plus seulement des personnages vieillissants. Si l'ultime saison se poursuit dans cette veine, ce sera une bien belle récompense à notre fidélité. 

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En vrac / Tandis que Portlandia a pondu son premier épisode convaincant de la saison en se recentrant autour d'une thématique (l'hôpital) plutôt que des personnages supportant mal le format long, Broad City a réussi à faire rire en évoquant esclavage moderne, obésité et Lady Gaga. Cougar Town n'était pas en reste avec un épisode solide qui parlait, bien entendu, d'amitié et d'alcool. Togetherness s'est montrée bien moins agaçante avec son deuxième épisode, il faut croire que, comme prévu, les personnages me font doucement de l'effet (et cette scène de sexe pimentée était épique !). Quand à Workaholics, ils parviennent à nous refaire le coup de l'épisode de catch (que IASIP avait déjà réussi haut la main) sans tomber dans la redite et en invitant une guest-star dont je ne dévoilerais pas le nom pour vous laisser l'effet de surprise. Les comédies de la FOX étaient en pause cette semaine mais, qui sait, peut-être que New Girl et Brooklyn 99 auraient pu briller à nouveau. Et je termine avec un sentiment plutôt positif quand au retour de Justified, centré comme prévu autour des antagonistes Raylan/Boyd, marquant l'arrivée prometteuse de Garret Dillahunt et une belle conclusion à l'arc un peu inégale de Dewey Crowe. Et j'ai même pas envie de parler de Parenthood parce que j'en ai encore les larmes aux yeux et que je reviendrais me larmoyer suite au final, jeudi prochain. 

En attendant, n'hésitez pas à rire, il y a de quoi faire. Et quand il y aura plus de quoi faire, faîtes comme moi : replongez-vous dans Cheers ! 

 

18/01/2015

DylanesqueTV S07E04

Bon, vous comprenez bien qu'avec la gueule de bois du Nouvel An, la reprise du boulot et les événements récents, j'ai pas eu trop le temps ou la tête à regarder de la série. Au lendemain du 7 janvier, je me suis juste biberonné à un petit marathon Cheers pour me calmer un peu en me lovant dans un monde où tout est bien qui finit toujours bien. Je m'y suis senti en sécurité et ça m'a rappelé pourquoi les sitcoms existe. Par conscience professionnel de blogueur bénévole, j'ai quand même réussi à me replonger dans le grand bain et, de mémoire de sériphile, je crois pas avoir eu autant de trucs à regarder au même moment. Entre les saisons en cours, les retours et les nouveaux, c'est la folie et cet épisode de DylanesqueTV est là pour remettre un peu d'ordre dans tout ça, voir si ça valait vraiment le coup ou si j'aurais mieux fait de sortir me bourrer la gueule plutôt que de rester devant mon écran. 

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Broad City S02E01 / In Heat

Impeccable retour d'Abbi et Ilana qui ont nettement plus de pression sur les épaules maintenant qu'elles sont à la pointe du hype. Le duo ne semble avoir décidé de s'assagir ou se reposer sur ses lauriers et livre un season premiere à la hauteur avec un pitch réjouissant (la recherche d'un ventilateur lors d'une journée caniculaire) et les habituelles digressions qui font le charme de la comédie. C'est avec cet épisode que j'ai le plus ri cette semaine (l'équipe de IASIP a enfin de la concurrence !) et, de la scène dans le métro à celle de la fumette, c'est aussi l'épisode le plus créatif. L'équipe de Broad City semble bien s'éclater devant et derrière la caméra et nous amuse toujours autant. J'ai déjà envie de revoir ça.  

Cougar Town S06E02 / Full Grown Boy

2014 nous a tué Enlisted dans l’œuf et 2015 va achever Cougar Town. J'espère franchement que je serais pas obligé de me taper Undeatable pour avoir ma dose de Bill Lawrence. Le truc dommage, c'est que j'ai eu du mal à rentrer dans le season premiere pour deux raisons : la première c'est que la grossesse de Laurie m'embête pas mal car c'est très paresseux comme intrigue et que l'avortement n'a pas été évoqué UNE SEULE FOIS. La seconde, c'est que, malgré l'ambiance Boardwalk Empire qui aurait dû forcément me plaire, la fusillade dans le garage de Tom, je l'ai vu au lendemain de celle dans les locaux de Charlie Hebdo alors bonjour l'angoisse. Malgré ça, c'est toujours plaisant de retrouver la bande. Leurs gags s'essoufflent gentiment et me font plus sourire qu'autre chose mais comme la fin est programmée, pas de soucis, je vais juste savourer une ultime petite ballade avec eux sans trop pinailler. Sans trop m'outrager d'une Laurie qui devient de plus en plus lisse, d'un Travis qui m'agace d'avoir abandonné ses rêves et d'avoir flingué ceux de sa copine pour fonder un foyer et d'un Andy qui cabotine plus que jamais. Ellie a suffisamment de sarcasme en réserve pour faire passer la pilule et la vanité de Grayson me fera toujours bien marrer. Quand à Bobby, son départ est plutôt bien introduit alors c'est cool. Je vous reparlerais du Cul-de-Sac lors du season finale, d'accord ?

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Girls S04E01 / Iowa

La question est toujours la même : est-ce que Dunham va continuer à improviser au risque de ne pondre que d'infimes fulgurances dans une saison inégale ou va-t-elle enfin trouver un équilibre à sa chronique du passage à l'âge adulte ? Hannah semble en tout cas prête à remettre de l'ordre dans sa vie mais avant ça, on a le droit à un season premiere bordélique au possible qui ressemble plus à un épisode bonus de la saison précédente qu'au lancement de celle-ci. C'est toujours plaisant de voir Hannah avec ses parents, de voir Adam Driver cabotiner et Marnie se payer la honte et c'est un plaisir de retrouver Anthony Edwards à l'écran mais rien de tout ça n'est plus vraiment surprenant ou excitant. J'attends donc de voir comment le départ pour l'Iowa changera la donne mais je regarde ça d'un œil moins curieux que d'habitude... 

It's Always Sunny In Philadelphia S10E10 / The Gang Beats Boggs

À l'image du gang quand il n'a plus rien à boire, j'étais depuis un an en sevrage de ma comédie favorite et c'était pas évident. Pour tenir, je me suis rematé en boucle mes épisodes favoris et j'ai continué mes croisades pour que tout le monde regarde la série. Même revu Fargo pour avoir ma dose de Glenn Howerton (pas vu Horrible Bosses 2 par contre, faut pas pousser...). Heureusement, les voilà de retour parce que j'en pouvais plus de les attendre. Et le pitch du season premiere de cette dixième saison (10 ans putain !) est impeccable, du grand classique : afin de battre un record idiot, chaque membre du gang doit s'enfiler au moins 50 bières dans le gosier lors d'un vol Philadelphie-Los Angeles. On a donc tout ce qui peut faire la force d'un épisode : l'alcoolisme démesuré de cette bande de fou furieux très bruyants, une Dee constamment au seuil du vomi, un Charlie aussi bête qu'enthousiaste, un Mac auto-proclamé arbitre de la compétition et plus control-freak que jamais, un Frank qui bave, gueule et manque de tuer un passager et un Dennis qui ajoute une corde à son arc de prédateur sexuel. En attendant que la série ne batte un record de longévité (on est pas loin), ses personnages reviennent en grande forme lorsqu'ils tentent de battre le leur (avant, bien entendu, de se déconcentrer peu à peu de leur objectif initial). Très solide et toujours aussi drôle, me voilà remis sur pieds, merci les gars ! Et merci Dee, qui doit toujours être en train de roupiller dans la soute à bagages d'un avion, quelque part...

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Parenthood S06E11 / Let's Go Home

Il aura donc fallu attendre sa toute dernière ligne droite pour que la sixième saison de Parenthood offre quelque chose d'un minimum consistent et à la hauteur de mes attentes. Quand je vois un épisode comme celui-ci ou le précédent, je me dis que, même si "The Pontiac" était un series finale très satisfaisant, ça valait le coup d'avoir du rab. Je vous l'accorde, la manière dont la team Katims redresse la barre est très facile : résoudre de la manière la plus prévisible possible les soucis de chaque personnage, de manière suffisamment juste pour que ça ne pue pas trop le happy end faiblard. Malgré les problèmes financiers, Adam et Crosby se serrent les coudes et font des compromis au nom de la fraternité. Malgré une séparation qui fut développé sur la durée, Joel et Julia se réconcilient avec un grand sourire. Malgré leurs soucis de communication, Sarah et Hank décident de se marier. Et malgré la peur de la mort qui grandit, Zeek fait face grâce à l'union de sa famille. Bien sûr, je résume grossièrement car pas mal de subtilités se glissent là-dedans, juste assez pour que ce soit un minimum crédible et vachement émouvant. Juste assez pour qu'on se rappelle pourquoi on aime les Braverman et qu'ils vont nous manquer. Peut-être pas assez pour que l'on sache exactement ce qu'il va se passer dans les deux épisodes restants. Mais bon, il ne s'agit pas d'un show à rebondissements, juste d'une chronique touchante et là, elle fait clairement le job. Mention spéciale à Ray Romano qui livre une putain de performance et vole régulièrement la vedette aux autres. 

Parks & Rec S07E01-S07E02 / 2017-Ron & Jammy

Et voilà le bal des séries que j'aime depuis longtemps et qui vont se terminer en 2015 qui se poursuit. Après une sixième saison qui avait gentiment redressé la barre, j'ai bon espoir pour celle-ci, pas forcément niveau rires mais plutôt niveau émotions. Malgré un saut dans le temps jusqu'en 2017, rien de nouveau à signaler dans la dynamique du show : les préocupations des personnages restent les mêmes (Leslie toujours aussi ambitieuse, April qui traverse une énième crise existentielle, Andy en chiot fou incapable de grandir) mais ce n'est plus pour voir le status quo évoluer que je regarde la série, c'est tout simplement pour passer d'ultimes bons moments avec les habitants de Pawnee. Et avec ce double épisode de reprise, la nostalgie est déjà bien présente puisqu'on sent déjà les adieux se faire au compte-gouttes, en particulier autour de Ben dont l'amitié avec Tom puis April est joliment récompensée. Au même moment, la guerre opposant Leslie à Ron n'est sûrement que passagère et est surtout un hommage à la relation ying-yang de ces deux-là. L'acquisition d'un parc national fera un fil rouge correct autour duquel devrait venir se greffer tous les visages connus de ces sept dernières années (Tammy et Joan l'illustrent bien ici). Ce début de la fin est donc plutôt astucieux, classique à souhait et donc forcément réconfortant. 

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Portlandia S05E02 / The Fiancée

Si je suis heureux de retrouver Portlandia, je ne sais pas encore quoi penser de sa nouvelle formule où chaque épisode est désormais consacré à un seul duo de personnages. Celui nous narrant la rencontre entre nos deux libraires féministes favorites avait tendance à trop tirer sur la corde et m'a vite ennuyé. Celui avec Nina et Lance est déjà un peu plus consistant mais, même chose, le rythme qui était souvent la force de la série est beaucoup moins précis et entraînant que d'habitude. J'attends de voir comment ce procédé peut fonctionner sur une saison entière, en ayant déjà quelques réserves donc. 

Mom S02E10 / Nudes and a Six-Day Cleanse 

Pendant ce temps, Mom continue d'alterner l'émotion et l'humour gras avec succès, s'imposant comme une sitcom sympathique qu'il est toujours bon de retrouver. Je ne comprends toujours pas comment Kevin Pollak n'a pas encore rejoint le cast principal alors que French Stewart y figure toujours mais ce n'est qu'un détail. La quête de Christy pour changer de vie est une direction intéressante à suivre et la romance entre Bonnie et Alvin est adorable. 

New Girl S04E12 / Coming Out

Soyons france : New Girl ne me fait plus rire. Alors que j'avais (contrairement à pas mal de gens) beaucoup aimé la troisième saison, mon intérêt pour la quatrième s'amoindrit au fil des épisodes. La faute probablement à des situations de plus en plus poussifs et à un effet de surprise qui s'effrite car aucun effort n'est fait pour qu'une intrigue évolue au-delà de son inévitable chute. C'est ça que j'aimais bien avant, la spontanéité des dialogues et le côté bordélique des épisodes qui laissait la part belle à l'énergie des comédiens. Aujourd'hui, ils ont l'air de s'ennuyer autant que nous, à force de répéter les mêmes mimiques en pilotage automatique. Où est le Nick Miller que j'ai tant aimé ? Où est le Schmidt un peu humain ? Que peut apporter le bien fade Ryan à une Jess qui régresse peu à peu vers son statut initial de manic pixie dream girl ? À quand une intrigue consistante pour Cece ou Coach ? Merci quand même à Winston pour d'occasionnels fous rires et à l'épisode de Noël, mignon comme tout. Celui de cette semaine était aussi peu mémorable que le nouveau générique. 

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Shameless S05E01 / Milk of the Gods

Après une quatrième saison qui était la plus consistante à ce jour, j'étais excité de retrouver les Gallagher et curieux de voir si l'équilibre va se maintenir. Cette reprise m'a donc franchement déçu car, comme souvent en début de saison dans Shameless, on revient à une sorte de statu quo qui n'annonce rien de franchement excitant pour la suite. Excepté pour son bracelet électronique, Fiona se retrouve plus ou moins dans la même situation que l'an dernier : un nouveau job qui lui redonne le sourire et un boss avec qui flirter, De son côté, Lip a toujours du mal à assumer son statut d'étudiant tandis que Ian refuse de voir ses problèmes en face. Je regrette que Frank n'ai pas passé l'arme à gauche quand il était temps car le personnage repart vers des situations très poussives. Et je ne veux plus jamais voir Sheila et Sammi se quereller, c'est emmerdant au possible. Alors j'apprécie que la série prenne le temps pour traiter l'évolution de ses personnages, qu'elle insiste sur le fait qu'avec un déterminisme pareil, les choses se répètent forcément. Et je compte sur l'attachement que j'ai à cette petite famille pour ne pas m'inquiéter trop vite. Mais j'espère franchement que l'on ne sera pas obligé d'attendre six épisodes pour que les différents récits gagnent en épaisseur dramatique. Putain et Jimmy/Steve qui n'est pas loin, ça n'augure rien de bon... 

The Good Wife S06E12 / The Debate

Comment ne pas obtenir un résultat maladroit quand on essaye dans le même épisode d'évoquer les problèmes de racisme au sein de l'administration judiciaire, de faire s'affronter les deux candidats au poste de procureur à travers un débat sensé représenter les limites d'un tel exercice, de réintroduire un personnage dans la série via un procès qui n'est donc qu'un prétexte et de s'occuper des petites histoires de coeur d'Alicia et Elfman d'un côté et de Peter avec Ramona de l'autre. Le résultat est forcément bordélique et rien de très pertinent n'en ressort. Le coup du débat en off dans la cuisine, Sorkin nous l'a déjà fait en mieux et il ne servait ni Alicia ni Prady. Bien sûr, c'est pas idiot de pointer du doigt les limites du discours d'une Alicia complètement à côté de la plaque sur le sujet du racisme et de la méritocratie, mais ce n'est pas fait assez clairement. Du coup, c'est ambigu, on ne sait plus si les King valident ou non ses propos et on a pas le temps de nous faire notre propre opinion que nous voilà déjà en train de passer à la scène suivante. En fait, les scénaristes sont un peu comme leurs personnages : ils exploitent à mort Ferguson mais n'adressent jamais de front tout ce que ça peut impliquer sur la discrimination, l'échec du système judiciaire et policier. Je pense franchement que ces sujets auraient mérités d'être abordés au sein d'un tribunal, dans une intrigue moins ancré dans l'actualité, c'est là que les King savent le mieux y faire en général. Comme Diane et Cary, je commence franchement à en avoir assez de la campagne d'Alicia qui, si au début était franchement excitante et permettait de voir à nouveau David Hyde Pierce à la télé, commence franchement à traîner en longueur. Surtout si c'est pour revenir au status quo total au cabinet où David Lee est réembauché et où, finalement, à part pour Will, tout est exactement comme avant. "The Debate" était peut-être plein de bonnes intentions mais tellement chargé et bancal que je n'en retiens que les mauvaises, hélas. 

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Togetherness S01E01 

Bien sûr que j'ai pas besoin de rajouter de séries à mon agenda mais parfois, la tentation est trop forte. Les frères Duplass, dont les films m'ennuient  et qui ne servent à rien dans The League et The Mindy Project, sont remontés dans mon estime (au moins pour Jay) grâce à Transparent alors je me suis dis pourquoi pas. La critique US a encensé cette petite chronique familiale et Pierre Langlais, dont chaque tweet doit avoir absolument un rapport avec la télévision, avait prédit que ça allait nous faire du bien à tous suite aux récents attentats. Donc j'ai lancé le pilote et passé le plaisir de retrouver Amanda Peet (Studio 60, Bent) et de découvrir l'attachant Steve Zissis, j'ai pas trop compris l'engouement. On retrouve tout ce qui est à la mode cette année : la comédie romantique pas comme les autres (A To Z, You're The Worst), le couple qui vieillit ensemble et découvre que parfois c'est chiant (Married) mais c'est arrangé à la sauce film Sundance avec le tampon HBO par dessus. Et du coup, en plus de pas être très original, ça manque totalement de rythme. Bien sûr, il y a moyen que le cast et le soin apporté aux personnages et à la justesse de leurs relations pourrait tirer le tout vers le haut. C'est pour ça que je regarderais une poignée d'épisodes supplémentaires, pour voir s'il y a moyen que ça me touche, que ça m'attendrisse. Pour l'instant, ça m'a laissé gentiment de marbre. 

La vidéo du jour

Ce n'est pas la première fois mais ça fait toujours plaisir : une partie du cast de The West Wing se réunit via téléphone pour une opération com orchestrée par la vraie Maison Blanche. C'est comme si en France, le casting des Hommes de l'Ombres se réunissait pour... Non, y a pas d'équivalent. Pas trop d'intérêt non plus à part le plaisir de les revoir et de se dire : quand est-ce que je me refais une intégrale ? 

A suivre : Le retour de Justified, la suite de mon intégrale Cheers (j'aurais bientôt fini la deuxième saison) et la fin de Parenthood. 

 

26/12/2014

Best Of 2014 [1/5]

Vous avez passé un bon Noël ? Bon, maintenant que les réjouissances sont terminés, il est temps pour moi de vous proposer mon traditionnel Top 25 de mes séries favorites de l'année. Qui prend en compte les épisodes diffusés en 2014 et mélange (même si c'est parfois difficile) les drames et les comédies, les network et le câble (ainsi que tous les nouveaux moyens de diffusions apparus cette année). Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'était le classement le plus dur que j'ai eu à faire jusqu'à aujourd'hui. Une année très riche donc et pleine de très bons souvenirs télévisuels. Qui succédera à Friday Night Lights (2010)Louie (2011)Mad Men (2012) et Breaking Bad (2013) ?   

25) Playing House [Saison 1]

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Diffusion : D'avril à juin sur USA Network

Pourquoi ? : "Une très bonne surprise que cette charmante série (la première fois que je regarde USA Network). Dès le pilote, tous les ingrédients sont là : un duo principal avec une belle alchimie et beaucoup d'énergie, un timing comique à la fois très précis et joyeusement foutraque, une galerie de personnages attachants et une ambiance "small town" qui peut facilement rappeler Gilmore Girls. C'est la seule comparaison que je ferais car, bien que ne débordant pas d'originalité, Playing House est singulière et sait mélanger à sa façon le doux et l'amer. On est pas là pour rire à gorge déployée mais plutôt pour sourire franchement et s'attendrir régulièrement face à la complicité d'Emma et Maggie, dont les petits défauts sont explorés minutieusement tout au long de la saison. C'est une belle amitié et un duo féminin comme on en voit rarement à la tête d'une comédie, qui favorise plus souvent les bromances. 

Sélection : "37 Weeks", "Let's Have A Baby" "Bugs in Your Eyes"

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24) Wilfred [Saison 4]

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Diffusion : De juin à août sur FXX

Classement en 2013 : 21ème place

Pourquoi ? "Si la quatrième saison n'est pas toujours très réussi (se concentrer sur l'origine de Wilfred n'était pas franchement ce qui m'intéressait le plus et la mythologie y prenait trop de place), sa dernière poignée d'épisodes est assez couillue. En concluant les principales intrigues de la série très rapidement, les scénaristes se laissent le loisir de faire dériver leur propos vers une allégorie du bonheur, avec un Ryan qui repart de zéro pour mieux trouver la paix. On a de touchantes tranches de solitude, une recette simpliste mais efficace à la quête du bonheur et surtout, une belle ode à l'amitié. C'est parfois un peu confus mais ça, ce fut toujours le problème d'une série qui était parfois trop embarrassé par son concept pour vraiment pouvoir évoluer et je pense que c'est le moment idéal pour qu'elle s'arrête."

Sélection : "Amends", "Resistance", "Happiness"

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23) Game of Thrones [Saison 4]

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Diffusion : D'avril à juin sur HBO

Classement en 2013 : 19ème place

Pourquoi ? C'est sans doute le battage médiatique qui a eu raison de ma patience et qui m'a empêché d'être vraiment enthousiaste face à cette quatrième saison dont chaque minute fut disséqué et spoiler haut et fort sur les réseaux sociaux, aussi bien par ma voisine que par mon coiffeur. C'est surtout le fait que les scénaristes sont toujours incapables d'élaborer un récit fluide et intéressant de bout en bout alors qu'ils ont les moyens et le casting idéal pour rendre une copie plus aboutie. Avec le recul, je ne renie pas non plus complètement la série, surtout quand elle arrive à se recentrer de manière haletante (le mariage de Joffrey), qu'elle peut encore choquer de manière très puissante (le combat opposant la montagne et la vipère) ou qu'elle parvient à offrir un season finale plus efficace que d'habitude, presque prometteur pour la suite. C'était suffisamment divertissant pour obtenir la 23ème place du classement, trop inégal pour mériter l'appellation de chef d'oeuvre qu'on lui colle un peu partout. 

Sélection : "The Lion And The Rose", "The Mountain And The Viper", "The Children"

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22) Mom [Saisons 1 et 2]

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Diffusion : De janvier à avril et d'octobre à décembre sur CBS

Pourquoi ? "On se retrouve avec une deuxième partie de saison plutôt savoureuse, qui parvient à évoquer un tas de sujets peu abordés dans une sitcom CBS  et qui réussit à nous faire s'attacher à des personnages qui, au delà de la caricature, sont profondément humains. Des personnages brisés, qu'ils soient alcooliques, amoureux, cancéreux, bientôt en prison ou victime d'une crise cardiaque. Des personnages qui, comme le chantait Bert Cooper, réalisent peu à peu qu'entretenir leurs relations a plus de valeur que d'entretenir leur compte en banque ou leur addictions. Le tout en ayant un vrai savoir-faire pour de la sitcom old school, avec son rythme, sa théâtralité et sa précision d'écriture." Je disais ça au sujet de la première saison et, pour le moment, la suite est encore plus solide. Mention spéciale à Allison Janney qui est revenu avec classe sur nos petits écrans et qui, je l'espère, va y rester. Et si Mom était l'héritière de Frasier et ses onze saisons ? 

Sélection : "Broken Dreams And Blocked Arteries", "Smokey Taylor and a Deathbed Confession", "Free Therapy and a Dead Lady's Yard Sale"

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21ex-aequo) Parks & Recreation (Saison 6) / Parenthood [Saisons 5 et 6]

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Diffusion : De janvier à avril sur NBC / De janvier à avril et de septembre à novembre sur NBC

Classement en 2013 : 22ème place / 14ème place

Pourquoi ? Elles sont ex-aequo car j'aime bien tricher et qu'elles sont deux séries de NBC que j'affectionne beaucoup et qui vont s'achever début 2015. Je ne m'attarde pas sur Parenthood, dont j'ai déjà beaucoup parlé cette année : une deuxième moitié de cinquième saison pas toujours convaincante mais avec de belles fulgurances et un final impeccable : "Il y avait dans "The Pontiac" tout ce qui fait de Parenthood une formidable série familiale : des moments justes, des moments émouvants, des moments légers, de la spontanéité et un casting vraiment généreux." 

Quand à Parks & Rec, après un essoufflement qui durait depuis déjà trop longtemps, la comédie a su remonter tranquillement la barre avec une deuxième moitié de sixième saison tout à fait sympathique : "À partir du moment où la voiture de Chris et Ann quitte Pawnee, on a l'impression que les scénaristes activent pour les personnages restants le mode "dernière ligne droite avant fermeture". La dernière partie de saison prend bien le temps de dessiner une ultime trajectoire intéressante pour tout le monde, que ce soit un nouveau travail pour Leslie, une vie de famille pour Ron ou un investissement enfin gratifiant pour Tom. En mêlant ces storylines bien définies avec un arc permettant à chaque citoyen de Pawnee de venir faire un coucou et à quelques guest-star rares d'apparaître (du leader de Wilco à l'excellent Bo Burnham), Parks & Rec a trouvé la formule idéale pour ses vieux jours. Et parvient à exploiter une saison complète sans avoir trop d'épisodes "bouche-trous" comme ce fut le cas l'an dernier, sans avoir à revenir sans arrêt au status quo quand les personnages évoluent trop vite. Un bon équilibre donc, qui nous permet de retrouver un Pawnee à taille humaine et une Leslie aussi ambitieuse qu'attachante.

Sélection : "Ann and Chris", "Moving Up" / "The Offer", "The Pontiac"

03/06/2014

Mom [Saison 1]

L'été dernier, après avoir terminé mon visionnage de Frasier, Drum me conseillait d'enchaîner avec 3rd Rock From the Sun. Je ne l'ai pas écouté. À la place, j'ai écouté Jéjé (rédacteur lui aussi sur pErDUSA) et l'intégrale sitcom que je me suis tapé, c'est celle de Mom. Oui, Mom, lancé sur CBS en septembre dernier que j'avais évité à l'époque malgré tout mon amour pour Allison Janney. Parce que j'avais déjà suffisamment d'Allison Janney dans Masters of Sex et que les échos autour du pilote étaient très mitigés. Mais là, je sais pas, un moment où je n'avais rien mieux à me mettre sous la dent, un moment où j'avais besoin de sucre et de réconfort facile et me voilà devant Mom, sans trop y croire. Deux semaines plus tard, je ne regrette pas ma faiblesse car c'est quand on est faible que la série peut nous faire le plus grand bien. 

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Oui, de la sitcom Chuck Lorre sur CBS (Two And A Half Men, The Big Bang Theory) m'a fait du bien. Mais pas immédiatement hein. Oui n'allez pas croire que j'ai trouvé la perle rare avec une comédie de network qui fonctionne dès ses premiers épisodes. Non, ça c'était au début du siècle, on sait tous maintenant qu'il faut attendre au moins le dixième épisode pour que les scénaristes se décident sur ce qu'ils veulent nous raconter (c'est aussi pour ça que je n'enterre pas trop vite Undateable, la nouvelle comédie produite par Bill Lawrence sur NBC, dont le pilote était bien naze). Tous les symptômes pouvant mener au "tu verras, ce sera mieux après" sont réunis d'emblée : une héroïne qui évolue dans deux univers qui n'ont rien à voir (sa maison et son travail dans un restaurant), un casting secondaire qui semble assemblée à la va-vite, une dynamique comique qui se cherche mais qui se perd dans l'écho des rires fantomatiques d'un public enregistré... Il faut de la foi pour poursuivre l'aventure et finir par accéder aux bonnes choses qu'on nous prépare. Heureusement, je suis courageux et désespérément seul. 

Les bonnes choses, elles arrivent à partir du moment où la série comprend que, sa force, ce n'est pas de nous faire rire, mais de nous émouvoir. Faire rire avec Anna Faris, Allison Janney ou même Matt L. Jones (Breaking Bad), c'est pourtant pas compliqué (et à quelques occasions, c'est joliment tenté). Heureusement, nous émouvoir avec une mère et une fille anciennement alcoolique qui doivent réapprendre à vivre sobrement et à vivre ensemble, le tout doublé d'un père absent qui cherche à se racheter, et d'une gamine tombé enceinte qui veut faire adopter son bébé, c'est encore plus simple. Il suffit de limiter peu à peu les scènes sans intérêt (si ce n'est offrir un chèque au pauvre Nate Corddry et filer des trucs ultra-relous à French Stewart), il suffit d'embaucher Kevin Pollack dans le rôle du père repentant (à partir du moment où il débarque, les choses s'améliorent progressivement) et de donner plus de substance à ceux qui entourent notre joyeux duo (surtout que l'ancien gamin de Meredith dans The Office est plutôt doué). Il suffit surtout de laisser Allison Janney faire son show et de laisser Anna Faris y réagir de manière touchante et le tour est joué. 

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On se retrouve alors avec une deuxième partie de saison plutôt savoureuse, qui parvient à évoquer un tas de sujets peu abordés dans une sitcom CBS (même si l'avortement n'est pas mentionné une seule fois, ou alors sous la forme d'un gag vaseux) et qui parvient à nous faire s'attacher à des personnages qui, au delà de la caricature, sont profondément humains. Des personnages brisés, qu'ils soient alcooliques, amoureux, cancéreux, bientôt en prison ou victime d'une crise cardiaque. Des personnages qui, comme le chantait Bert Cooper, réalisent peu à peu qu'entretenir leurs relations a plus de valeur que d'entretenir leur compte en banque ou leur addictions. Le tout en ayant un vrai savoir-faire pour de la sitcom old school, avec son rythme, sa théâtralité et sa précision d'écriture (ça, c'est surtout le cas à la toute fin de saison, avec un final vraiment réussi). En plus, les titres sont rigolos (Smokey Taylor sera peut-être le prénom de mon enfant).   

Devant Mom, j'ai fini par me sentir comme dans un cocon, et même si je rigolais pas beaucoup dans mon cocon, je m'y sentais très bien. J'aurais presque aimé que le drama soit plus accentué, avec une rechute pour Christy par exemple. Mais la série a été renouvelé et maintenant que son univers et ses enjeux sont clairement installés, je la suivrais volontiers. Bien sûr, avec une chaîne exigeante, il se peut que la qualité retombe et qu'on en revienne à l'aspect potache des débuts. Mais avec un peu de courage, on pourra continuer à suivre avec émotion l'évolution de Christy, Bonnie, Marjorie sans craindre une rechute. Alors si vous trouvez que cette fin de printemps ressemble à un début d'hiver et que vous êtes plutôt du genre patient et vulnérable, je vous prescris un visionnage intensif de cette première saison. 

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Bon maintenant, fini les conneries : je vais me lancer dans l'intégrale de Cheers...

21:08 Publié dans Mom | Lien permanent | Commentaires (0)