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31/12/2014

DylanesqueTV S07E03

Avant de passer à 2015 et à la dernière ligne droite avant fermeture de ce blog, je vous propose un dernier tour d'horizon des séries que j'ai vu cette année. Elles n'étaient pas dans le top 25 soit parce qu'elles ne le méritaient pas, soit parce que je viens tout juste de profiter des vacances pour les voir, avec du retard. Franchement, 2014 c'était la folie, l'offre n'a jamais été aussi grande et variée niveau productions télévisées, donc faut vraiment être un rageux pour ne pas avoir trouvé son bonheur. 

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Prenez par exemple Getting On, remake d'une comédie britannique diffusé sur HBO depuis l'an dernier et dont je viens d'avaler les deux premières saisons, seulement douze petits épisodes. On en parle peu parce que la série parle du personnel d'un centre de soins gériatriques géré par une chef de service obsédé par le recherche sur les parties génitales des souris, une infirmière championne des mauvaises décisions sentimentales, une autre infirmière qui fait du super boulot mais n'obtient jamais la reconnaissance méritée ainsi qu'un responsable des infirmières qui est un gay refoulé obèse et foutrement antipathique. C'est sexy, ça donne envie. Moi, ce qui me faisait peur au départ, c'était la surenchère d'effets "dark comedy" où les personnages sont humiliés sans compter pour bien nous embarrasser parce que j'ai déjà eu la dose suffisante avec The Comeback. 

Au final, il y a derrière la satire et le cynisme ambiant une vraie belle humanité, où sont abordés la vieillesse, la solitude et l'amitié, thématiques qui surgissent toujours de manière très juste derrière des intrigues qu'on voit rarement à la télé. Le casting est assez unique dans son genre, on a une Laurie Metcalf (Roseanne) qui cabotine tellement qu'on est hypnotisé et une Alex Borstein qui est franchement la révélation comique de la série. Le décor hospitalier est également un bon prétexte pour en foutre plein la gueule à l'administration et la recherche du gain qui se dissimule derrière les couvertures santé mais c'est aussi un prétexte à avoir un joli microcosme où l'on se réfugie comme dans un cocon. Dans ce huis-clos, on a le droit à des portraits de femmes, de vieilles femmes qui vomissent ou agonisent mais qui malgré tout nous font rire parce que Getting On parvient à rire de tout sans jamais se moquer. Une belle surprise qui aurait sûrement fini dans mon classement si je l'avais vu avant et qui n'aura sûrement pas de troisième saison vu ses audiences. Allez HBO, prends un risque et soutiens tes ovnis plutôt que de mettre tous tes œufs de dragons dans le même panier. Big up en tout cas à Tête de Série, régulier du forum de pErDUSA, qui m'a convaincu à force de chanter ses louanges de mater ce petit bijou méconnu. 

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J'avais déjà évoqué le pilote quand Amazon l'avait balancé en même temps que Transparent (grande gagnante du championnat annuel de Dylanesque !) mais j'ai dû attendre sagement Noël pour avoir les dix épisodes de Mozart in the Jungle. Après m'être avalé ça en vitesse (alors que j'avais déjà le bide rempli des repas de famille), j'avoue être un peu déçu. 

Et c'est principalement la faute de Slings & Arrows. Que j'ai découvert juste après avoir vu le pilote de Mozart, en février dernier. La série canadienne traite elle aussi des coulisses d'une troupe artistique, sauf qu'il s'agit d'un théâtre subventionné qui lutte pour survivre. En trois saisons chacune articulée autour d'une pièce de Shakespeare (Hamlet, McBeth et King Lear), on y suit le parcours de Geoffrey Tennant, un acteur qui devient metteur en scène attitré des lieux suite à la mort de son mentor. Autour de lui, on apprend à connaître tout le monde qui gravite dans le milieu, du directeur de salle qui compte ses sous (hilarant Mark McKinney) au vieil acteur désabusé en passant par la secrétaire qui fait beaucoup d'heures supplémentaires (Susan Coyne, le joker du show).

La construction des arcs, inspirée par ce bon vieux William S., permet de créer de beaux enjeux dramatiques et de voir du début à la fin la construction d'une pièce. C'est donc finement écrit, très émouvant mais aussi très drôle et la plus belle chose que j'ai vu en 2014 (impossible de la mettre dans mon classement, car ce fut diffusé entre 2003 et 2006). Je vous la conseille chaudement bien qu'elle soit difficile à trouver. Vous comprendrez peut-être pourquoi elle m'a un peu ruiné Mozart in the Jungle. 

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Qui suit donc des musiciens du New York Symphony Orchestra alors que Rodrigo (un Gael Garcia Bernal qui s'amuse beaucoup) devient leur nouveau chef d'orchestre. Un type new-age très imprévisible dont la jeune Hayley, joueuse de hautbois, devient l'assistante. Ce n'est bien sûr pas exactement le même pitch que Slings & Arrows mais elle se situe dans un univers pas si éloigné. Du coup, mes attentes étaient basés la série canadienne, pensant que celle d'Amazon allait encore plus nous parler du travail de répétition, de la construction d'un récital, encore plus donner vie à chaque membre de la troupe. Et forcément, je suis déçu car Mozart in the Jungle est beaucoup moins ambitieuse que ça, beaucoup plus inégal aussi.

Parce que très vite, on réalise que le tout est dramatiquement assez mal construit, que les intrigues sont déséquilibrés au possible et qu'en dix petits épisodes, on n'a pas eu le loisir suffisant pour s'attacher à tout le monde. C'est aussi la faute d'Hayley, un personnage central manquant de relief et à une écriture parfois très légère voire carrément paresseuse. Heureusement, la chose se voulant plus comme une comédie, elle reste tout de même divertissante, à défaut d'être passionnante. Rodrigo est un personnage cabotin qui fait souvent mouche (malgré une écriture très forcée), quelques musiciens se détachent du lot pour prendre vie et des guest-stars viennent pimenter la chose à l'occasion (Jason Schwartzman, qui est co-scénariste avec sa cousine Sofia Coppola, ainsi que Wallace Shawn dans le rôle d'un pianiste névrosé). La réalisation suit tout ça mollement mais les décors new-yorkais sont plaisants et la bande-son nous fait oublier un générique très moche.

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Regardez ça pour le fun et ne vous créez pas trop d'attentes comme moi. Ainsi, ce sera une parfaite sucrerie et c'est déjà pas mal.   

Emmitouflé dans ma couette avec une boîte de chocolats, j'ai aussi pu rattraper mon retard concernant The Affair. J'en suis seulement à la moitié de la saison, il était donc impossible de la faire rejoindre mon classement surtout que je ne sais pas trop quoi en penser. Clairement, la chose est envoûtante à bien des égards (la réalisation, l'érotisme et les décors de cette petite cité balnéaire) et c'est toujours un plaisir d'avoir des actrices comme Ruth Wilson ou Maura Tierney à la télévision. Seulement, j'ai encore du mal à me passionner pour le couple adultère et même si le concept des deux point de vues est parfois très malin, le propos reste quand même un chouïa creux. Tout l'aspect enquête policière m'ennuie pourtant profondément et j'aimerais apprendre à mieux connaître Helen et Cole, les deux cocus qui m'inspirent pour l'instant plus de sympathie que leurs compagnons. Comme c'est écrit par la team d'In Treatment et que ma curiosité est tout de même salement éveillée, je vais poursuivre et je vous en dirais des nouvelles. 

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Même chose pour la quatrième saison d'Homeland, démarrée sans trop y croire et dont le season premiere était pas ignoble. Comme prévu, on est dans une sorte de reboot qui replace Carrie dans un nouveau décor, avec de nouveaux enjeux. Elle se montre plutôt antipathique pour le moment mais je préfère mille fois la Carrie un peu froide et à fond dans sa mission que la Carrie amoureuse de son cher Brody. Ayant entendu des critiques assez mitigé, je vais déguster ça tranquillement, sans me presser (c'est pas comme si ça m'excitait vraiment) et voir si, à défaut de retrouver la fougue des débuts, la série de Showtime peut devenir un bon divertissement plein de suspense, à la Alias. 

Pour bien finir mon tour d'horizon 2014, je rappellerais également que c'est l'année où j'ai pu me plonger dans la première saison de Cheers et que ce fut une chouette expérience, que je vais m'empresser de poursuivre régulièrement (250 épisodes m'attendent). En plus de mon visionnage intensif de Boardwalk Empire et de Slings & Arrows, j'ai aussi pris un plaisir quotidien avec le Daily Show, le regretté Colbert Report et le très frais Last Week Tonight de John Oliver. Petite mention honorable pour celles qui auraient pu être dans mon top 25 s'il avait été un top 30 : la cinquième saison de Justified (hélas un peu médiocre), la quatrième saison de Portlandia, la deuxième saison de The Americans (dont je suis toujours bloqué à la moitié) et la cinquième saison de la toujours sympatoche Cougar Town. Et non, désolé, You're The Worst ne m'a pas convaincu plus que ça... 

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2014, c'était aussi l'année où j'ai pu enfin rendre hommage comme il se doit à Urgences, la série fondatrice. Et comme je n'ai pas vraiment pu faire la même chose pour Friends (allez voir le calendrier de l'avant du site Vulture, c'est déjà très bien), on s'est vengé avec Gibet sur Joey. Niveau création, il y a eu un tas de petits projets vidéos avec les potes, sans oublier l'expérience Team Logan, qu'on renouvellera peut-être à l'occasion. Dernier podcast en date, c'est le Rien à Voir spécial bilan de l'année proposé par le DailyMars. Ecoutez-le, je dis du mal de Sons of Anarchy dedans. 

Ce qui me fait penser que 2014, c'était l'année où les fins de séries ont pu décevoir (je pense à Kurt Sutter mais aussi, bien entendu, à How I Met Your Mother) et comme 2015 sera l'année où toutes les séries que je regarde actuellement vont se conclure, j'espère ne pas être déçu. Oui, ce sont les séries que j'ai le plus hâte de retrouver, même si ce sera notre dernière danse : Justified qui doit absolument faire mieux que la saison 5, Mad Men à qui je fais entièrement confiance pour me surprendre (je prépare une grosse rétrospective sur la série d'ailleurs), Parks & Rec dont les promos me rendent déjà très nostalgiques, sans oublier Cougar Town et Parenthood. 2015 sera donc aussi, comme je vous l'ai déjà annoncé, la dernière année de ce blog, qui devrait fermer ses pages virtuelles durant l'été. Attendez-vous donc à pas mal de gros dossiers que j'aimerais évacuer avant de partir. 

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Pour l'instant, je vous souhaite une bonne année ! Si vous êtes coincés chez vous ce soir, matez donc l'intégralité de Slings & Arrows et ça devrait être festif...